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L’Europe au XVIIIème siècle

dimanche 5 novembre 2017

L’Europe au XVIIIème siècle

Le 18ème, est une période quelque peu étriquée de l’histoire européenne. Il ne commence véritablement qu’après la mort de Louis XIV en 1715 dont le règne avait si fortement marqué de son empreinte toute la seconde moitié du siècle précédent, et s’achève, pour ainsi dire à la Révolution française en 1789. Ces jalons qui semblent ne concerner que la France ne doivent pas faire illusion.

Pendant la plus grande partie du 18ème siècle ce sont d’autre pays qui occupent le devant de la scène. Et se sont tout d’abord Pierre le Grand, en Russie, puis Frédéric Il, en Prusse, Joseph II en Allemagne, et, de nouveau en Russie, Catherine II, qui mènent le jeu ou du moins aspirent à ce rôle.

Signé en 1713, encore du vivant de Louis XIV, le traité d’Utrecht vise sans y réussir à instaurer un statu quo dans la délimitation des pouvoirs sur l’Ouest du continent européen. La maison d’Autriche, menacée jusque dans Vienne par l’armée ottomane en 1683, avait refoulé les Turcs et recouvré la Hongrie, une partie de la Bosnie, de la Serbie et de la Valachie par les traités de Karlowitz en 1699 et de Passarovitz en 1718 ; mais, 20 après, elle rend aux Turcs la Valachie, la Serbie et la Bosnie par le traité de Belgrade en 1739 ; une année plus tôt par le traité de Vienne en 1738 elle avait d’ailleurs déjà perdu une partie des domaines acquis par le traité d’Utrecht, ainsi que la Lorraine. Dans le même temps, la Prusse protestante, dont l’électeur avait reçu d’elle en 1701 le titre de roi, s’organise militairement dans le Nord de l’Allemagne, et devient sa rivale ; elle lui enlève la Silésie en 1740 et, à travers des péripéties diverses, bat, dans la guerre de Sept Ans, les armées alliées à celles de la France et de la Russie. La Prusse est dès lors une des grandes puissances de l’Europe.

Quant à la Russie, elle a une première fois poussé ses conquêtes jusqu’à la mer Noire, mais elle a dû les abandonner à la suite d’une campagne malheureuse sur le Pruth en 1711 et elle ne les recouvrera qu’en 1774 par le traité de Kaidnardji. Par les traités de Nystadt en 1721 et d’Abo en 1743, elle obtient la cession de la Carélie, de la Livonie, de la moitié de la Finlande. De complicité avec la Prusse et l’Autriche, elle dépèce la Pologne en 1772, prenant les provinces orientales jusqu’au Dniepr, et bientôt elle va compléter son oeuvre par un second et par un 3ème partage qui portent sa frontière jusqu’à Bialistok. L’Autriche aura dans son lot, après le 3ème partage, toute la Russie rouge et la Petite Pologne ; la Prusse eut la Grande Pologne, la Prusse polonaise et la Mazovie avec Varsovie. En Italie, le royaume de Naples est déjà passé de l’Autriche à la Sardaigne et ensuite à une branche des Bourbons d’Espagne en 1733 ; la Toscane, au contraire, a été donnée à la maison de Lorraine Autriche en 1735 ; les ducs de Savoie sont devenus des rois depuis 1713. La France, victorieuse dans la guerre que termine le traité d’Aix-la-Chapelle en 1748, souvent malheureuse sur terre et plus malheureuse encore sur mer et aux colonies dans la guerre de Sept ans de 1756 à 1763, acquiert cependant, sous le règne de Louis XV, la Lorraine par le traité de 1738 et sa prise de possession en 1766 et la Corse en 1768.

La fin du 18ème siècle se signale par l’inquiétude suscitée dans les monarchies européennes par la Révolution française en 1789 qui les pousse à se coaliser contre la France. Aux troubles intérieurs s’ajouteront ainsi pour elle, à l’extérieur, de nouvelles guerres qui dureront jusqu’au début du 19ème siècle. L’Angleterre, traverse au cours de ce siècle ce qui apparaît comme une phase de consolidation. Les limites que l’on tend à lui imposer ne l’empêchent pas de rester puissante sur mer, et malgré l’indépendance des États-Unis, elle s’est désormais constituée un très vaste domaine colonial.

Du point de vue de la culture, le 18ème siècle va être surnommé le "siècle des Lumières", en référence au mouvement d’idées qui parcourt toute l’Europe à cette époque. Il se caractérise, dans le fond, par une foi dans le progrès des connaissances, L’encyclopédie de Diderot et d’Alembert, les voyages de Cook et de La Pérouse, les oeuvres de Buffon et de Linné, et de la société par Le Contrat Social de Rousseau, L’Esprit des Lois de Montesquieu, etc., et dans la forme par une expression philosophique plus littéraire que technique Les œuvres de Voltaire, de Diderot, etc. Les conquêtes pacifiques des idées promues par les "Lumières" s’attachent à détrôner les préjugés enfantés par l’ignorance, entretenus par le despotisme. Le goût des réformes, inspiré par les philosophes et les économistes, gagne les ministres et les princes. Mais s’ils semble vouloir se mettre au diapason des nouvelles idées, tout cela devra, à leur yeux, rester compatible avec le maintien du pouvoir absolu.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du Texte de Léonardon/ Imago mundi