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Basile II le Bulgaroctone

samedi 28 décembre 2019 (Date de rédaction antérieure : 19 février 2011).

Basile II le Bulgaroctone (958-1025)

Empereur byzantin de 960 à 1025

Fils de Romain II et de Théophano Anastaso . Il donne à l’Empire ce qui correspond à son espace géographique à son apogée de l’époque méso-byzantine, la péninsule des Balkans [1], l’Asie Mineure [2], le nord de la Syrie [3], la Haute Mésopotamie [4], l’Arménie [5] et l’Italie du Sud. L’Empire qu’il laisse à son frère Constantin VIII est le plus vaste de l’histoire byzantine depuis le temps de Justinien.

Son règne effectif dure 49 ans et est le plus long de toute l’histoire byzantine. il est d’abord un soldat qui passe une grande partie de son temps avec son armée. Autocrate, il gouverne seul et ne possède aucune attirance pour l’art ou les sciences. Néanmoins, il fut un très bon gestionnaire et un extraordinaire homme politique, mais avant d’arriver à son but, il dû conquérir le pouvoir et écarter des usurpateurs.

À la mort de son époux Romain II, survenue en 963, Théophano, mère de Basile II et de Constantin VIII, assume la régence avec l’eunuque [6] Joseph Bringas . En effet, Basile, bien que déjà couronné co-empereur de son père le 22 avril 960 n’est alors âgé que de 5 ans. Peu après, une révolte militaire impose Nicéphore II Phocas comme co-empereur. Il épouse Théophano, mais celle-ci se débarrasse de lui 6 ans plus tard, en 969, pour mettre sur le trône son amant Jean 1er Tzimiskès . Pour asseoir son autorité et sa légitimité, celui-ci reconnaît Basile et son jeune frère Constantin co-empereurs.

La mort de Jean 1er, en janvier 976, sans enfants, laisse le trône aux jeunes empereurs, sous la tutelle du parakoimomène [7] Basile Lécapène , leur grand-oncle. Dès le début du règne des jeunes empereurs, l’aristocratie militaire et terrienne s’efforce de garder le pouvoir acquis. Mais, le heurt des ambitions des grandes maisons avec la famille impériale provoque une rivalité qui dégénère en 13 années de guerre civile. Bardas Sklèros , déchu de ses fonctions de chef des armées byzantines d’Orient et relégué en Mésopotamie [8] par Basile, s’efforce tout d’abord d’enlever au parakoimomène la tutelle des empereurs.

Acclamé Basileus [9] par ses troupes, il met en déroute plusieurs armées byzantines grâce à son alliance avec d’autres peuples, arméniens, arabes. Bardas Sklèros arrive assez vite en vue de Constantinople [10]. Le parakoimomène fait alors appel à Bardas Phocas qui chasse l’usurpateur du Bosphore [11] mais se fait battre à Amorium [12] le 19 juin 978. L’année suivante, de nouveau près d’Amorium, les deux Bardas s’affrontent en duel singulier et Bardas Phocas est vainqueur.

A l’issue de cette longue guerre civile, le prestige de l’Empire est touché, des difficultés surviennent avec les Arabes, les Bulgares et Otton II en Italie. Basile II, commence à s’intéresser aux affaires de l’État et à intervenir. Le parakoimomène n’apprécie pas cet engagement du jeune basileus et s’allie avec Bardas Phocas et Léon Melissénos. Conscient du danger, il fait enfermer le parakoimomène dans un monastère, retire la dignité de Domestique des Scholes [13] à Bardas Phocas, qui devient duc d’Antioche, et pardonne à Léon Melissénos. Il est dès lors seul au pouvoir. Son frère Constantin VIII co-empereur n’intervient jamais dans les affaires de l’État.

Cependant la prise de pouvoir n’est pas du goût des généraux. Ces derniers, lors de la première campagne de l’Empereur, font preuve de beaucoup de mauvaise volonté. Bardas Sklèros, qui s’est réfugié en territoire arabe, se fait de nouveau entendre, et, une nouvelle fois se fait proclamer basileus. Bardas Phocas décide de s’allier avec l’usurpateur. Cependant, cet accord ne tient pas longtemps et Bardas Phocas enferme Sklèros dans un château, puis s’approche de Constantinople. Basile II a peu de troupes à opposer à son adversaire qui possède ceux des thèmes d’Asie. Mais l’empereur fait appel au grand prince de Kiev [14] Vladimir 1er, qui songe à épouser une princesse porphyrogénète. Un accord est signé entre les 2 empereurs et l’empereur russe envoie 6000 hommes au basileus. Basile II force le prétendant à se replier sur Abydos [15] et c’est à cet endroit que ce dernier livre une bataille où ses troupes sont défaites et y meurt. Avec ces troupes russes, Basile crée la Garde varangienne [16].

Mais Bardas Sklèros réussit à s’enfuir de la forteresse où il était gardé et se met tout de suite en campagne. Basile II réussit cependant à le convaincre que s’il arrête son entreprise, il obtiendra son pardon. Le basileus tient sa promesse et Sklèros se retire à Dymotika où il meurt le 6 mars 991.

Une fois le trône solidement acquis, Basile peut s’occuper des affaires de l’État. Se rappelant les troubles qui ont émaillé son début de règne, il ne prend aucun premier ministre. Cependant le basileus sait s’entourer d’hommes de confiance, capables d’exécuter les tâches que l’empereur leur confie. Tout au long de sa vie son but principal dans sa politique intérieure a été d’accroître le Trésor grâce à ses nombreuses conquêtes et aux butins rassemblés. À sa mort il laisse 200 000 livres d’or et énormément de bijoux et autres joyaux enfouis dans un labyrinthe. Basile doit aussi maintenir l’ordre dans l’Empire et n’a à réprimer qu’un seul mouvement sécessionniste en 1022, celui de Nicéphore Xiphias , stratège [17] des Anatoliques [18], et du fils de Bardas Phocas.

En 989, l’empire connaît une mauvaise année, l’hiver y est extrêmement froid et le 25 octobre un tremblement de terre à Constantinople détruit plusieurs tours de défense et églises dont la grande coupole de la basilique Sainte-Sophie [19] qui s’effondre et qu’il fait reconstruire par Tiridate .

Une des grandes œuvres de Basile est la protection des paysans petits propriétaires. En effet, les nobles, en prenant les terres des pauvres, oppriment la population, ce qui est dangereux pour l’État car cela coupe le lien direct entre les citoyens et l’Empereur. Le 1er janvier 996, il publie une novelle dans laquelle il rend aux pauvres tous les biens qui leur avaient été confisqués depuis Romain 1er Lécapène. La loi est appliquée avec la plus grande sévérité et ne tolère aucun écart.

En 1004, il remet en place l’Allèlengyon [20] qui oblige les puissants à payer les impôts à la place des pauvres, sans pour autant pouvoir tirer profit des terres pour lesquelles ils s’acquittent de cet impôt. Les grands propriétaires, ainsi que le patriarche Serge II de Constantinople , sont révoltés par ces mesures, mais Basile reste inflexible. C’est certainement lors de ses voyages en Orient et dans le Caucase, alors qu’il est reçu en grande pompe par les puissantes familles d’Anatolie et de Cappadoce qui occupent abusivement des domaines impériaux et communaux, qu’il devient convaincu de la nécessité d’une telle mesure. Néanmoins, cette dernière s’avère peu efficace car bien souvent il n’y a plus de paysans indépendants envers qui être solidaire.

