Avènement de Catherine II

- Le 9 juillet 1762 : Avènement de Catherine II
Le 9 juillet 1762, trois régiments de la garde du tsar [1] Pierre III se détournent de leur maître et prêtent serment de fidélité à son épouse, Catherine,“ pour la défense de la foi orthodoxe et pour la gloire de la Russie”. Leur révolte est animée par le propre amant de la reine, Grégoire Orlov . Le tsar, honni de la noblesse pour ses sentiments germanophiles, abdique dès le lendemain. Il meurt une semaine plus tard dans sa retraite, sans doute assassiné par l’un des frères Orlov. Ainsi débute le règne de Catherine II.
La nouvelle impératrice est née à Stettin [2], en Prusse, le 2 mai 1729, sous le nom de Sophie Augusta d’Anhalt-Zerbst. Princesse allemande d’extraction modeste, elle s’est vue fiancée au grand-duc Pierre de Holstein-Gottorp, neveu de la tsarine Élisabeth 1ère et petit-fils de Pierre le Grand. Elle acquiert une culture d’autodidacte très étendue et se révélera plus tard étonnamment préparée à ses responsabilités.
Elle lit Tacite, Machiavel, Montesquieu et n’hésitera pas à racheter en viager la bibliothèque de Diderot . Bien que de culture allemande, Catherine s’assimile remarquablement à sa nouvelle patrie. Convertie à la religion orthodoxe, elle prend le nom de Catherine et se fait apprécier des Russes, au contraire de son mari, inculte et admirateur éperdu du roi de Prusse [3] Frédéric II .
Pierre monte sur le trône à la mort de la tsarine Élisabeth, le 5 janvier 1762, et prend le nom de Pierre III. Il n’a rien de plus pressé que de se retirer de l’alliance avec la France et l’Autriche contre la Prusse, sauvant son héros, Frédéric II, d’une situation désespérée. Il restitue à la Prusse la Poméranie [4] et la Prusse-orientale [5]. Le bruit court enfin que le nouveau tsar se prépare à abolir le servage [6]. C’est à ce moment-là que Catherine, profitant du mécontentement nobiliaire, s’empare du pouvoir.
Cette prise de pouvoir suscite des mécontentements. Un Cosaque du Don [7] du nom de Emelian Pougatchev prétend être le tsar Pierre III. Avec une armée composée de 26.000 hommes, paysans, ouvriers et de Cosaques, il dévaste la Petite Russie [8], tenant en échec le nouveau pouvoir. Livré par ses compagnons au général Alexandre Souvorov , Pougatchev est décapité à Moscou [9] en 1775. Quelques mois après sa prise de pouvoir, l’impératrice intervient en Pologne où elle fait élire comme roi son favori, Stanislas II Poniastowki Pour le soutenir contre ses ennemis, regroupés dans la confédération de Bar [10], elle envahit le pays en 1770. Et le 25 juillet 1772, par le traité de Saint-Pétersbourg [11], elle s’entend avec le roi de Prusse Frédéric II et l’archiduchesse d’Autriche Marie-Thérèse pour enlever à la Pologne le tiers de son territoire.
La Russie, Prusse, Autriche s’allient non seulement contre la Pologne mais aussi contre la Turquie. C’est ainsi qu’en 1774, le nouveau favori de la tsarine, Grégoire ou Grigori Potemkine , âgé de 35 ans conquiert d’immenses territoires au dépens du sultan. Par le traité de Kütçük-Kaynarca [12], le sultan garantit aux navires russes la liberté de navigation dans la Mer Noire [13] et le libre passage vers la Méditerranée à travers les détroits du Bosphore [14] et des Dardanelles [15]. Il confère à la tsarine un droit de regard sur le sort des chrétiens orthodoxes des possessions ottomanes des Balkans [16]. Il cède surtout à la Russie les territoires qui s’étendent de la mer Noire à l’Ukraine et dont Potemkine devient le gouverneur général en remerciement des services rendus. Le favori développe activement ces territoires, les repeuplant avec des immigrants de toute la Russie et même d’Allemagne. Il annexe au passage le khanât de Crimée [17] et fonde sur la péninsule le port de guerre de Sébastopol [18].
