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Clodomir 1er

jeudi 17 août 2017 (Date de rédaction antérieure : 4 septembre 2011).

Clodomir 1er (495-524)

Roi des Francs du royaume d’Orléans de 511 à 524

2ème fils de Clovis et de Clotilde, Il épousa Gondioque et reçu le royaume d’Orléans [1] en 511.

À la mort de son père, en 511, il se partagea le royaume des Francs avec ses 3 frères, Thierry 1er, Childebert 1er et Clotaire 1er. Alors que Thierry, l’aîné, est largement avantagé, Clodomir partage la moitié du royaume de Clovis avec ses 2 autres frères. C’est le royaume d’Orléans, taillé dans l’ancien royaume de Syagrius qui lui échoit. Ce royaume comporte notamment les évêchés de Tours, Poitiers et d’Orléans.

En 523-524, à l’instigation de Clotilde, Clodomir et ses 3 frères se joignent dans une expédition contre les Burgondes [2]. Une fois Sigismond et sa famille captifs, Clodomir rentre à Orléans. Mais le frère de Sigismond, Godomar III revient triomphant en Burgondie à la tête des troupes envoyées par son allié et parent, le roi ostrogoth [3] Théodoric le Grand. Là, il fait massacrer la garnison que les Francs avaient laissé. Clodomir fait alors assassiner Sigismond et les fils de ce dernier le 1er mai 524, puis, il se lance dans une seconde expédition contre les Burgondes. Il est tué lors de la bataille de Vézeronce [4] le 25 juin de la même année.

Ses trois fils furent recueillis par sa mère jusqu’à ce que sa veuve, Gondioque, épousa Clotaire. Mais cela ne suffit pas pour que ce dernier obtienne le territoire de son défunt frère, la loi salique imposant le partage du royaume entre les fils de Clodomir.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de histoire de clodomir - HISTOIRE DE LA FRANCE de Clovis à nos jours/ Michel Rouche, Clovis, Paris, Éditions Fayard, 1996 (ISBN 2-2135-9632-8).

Notes

[1] À la mort de Clovis, en 511, le Regnum Francorum ou royaume des Francs, désigné par les historiens sous le terme de Francie, est partagé entre ses successeurs, ses quatre fils. La partie orléanaise échoit à Clodomir, Metz à Thierry 1er, Paris à Childebert et Soissons à Clotaire. Le royaume de Clodomir occupe les parties occidentale et centrale du domaine des Francs, se développant autour de la Loire. Sur les plans administratif, judiciaire et militaire, ce royaume apparaît divisé en duchés, comtés et districts. Mais le gouvernement « central », très réduit, est itinérant, le roi se déplaçant avec ses leudes et ses serviteurs de cité en cité ou d’une « villa » rurale à l’autre

[2] D’abord cantonnés en Sapaudia les Burgondes commencèrent par grignoter le territoire gaulois vers l’ouest. En 457, Gondioc et Chilpéric Ier saisirent une première occasion de pousser leurs frontières. A l’été 457 le Valais, la Tarentaise, les villes de Besançon, Chalon sur Saône, Langres, Autun, Grenoble ainsi que Lugdunum, la vieille capitale des Gaules, se livrèrent pacifiquement aux Burgondes. Egidius, le généralissime de Majorien en Gaule reprit aussitôt la capitale des Gaules mais il abandonna aux rois Burgondes leurs nouvelles terres. Lugdunum reviendra aux Burgondes vers 467 lorsque Chilpéric 1er s’en empara, comme il s’empara également à la même époque de la ville de Vienne. Il profita probablement des troubles qui secouèrent entre 469 et 475 un Empire d’Occident, alors à l’agonie, pour porter jusqu’à la Durance les limites de son royaume. Les villes de Viviers, Gap, Embrun, Die, Sisteron, Orange, Apt, Cavaillon, Avignon devinrent villes burgondes. L’empereur Népos reconnut leurs conquêtes. Dès ce moment le royaume burgonde eut, ou peu s’en faut, les limites qu’il conserva dès lors. Ce territoire ne comprenait pas moins de 25 diocèses ou anciennes cités romaines : Auxerre, Langres, Besançon, Chalon sur Saône, Autun, Lugdunum, Genève, Windisch, Octodurum actuellement Martigny, en Suisse, Vienne, Valence, Carpentras, Orange, Avignon, Cavaillon, Vaison, Gap, Embrun, Sisteron, Grenoble, Aoste, Die, Viviers, Saint-Paul-Trois-Châteaux, Apt. Mais les Burgondes gagnent ou perdent incessamment du terrain. Marseille et son port, Arles et la Provence gagnés vers 484, et perdus après la guerre contre les Francs, conquêtes éphémères, auront un moment fait partie de leur territoire. À son apogée, les contours du royaume burgonde touchaient, au nord, la ligne des Vosges et la Durance au midi ; d’orient en occident, ils s’étendaient de l’Aar à la Saône et la Haute-Loire. Ce fut le territoire soumis à cette royauté qui prit, une première fois, le nom de Burgondia dans une correspondance de Cassiodore et rédigée en 507 au nom de Théodoric le Grand.

[3] Les Ostrogoths étaient une des deux fractions des Goths, peuple germanique venu des confins de la Baltique et établi au 4ème siècle en Ukraine et en Russie méridionale, au nord de la mer Noire, l’autre fraction étant celle des Wisigoths. Ils jouèrent un rôle considérable dans les événements de la fin de l’Empire romain.

[4] La bataille de Vézeronce opposa les Francs de Clodomir aux Burgondes sous le règne du roi Godomar III. Elle eut lieu le 25 juin 524 près de Vézeronce dans l’Isère.