Basile s’immisce aussi dans les affaires religieuses. Le basileus, selon certains chroniqueurs, manifeste son esprit autoritaire dans les affaires de l’Église et souvent les patriarches sont choisis par lui plutôt que par le synode, à l’image de Nicolas II Chrysobergès qui est élu patriarche après un interrègne de 4 ans, ce qui laisse penser à un conflit entre le gouvernement et le synode.

La question des rapports entre Constantinople et Rome a sûrement influencé le choix des différents patriarches. Les papes, subissant une certaine ingérence de la part des empereurs germaniques qui ont aussi repris leurs attaques sur les thèmes byzantins d’Italie, l’empereur byzantin soutient logiquement les papes issus de l’aristocratie romaine plutôt que ceux pro germaniques.

Le successeur de Sergius, Eustathe fait néanmoins une visite à Rome pour demander au pape Jean XIX une division en deux du gouvernement de l’Église. Ce projet est sur le point d’aboutir mais l’affaire est révélée par plusieurs hauts dignitaires de l’Église occidentale et le pape doit y renoncer. Le dernier acte d’ingérence de Basile II dans les affaires de l’Église est l’intronisation sans l’avis du synode de l’higoumène [21] du monastère du Stoudion [22], Alexis Studite , au patriarcat le 15 décembre 1025.

L’événement religieux le plus considérable de son époque est sans doute la conversion de la Russie au christianisme, ce qui contribue à agrandir la zone d’influence de l’Empire. Depuis 989, le christianisme est déjà présent en Russie par l’intermédiaire de missionnaires venus de Scandinavie [23] et de Moravie [24].

Les prédécesseurs immédiats de Basile avaient concentré leurs forces sur la lutte contre les Arabes. La politique de Basile II est de plus grande envergure.

Le basileus trouve les ressources nécessaires pour lutter sur 4 fronts différents. Son effort principal est dirigé contre les Bulgares, mais il conquiert encore des territoires aux émirs arabes, pousse la pénétration byzantine jusqu’aux peuples caucasiens et réussit à préserver les territoires en Italie. Il connaît parfaitement l’organisation de l’armée et a lu énormément d’ouvrages de stratégie. Pendant 39 ans de 986 à 1025, le basileus conduit son armée sur tous les champs de batailles. Il trouve les points faibles de l’adversaire, toutes ses offensives sont raisonnées et il n’hésite pas à lancer des campagnes en hiver.

Les Bulgares étant une menace directe pour l’Empire, Basile y concentre le plus de troupes. De 976 à 989, les troubles du début de règne de Basile II profitent aux Bulgares qui reconstituent leur État. En 980, Samuel décide d’attaquer la Grèce, prend Larissa [25] en 986 et s’avance jusqu’à Corinthe [26]. Basile, impatient d’en découdre, chasse Samuel de Grèce mais est battu devant Sofia [27]. À la suite de cet échec, la révolte des deux Bardas se déclenche. De 976 à 989, l’émir d’Alep [28] Saïd se tient à l’écart des guerres civiles bien qu’il tente de s’affranchir du tribut que son prédécesseur Bagkour s’était engagé à payer à l’empire byzantin. Il avait fallu trois expéditions de Barcas Phocas en 981, 983 et 986 pour le faire rentrer dans l’ordre. Après la dernière expédition, Basile II entre en conflit avec le califat fatimide [29], Saïd s’étant mis sous la protection de ce dernier. Mais, en pleine guerre civile, il signe un traité avec le calife dans lequel il s’engage à ne pas attaquer l’émir d’Alep et que son nom soit prononcé dans les prières de la mosquée de Constantinople. Basile II doit aussi lutter contre les Arabes en Sicile.

En 992, le nouveau calife fatimide Abu Mansur Nizar al-Aziz Billah , profitant de la mort de l’émir hamdanide [30] Saad al-Dawla en 991 qui laisse un fils en bas âge, assiège Alep. Le régent de l’émir hamdanide Loukoul el Kébir fait alors appel à Basile pour l’aider face aux Fatimides qui ont vaincu le duc d’Antioche Michel Bourtzès à la bataille des gués de l’Oronte le 15 septembre 994 [31]. Basile alors qu’il lutte contre les Bulgares décide en 995 de transférer ses troupes à Alep. Ordonnant à ses soldats de monter chacun une mule rapide, il réussit l’exploit de traverser l’Asie Mineure en 16 jours et en plein hiver.

Devant l’arrivée subite des Byzantins qui ont rejoint les forces du duc d’Antioche, les Arabes prennent peur et se replient à Damas. Après la prise de quelques places syriennes, Basile II est de retour à Constantinople en 995.

En 999, il doit de nouveau abandonner le théâtre bulgare. En effet, le calife fatimide Al-Hakim bi-Amr Allah , successeur de al-Aziz, inflige une déroute au duc d’Antioche Damien Dalassène qui est tué en combattant le 19 juillet 998. Le basileus a comme but de dégager Antioche, ensuite de soumettre les émirs et de s’assurer l’obéissance de ceux qui étaient les vassaux de l’Empire.

Basile est à Antioche le 20 septembre, il s’empare de Césarée et de Homs [32] en octobre, mais échoue devant Tripoli [33] du 6 au 17 décembre. À la suite de cette campagne, il passe l’hiver à Tarse [34]. L’empereur ne peut continuer la lutte car il doit assurer les positions byzantines du Caucase. Il signe donc un traité de paix de 10 ans avec Al-Hakim. La paix entre Byzance et les Arabes permet à Basile II de concentrer toutes ses forces dans la campagne de Bulgarie.

En 1000, à la suite de sa campagne de Syrie, Basile II s’apprête, après avoir passé l’hiver à Tarse, à repartir en campagne contre les émirs arabes lorsqu’il apprend l’assassinat de David III d’Ibérie , le roi de Haute Géorgie [35]. Ce dernier, qui avait apporté son aide à Bardas Phocas qui s’était révolté, s’était engagé pour éviter de perdre son royaume à le céder à sa mort à l’Empire.

Basile marche donc vers le royaume de Haute Georgie pour récupérer son dû. Le basileus arrive à Mélitène [36], où il est accueilli en grande pompe par les chefs arméniens. Continuant sa route il passe à proximité des sources du Tigre [37] et franchit l’Euphrate [38]. Finalement il arriva à Havatchich sur l’Araxe [39] où il est accueilli par les princes géorgiens auxquels il distribue des titres et des terres. Après avoir annexé toutes les terres de David et reçu le serment de fidélité de ses vassaux, il revient à Constantinople après une campagne militaire facile. Ces nouvelles conquêtes font grandir le prestige de l’Empire chez les peuples caucasiens.