En janvier 1787, Potemkine, devenu ministre de la Guerre, invite la tsarine à visiter les nouvelles provinces. Catherine II quitte en grande pompe Saint-Pétersbourg [19] pour s’embarquer sur le Dniepr [20]. Elle descend triomphalement le fleuve en compagnie du roi de Pologne Stanislas II, de l’empereur d’Allemagne Joseph II , du prince de Ligne Charles Joseph Lamoral , et de l’ambassadeur de France, le comte de Ségur Louis Philippe de Ségur . En 1792, la Crimée et d’immenses étendues d’Asie centrale sont définitivement annexées par le traité de Jassy [21]. Quelques possessions suédoises en Finlande sont acquises en 1790 par le traité de Verela [22]. Deux partages ultérieurs de la Pologne, en 1792 et 1795, ne laissent enfin plus rien d’un pays vieux de 8 siècles. Une tentative d’expédition contre la Perse n’a pas de suite.
Catherine poursuit l’aménagement de Saint-Pétersbourg, la capitale baroque inaugurée par Pierre 1er le Grand à l’embouchure de la Néva [23], sur la mer Baltique [24].
Elle y attire des architectes et des artistes occidentaux. C’est ainsi que le sculpteur Étienne Maurice Falconet érige la statue de Pierre le Grand sur la place du Sénat en 1782. Les idées sociales de Catherine ne sont pas précisément celles des philosophes des Lumières. Mais par opportunisme politique, elle vénère ces hommes influents dans ses salons et sur son écritoire. Elle correspond avec d’ Alembert , Diderot, Voltaire , Friedrich Melchior Grimm , Claude Adrien Helvétius et Emmanuel Kant . Voltaire, flatteur, l’appelle la Sémiramis du Nord [25]). Les terres d’église sont nationalisées en 1764, ce qui donne à l’impératrice l’occasion de généreuses distributions de terres à ses protégés, y compris aux paysans qui n’en conservent pas moins leur condition servile.
Sous l’impulsion de Potemkine, des villes nouvelles voient le jour dans les marches d’Ukraine Odessa [26], Kherson [27], Nikolaïev [28], Taganrog [29], Mariupol [30]. Pour encourager la noblesse à s’intéresser à ses propriétés souvent négligées, la tsarine ne craint pas de limiter les quelques droits qu’ont encore les serfs en édictant la Charte de la noblesse de 1785*. La souveraine souhaiterait s’appuyer sur une aristocratie éclairée et une bureaucratie décentralisée sur le modèle de l’Occident. Elle délègue de larges pouvoirs aux gouverneurs de province et offre aux pionniers allemands des terres sur la Volga [31].
Sous le règne de Catherine II, la surface de la Russie s’agrandit d’un tiers et le pays, jusque-là très marqué par son caractère slave et orthodoxe, absorbe des populations très diverses, y compris des musulmans qui parlent turc ou mongol. La tsarine meurt après 34 ans de pouvoir absolu, en 1796, non sans s’inquiéter de la Révolution française. Son fils Paul 1er lui succède. Le jeune homme a une personnalité fantasque et sa mère a tenté plus d’une fois de le priver du trône. Il se révèle impétueux et se fait rapidement beaucoup d’ennemis. Alors qu’il vient de fonder la Ligue des Neutres [32] avec les Scandinaves pour contrer l’influence maritime britannique, il est opportunément étranglé !
Le règne du successeur de Catherine II, le fils de Pierre III, Paul 1er, de 1796 à 1801 est un intermède avant celui d’ Alexandre 1er , qui ne compterait pas dans l’histoire de l’Europe, si Paul ne s’était joint à la deuxième coalition contre la France révolutionnaire. Les armées russes, sous le feld maréchal Alexandre Souvorov , y trouvent des succès en Italie, puis une défaite à Zurich [33]. Paul 1er, se rapprochait de la France quand, en 1801, une révolution de palais, provoquée moins par le brusque revirement de sa politique extérieure que par les extravagances et la barbarie de son despotisme, en débarrassa la Russie. Il sera assassiné en 1802, au profit de son fils, Alexandre 1er, à la mort duquel, en 1823, il y aura encore des troubles.
