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L’Europe de 1700 à 1715

mercredi 22 novembre 2017

L’Europe de 1700 à 1715

Pendant que l’installation de Philippe V, petit-fils de Louis XIV, sur le trône d’Espagne, irrite et effraye les grandes puissances, et altère en Occident l’équilibre européen, un nouveau trône s’élève entre l’empire germanique, la Suède et la Russie.

Frédéric, duc de Prusse, électeur de Brandebourg*, se couronne de ses mains à Koenigsberg*. Ce prince, quoique dénué d’instruction, révère Leibniz et fonde l’académie de Berlin*.

Le jeune roi de Suède, Charles XII, menacé par l’ambition de ses voisins, commence sa carrière dans la violence. Il frappe le roi du Danemark, le roi de Pologne, Auguste de Saxe, et fait roi à Varsovie le Polonais Stanislas Leckzinski.

En Europe de l’est, la bataille de Narva*, perdue, ne décourage pas Pierre 1er. Le tsar s’installe près de la Baltique, dans les marais de la Néva*. Son despotisme ne recule pas devant des pertes humaines immenses et d’argent, pour faire sortir de ce sol fangeux, pestilentiel, menacé de continuelles inondations, une capitale, Saint-Pétersbourg*.

A la mort de Guillaume d’orange, l’ennemi persévérant de la France, il apparaît que l’ébranlement causé par l’élévation d’un Bourbon sur le trône de Madrid était profond. La ligue contre Louis XIV ne perd rien de ses forces ni de ses prétentions. Comme roi d’Angleterre, Guillaume 1er a pour successeur Anne, fille de Jacques II Stuart qui vient de mourir, et mariée à un prince danois. Liée par le pacte constitutionnel*, elle ne peut rien pour les siens, elle continue la politique anglaise sur le continent et sur, les mers, le général Marlborough gagne pour elle des victoires en même temps que le prince Eugène de Savoie pour l’empereur. La réunion définitive de l’Écosse à l’Angleterre par la fusion des parlements est la réalisation d’une pensée nationale des Stuarts a lieu. Comme stathouder* de Hollande, Guillaume n’a pas de successeur. Les républicains des Provinces-Unies craignent que cette dignité ne se transforme en royauté ; le grand pensionnaire Heinsius leur suffit.

Louis XIV est cruellement éprouvé dans les dernières années de son règne. La sagesse dans les conseils, l’habileté dans l’administration ou dans le commandement militaire, tout manque à la fois ; les favoris gouvernent mal et perdent les batailles ; le roi commet tour à tour la faute de ne pas se fier assez ou de se fier trop aux princes de son sang. L’Espagne, unie alors à la destinée de la France, perd Gibraltar, où les Anglais posent un pied solide. Le Portugal, en haine du monarque français des Espagnols, se jette dans les bras de l’Angleterre, dont l’influence sera plus durable et plus oppressive à Lisbonne que celle de la France à Madrid. L’année 1709 est fameuse par le désastre de Malplaquet*, par un rigoureux hiver, par la famine, par l’avènement du Père Letellier, après le Père Lachaise, aux fonctions de confesseur du monarque septuagénaire. La diplomatie hollandaise refuse une paix humiliante pour la France.

A l’autre extrémité de l’Europe, le héros d’aventure, Charles XII, succombe à Pultava*. Sa retraite chez les Turcs lui donne un instant l’espoir de tourner contre les Russes vainqueurs les forces de la Porte, mais le tsar Pierre 1er échappe au danger par le traité du Pruth*, oeuvre hardie de sa femme Catherine.

La mort de l’empereur Joseph 1er, dont le successeur, l’archiduc Charles, prétendant depuis 10 ans à la couronne d’Espagne, est trop puissant maintenant aux yeux de l’Europe ; la disgrâce de Marlborough, les dispositions équitables des nouveaux ministres tories*. La brillante victoire remportée à Denain par Villars, donnent à la France la paix tolérable d’Utrecht. Le traité d’Utrecht reconnaît Philippe V roi d’Espagne, mais sans les Pays-Bas et l’Italie, qui demeurent à l’Autriche ; sans la Sicile, qui doit former un royaume pour la maison ducale de Savoie. Cette royauté nouvelle gardera l’entrée des Alpes et les passages de la Méditerranée contre l’ambition des Bourbons de France et d’Espagne.

A Utrecht, on allait reconnaître le premier roi de Prusse, qui avait été aussi un des ennemis de Louis XIV. Le second, qui n’a pas le goût des lettres, par ses réformes militaires, se met en état de soutenir la guerre et même d’entreprendre des conquêtes : il prépare ainsi, à son insu, le succès d’un fils qu’il déteste.

Lorsque les hostilités cessent en Occident, la bulle Unigenitus, dont les ministres de Louis XIV imposent l’acceptation, ranime pour un demi-siècle les dissensions religieuses. Jansénistes et molinistes, évêques, parlements, universités, congrégations ecclésiastiques, se jettent dans la mêlée. Ces débats, une dette publique énorme, une administration livrée au favoritisme, tels sont les maux de la France, lorsque la mort de Louis XIV fait roi un enfant de cinq ans, son arrière-petit-fils, seul survivant d’une nombreuse lignée royale. Anne Stuart, la reine d’Angleterre est morte un an auparavant en 1714.

Elisabeth, la reine d’Angleterre est morte un an auparavant : un prince allemand protestant, électeur de Hanovre, commence une nouvelle dynastie qui subordonnera souvent la politique britannique à ses intérêts sur le continent.

En Orient, les folies de Charles XII profitent à tous les ennemis de la Suède. L’aventurier redevient roi depuis le siège de Stralsund qu’il ne peut cependant pas sauver.

Le traité d’Utrech n’est qu’une trêve pour les Bourbons d’Espagne qui ne renoncent pas à l’espoir de régner sur l’Italie comme autrefois les descendants de Charles-Quint. C’est un but qu’ils poursuivront pendant 35 ans.

P.-S.

L’Europe au 18ème siècle Source : Imago mundi Texte de Léonardon/ article de Fabienne Manière/herodote/ evenement/17720428/dossier 414