De 989 jusqu’à l’année 1001, deuxième partie du règne, il est en paix avec la Russie et le calife fatimide, les efforts du basileus se tournent vers la Bulgarie. Les Bulgares marchent sur Thessalonique [40] et s’emparent de Veria [41]. Basile organise la défense de Thessalonique et après une lutte de 4 ans, reprend Veria.

Appelé sur le front oriental, il confie à Nicéphore Ouranos les forces luttant contre les Bulgares. Apprenant le départ de Basile, Samuel avance vers Thessalonique, mais, devant la grande ville, renonce à l’assiéger et se dirige vers Corinthe, puis bat en retraite vers Sperchios [42], où il se fait battre par Nicéphore Ouranos. Les Bulgares, subissant une grave défaite, doivent s’enfuir vers les monts de Thessalie [43]. Basile ne peut exploiter cette victoire et ordonne à Nicéphore de ravager la Bulgarie.

Basile, en 1001-1002, mène campagne dans la plaine de Sofia. Le basileus récupère la Bulgarie danubienne et s’y maintient. Ensuite, il reconstruit les places fortes de Thessalie. Peu après il s’empare d’Edessa [44], puis en 1004 conquiert Vidin [45] après 8 mois de siège. Samuel tente une diversion en s’emparant d’Andrinople [46], dont il massacre les habitants, mais le tsar, apprenant l’arrivée de Basile, bat en retraite. Finalement, les deux armées se rencontrent sur le Vardar devant Skopje [47]. Les Bulgares sont défaits et doivent abandonner le butin d’Andrinople. Pour parachever sa victoire, Basile II conquiert Skopje. En 4 ans, Samuel a perdu la moitié de son empire. Les Byzantins, pour compléter leur succès, récupèrent Dyrrachium [48], vendue par son gouverneur, gendre de Samuel.

Le 29 juillet 1014, Basile emprunte la passe de Kimbalongos, barrée par l’armée bulgare. Il contourne cette dernière et enlève la victoire lors de la bataille de la Passe de Kleidion [49]. Le basileus fait crever les yeux des soldats survivants et renvoie les 15 000 Bulgares aveugles au tsar conduits par un borgne épargné pour cent aveugles. Devant l’arrivée de cette troupe, Samuel meurt d’apoplexie.

Le fils de Samuel, Gabriel Radomir , succède à son père à la tête des Bulgares. Basile, exploitant sa victoire, occupe Melnik [50] fin 1014 et envahit la Macédoine occidentale, les Bulgares ne possédant alors plus que les hautes terres de Pélagonie [51]. Basile prend en 1016 la forteresse de Mogléna dans le sud-est de la Macédoine.

Pendant cette année éclate une guerre civile chez les Bulgares et Gabriel Radomir est tué par son cousin Iwan Vladislav . Ce dernier tente de faire la paix avec le basileus mais Basile refuse. Basile II continue la conquête de la Bulgarie en prenant Ohrid [52]. Les Bulgares tentent alors de s’allier avec les Petchenègues [53]. Lorsqu’il apprend cela, Basile abandonne le siège de Kastoria [54] et remonte vers le nord. Puis, apprenant l’échec de cette alliance, il revient en Pélagonie où Iwan Wladislav tente de l’arrêter, ce dernier est finalement battu fin 1017. Dans une tentative désespérée, le dernier tsar bulgare lève une armée et tente de reprendre Dyrrachium en janvier 1018 mais il est tué dans le combat. L’expédition de Basile en 1018 est une promenade et son retour à Constantinople est un triomphe.

La conquête de la Bulgarie permet à l’empire byzantin de repousser sa frontière sur le Danube et élimine un empire qui depuis sa création a toujours été un grand danger, menaçant à plusieurs reprises Constantinople et nécessitant la présence de nombreuses troupes qui ont manqué de nombreuses fois aux expéditions des empereurs byzantins contre les Arabes. Cependant, cela ne fait pas disparaître tout danger pour l’empire byzantin sur le front danubien, du fait du danger russe qui se fait de plus en plus pressant et de l’apparition agressive des Petchenègues.

À la suite de la conquête de la Bulgarie, il fait preuve d’une très grande intelligence dans l’organisation de cette nouvelle province, elle n’est pas transformée en thème mais est dirigée par un basilikoi selon un principe similaire au système des comtes mis en place par Charlemagne. Le basileus impose le respect des coutumes locales. Il est aussi très tolérant dans l’organisation ecclésiastique de l’Église bulgare. Ceci a permis d’éviter toute tentative de révolte des Bulgares.

Sans se désintéresser du front arabe, il s’occupa plutôt du sort des Bulgares. Néanmoins, stratège avisé, le basileus continue la politique d’expansion et conquiert quelques territoires arabes.

Très peu de temps après la destruction de l’État bulgare, il part en campagne en Transcaucasie [55], car Georges 1er , roi de Géorgie [56], a pris en sa possession les territoires de son père Bagarat III mort en 1014 qui avait cédé ses terres ainsi que de la région de Basian à l’empire byzantin en échange du titre de curopalate [57]. Craignant la migration des Turcs seldjoukides [58], Basile attache beaucoup d’importance à ces terres et veut montrer à ses vassaux que malgré leur éloignement il viendrait toujours ramener l’ordre.

Le basileus sans dévoiler le but de son expédition rassemble son armée à Philomélion [59] dans le thème des Anatoliques [60]. L’empereur se dirige vers Karin [61] au printemps de l’année 1021. Devant le refus de Georges 1er de se soumettre, il rejoint la plaine de Basian en traversant la chaîne séparant l’Araxe de l’Euphrate. Il rencontre l’armée de Giorgi, qu’il vainc à la difficile bataille de Shirimni le 11 septembre 1021 [62] et qui se replie vers l’Abkhazie [63] poursuivie par les Byzantins. Après avoir brûlé les villes de Géorgie, il pénètre dans la région de Tiflis [64] où aucun empereur n’avait pénétré depuis Héraclius.

Il passe l’hiver à Trébizonde [65], où le roi de la Grande Arménie, Jean Sempad, ancien allié de Giorgi, lui fait sa soumission et lui promet de transférer son royaume à l’Empire à sa mort.

Basile se prépare à quitter le Caucase lorsqu’il apprend que Nicéphore Xiphias, stratège d’Anatolie, un des meilleurs généraux de la campagne de Bulgarie se révolte de concert avec Nicéphore, fils de Bardas Phocas. Basile envoie le stratège des Arméniaques [66] contre les rebelles alors que lui se dirige contre Giorgi instigateur de cette révolte. Exaspéré par le comportement du chef caucasien qui a refusé de renouveler sa soumission, il marche dans la plaine de Basian et lui inflige une déroute complète le 11 septembre 1022. Giorgi s’enfuit en abandonnant son camp. Suivi de près par l’armée impériale, il implore la paix, Basile II la lui accorde dans les mêmes termes que le traité précédent mais le chef caucasien doit en plus livrer de nombreux otages dont son fils unique à Basile. Le basileus continue sa marche et fait une démonstration de forces aux limites des terres chrétiennes aux alentours du lac d’Ourmiah [67]. Finalement, Basile bat en retraite et rentre à Constantinople au début de l’année 1023. Il a achevé la conquête de l’Arménie et de la Géorgie. Ces nouvelles terres auraient pu devenir un glacis face aux peuplades asiatiques mais le sort en décide autrement.