Le 18ème siècle russe a connu, avec les règnes de Pierre Le Grand, Elisabeth, et Catherine II des périodes de relative stabilité intérieure. Mais ces périodes ont également été ponctuées par plus d’une révolution de palais. Des convulsions qui sont venues rappeler qu’il n’existe pas de régime politique, fut-il aussi autocratique que l’était celui des tsars qui ne doive reposer sur l’assentiment d’une partie plus ou moins importante de la population qu’il régente, ou tout au moins d’une classe politique. En russie, 94 % de la population de cette époque est soumis au régime du servage, et n’a pas grand chose à dire. En revanche, une poignée de familles puissantes, les Dolgorouki [34], les Bestoujev [35], les Galitzine [36], les Schouvalov [37] et les Orlov [38], notamment, dont l’importance déborde souvent du seul 18ème siècle, on joué pendant toute cette période un rôle clé. Parfois très mal traités, leurs représentants ont souvent été aussi les faiseurs et défaiseurs de tsars
Le mode de fonctionnement d’un pouvoir autocratique des tsars, par sa nature même, instaure un type de rapports de force avec la puissance aristocratique, qui favorise l’irruption dans le jeu politique de toutes sortes d’individualités. Souvent, il s’agira d’aventuriers jaillis de nulle part ou presque, à l’image de Tolstoï , Menchikov, âmes damnées de Pierre 1er, et plus tard, de Biren, et ces autres soldats sortis du rang, comme les frères Panine, susceptibles d’y retourner à l’occasion, ou ces amants de tsarines, à la manière de Andreï Razoumovski et de Potemkine. Ils viennent souvent d’Allemagne, Bassewitz, Osterman, Münnich ou d’ailleurs, chercher dans un pays neuf les opportunités d’une vie nouvelle. Tous parviendront à s’insinuer dans le jeu politique, pour en être tour à tour les levier et les pions, mais à l’occasion, pour en devenir aussi un temps les maîtres.
Notes
[1] empereur
[2] Szczecin est par le nombre d’habitants la septième ville de Pologne, le chef-lieu de la voïvodie de Poméranie-Occidentale, ainsi que la troisième ville portuaire de ce pays. La ville se situe dans l’extrême nord-ouest de la Pologne sur les deux rives de l’Oder, tout près de son entrée dans la lagune de Szczecin à Trzebież près de Police. L’archipel, qui se trouve entre deux bras de l’Oder, est une zone industrielle et portuaire. Capitale de l’ancien duché de Poméranie, la ville, connue dès le premier quart du 18ème siècle sous le nom allemand de Stettin, fait partie de la Poméranie prussienne.
[3] Le royaume de Prusse est un ancien État européen formé en 1701, à l’origine union personnelle du duché de Prusse, de la Marche de Brandebourg et d’autres principautés du Saint-Empire, et intégré en 1871 à l’Empire allemand dont il est la composante principale ; il disparaît en 1918 lorsque l’Allemagne proclame la république. Le royaume de Prusse devient un État européen de premier plan sous le règne de Frédéric II qui consacre l’armée prussienne comme grande puissance militaire. Malgré plusieurs revers, la Prusse joue un rôle majeur de 1792 à 1815 comme adversaire de la France (guerres de la Révolution et de l’Empire). De 1815 à 1866, elle est rivale de l’Empire d’Autriche dans la Confédération germanique et finit par l’évincer à l’issue de la guerre austro-prussienne (unification de l’Allemagne excluant l’Autriche). En 1870-1871, elle rassemble les principautés allemandes sous sa bannière dans la guerre franco-allemande qui permet au roi de Prusse d’être couronné souverain du nouvel Empire allemand. La Prusse y conserve son régime particulier avec un parlement à dominante aristocratique. À l’issue de la Première Guerre mondiale, la révolution de Novembre renverse la maison de Hohenzollern : la Prusse devient un État libre dans la République allemande.
