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Bardas Sklèros ou Sclerus

jeudi 19 mai 2022, par ljallamion

Bardas Sklèros ou Sclerus (mort en 991)

Usurpateur byzantin de 976 à 979 puis de 987 à 989

L'Empire Byzantin en 867, à la fin du règne de Michel III.Fils de Panthérios Sklèros, noble byzantin, et de Grégoria, descendante d’un frère de Basile 1er.

Sa sœur Marie Sklérina était mariée à Jean 1er Tzimiskès. À l’accession de Jean 1er en 969, il fut promu général en chef.

L’année suivante, les Russes, massés aux frontières de l’empire, passèrent le mont Hémus [1] sous la conduite de leur prince Sviatoslav 1er. Alliés aux Bulgares [2], aux Hongrois [3] et aux Petchenègues [4], les Russes ravagèrent les terres de l’empire byzantin [5] jusqu’à la région d’Arcadiopolis [6]. Sklèros massa ses troupes dans la ville d’Andrinople [7] avec 12 000 hommes. Grâce à une tactique élaborée, Sklèros combattit les armées barbares une par une et les vainquit. Sur les 30 000 combattants barbares, près de 20 000 périrent alors que seulement un petit nombre de Byzantins tombèrent.

Tzimiskès porta ensuite la guerre en Bulgarie et en ravagea la capitale Veliki Preslav [8], occupée par les Russes de Sviatoslav depuis 969. Il restaure Boris II sur son trône et gagna de fait le soutien des Bulgares contre les Russes. Il assiégea ensuite les Russes à Silistria [9] où Sviatoslav finit par se rendre et accepta de ne plus combattre les Byzantins. L’empereur Jean envoya alors de l’approvisionnement aux Russes qui mouraient de faim et renouvela leur traité commercial. La Bulgarie fut annexée à l’Empire et Boris II emmené à Constantinople en tant que prisonnier et le patriarcat bulgare fut supprimé.

Il combat également les Arabes, et écrase la révolte de Bardas Phocas en 971.

Mais, après la mort de Jean 1er en 976, il est démis de ses fonctions à la tête des troupes d’Asie par l’eunuque Basile le parakimomène, le chambellan [10] des deux jeunes empereurs Basile II et Constantin VIII .

Il se révolte et, suivi par son fils Romain, se fait proclamer empereur par son armée. Tous les mécontents d’Asie se rallient à lui et les Sarrasins [11] lui fournissent hommes et argent. Le chambellan envoie contre lui tour à tour Pierre Phocas le frère de Bardas, le patrice [12] Jean et Léon le protovestiaros [13], mais tous sont battus, Pierre Phocas et Jean sont tués, Léon est fait prisonnier. Le chambellan rappelle alors Bardas Phocas de son exil sur l’île de Chio [14] et l’envoie combattre Bardas Sklèros.

Il est finalement battu en combat singulier lors d’une bataille en 979 par Bardas Phocas qui a reçu le concours de David, roi d’Ibérie [15], et est obligé de se replier chez les Arabes.

D’abord bien accueilli chez les Arabes, il est ensuite mis en résidence surveillée. Persuadant le calife de lui confier des prisonniers chrétiens pour lutter contre les Perses, il parvient à faire adoucir sa captivité ; ce qui lui permet de marcher sur l’Empire à la tête de 3 000 hommes. Basile II voulant évincer Phocas, Sklèros s’allie à ce dernier en 987.

L’empereur légitime, Basile II Bulgaroctone, doit faire face aux 2 révoltes de chaque Bardas qui se partagent l’empire. Une querelle éclate entre les 2 urpateurs. Tandis que Bardas Phocas est vaincu et tué par Basile II et Vladimir 1er, le grand prince de Kiev [16], Bardas Skléros négocie la paix et se retire dans ses terres. Il meurt peu après.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Bardas Sklèros/ Portail du monde byzantin/ Catégories : Personnalité politique byzantine

Notes

[1] Le Grand Balkan, est une chaîne de montagnes des Balkans située en Bulgarie et Serbie, orientée est-ouest et traversant tout le centre du pays, de la mer Noire jusqu’à la frontière occidentale. Elle a été connue sous les noms de Aimos en grec et Haemus en latin. Son point culminant est le pic Botev (2 376 m). Le nom actuel est d’origine turque.