Basile II, mort sans enfant, laisse l’empire à son frère Constantin VIII plus puissant et plus étendu qu’il ne l’avait jamais été depuis Justinien. Pour la première fois depuis plusieurs siècles, l’autorité impériale est rétablie dans les Balkans grâce à l’élimination de l’État bulgare. Basile a aussi écarté le danger arabe, grâce notamment à des démonstrations de force qui lui ont permis au passage de conquérir plusieurs villes importantes comme Césarée, tout en se rapprochant de Jérusalem [68] et du cœur du christianisme.

Sur le plan économique Basile II fut un bon gestionnaire et il laisse à sa mort un trésor considérable. L’administration a été réformée, les petites propriétés ont été rétablies, réduisant ainsi l’oppression des pauvres et permettant à l’État d’être plus puissant. En effet, en empêchant l’acquisition de territoires et de biens au détriment des pauvres, il empêche l’aristocratie byzantine d’être trop puissante et de devenir dangereuse.

Enfin dans le domaine religieux, Basile a sensiblement augmenté l’aire d’influence de Byzance. Avec la conversion de la Russie au rite grec, l’empire byzantin acquiert un grand prestige spirituel dans le monde slave. Sur le plan matériel, sa richesse y suscite cependant des convoitises.

Notes

[1] Les Balkans sont une des trois péninsules de l’Europe du Sud, mais cette appellation traditionnelle est parfois contestée en l’absence d’un isthme : les géographes préfèrent le terme de région. Elle est bordée par des mers sur trois côtés : la mer Adriatique et la mer Ionienne à l’ouest, la mer Égée au sud et la mer de Marmara et la mer Noire à l’est. Au nord, on la délimite généralement par les cours du Danube, de la Save et de la Kupa. Cette région couvre une aire totale de plus de 550 000 km²

[2] L’Anatolie ou Asie Mineure est la péninsule située à l’extrémité occidentale de l’Asie. Dans le sens géographique strict, elle regroupe les terres situées à l’ouest d’une ligne Çoruh-Oronte, entre la Méditerranée, la mer de Marmara et la mer Noire, mais aujourd’hui elle désigne couramment toute la partie asiatique de la Turquie

[3] La Syrie fut occupée successivement par les Cananéens, les Phéniciens, les Hébreux, les Araméens, les Assyriens, les Babyloniens, les Perses, les Grecs, les Arméniens, les Romains, les Nabatéens, les Byzantins, les Arabes, et partiellement par les Croisés, par les Turcs Ottomans et enfin par les Français à qui la SDN confia un protectorat provisoire pour mettre en place, ainsi qu’au Liban, les conditions d’une future indépendance politique.

[4] La Haute Mésopotamie, également appelée en arabe Al-Jazira, est le nom donné aux terres élevées et au grand sandur du Nord-Ouest de l’Irak, Nord-Est de la Syrie, et Sud-Est de la Turquie, en Mésopotamie.

[5] Au 1er siècle av. jc, le royaume d’Arménie sous Tigrane le Grand atteint son apogée. L’Arménie fut la première nation à adopter le christianisme comme religion d’État en 301. Bien que l’Arménie actuelle soit un pays constitutionnellement séculier, la religion chrétienne y tient une place importante. Au 9ème siècle, le royaume d’Arménie est rétabli par la dynastie bagratide. Les guerres contre les Byzantins l’affaiblirent jusqu’à sa chute en 1045 puis l’invasion des Turcs seldjoukides s’ensuivit. La principauté et ensuite le royaume arménien de Cilicie a perduré sur la côte méditerranéenne entre les 11ème et 14ème siècles.

[6] Un eunuque est un homme castré. La castration se limite généralement à l’ablation des testicules mais il arrive qu’elle concerne également le pénis, connue alors sous le nom de pénectomie. Dans la Chine ancienne, la castration était à la fois une punition traditionnelle (jusqu’à la dynastie Sui) et un moyen d’obtenir un emploi dans le service impérial. À la fin de la dynastie Ming, il y avait 70 000 eunuques dans la Cité interdite. La valeur d’un tel poste était importante car elle pouvait permettre d’obtenir un pouvoir immense qui dépassait parfois celui du premier ministre. Cependant, la castration par elle-même fut finalement interdite. Le nombre d’eunuques n’était plus estimé qu’à 470 en 1912, lorsque la fonction fut abolie. La justification de cette obligation pour les fonctionnaires de haut rang était la suivante : puisqu’ils ne pouvaient procréer, ils ne seraient pas tentés de prendre le pouvoir pour fonder une dynastie. À certaines périodes, un système similaire a existé au Viêt Nam, en Inde, en Corée et dans d’autres contrées du monde.

[7] Parakimomène était un titre porté par un haut dignitaire du palais des empereurs byzantins. Il était conféré par édit impérial, c’est-à-dire que le titulaire était révocable au gré du souverain. C’était l’une des dix charges palatiales par édit, et la plus haute, qui étaient tout spécialement réservées aux eunuques. Le parakimomène était le chef des eunuques affectés à la chambre de l’empereur. C’était un responsable chargé tout particulièrement d’assurer la protection du souverain pendant la nuit (portant d’ailleurs une arme), et en qui celui-ci devait avoir toute confiance. À partir du 9ème siècle, plusieurs titulaires de cette charge jouèrent un rôle politique de premier plan.

[8] La Mésopotamie est une région historique du Moyen-Orient située dans le Croissant fertile, entre le Tigre et l’Euphrate. Elle correspond pour sa plus grande part à l’Irak actuel.

[9] Basileus signifie « roi » en grec ancien. L’étymologie du mot reste peu claire. Si le mot est originellement grec mais la plupart des linguistes supposent que c’est un mot adopté par les Grecs à l’âge du bronze à partir d’un autre substrat linguistique de Méditerranée orientale, peut-être thrace ou anatolien.

[10] Constantinople est l’appellation ancienne et historique de l’actuelle ville d’Istanbul en Turquie (du 11 mai 330 au 28 mars 1930). Son nom originel, Byzance, n’était plus en usage à l’époque de l’Empire, mais a été repris depuis le 16ème siècle par les historiens modernes.

[11] Le royaume du Bosphore est un royaume grec antique établi sur les rives du Bosphore cimmérien, nom antique de l’actuel détroit de Kertch, qui reliait le Pont-Euxin (l’actuelle mer Noire) au lac Méotide (l’actuelle mer d’Azov), et sur la Tauride. Il est fondé au 5ème siècle av. jc par les Archéanactides.

[12] Dans l’Antiquité, la ville d’Aura, devenue Amorium ou Amorion à l’époque romaine et byzantine, se trouvait sur l’emplacement du village turc actuel de Hisarköy, à 12 km d’Emirdağ sur la route de Davulga, dans la province d’Afyonkarahisar.