[4] La Poméranie est une région côtière au sud de la mer Baltique dans le nord-ouest de la Pologne et le nord-est de l’Allemagne. Elle comprend les estuaires de la Vistule et de l’Oder atteignant la rivière Recknitz à l’ouest et s’étend sur environ 200 kilomètres à l’intérieur des terres. La limite orientale fait l’objet de plusieurs interprétations dans la terminologie polonaise et allemande : en Pologne, la Poméranie orientale (Pomorze Gdańskie) correspond au territoire le long de la baie de Gdańsk jusqu’à la Pomésanie sur la rive droite de la Vistule, alors que les termes allemands de la Poméranie antérieure et postérieure se réfèrent à l’ancienne duché de Poméranie et à la province de Poméranie au sein de l’État de Prusse.
[5] La Prusse est à l’origine un territoire d’Europe nord-orientale en partie germanisé sous le contrôle des chevaliers Teutoniques, mais situé hors du Saint-Empire romain germanique. La Prusse est devenue au 16ème siècle possession d’une branche des Hohenzollern, puis elle sera réunie à l’électorat de Brandebourg (la région berlinoise) au 17ème siècle. La Prusse constitue de 1701 à 1871 un élément essentiel du royaume de Prusse, incorporé à l’Empire allemand de 1871 (IIe Reich allemand). Dans ce cadre, la Prusse originelle correspond à la province de Prusse-Orientale, notamment après la Première Guerre mondiale, lorsqu’elle se retrouve isolée du reste de l’Allemagne. C’est la possession de la Prusse qui permet aux électeurs de Brandebourg d’obtenir le titre royal au 18ème siècle, d’abord comme « rois en Prusse » à Königsberg (c’est-à-dire en dehors de l’Empire), puis comme « rois de Prusse » (y compris à Berlin).
[6] Le servage est défini par la convention supplémentaire relative à l’abolition de l’esclavage des Nations unies concernant aussi le servage comme la « condition de quiconque est tenu par la loi, la coutume ou un accord, de vivre et de travailler sur une terre appartenant à une autre personne et de fournir à cette autre personne, contre rémunération ou gratuitement, certains services déterminés, sans pouvoir changer sa condition ». Le « servage » désigne à partir du Moyen Âge la condition des paysans attachés à un manse servile, terre qu’ils cultivent et ne peuvent quitter.
[7] Les cosaques du Don sont une cosaquerie installée dans la région du fleuve Don dans le sud de la Russie.
[8] La Petite Russie, ou Petite Rus’, est un nom historique de la majorité de l’actuelle Ukraine. Le terme distingue la région ukrainienne de la « Grande Russie ». Sous l’Empire russe, la Petite Russie avec la Grande Russie et la Russie blanche (Biélorussie) est considérée comme faisant partie intégrante de la nation panrusse, ou nation russe trinitaire. Selon ce point de vue, la Petite Russie est habitée par des Petits-Russes (Ukrainiens) qui parlent le « dialecte petit-russe » (la langue ukrainienne).
[9] Moscou est la capitale de la Russie et la ville la plus peuplée à la fois du pays et d’Europe. Sur le plan administratif Moscou fait partie du district fédéral central et a le statut de ville d’importance fédérale qui lui donne le même niveau d’autonomie que les autres sujets de la Russie. Elle est quasiment enclavée dans l’oblast de Moscou, mais en est administrativement indépendante. Moscou se situe dans la partie européenne de la Russie au milieu d’une région de plaine. Sa latitude élevée lui vaut un climat froid et continental. Le Kremlin, son cœur historique, est édifié sur une colline qui domine la rive gauche de la rivière Moskova. Moscou a joué un rôle central dans l’histoire de la Russie. Petit point d’appui militaire créé en 1147 dans le nord de la Rus’ de Kiev, elle prend progressivement le relais de Kiev, après la décomposition politique de cet État et les invasions mongoles du 13ème siècle. Elle devient la capitale du grand-duché de Moscou, tsarat de Russie puis de l’Empire russe qui étend progressivement son territoire jusqu’à la frontière avec la Pologne à l’ouest, la Crimée au sud et l’océan Pacifique à l’est. Elle perd son rôle de capitale au profit de Saint-Pétersbourg lorsque Pierre le Grand au début du 18ème siècle décide de moderniser son pays à marche forcée. Néanmoins, au cours des 18 et 19ème siècles, Moscou devient un centre industriel majeur et le cœur du réseau de communications ferré et routier d’un pays qui compte désormais parmi les grandes puissances européennes. La révolution d’Octobre en 1917 redonne le rôle de capitale à Moscou et met en place un régime communiste qui accélère en deux décennies l’industrialisation de la ville et quadruple la population
[10] La confédération de Bar est une ligue formée le 29 février 1768 dans la forteresse de Bar en Podolie, alors province polonaise, par un groupe de gentilshommes polonais afin de s’opposer à l’influence de la Russie dans leur pays et de lutter contre le roi Stanislas II, qu’ils considèrent comme une créature de la Russie, un dirigeant faible et sans volonté d’indépendance. Les Confédérés s’emparent de plusieurs villes et forteresses. D’autres aristocrates opposés à la Confédération demandent le soutien de la Russie et de la Prusse, tandis que les Confédérés reçoivent l’aide de l’Autriche, ce qui donne à tous ces pays un prétexte pour intervenir militairement ; la France intervient aussi en faveur des Confédérés. La guerre dure jusqu’en 1772 ; la défaite de la Confédération a pour conséquence le premier partage de la Pologne.