[2] Le Premier Empire bulgare désigne un État médiéval chrétien et multiethnique qui succéda au 9ème siècle, à la suite de la conversion au christianisme du Khan Boris, au Khanat bulgare du Danube, fondé dans le bassin du bas Danube. Le Premier Empire bulgare disparut en 1018, son territoire au sud du Danube étant réintégré dans l’Empire byzantin. À son apogée, il s’étendait de l’actuelle Budapest à la mer Noire, et du Dniepr à l’Adriatique. Après sa disparition, un Second Empire bulgare renaquit en 1187.

[3] Les Magyars ou Hongrois sont à l’origine un groupe ethno-linguistique finno-ougrien originaire d’Asie centrale et dont les migrations successives, d’abord vers l’Oural, ensuite vers la mer Noire (pays d’Etelköz, l’actuelle Ukraine) ont finalement abouti à la création du « pays magyar » (Magyarország), c’est-à-dire la Hongrie. Des débats historiographiques récurrents évoquent l’existence de « Magyars orientaux » (keleti Magyarok) dans le Caucase et en Asie centrale. De nos jours, le qualificatif « magyar » est souvent utilisé comme un ethnonyme, pour désigner la catégorie ethnique dans son sens historique (avant la création de l’État hongrois) ou dans son sens socio-culturel, pour désigner les Magyars d’outre-frontières, à savoir les minorités de langue hongroise dans les pays frontaliers de la Hongrie. En hongrois, le qualificatif magyar est également utilisé dans un sens politique, pour désigner tout ce qui est relatif à la Hongrie comme État-nation moderne et par extension tous les citoyens hongrois, quelles que soient leurs origines socio-culturelles.

[4] Les Petchénègues ou Petchenègues, sont un peuple nomade d’origine turque qui apparaît à la frontière sud-est de l’empire khazar au 8ème siècle. Ils s’installent au 10ème siècle au nord de la mer Caspienne.

[5] L’Empire byzantin ou Empire romain d’Orient désigne l’État apparu vers le 4ème siècle dans la partie orientale de l’Empire romain, au moment où celui-ci se divise progressivement en deux. L’Empire byzantin se caractérise par sa longévité. Il puise ses origines dans la fondation même de Rome, et la datation de ses débuts change selon les critères choisis par chaque historien. La fondation de Constantinople, sa capitale, par Constantin 1er en 330, autant que la division d’un Empire romain de plus en plus difficile à gouverner et qui devient définitive en 395, sont parfois citées. Quoi qu’il en soit, plus dynamique qu’un monde romain occidental brisé par les invasions barbares, l’Empire d’Orient s’affirme progressivement comme une construction politique originale. Indubitablement romain, cet Empire est aussi chrétien et de langue principalement grecque. À la frontière entre l’Orient et l’Occident, mêlant des éléments provenant directement de l’Antiquité avec des aspects innovants dans un Moyen Âge parfois décrit comme grec, il devient le siège d’une culture originale qui déborde bien au-delà de ses frontières, lesquelles sont constamment assaillies par des peuples nouveaux. Tenant d’un universalisme romain, il parvient à s’étendre sous Justinien (empereur de 527 à 565), retrouvant une partie des antiques frontières impériales, avant de connaître une profonde rétractation. C’est à partir du 7ème siècle que de profonds bouleversements frappent l’Empire byzantin. Contraint de s’adapter à un monde nouveau dans lequel son autorité universelle est contestée, il rénove ses structures et parvient, au terme d’une crise iconoclaste, à connaître une nouvelle vague d’expansion qui atteint son apogée sous Basile II (qui règne de 976 à 1025). Les guerres civiles autant que l’apparition de nouvelles menaces forcent l’Empire à se transformer à nouveau sous l’impulsion des Comnènes avant d’être disloqué par la quatrième croisade lorsque les croisés s’emparent de Constantinople en 1204. S’il renaît en 1261, c’est sous une forme affaiblie qui ne peut résister aux envahisseurs ottomans et à la concurrence économique des républiques italiennes (Gênes et Venise). La chute de Constantinople en 1453 marque sa fin.

[6] La ville de Luleburgaz est situé à l’extrême Nord-Ouest du pays, à la frontière bulgare dans la province de Kırklareli. L’ancien nom de la ville est Arcadiopolis.