[13] La fonction de domestique des Scholes est une fonction militaire élevée dans l’Empire byzantin, du 8ème au début du 14ème siècle. À l’origine simples commandants des Scholai, la plus élevée des tagmata d’élite, ces domestiques gagnent rapidement en importance : au milieu du 9ème siècle, ils deviennent les commandants en chef de l’armée byzantine, juste après l’empereur. La fonction est toutefois éclipsée au 12ème siècle par celle de grand domestique, et, à la période des Paléologue, elle est réduite à une dignité de cour purement honoraire et de niveau intermédiaire.

[14] Le grand-prince de Kiev (parfois appelé grand-duc de Kiev) était le titre donné aux dirigeants de la ville de Kiev, dans la Rus’ de Kiev (Russie médiévale) entre le 9ème et le 13ème siècle.

[15] Abydos est une ancienne colonie milésienne située sur la rive asiatique de l’Hellespont, à son point le plus étroit, aujourd’hui Nagara-Bouroun. C’est là que Xerxès 1er franchit l’Hellespont, à l’aide d’un fameux pont de bateaux, pour passer en Europe en 480 av. jc. En 405 av. jc, Lysandre s’empare d’Abydos, ce qui est une étape décisive dans la campagne menant à la victoire d’Aigos-Potamos. Abydos opposa une vigoureuse résistance à Philippe V de Macédoine en 200 av. jc. Le 13 avril 989, selon le chroniqueur Yahyā d’Antioche, eut lieu à Abydos l’attaque conjointe des forces byzantines et rus’ contre le général byzantin révolté Bardas Phocas.

[16] La garde varangienne ou garde varègue formait un corps d’élite de l’armée byzantine. Les Varègues apparurent dans le monde byzantin en 839 quand l’empereur Théophile négocia avec eux pour obtenir quelques mercenaires pour son armée. Bien que les Rus’ eussent le plus souvent des relations pacifiques avec les Byzantins, les raids varègues depuis le nord n’étaient pas rares. Ces attaques eurent lieu en 860, 907, 911, 941, 945, 971 et finalement en 1043. Ces raids n’eurent d’autre succès qu’une renégociation des traités de commerce ; militairement, les Varègues étaient toujours vaincus par l’armée de Constantinople, qui utilisait le feu grégeois. La classe gouvernante des deux villes-États puissantes de Novgorod et Kiev finit par devenir varègue, et les Byzantins purent bientôt acheter les services d’une force mercenaire officielle, qui devint la garde varègue. Ceci advint en 988, quand le prince de Kiev, Vladimir 1er se convertit à l’orthodoxie. En échange de la main de la sœur de Basile II, Anne, Vladimir donna 6 000 Varègues comme garde personnelle. Cette unité, s’ajoutant à la liste des tagmata, fut l’un des éléments les plus efficaces et loyaux de l’armée byzantine, comme le rapporte la chronique d’Anne Comnène pendant le règne de son père Alexis 1er.

[17] Un stratège est un membre du pouvoir exécutif d’une cité grecque, qu’il soit élu ou coopté. Il est utilisé en grec pour désigner un militaire général. Dans le monde hellénistique et l’Empire Byzantin, le terme a également été utilisé pour décrire un gouverneur militaire. Dans la Grèce contemporaine (19ème siècle jusqu’à nos jours), le stratège est un général et a le rang d’officier le plus élevé.

[18] Les Anatoliques ou le thème des Anatoliques sont un thème de l’Empire byzantin situé en Asie Mineure (Turquie actuelle). Après la division de l’Opsikion au milieu du 8ème siècle, il devient le plus important des thèmes de l’empire.

[19] Ancienne église chrétienne de Constantinople du vie siècle, devenue une mosquée au 15ème siècle sous l’impulsion du sultan Mehmet II. Elle est édifiée sur la péninsule historique d’Istanbul. Depuis 1934, elle n’est plus un lieu de culte mais un musée.

[20] caution mutuelle

[21] Un higoumène ou hégoumène est le supérieur d’un monastère orthodoxe ou catholique oriental. Le terme équivaut à celui d’abbé ou d’abbesse dans l’Église latine.

[22] Le monastère du Stoudion ou monastère de Stoudios était un établissement religieux de Constantinople fondé vers 460 par un bienfaiteur privé du nom de Studius ou Stoudios, un aristocrate qui fut consul pour l’année 454. Il était placé sous le vocable de saint Jean Baptiste. Il était situé à l’extrême sud-ouest de la ville byzantine, dans le quartier de Psamathia, non loin du Mur de Théodose et de la mer de Marmara. Ses moines étaient appelés « studites » ou « stoudites ». Il reste aujourd’hui les ruines de l’église du monastère, le plus ancien édifice chrétien subsistant partiellement à Istanbul.

[23] La Scandinavie est une région historique et culturelle d’Europe du Nord constituée de trois monarchies constitutionnelles, le Danemark, la Norvège et la Suède. Le terme de « Scandinavie » est souvent improprement utilisé pour désigner l’ensemble des pays nordiques, c’est-à-dire en ajoutant aux États précédents l’Åland, la Finlande, l’Islande, les îles Féroé et le Groenland. Ses habitants sont appelés les Scandinaves.

[24] La Moravie est une région d’Europe centrale, formant aujourd’hui la partie orientale de la République tchèque. Ses villes principales sont Brno et Olomouc. Dans le premier tiers du 11ème siècle, la Moravie est rattachée à la Bohême. La Moravie est aujourd’hui entourée par la Bohême à l’ouest, l’Autriche au sud, la Slovaquie à l’est, la Silésie et la Pologne au nord.

[25] Shaizar, Shayzar, ou Chayzar est une ville et forteresse médiévale en Syrie qui joua un rôle important dans les conflits entre chrétiens et musulmans à l’époque des croisades. Situé sur l’Oronte entre Hama et Apamée, sur un site stratégique, elle est citée dans les Lettres d’Amarna sous le nom de Senzar ou Sezar. Les Grecs l’appellent Sidzara, puis elle est rebaptisée Larissa par les Séleucides. Les Romains lui rendent son nom et les Byzantins l’appellent Sezer. Les Croisés, avec Guillaume de Tyr parlent de Caesarea (Césarée de Syrie), et la ville est parfois confondue avec l’actuelle Kayseri.

[26] Corinthe était l’une des plus importantes cités de la Grèce antique, située dans les terres au pied de son acropole, l’Acrocorinthe. Elle abritait autrefois un célèbre temple d’Aphrodite.

[27] Sofia est la capitale de la Bulgarie, à 550 mètres d’altitude au pied du mont Vitocha, non loin du fleuve Iskar. Le principal établissement de la tribu thrace des Serdes se trouvait sur l’emplacement de l’actuelle Sofia. Cette tribu a donné son nom à la ville Serdica qu’ils ont bâtie au 7ème siècle av. jc. Par la suite, elle a été appelée Sredets par les Bulgares, et Triaditsa par les Byzantins. Le nom actuel de la ville lui fut donné en 1376 d’après la basilique Sainte-Sophie.