[11] Le traité de partage (traité de Saint-Pétersbourg) est ratifié par les signataires le 22 septembre 1772. C’est un succès majeur pour Frédéric II de Prusse. La Prusse reçoit le plus petit territoire, mais cette région est riche et développée, de plus, elle est stratégiquement importante. La Prusse occupe la plus grande partie de la Prusse royale, y compris l’Ermeland, permettant de créer une continuité territoriale entre la Prusse-Orientale et le Brandebourg. La Prusse annexe également les régions du nord de la Grande-Pologne le long de la Noteć (district de Netze), et le nord de la Cujavie, mais pas les villes de Dantzig (Gdańsk) et Thorn (Toruń). Les territoires annexés par la Prusse forment une nouvelle province prussienne appelée Prusse-Occidentale. Globalement, la Prusse a gagné 36 000 km2 et environ 600 000 habitants. Selon Jerzy Surdykowski, Frédéric le Grand inaugure une politique de germanisation des territoires acquis en y introduisant rapidement des colons allemands. Selon Christopher Clark, 54% de la superficie et 75% de la population urbaine étaient déjà des protestants de langue allemande, renforçant a posteriori le bien-fondé du partage aux yeux des historiens nationalistes allemands. Les nouveaux territoires relient la Prusse à l’Allemagne proprement dite et sont d’une importance économique majeure. En s’emparant du nord-ouest de la Pologne, la Prusse a coupé la Pologne de la mer, et pris le contrôle de plus de 80 % du commerce extérieur de la république des deux Nations. Grâce à la perception d’énormes droits de douane, la Prusse a accéléré la chute inévitable de la confédération polono-lituanienne.
[12] Le traité de Kutchuk-Kaïnardji, est conclu entre l’Empire russe et l’Empire ottoman le 21 juillet 1774, à l’issue de la guerre russo-turque de 1768-1774 qui vit les hospodars phanariotes et la noblesse des principautés danubiennes de Moldavie et Valachie, tributaires de la Sublime Porte, prendre le parti russe, les populations d’une partie de la Grèce se soulever, et l’expédition des frères Orloff s’y joindre.
[13] La mer Noire est une mer située entre l’Europe et l’Anatolie. Large d’environ 1 150 km d’ouest en est et de 600 km du nord au sud, elle s’étend sur une superficie de 413 000 km². Elle communique au nord avec la mer d’Azov par le détroit de Kertch, et au sud-ouest avec la Méditerranée par le Bosphore, la mer de Marmara et le détroit des Dardanelles. Dans l’Antiquité, les Grecs la désignèrent d’abord par Skythikos Pontos. Les Scythes, peuple de langue iranienne, la désignèrent comme Axaïna, c’est-à-dire « indigo ». Les Grecs quand ses courants et ses vents leur devinrent familiers, la désignèrente comme Pontos Euxeinos, traduit en français par Pont-Euxin.Les Romains l’appelèrent Mare Caecili, terme qui fut traduit par la suite par les bulgares en « mer Cécile ».Au 13ème siècle, elle apparaît sur les portulans génois, dans les chroniques de Wavrin et de Villehardouin sous les noms de mer Majoure c’est-à-dire « grande mer ». Le terme de Noire apparu dans les textes et les cartes à partir du 15ème siècle.
