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Lunaire dit Saint Lunaire ou Leonor

lundi 7 juillet 2025, par lucien jallamion

Lunaire dit Saint Lunaire ou Leonor (vers 509-vers 560/580)

Saint catholique armoricain

Frère de Tugdual de Tréguier, et parfois considéré comme le fils de Beteloc ou Eloc, ce qui amène à considérer ce dernier comme étant Hoël le Grand , époux dePompaïa. Il aurait lui aussi bénéficié de l’enseignement d’Ildut, et aurait été proche de Dubrice.


Vers 535-540, quittant le Glamorgan [1] pour l’Armorique [2], comme son frère Tugdual, il aurait navigué avec 72 compagnons, et aurait dû trancher de son épée le brouillard intense qui avait entraîné l’égarement des 3 hommes chargés de conduire les embarcations. Cette présence de l’épée dans le récit souligne le caractère princier de Leonor, chef temporel tout autant que chef spirituel. Les marins le prient pour échapper aux risques engendrés par la brume.

Leonor est-il passé comme Tugdual de Tréguier par le Pays d’Ac’h [3] et le Léon [4] ? À Porspoder [5] une chapelle lui est dédiée. Les récits le concernant le font débarquer avec sa communauté à la Pointe du Décollé, non loin de l’estuaire de la Rance [6]. Déçu par l’aspect inhospitalier des terres broussailleuses qu’il découvre, Leonor se voit rassuré par le passage d’un oiseau tenant un épi de blé dans son bec. En le suivant, le moine parvient jusqu’à un champ de froment. Entreprenant le défrichage de la forêt et des taillis environnants, les religieux sont miraculeusement aidés d’une part par 12 grands cerfs qui viennent tirer les charrues, d’autre part par un grand vent qui éloigne vers la mer les monceaux de branchages qu’ils avaient arrachés et dont ils ne savaient plus que faire. L’ensemencement des terrains fut alors possible avec la récolte du premier champ, permettant l’installation d’une population plus large que la seule communauté religieuse.

Dans l’un des premiers sillons tracés était apparu un bélier en or. Leonor ira le remettre à Childebert, lui demandant en échange de garantir le domaine sur lequel il résidait avec ses compagnons. Il propose à Leonor de monter sur le point le plus élevé de ce territoire et d’agiter une cloche : aussi loin qu’on l’entendra, affirme-t-il, cette terre sera la tienne. C’est encore auprès de Childebert que Leonor dut chercher de l’aide contre Conomor qui voulait s’emparer de cette possession. Il soutint aussi les démarches de Tugdual à la cour franque pour protéger leur neveu Judual, victime de la jalousie du même Conomor.

Consacré très jeune évêque par Dubrice de Llandaf, il n’est pas exclu que Leonor ait occupé le siège épiscopal d’Alet [7] avant Maclou , pourtant donné comme premier titulaire du siège.


Leonor a fondé le monastère de Pontual, nom qui rappelle celui de son frère Tugdual de Tréguier, au lieu qui se nomme désormais Saint-Lunaire [8]. Pontual pourrait désigner un lieu où Tugdual de Tréguier aurait fait construire un pont sur la rivière Crévelin. Un pont apparaît sur les armes de la commune de Saint-Lunaire. Il existe toujours un Bois de Ponthual près de cette paroisse.

Lors de l’assassinat de son frère Hoël II roi légendaire d’Armorique , Leonor aurait choisi de demeurer dans sa communauté plutôt que d’accéder aux pouvoirs temporel et militaire.

Il fut inhumé dans son abbaye. La vieille église de Saint-Lunaire contient son tombeau.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Lunaire (saint)/ Portail du catholicisme/ Catégories  : Saint catholique et orthodoxe du 6ème siècle/ Évêque du 6ème siècle

Notes

[1] Le comté de Glamorgan est issu du royaume puis comté du même nom au sud du pays de Galles, divisé lui-même en plusieurs comtés depuis la réforme administrative de 1974, dont la capitale était Cardiff. Il a donné les nouveaux comtés du Mid Glamorgan, du South Glamorgan et du West Glamorgan.

[2] L’émigration bretonne en Armorique désigne un processus ayant lieu principalement entre les 5ème et 6ème siècles de notre ère, par lequel les Bretons de la province romaine de Bretagne (actuels Angleterre et pays de Galles ; l’Écosse, au nord du mur d’Hadrien, était hors de l’Empire romain) émigrent en masse vers l’Armorique, dont fait partie l’actuelle Bretagne. Mais les détails de cette migration et ses motifs sont mal connus, et donc, l’objet de discussions. C’est aux alentours de 400 que commença l’émigration de certains habitants de l’île de Bretagne vers l’Armorique. Contraints par l’invasion croissante de leur île par les Angles et les Saxons, certains traversèrent la Manche à bord de currachs, mettant le cap sur la péninsule armoricaine, dont l’accès leur était familier depuis des générations. L’exode dura près de 2 siècles concernant aussi l’île d’Irlande. Quand il se termina, l’Armorique avait cessé d’être et une seconde Bretagne, la Bretagne continentale, parlons mieux, la Bretagne tout court, était née

[3] L’archidiaconé d’Ac’h était, du 13ème siècle à la Révolution française, une subdivision de l’évêché de Léon. Son nom provient de l’ancien monastère d’Ac’h (ou Ack) à Plouguerneau au Haut Moyen Âge qui aurait eu un temps à sa tête saint Jaoua. Il était issu d’un pagus connu sous le nom de pagus Achmensis, subdivision du royaume de Domnonée. Le nom Ac’h est attesté par écrit dans le Doctrinal de Bernard du Saint-Esprit, imprimé à Brest en 1688

[4] Le Pays de Léon, aussi qualifié de Léon ou bro Leon en breton, est une ancienne principauté de Basse-Bretagne : d’abord comté puis évêché, rattaché ensuite au département du Finistère. C’est la patrie des Léonards qui se nomment, en breton léonard : Leoniz. La ville de Brest en est l’agglomération principale, mais pas la capitale traditionnelle, qui est Saint-Pol-de-Léon. Le territoire forme la pointe nord-ouest du Finistère. Il doit à sa géographie et sa localisation d’avoir conservé un particularisme linguistique et culturel.

[5] Porspoder est une commune littorale du département du Finistère

[6] La Rance est un fleuve côtier de l’Ouest de la France, au nord de la Bretagne. Elle prend sa source dans les monts du Mené à Collinée, dans le département des Côtes-d’Armor, et se jette dans la Manche entre Dinard et Saint-Malo dans le département d’Ille-et-Vilaine.

[7] En Armorique, Aleth ou cité d’Aleth fut un temps la capitale du peuple celte des Coriosolites (hormis la période où la capitale fut Corseul), puis devint une place forte gallo-romaine, une ville au Moyen Âge et enfin une forteresse dans les siècles suivants. Aleth est située sur la côte nord de la Bretagne (la côte d’Émeraude) au débouché de la Rance. Elle se trouve sur un promontoire occupé aujourd’hui par Saint-Servan, ancienne commune et désormais quartier de la commune de Saint-Malo depuis 1967.

[8] Saint-Lunaire est une commune française située dans le département d’Ille-et-Vilaine