[28] Alep est une ville de Syrie, chef-lieu du gouvernorat d’Alep, le gouvernorat de Syrie le plus peuplé, situé dans le Nord-Ouest du pays. Pendant des siècles, Alep a été la ville la plus grande de la région syrienne et la troisième plus grande ville de l’Empire ottoman

[29] Le Califat fatimide était un califat islamique fondé en 909 par Ubayd Allah al-Mahdi, appartenant à la dynastie des Fatimides qui régna, depuis l’Ifriqiya (entre 909 et 969) puis depuis l’Égypte (entre 969 et 1171). Il englobait une grande partie de l’Afrique du Nord, la Sicile et une partie du Moyen-Orient. Issus de la branche religieuse chiite des ismaéliens pour laquelle le calife doit être choisi parmi les descendants d’Ali, cousin et gendre du prophète de l’islam Mahomet et de Fatima Zahra, fille du prophète, les Fatimides considèrent les Abbassides sunnites comme des usurpateurs de ce titre. L’établissement de leur califat débute au Maghreb, grâce aux Berbères Kutama, grande tribu qui était établie à l’est de l’actuelle Algérie et renversa le pouvoir local aghlabide. Après un intermède en Ifriqiya, ils finiront par s’établir dans la ville du Caire qui pendant leur règne prendra un essor considérable.

[30] La dynastie hamdanide, est une dynastie arabe d’émirs chiites (890-1004) originaires de la partie Est de la Djazira, qui règne sur un espace allant du nord de l’Irak à la Syrie. Les capitales de cet émirat sont Mossoul et Alep. La famille des hamdanides descend de Adi b. Ousama b. Taghlib, membre de la tribu des Banu Taghlib. Cette dynastie apparaît dans un contexte d’affaiblissement du pouvoir central abbasside, qui voit dans cette période du 10ème siècle l’émancipation et l’affirmation de petites dynasties qui s’emparent des pouvoirs temporels et spirituels du califat à une échelle locale ou régionale.

[31] La bataille des gués de l’Oronte s’est déroulée le 15 septembre 994 entre l’Empire byzantin et ses alliés hamdanides commandés par Michel Bourtzès contre les forces du califat famitide de Damas sous les ordres du général turc Manjutakin. La bataille se solde par une victoire fatimide.

[32] Homs est une ville de Syrie, située sur l’Oronte à la sortie d’un lac artificiel, au centre d’une plaine vaste et fertile qui s’étend, à environ 500 mètres d’altitude, au débouché septentrional de la vallée de la Bekaa. Ce site constitue un carrefour des axes qui relient Damas à Alep. La vieille ville, située à environ 2 kilomètres du fleuve, sur la rive droite de celui-ci, et que les vestiges d’une citadelle surplombent du haut d’un tell au sud-ouest, occupe approximativement l’emplacement de l’antique Émèse, dont l’expansion hors de ce tell commença vraisemblablement après qu’un « phylarque » de la nation ou tribu des Éméséniens, habitant Aréthuse, fut devenu vers 64 av. jc un client de la République romaine. Elle fut annexée à une province de l’Empire romain en 78 apr. jc.

[33] Le nom de la cité proviendrait du grec Tripolis. Elle aurait été nommée ainsi du fait de sa séparation en trois parties distinctes par les commerçants venant de Tyr, Sidon et Aradis. À partir de 1070, Tripoli est sous la domination de la famille Banû ’Ammâr, qui s’est rendue indépendante des califes fatimides d’Égypte. En 1102, lors de la première croisade, la ville est assiégée par Raymond IV de Saint Gilles et défendue par le cadi Fakhr al-Mulk ibn-Ammar. Le siège dure près de 10 ans, infligeant de lourds dégâts à la ville, qui tombe aux mains des croisés en 1109. Elle est ensuite, durant le temps des croisades, la capitale du comté de Tripoli, l’un des principaux États francs du Levant.

[34] Tarse est une ville de Cilicie, en Turquie.

[35] L’histoire de la Géorgie remonte aux royaumes antiques de Colchide et d’Ibérie, qui furent ensuite unifiés. La Géorgie est l’une des premières nations à avoir adopté la religion chrétienne comme religion officielle, au début du 4ème siècle : elle a rejoint l’orthodoxie après le schisme de 1054. Elle connaît son âge d’or au 12ème siècle, sous le règne de Thamar. Confrontée tour à tour aux Perses, Romains, Byzantins, Arabes, Mongols et Ottomans, la Géorgie est annexée au début du 19ème siècle par la Russie impériale sous Paul 1er, mais retrouve son indépendance de 1918 à 1921. Elle est ensuite intégrée en tant que république au sein de l’Union soviétique. L’indépendance de la Géorgie est une nouvelle fois restaurée en 1991.

[36] Mélitène, appelée originellement Arslantepe, est une ville qui fut successivement hittite, assyrienne, puis romaine. Les Assyriens l’appelaient Meliddu. Selon Strabon, elle était connue des anciens sous le nom de Mélitène, nom qu’adopteront les Romains ; elle constituait alors l’une des 10 provinces de la Cappadoce. Située sur les rives d’un affluent de l’Euphrate, à la tête des routes allant d’Asie Mineure en Mésopotamie, elle fut transformée en forteresse abritant les 12ème et 16ème légions romaines. Capturée par les Arabes en 638, elle servit de base à leurs attaques contre l’Empire byzantin. Les Byzantins attaquèrent la ville à leur tour et ne réussirent à la conquérir qu’en 934. Dévastée par les Turcs seldjoukides en 1058, elle fut conquise par les Ottomans en 1515. Le site de l’ancienne ville se trouve à quelques kilomètres de l’actuelle ville de Malatya, capitale de la province turque du même nom.

[37] Le Tigre est un fleuve de Mésopotamie long de 1 900 km. Ce fleuve prend sa source en Turquie comme l’autre grand fleuve de la région l’Euphrate.

[38] L’Euphrate est un fleuve d’Asie de 2 780 km de long. Il forme avec le Tigre dans sa partie basse la Mésopotamie. Son débit est particulièrement irrégulier puisque plus de la moitié de son flux s’écoule de mars à mai et que le débit peut tomber à 300 m3/s contre un débit moyen de 830 m3/s à l’entrée en Syrie. En période de crue, il peut atteindre 5 200 m3/s pouvant provoquer de graves inondations. Les deux branches mères de l’Euphrate naissent sur le haut-plateau anatolien : celle de l’ouest, ou Karasu, naît près d’Erzurum, dont elle traverse la plaine ; celle de l’est, le Murat, se forme au Nord du lac de Van, sur les flancs d’un contrefort occidental de l’Ararat. Il traverse ensuite la zone de piémont, zone aride partagée entre la Syrie et l’Irak. Arrivé aux environs de Ramadi en Irak, il entre dans la plaine fertile de Mésopotamie, passant par Fallujah à proximité de Bagdad, et puis à environ 1 km à l’ouest des ruines de Babylone. Il rejoint le Tigre dans le sud-est du pays à Qurna à environ 100 km au nord-ouest de Bassorah pour former le Chatt-el-Arab et se jeter dans le golfe Persique.

[39] L’Araxe est une rivière prenant sa source sur le haut-plateau arménien, à proximité d’Erzurum et se jette dans la Koura à 121 km de son embouchure sur la mer Caspienne.