[14] Le Bosphore ou simplement Boğaziçi, soit en français « le détroit d’Istanbul » ou encore « le détroit »), est un passage maritime de la mer de Marmara qui relie cette dernière à la mer Noire et marque, avec les Dardanelles, selon certaines conventions, la limite méridionale entre les continents asiatique et européen. Long de 32 kilomètres pour une largeur allant de 698 à 3 000 mètres, il sépare les deux parties anatolienne (Asie) et rouméliote (Europe) de la province d’Istanbul.
[15] Les Dardanelles ou détroit des Dardanelles sont un passage maritime de la mer de Marmara reliant cette dernière à la mer Égée. Originellement, les termes de « Dardanelles » (et d’« Hellespont ») désignaient les régions situées de part et d’autre du détroit. Par extension, le mot désigne aujourd’hui le détroit lui-même. La possession de ce détroit, comme celle du Bosphore, permet le contrôle des liaisons maritimes entre la mer Méditerranée et la mer Noire.
[16] Les Balkans sont une des trois « péninsules » de l’Europe du Sud, mais cette appellation traditionnelle est parfois contestée en l’absence d’un isthme : les géographes préfèrent le terme de « région ». Elle est bordée par des mers sur trois côtés : la mer Adriatique et la mer Ionienne à l’ouest, la mer Égée au sud et la mer de Marmara et la mer Noire à l’est. Au nord, on la délimite généralement par les cours du Danube, de la Save et de la Kupa. Cette région couvre une aire totale de plus de 550 000 km²
[17] Le khanat de Crimée est un ancien État sous protectorat ottoman gouverné par les Tatars de Crimée de 1441 à 1783. Son nom originel était Qırım Yurtu. Parmi les khanats turcs issus de l’éclatement de la Horde d’or, le khanat de Crimée est celui qui a duré le plus longtemps. Le khanat s’étendait sur environ 150 000 km2 comprenant la Crimée (excepté la côte sud et les ports contrôlés par les Grecs et les Génois, puis par les Turcs) et une vaste portion, plus ou moins étendue selon les époques, de la steppe pontique héritée des Coumans, au nord et autour de la mer Méotide et des embouchures du Dniestr, du Boug méridional, du Dniepr, du Don et du Kouban.
[18] Sébastopol (est une ville située dans le Sud-Ouest de la Crimée. Elle est de jure une ville à statut spécial d’Ukraine, mais depuis le 18 mars 2014, à la suite de l’annexion de la Crimée par la Russie, Sébastopol est de facto russe avec le statut de ville d’importance fédérale. Ce statut n’est pas reconnu par l’Organisation des Nations unies (ONU), l’Ukraine et par un grand nombre de pays. Elle fut fondée le 14 juin 1783 par l’impératrice Catherine II de Russie, sur un site de la baie de Kalamita particulièrement favorable à l’implantation d’un port, puisque formé de huit calanques en eau profonde, dont celle de Balaklava. La ville est située à 1 275 km au sud-sud-ouest de Moscou, à 690 km au sud-sud-est de Kiev, à 61 km au sud-ouest de Simferopol et à 11 km au nord-ouest de la petite ville touristique de Balaklava. Beaucoup de touristes venant des pays de la Communauté des États indépendants s’y rendent en été. La ville comporte de nombreux bâtiments du 1èmre siècle, ainsi que de nombreux monuments datant de l’ère communiste. Sébastopol est l’une des « villes héros de l’Union soviétique » avec Moscou, Kiev, Odessa…
[19] Saint-Pétersbourg a été fondée en 1703 par le tsar Pierre le Grand dans une région disputée depuis longtemps au royaume de Suède. Par son urbanisme résolument moderne et son esthétique d’origine étrangère, la nouvelle ville devait permettre à la Russie d’« ouvrir une fenêtre sur l’Europe » et contribuer, selon le souhait du tsar, à hisser la Russie au rang des grandes puissances européennes. Le centre-ville, construit sur des directives des souverains russes, présente une architecture unique qui mélange des styles architecturaux (baroque, néoclassique) acclimatés de manière originale par des architectes souvent d’origine italienne. Sa beauté alliée à l’existence de nombreux canaux lui ont valu le surnom de « Venise du Nord » ou « de la Baltique ». De sa fondation jusqu’au début du 20ème siècle, Saint-Pétersbourg a été le principal centre intellectuel, scientifique et politique du pays. Au 19ème siècle, la ville devient le principal port commercial et militaire de la Russie ainsi que le deuxième centre industriel du pays, après Moscou. C’est d’ailleurs à Saint-Pétersbourg qu’éclate la Révolution russe de 1917 et où les bolcheviks triomphent. Saint-Pétersbourg a changé plusieurs fois d’appellation : elle a été rebaptisée Pétrograd de 1914 à 1924, puis Léningrad de 1924 à 1991, avant de retrouver son nom d’origine à la suite d’un référendum en 1991.
