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Magnus Aurelius Cassiodorus Senator dit Cassiodore

samedi 13 août 2016 (Date de rédaction antérieure : 9 septembre 2011).

Magnus Aurelius Cassiodorus Senator dit Cassiodore (vers 485-580)

Homme politique et écrivain latin

Fondateur du monastère de Vivarium [1], la vie de Cassiodore s’articule essentiellement autour de 2 périodes séparées par la conversio ou conversion, qui marque son retrait de la vie publique.

Il est issu d’une famille d’origine syrienne, installée depuis plusieurs générations à Scolacium [2], en Calabre [3]. La famille des Cassiodori avait déjà exercé un rôle politique important depuis son arrivée en Italie. Son arrière-grand-père avait servi dans les armées de Valentinien III, et repoussé les Vandales [4] lors de leur tentative de débarquement en Calabre et en Sicile vers 450. Son grand-père avait fait partie de l’ambassade envoyée à Attila en 452 et son père, qui fut “comes sacrarum largitionum” d’Odoacre, fut nommé en 495 “corrector Lucaniae et Bruttiorum” par Théodoric le Grand, et accéda en 503 à la “praefectura praetoriana”.

Après des études qui, d’après ses œuvres postérieures, ont dû être marquées par un apprentissage enthousiaste des arts libéraux, et en particulier de la grammaire, il commença sa carrière politique à la cour de Ravenne [5] en 503 comme conseiller de son père et s’engagea ainsi dans le “cursus honorum”.

De 506 à 511 il fut “Quaestor sacri palatii”, puis en 514 “Consul ordinarius” titre purement honorifique. De 523 à 527 il fut “Magister officiorum” et devient l’ami intime et le conseiller de Théodoric, et il conservera son pouvoir même après la mort de ce dernier, sous la régence de sa fille Amalasonte. En 527, il disparaît provisoirement de la scène politique.

Comme la plupart des hommes politiques de l’époque, il était catholique. Dans l’ensemble, la politique des rois ariens qu’il servait était tolérante à l’égard des catholiques.

Le changement profond dans sa vie commence pendant sa préfecture du prétoire à partir de 533. Par ses lettres de nomination à cette charge, il nous apprend qu’il pratiquait la “lectio divina” pour en tirer ses principes de gouvernement et semble avoir un certain crédit auprès du pape Jean II. Il a des rapports encore plus étroits avec le successeur de Jean II, le pape Agapet 1er, avec qui il projette, en 535, de fonder une école de théologie à Rome, mais la prise de Rome par Bélisaire en 536 met un terme à ce projet.

Le moment crucial de sa conversion est marqué par la rédaction de son traité “De Anima” en 538, et surtout de son commentaire aux psaumes, “Exposition psalmorum”, qu’il compose vraisemblablement à Constantinople où il a dû se retirer après la prise de Ravenne par Bélisaire, en 540.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de histoire de CASSIODORE - Encyclopædia Universalis

Notes

[1] Le Monastère de Vivarium était un monastère célèbre, fondé entre 535 et 555, qui disparaît après 630. Il était situé en Italie du Sud, dans le Bruttium, près de l’actuelle Squillace, dans la province de Catanzaro, en Calabre.

[2] Scolacium ou Skylletion, ville de Cassiodore, dit aussi Scylletium, Scylacium, Scolatium, Scyllaceum, Scalacium, ou Scylaeium en latin puis successivement Minervium et Colonia Minervia fut une ancienne cité côtière de la Grande Grèce. Son histoire est millénaire et traverse les époques et les peuples sous la domination des Bruttiens, des Grecs, des Romains, des Byzantins, des Sarrasins et des Normands. Les vestiges de cette cité sont localisés sur la côte ionienne, dans le Golfe de Squillace, sur le territoire de la Roccelletta di Borgia (frazione de la commune de Borgia). L’actuelle ville et commune de Squillace doit son nom à cette cité.

[3] La région de Calabre, plus couramment appelée la Calabre, est une région d’Italie située à l’extrême sud-ouest de la péninsule. Ses habitants sont les Calabrais. La capitale régionale est Catanzaro et la plus grande ville Reggio de Calabre.

[4] Les Vandales sont un peuple germanique oriental. Lors des Grandes invasions du 5ème siècle, leur migration les conduisit successivement en Gaule, Galice et Bétique en Espagne, Afrique du Nord puis dans les îles de Méditerranée occidentale Ils fondèrent également le « royaume vandale d’Afrique », ou « royaume de Carthage ». L’origine des Vandales est scandinave. Les Sillings seraient originaires du Nord du Jutland, les Hasdings du golfe d’Oslo qu’ils quittent pour le Jutland également : ils sont mentionnés pour la première fois par Tacite. Entre le 1er et le 3ème siècle, ils sont établis en Germanie orientale, dans une région située entre la Vistule et l’Oder, au bord de la mer Baltique.

[5] Ravenne est une ville italienne de la province de Ravenne en Émilie-Romagne. Elle est considérée comme la capitale mondiale de la mosaïque. Ravenne fut une cité de première importance au tournant de l’Antiquité et du Moyen Âge. En 402, pendant le règne d’Honorius, elle fut, du fait de sa position stratégique plus favorable, élevée au rang de capitale de l’Empire romain d’Occident en lieu et place de Milan, trop exposée aux attaques terrestres des barbares. Son port de grande capacité, sur l’Adriatique, la mettait en communication aisée avec Constantinople, capitale de l’Empire romain d’Orient. La cité continua d’être le centre de l’Empire d’Occident jusqu’à la chute de celui-ci en 476. Elle devint alors la capitale du royaume d’Italie d’Odoacre, puis à partir de 493 celle du royaume des Ostrogoths, sous Théodoric le Grand, qui englobait l’Italie, la Rhétie, la Dalmatie et la Sicile. En 540, sous le règne de Justinien 1er, Ravenne fut conquise par le général de l’Empire d’orient Bélisaire ; elle fut ensuite reconquise par les Ostrogoths avant d’être à nouveau reprise par le général de l’Empire d’orient Narsès en 552. C’est pour contrer le danger né de l’invasion des Lombards en Italie à partir de 568, que Ravenne devint le siège de l’exarchat byzantin d’Italie, par décision de l’empereur Maurice. La concentration de tous les pouvoirs civils et militaires entre les mains de l’exarque, représentant personnel de l’empereur byzantin favorisa, à long terme, l’émancipation des territoires du nord de l’Italie vis-à-vis du pouvoir impérial. Ravenne fut prise en 752 par Aistolf, roi des Lombards. Deux ans après, Pépin le Bref, roi des Francs, la lui enleva et la donna au Saint-Siège.