[40] Thessalonique ou Salonique est une ville de Grèce, chef-lieu du district régional du même nom, située au fond du golfe Thermaïque. Aujourd’hui, elle est la capitale de la périphérie (région) de Macédoine centrale en Macédoine grecque mais aussi celle du diocèse décentralisé de Macédoine-Thrace.

[41] Véria ou Bérée, Béroia est une ville de Grèce, en Macédoine-Centrale existant depuis l’Antiquité. Berceau de la dynastie antigonide, siège du koinon des Macédoniens, c’est une ville florissante aux époques romaine et médiévale. Entre l’an 50 et 52 de l’ère chrétienne, durant son second voyage apostolique, Paul de Tarse passe par Véria, après avoir dû quitter Thessalonique dans la précipitation, car certains juifs, agacés par son prosélytisme, l’y accusaient de présenter le prophète Jésus de Nazareth en « roi », autre que l’empereur romain, ce qui était considéré par les Romains comme séditieux. Passant de Thessalonique à Véria en compagnie de Silas et Timothée, il prêche dans la synagogue où son enseignement est bien reçu

[42] Le fleuve Sperchios est un cours d’eau de Grèce centrale. Il se jette dans le golfe Maliaque. Il a repris son nom antique au 19ème siècle, et était auparavant appelé Alamána.

[43] La Thessalie est une région historique et une périphérie du nord-est de la Grèce, au sud de la Macédoine. Durant l’antiquité cette région a, pour beaucoup de peuples, une importance stratégique, car elle est située sur la route de la Macédoine et de l’Hellespont. Elle possédait un important port à Pagases. Le blé et le bétail sont les principales richesses de la région et une ressource commerciale vitale. La Thessalie est aussi l’une des rares régions de Grèce où l’on peut pratiquer l’élevage des chevaux, d’où l’importante cavalerie dont disposaient les Thessaliens.

[44] Şanlıurfa est une ville du sud-est de la Turquie. Elle fut d’abord nommée Urhai (en arménien, ou Orhai, en araméen), puis Édesse (ou Édessa), puis Urfa et aujourd’hui Şanlıurfa ou Riha en kurde.

[45] Vidin ou Vidine est une ville du nord-ouest de la Bulgarie, sur la rive sud du Danube. La ville est aussi le chef-lieu de la province du même nom. Elle est proche des frontières avec la Serbie et la Roumanie. C’est l’un des points de passage du Danube, par route et par bac, entre la Roumanie et la Bulgarie.

[46] Edirne (autrefois Andrinople ou Adrianople) est la préfecture de la province turque du même nom, limitrophe de la Bulgarie et de la Grèce. Elle est traversée par la Maritsa (Meriç en turc).

[47] Skopje est la capitale et la plus grande ville de la République de Macédoine. Après avoir été le lieu de diverses occupations préhistoriques, Skopje naît véritablement au 1er siècle avec la fondation d’une colonie romaine appelée « Scupi », qui est rattachée à l’Empire romain d’Orient en 395. La ville antique est détruite par un séisme en 518. Reconstruite quelques kilomètres plus loin et fortifiée, elle connaît de nombreuses invasions au cours des 10ème et 11ème siècles, entrant au 10ème siècle dans le Premier Empire Bulgare sous Siméon 1er de Bulgarie, pour revenir dans l’Empire Byzantin en 1018 après la défaite du dernier tsar bulgare Samuel par le Basileus Basile II et la disparition du Premier Empire Bulgare. La domination byzantine s’achève avec la conquête serbe en 1282, et Skopje devient brièvement la capitale de l’Empire serbe en 1346. L’État s’affaiblit toutefois rapidement et la ville est conquise par les Ottomans en 1392.

[48] l’actuelle Durrës

[49] La bataille de la Passe de Kimbalongos (ou Cljáva Longã, la « longue passe » en aroumain) ou bataille du Kleidion (de nos jours dans la province de Blagoevgrad en Bulgarie) a eu lieu le 29 juillet 1014 entre la Bulgarie et l’Empire byzantin. Elle constitue le point culminant des hostilités entre les deux empires et se termine par la victoire décisive des Byzantins. La bataille se déroule dans une vallée entre les monts Bélès et le massif d’Ograjden près du village bulgare actuel de Klyuch. Les deux armées se rencontrent le 29 juillet et la bataille bascule avec l’offensive du corps d’armée byzantin mené par Nicéphore Xiphias contre l’arrière-garde bulgare.

[50] Melnik est la plus petite ville de Bulgarie, elle compte 385 habitants. Elle fait partie de l’oblast de Blagoevgrad et de la commune (obchtina) de Sandanski. Après la conquête romaine, son urbanisme se transforma progressivement comme en témoigne encore un pont, intégralement préservé. Les Slaves s’établirent dans la région au cours du 7ème siècle avant que l’Empire byzantin ne reprenne le contrôle de la région. La ville passa sous domination bulgare sous le règne du khan Presian 1er et prospéra rapidement. Melnik se trouva cependant souvent, durant le Haut Moyen Âge, de part et d’autre de la frontière entre la Bulgarie et l’Empire byzantin. Basile II s’en empara en 1014 avant le roi bulgare Assen 1er ne l’annexe en 1196 au second Royaume bulgare. Il y installa alors de nombreux Grecs expulsés de Plovdiv (Philippoupolis). En 1211, le boyard Alexis Slave dont l’autorité s’exerçait sur le sud-ouest de la Bulgarie prit le contrôle de Melnik et en fit en 1215 sa capitale.

[51] La Pélagonie est une région de la Macédoine géographique. La Pélagonie antique correspond essentiellement au sud-ouest de l’actuelle République de Macédoine du Nord, elle était limitée par la Dardanie à son extrême nord, par l’Illyrie au nord et à l’ouest, par la Péonie à l’est et par le Royaume de Macédoine au sud. Elle fut d’ailleurs envahie au 4ème siècle av. jc par Philippe II de Macédoine.

[52] Ohrid est une municipalité et une ville du sud-ouest de la Macédoine du Nord, située sur le lac du même nom. La ville d’Ohrid est née pendant l’Antiquité, elle s’appelait alors Lychnidos et possédait un théâtre antique et une acropole. Après les invasions slaves du début du Moyen Âge, la ville devient au 9ème siècle un grand centre religieux et culturel. Saint Clément d’Ohrid y fonde alors un grand monastère et participe à l’établissement de l’alphabet cyrillique et de la culture bulgaro-macédonienne. Un siècle plus tard, Samuel 1er de Bulgarie fait d’Ohrid la capitale de son empire. Conquise par les Ottomans, Ohrid connaît un certain déclin avant de devenir au 19ème siècle un foyer de développement du nationalisme macédonien.

[53] Les Petchénègues ou Petchenègues sont un peuple nomade d’origine turque qui apparaissent à la frontière sud-est de l’empire khazar au 8ème siècle. Ils s’installent au 10ème siècle au nord de la mer Caspienne. Selon la légende, ils constituent la tribu Peçenek des Oghouzes, issue de Dağ Han (« prince montagne »).