[20] Le Dniepr est un fleuve de l’Europe de l’Est se jetant dans la mer Noire. Il se classe, avec ses 2 290 km, à la troisième place des fleuves d’Europe pour sa longueur. Son débit, 1 670 m3/s à son embouchure, en fait un fleuve d’importance comparable au Rhône. C’est le fleuve Boristhène du monde antique.
[21] Le traité de Iași ou traité de Jassy a été signé le 9 janvier 1792 (29 décembre 1791 selon le calendrier julien) à Jassy en Moldavie entre l’Empire russe et l’Empire ottoman. L’objectif du traité était de mettre fin à la septième guerre russo-turque déclarée par les Ottomans à la Russie en 1787 parce que cette dernière avait occupé le khanat de Crimée et le littoral septentrional de la mer Noire.
[22] La paix de Värälä ou Varela fut un traité de paix signé entre la Russie et la Suède le 14 août 1790 à Värälä, près d’Elimäki en Finlande, à la suite de la guerre russo-suédoise de 1788-1790. Négocié entre le général Igelström pour la Russie et le comte Armfelt pour la Suède, il mit un terme aux ambitions de Gustave III en Russie, ainsi qu’aux interférences russes dans les affaires intérieures suédoises. Les clauses du traité d’Åbo y furent globalement confirmées et les 2 puissances se rendirent mutuellement leurs conquêtes.
[23] La Neva est un fleuve de Russie occidentale, long de 74 km seulement. Elle coule du lac Ladoga à la mer Baltique (golfe de Finlande), dans laquelle elle se jette à Saint-Pétersbourg, par un delta profondément transformé par l’urbanisation (la ville comprend aujourd’hui 42 îles).
[24] La mer Baltique est une mer intracontinentale et intérieure de 364 800 km² située dans le Nord de l’Europe et reliée à l’océan Atlantique par la mer du Nord. Elle communique au sud-ouest avec la mer du Nord par le Cattégat et le Skagerrak. Trois golfes principaux intègrent cet espace : le golfe de Botnie au nord, le golfe de Finlande à l’est et le golfe de Riga au sud-est.
[25] (Sémiramis est une reine légendaire de Babylone
[26] Fondée sur la ville de Khadjibeï par un oukase du 27 mai 1794 de Catherine II de Russie, la ville prend son essor sous l’administration d’Armand-Emmanuel du Plessis de Richelieu, gouverneur d’Odessa entre 1803 et 1814. De 1819 à 1859, Odessa est un port franc. Sous la période soviétique, la ville sert de base navale et, depuis le 1er janvier 2000, le port d’Odessa est déclaré port franc et zone franche pour vingt-cinq ans.
[27] Kherson est une ville du Sud de l’Ukraine. Elle est la capitale administrative de l’oblast de Kherson. La ville, qui a été fondée sur la rive droite du Dniepr par Catherine II Impératrice de Russie en 1778 sur un territoire qui faisait partie du khanat de Crimée, a abrité dès ses débuts un chantier naval, puis a développé une industrie de transformation des produits agricoles fournis par la région.
[28] Mykolaïv, anciennement Nikolaïev en français, est une ville portuaire et industrielle du sud de l’Ukraine et la capitale administrative de l’oblast de Mykolaïv.
[29] Taganrog est une ville portuaire et industrielle de l’oblast de Rostov, en Russie.