[7] Edirne (autrefois Andrinople ou Adrianople) est la préfecture de la province turque du même nom, limitrophe de la Bulgarie et de la Grèce. Elle est traversée par la Maritsa (Meriç en turc).

[8] Preslav, ou Véliki Preslav (Preslav la Grande) est une cité médiévale de Bulgarie qui fut la seconde capitale du Premier Empire Bulgare (après Pliska) de 893 à 971. Sous le Second Empire Bulgare (1185-1393), si elle fut remplacée comme capitale par Veliko Tarnovo, elle n’en resta pas moins une ville importante. Ses ruines sont situées à 20 km au sud-ouest de la ville de Shoumen, et constituent actuellement une Réserve Archéologique Nationale. Un village situé à environ deux kilomètres au nord de l’ancien site a repris le nom de Preslav en 1878

[9] Silistra est une ville du nord-est de la Bulgarie. Elle se trouve sur la rive sud du Danube. À la sortie Est de la ville, la frontière entre la Bulgarie et la Roumanie quitte le fleuve pour rejoindre la mer Noire. Silistra est au bord de la Dobrogée, un plateau fertile partagé entre la Bulgarie et la Roumanie.

[10] Un chambellan ou chambrier est un gentilhomme chargé du service de la chambre d’un monarque ou d’un prince, à la cour duquel il vit.

[11] Sarrasins ou Sarrazins est l’un des noms donnés durant l’époque médiévale en Europe aux peuples de confession musulmane. On les appelle aussi Arabes, Ismaélites ou Agaréniens. D’autres termes sont employés également comme Maures, qui renvoient aux Berbères de l’Afrique du Nord après la conquête musulmane. Le terme de Sarrasin se cristallise finalement sur l’opposition avec l’ennemi dans le contexte des Croisades menées par l’Occident chrétien en Terre sainte.

[12] Patrice est un titre de l’empire romain, créé par Constantin 1er. Dans les années 310-320, Constantin abolit le patriciat romain, vieille distinction sociale qui avait ses racines au début de la république romaine. Le titre de patrice est désormais accordé par l’empereur à des personnes de son choix, et non plus à des familles entières. Dès son apparition, le titre de patrice permet à son titulaire d’intégrer la nobilitas, comme le faisait déjà le patriciat républicain. Le titre était décerné à des personnages puissants mais non membres de la famille impériale ; il vient dans la hiérarchie immédiatement après les titres d’Auguste et de César. Ce titre fut ensuite conféré à des généraux barbares au service de l’empire. Le titre fut encore porté par des notables gallo-romains au 6ème siècle. Sous les Mérovingiens, le titre de patrice était donné au commandant des armées burgondes. Les papes l’ont notamment décerné à plusieurs reprises pour honorer des personnages qui les avait bien servis. Le titre fut également conservé dans l’Empire byzantin, et son importance fut même accrue au 6ème siècle par Justinien 1er, qui en fit la dignité la plus haute de la hiérarchie aulique. C’était une dignité accordée par brevet. Dans les siècles suivants, elle fut progressivement dévaluée par la création de nouveaux titres. La dignité de patrice disparut à Byzance au 12ème siècle.

[13] Le protovestiaire était un haut dignitaire de la cour des empereurs byzantins.

[14] Chios ou Chio est une île et municipalité grecque de la mer Égée, proche de la Turquie dont elle est séparée par un détroit de 8 kilomètres seulement. Avec l’île de Psara, elle forme le district régional de Chios, dont la capitale est également appelée Chios ou Chora. Sa superficie est 842,28 km².

[15] L’Ibérie, aussi connue sous le nom d’Ivérie, est le nom donné par les Grecs et les Romains à l’ancien royaume de Karthlie et correspondant approximativement aux parties méridionale et orientale de l’actuelle République de Géorgie. Les Ibères du Caucase forment une base pour le futur État géorgien et, en même temps que les Colches de Colchide, le noyau de la population géorgienne actuelle. La région n’était, jadis, habitée que par quelques tribus qui faisaient partie du peuple appelé « Ibères ».

[16] Le grand-prince de Kiev (parfois appelé grand-duc de Kiev) était le titre donné aux dirigeants de la ville de Kiev, dans la Rus’ de Kiev (Russie médiévale) entre le 9ème et le 13ème siècle.