[54] Kastoria est une ville en Grèce du nord, dans la périphérie de la Macédoine-Occidentale. C’est le chef-lieu du nome de Kastoria et elle est située sur la côte occidentale du lac Orestiada. Elle s’appelait Keletron dans l’Antiquité.

[55] La Transcaucasie ou Caucase du Sud est un espace géographique du sud du Caucase composé de la Géorgie, de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan. Délimitée au nord par la Ciscaucasie, elle a pour voisins méridionaux la Turquie et l’Iran et est bordée à l’ouest par la mer Noire et à l’est par la mer Caspienne.

[56] Le royaume de Géorgie est un royaume féodal localisé approximativement sur le territoire de la Géorgie actuelle et qui connut son apogée à la fin du 12ème et au début du 13ème siècle.

[57] La dignité de curopalate fut d’abord une fonction de la cour impériale byzantine avant de devenir l’un des titres les plus prestigieux du 6ème au 12ème siècle. Réservée aux membres de la famille impériale et à divers rois et princes du Caucase, elle finit par se déprécier et être reléguée à la fin des listes de préséance avant de tomber en désuétude sous les Paléologues. L’épouse d’un curopalate portait le titre de kouropalatissa.

[58] Les Seldjoukides, sont les membres d’une tribu turcique qui a émigré du Turkestan vers le Proche-Orient avant de régner sur l’Iran, puis sur un vaste domaine comprenant l’Irak actuel, et l’Asie Mineure, entre le milieu du 11ème siècle et la fin du 12ème siècle.

[59] Akşehir (ville blanche) est un chef-lieu du district d’Akşehir, dans la la province de Konya en Turquie. En 1116 Akşehir est le théâtre de la bataille de Philomélion. Elle a opposé les troupes de l’empereur byzantin Alexis 1er Comnène à celles du sultan seldjoukide de Roum Malik Chah 1er. Le traité de paix qui suit cette bataille est avantageux pour les Byzantins.

[60] Les Anatoliques ou le thème des Anatoliques sont un thème de l’Empire byzantin situé en Asie Mineure (Turquie actuelle). Après la division de l’Opsikion au milieu du 8ème siècle, il devient le plus important des thèmes de l’empire.

[61] Erzeroum

[62] La bataille de Shirimni (ou Chirimk ou Chirimni) appelée aussi bataille du lac Balakatsis est livrée le 11 septembre 1021entre les armées byzantines et géorgiennes. La bataille est précédée par un conflit de 20 ans qui porte sur la succession des curopalates géorgiens et notamment celle de David Le Grand Curopalate mort en 1000 qui implique des régions frontalières byzantino-arméno-géorgiennes en Asie mineure. Ce conflit finit par dégénérer en guerre ouverte lorsque le roi géorgien Georges 1er s’empare manu militari des territoires contestés en 1015/1016.

[63] L’Abkhazie, est un État situé entre les montagnes du Caucase et les bords de la mer Noire. Au 9ème siècle, l’Abasgie s’unit au royaume géorgien d’Iméréthie et prend le nom d’Abkhazie (Royaume d’Abkhazie). Bagrat III de Géorgie réunit les différents royaumes géorgiens pour former le premier royaume de Géorgie en unifiant la Colchide et le royaume d’Ibérie.

[64] Tbilissi est la capitale de la République de Géorgie, sur les rives de la rivière Koura (ou Mt’kvari). Son nom dérive de l’ancien géorgien Tp’ilisi ((source) chaude). Appelée traditionnellement Tiflis dans la plupart des langues. Fondée au 5ème siècle de notre ère par le roi d’Ibérie Vakhtang Gorgassali, elle devint la capitale du royaume de Géorgie orientale (ou Ibérie) au 6ème siècle et se transforma bientôt en une grande ville de commerce, riche de culture.

[65] Trabzon ou Trébizonde (d’après son nom antique), est une ville de Turquie, préfecture de la province du même nom, située au bord de la mer Noire, dans la région de la mer Noire. Capitale culturelle et historique de la région de la mer noire (karadeniz). Depuis sa fondation par des colons grecs autour du 7ème siècle av. jc, Trébizonde, capitale de la région du Pont a souvent constitué un des centres commerciaux et politiques majeurs de la côte sud de la mer Noire. Trabzon a longtemps été un lieu de passage obligé pour les voyageurs s’aventurant en Asie, comme Xénophon, Evliya Çelebi, Marco Polo, Nicolas Bouvier. C’était un lieu essentiel pour le commerce international, ce qui justifia l’ouverture éphémère de consulats français et anglais dans la ville. Au Moyen Âge, elle fut une étape de la Route de la Soie ; Marco Polo y passa à son retour de Chine, alors que la ville était capitale de l’Empire de Trébizonde, qui se trouva coupé de l’Empire byzantin par la quatrième croisade de 1204 et lui survécut jusqu’en 1461 lorsque le sultan ottoman Mehmed II s’en empara.

[66] Les Arméniaques ou le thème des Arméniaques sont un thème de l’Empire byzantin situé au nord-est de l’Asie Mineure (Turquie actuelle). Ce thème est l’un des quatre thèmes originels, créés vers la moitié du 7ème siècle. Bien que la mention d’un « Georges, tourmarchès ton Armeniakon » en 629 lors des campagnes perses de l’empereur Héraclius puisse suggérer l’existence du thème à cette date, la première référence claire au thème des Arméniaques s’inscrit dans le cadre de la révolte de son général, Saborios, en 667/668. Il est également mentionné sur un sceau de 717/718. À l’instar des autres thèmes, il est créé à partir des restes de l’une des armées défaites lors des conquêtes arabes, un processus probablement achevé à la fin des années 640. L’armée du magister militum per Armeniae est ainsi retirée de cette région, qui donne son nom au nouveau thème, et est établie dans les régions du Pont, de Paphlagonie et de Cappadoce

[67] Le lac d’Ourmia ou Orumieh est un lac salé au nord-ouest de l’Iran, dans l’Azerbaïdjan iranien (entre les provinces d’Azerbaïdjan oriental et d’Azerbaïdjan occidental). Plus grand lac d’Iran, il fait partie du parc national du même nom.

[68] Ville du Proche-Orient que les Israéliens ont érigée en capitale, que les Palestiniens souhaiteraient comme capitale et qui tient une place centrale dans les religions juive, chrétienne et musulmane. La ville s’étend sur 125,1 km². En 130, l’empereur romain Hadrien change le nom de Jérusalem en « AElia Capitolina », (Aelius, nom de famille d’Hadrien ; Capitolina, en hommage au dieu de Rome, Jupiter capitolin) et il refonde la ville. Devenue païenne, elle est la seule agglomération de la Palestine à être interdite aux Juifs jusqu’en 638. Durant plusieurs siècles, elle est simplement appelée Aelia, jusqu’en 325 où Constantin lui redonne son nom. Après la conquête musulmane du calife Omar en 638, elle devient Iliya en arabe, ou Bayt al-Maqdis (« Maison du Sanctuaire »), équivalent du terme hébreu Beit ha-Mikdash (« Maison sainte »), tous deux désignant le Temple de Jérusalem, ou le lieu du voyage et d’ascension de Mahomet, al-Aqsa, où se situait auparavant le temple juif