[30] aujourd’hui Pavlovsk
[31] La Volga est le plus long fleuve d’Europe. Avec ses affluents, il draine plus d’un tiers de la surface de la Russie européenne. La Volga prend sa source dans les collines de Valdaï à 228 m d’altitude entre Moscou et Saint-Pétersbourg avant de se jeter dans la mer Caspienne après un long parcours de 3 690 km. Le fleuve est navigable sur presque toute sa longueur grâce à d’énormes aménagements réalisés pour l’essentiel durant la seconde moitié du 20ème siècle. Son bassin versant, d’une superficie de 1 350 000 km2, rassemble une mosaïque de peuples. La vallée de la Volga concentre depuis la Seconde Guerre mondiale une part importante des activités industrielles de la Russie. La Volga joue également un grand rôle dans l’imaginaire russe et a inspiré de nombreux romans, tableaux et chansons, tels que Les Bateliers de la Volga.
[32] La Ligue de neutralité armée fut instaurée par la Russie le 8 mars 1780 pendant la guerre d’indépendance des États-Unis. Le Danemark y adhère en juillet 1780 et la Suède en août de la même année. En janvier 1781, la Hollande les rejoint puis toujours en 1781 la Prusse, l’Autriche entre dans la ligue. En 1782, le Portugal et le royaume des Deux-Siciles adhèrent à la ligue. Par la suite la Russie a conclu des traités commerciaux avec le Danemark en 1782, l’Empire ottoman en 1783, l’Autriche en 1785, la France en 1786/1787, les Deux-Siciles en 1787 et le Portugal en 1787, dans tous ces traités les principes de neutralité est spécifié. La première ligue de la neutralité armée avait pour but de protéger les navires de la ligue contre la politique de temps de guerre de la Royal Navy britannique de recherches illimitées de tout navire pour éviter la contrebande, notamment vers les Treize colonies. La Ligue voulait ainsi mettre en avant son droit de commercer avec les ressortissants des pays belligérants sans obstacle, sauf pour la livraison d’armes et d’approvisionnements militaires.
[33] Zurich est une ville de Suisse, capitale du canton de Zurich. Même si l’allemand y est la langue officielle, les habitants de Zurich parlent principalement le zurichois (Züritüütsch), un dialecte de l’alémanique empruntant certains termes à d’autres langues, dont le français, l’italien ou l’anglais. C’est une cité très cosmopolite, comptant plus de 30 % d’étrangers non nés en Suisse, et la quasi-totalité de la population y parle anglais.
[34] La famille Dolgoroukov, ou encore Dolgorouki, est une illustre maison princière russe riourikide. Son origine remonte à saint Vladimir et à Rurik. Les Dolgoroukov descendent de Michel de Tchernigov. Le patronyme provient du sobriquet d’un des princes d’Obolensk qui était surnommé Dolgorouki, ce qui signifie en russe « long-bras » ou « longue-main ». Un grand nombre de généraux et d’hommes d’État russes sont issus de cette famille.
[35] La famille Bestoujev, Bestoujeff, Bestouchev ou Bestoucheff, est une ancienne famille russe. Famille d’origine britannique, fondée par Gabriel Best ou Bestwich (Bestouj en russe, d’où le patronyme familial), qui se mit en 1403 au service de Vassili 1er. L’un de ses fils, surnommé Riouma, est la tige des Bestoujev-Rioumine.
[36] La famille Galitzine ou Golitsyne est la 2ème plus grande et plus noble maison princière de Russie. Les Galitzine revendiquent leur ancienneté dans la dynastie russe des Gediminas (les Gédiminides) qui existe depuis le 13ème siècle. Les descendants de cette famille en Europe et en France écrivent leur nom sous la forme Galitzine. La famille compte parmi les premières dynasties aristocratiques russes et ses membres portent le prédicat honorifique Son Altesse Sérénissime
[37] La famille Chouvalov est une famille de la noblesse russe qui remonte au moins au 16ème siècle, mais dont l’ascension sociale commence sous le règne d’Élisabeth 1ère. Ils sont élevés au titre de comte en 1746.
[38] La famille Orlov , également retranscrite famille Orloff, est une famille de comtes puis princes , appartenant à la noblesse russe et qui a donné à l’Empire russe d’éminents hommes d’État, diplomates et militaires au18ème siècle et jusqu’à la Révolution russe.