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François-Eugène de Savoie-Carignan dit Le prince Eugène

vendredi 21 décembre 2012, par ljallamion

François-Eugène de Savoie-Carignan dit Le prince Eugène (1663-1736)

Généralissime des armées impériales

Fils d’Eugène Maurice de Savoie-Carignan, comte de Soissons, et d’Olympe Mancini, une nièce de Mazarin dont Louis XIV avait apprécié dans sa jeunesse la compagnie et le charme.

Il fréquenta le meilleur monde et était l’intime du jeune François Louis de Bourbon, prince de Conti. En tant que cadet de famille, il aurait dû se destiner à une carrière religieuse, d’autant que sa santé était fragile et qu’il était bossu et de modeste stature.

Mais le jeune Eugène, à 20 ans, ne rêvait que de combats. En juin 1683, il se présenta en audience à Versailles parmi d’autres jeunes gens de bonne famille. Sa fortune ne lui permettait pas de lever un régiment, mais il sollicitait la faveur d’une charge qui lui permettrait de se distinguer au combat sous la protection d’un colonel.

Les guerres étaient continuelles et le royaume avait grand besoin de toutes les bonnes volontés. Mais le roi, qui en voulait à sa mère pour son implication dans l’« affaire des poisons », ne fit pas à Eugène l’accueil qu’il espérait.

Qu’à cela ne tienne, le jeune homme avait entendu que l’armée du grand vizir approchait des murs de Vienne et que le pape avait lancé un appel à tous les princes d’Europe à se porter au secours de la Maison de Habsbourg, dont les rois étaient élevés régulièrement à la dignité d’empereur du Saint Empire Romain Germanique.

Quelques jours plus tard, Eugène et le prince de Conti franchirent le soir la porte Saint-Denis sous un déguisement et s’éloignèrent au galop vers la frontière d’Allemagne. Les gens du roi se lancèrent à leur poursuite dès le lendemain, mais ne purent les joindre qu’à Francfort, en territoire étranger. Le jeune Bourbon se laissa convaincre de rentrer à Paris, mais Eugène poursuivit son voyage et se mit derechef au service de l’empereur Léopold 1er comme volontaire au service de l’Autriche.

Le pacha Kara Moustapha, grand vizir du sultan Mohamed IV, s’était allié au roi de Hongrie Étienne Tokoly. Il avait ainsi réuni des forces considérables pour l’époque et entrepris le siège de Vienne.

Le maréchal comte de Starhemberg tint un siège héroïque de juillet à septembre 1683 et la famine était devenue effrayante. Soudain le roi Jean III Sobieski de Pologne accourut à l’appel du pape et son intervention sauva la ville. Les Turcs se retirèrent bientôt en désordre et les Viennois conservèrent en souvenir de ce siège dramatique les croissants et le café.

Le duc Charles V de Lorraine avait offert à Eugène une position honorable dans l’armée impériale qui lui donna l’occasion de faire ses preuves. Les combats se poursuivirent au cours des années suivantes en Hongrie et Eugène reçut un régiment dès 1684.

Le jeune colonel se distingua dans la prise de Belgrade en 1688. Il fut nommé maréchal à 29 ans en 1692 et commandant en chef de l’armée impériale en Hongrie où il remporta la victoire mémorable de Zenta sur une armée turque en déclin en 1697. Son étoile monta au zénith avec le traité de Karlowitz en 1699 consacrant les conquêtes immenses de l’Autriche en Hongrie et Transylvanie. Toutefois, les intrigues de cour le desservaient quand il était en campagne. C’est pourquoi il décida en 1703 de se rapprocher du trône, devenant membre du conseil privé de l’empereur puis président du conseil de guerre.

Il mena brillamment les guerres de la Ligue d’Augsbourg et de Succession d’Espagne en Allemagne et en Italie contre la France et les princes protestants.

L’armée de Louis XIV avait acquis la réputation d’être la plus redoutable d’Europe. Le prince Eugène triompha néanmoins du maréchal de Catinat à Carpi en 1701 puis du duc de Villeroi à Crémone en 1702.

En 1704, il se joignit au duc de Marlborough et contribua à la victoire de Blenheim, en Bavière. L’année suivante il se retrouve en Italie, opposé à son cousin Louis Joseph de Vendôme à Cassano. En 1707, il échoua dans sa tentative d’invasion en Provence que Vauban avait remarquablement fortifié. La guerre n’était pas terminée malgré l’épuisement du Trésor français qui poussa Louis XIV à envoyer son argenterie à la fonte.

Les campagnes de Flandres lui valurent les victoires de Oudenaarde en 1708 et Malplaquet en 1709. Paris était maintenant à sa portée. Mais le Roi-Soleil fit appel à son vieux maréchal de Villars qui remporta la journée de Denain en 1712 et redressa in extremis la situation de la France.

Le traité d’Utrecht conclut la paix entre la France et l’Angleterre mais les opérations continuèrent en Rhénanie. En 1714, Eugène fut chargé par l’empereur Charles VI de négocier la paix de Rastadt avec une France épuisée.

Le vieux maréchal fut alors nommé gouverneur des Pays-Bas autrichiens puis vice-roi d’Italie. Ses dernières campagnes danubiennes lui valurent les victoires de Petrovaradine et Belgrade en 1717, assurant à l’Empire le traité de Passarowitz qui attribuait à l’Autriche des gains inespérés en Europe Centrale et dans les Balkans en 1719.

Il prit encore le commandement suprême au cours de la guerre de Succession de Pologne, quoiqu’avec La paix avec la France ayant été rompue en 1733 au sujet de la succession au trône de Pologne, Eugène reprit le commandement ; mais il ne montra pas cette fois les mêmes talents ; après avoir laissé prendre Philisbourg, il se hâta de signer la paix et se retira à Vienne, avant de s’éteindre à Vienne le 24 avril 1736.

Il reste un des plus brillants chefs de guerre de l’Histoire. Il ne se maria pas mais eut quelques aventures galantes comme il était de coutume à l’époque. Promoteur inspiré de la « Vienna gloriosa », le prince Eugène fit construire sur une colline des faubourgs de Vienne la fabuleuse résidence du Belvédère pour abriter des collections fastueuses et des fêtes splendides. Les plans en furent dressés par Johann Lukas Hildebrandt.

Son hôtel au centre-ville avait lui aussi fort belle tenue. Homme de distinction, il correspondait avec Voltaire et bien d’autres esprits du temps. En particulier Leibnitz qui lui dédia sa Monadologie.

Mais il ne pu remettre de sa vie les pieds à Paris et garda toujours une grande amertume pour les Bourbons qui l’avaient humilié au temps de sa jeunesse. Il a laissé quelques écrits politiques.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Imago Mundi/ Prince Eugène