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L’histoire pour le plaisir

Caribert 1er

samedi 27 décembre 2014 (Date de rédaction antérieure : 8 septembre 2011).

Caribert 1er (vers 521-567)

Roi de Paris de 561 à 567

Fils de Clotaire 1er et de sa première épouse Ingonde. En 558, avec Gontran ils furent envoyés par Clotaire pour reprendre le Limousin à leur frère Chramn, qui s’en était emparé. Leurs armées se firent face au pied de la montagne noire [1] où ils l’incitèrent à rendre les terres appartenant à leur père. Il refusa mais une tempête empêcha la bataille. Chramn en profita pour duper ses frères en envoyant un messager les informant de la mort de Clotaire, qui se battait contre les saxons. Caribert et Gontran se rendirent aussitôt en Burgondie [2].

Clotaire 1er avait réunifié le royaume franc de Clovis avec peine mais n’avait pas partagé le royaume avant sa mort. À la mort de leur père en 561, les fils de Clotaire allèrent enterrer leur père à Soissons dans la basilique qu’il avait commencé à faire construire sur le tombeau de Saint Médard.

Il se ligua avec ses frères Gontran et Sigebert contre Chilpéric, son demi-frère, qui avait pris possession du château de leur oncle Childebert avec la portion du royaume qui allait avec, pour le forcer à repartager le royaume. Le royaume fut donc à nouveau divisé en 4 et le sort lui attribua le royaume de Paris.

Les rapports de forces déterminèrent en réalité les attributions, la mise à l’écart des plus faibles faisait partie des usages de la succession royale franque et il se peut que les 3 fils d’Ingonde éprouvèrent de la défiance envers leur demi-frère. De plus, dans la tradition germanique, le mode de succession des rois sur le trône, la tanistry [3], se faisait entre frère, de l’aîné au benjamin, puis aux oncles et aux neveux.

Caribert reçut l’ancien royaume de Childebert 1er, situé entre la Somme et les Pyrénées, ayant Paris pour capitale et comprenant le bassin parisien, l’Aquitaine et la Provence. Ce royaume était la portion du regnum francorum la plus riche en fisc [4] et la plus facile à défendre.

En recevant le royaume de Childebert, il devint le gardien du tombeau de Clovis. Son royaume fut cependant menacé par des autonomistes dans les possessions méridionales, notamment en Aquitaine. Parmi les fidèles de sa cour, apparaissait le jeune Gondovald, prétendument fils de Clotaire et donc frère putatif de Caribert. En matière fiscale, il voulut imposer la ville de Tours, qui depuis le règne de Clotaire ne payait plus par hommage à Saint Martin, en tentant de reconstituer les registres de l’impôt qui avaient été brûlés. Mais l’évêque Eufronius obtint de lui une nouvelle suppression d’impôt.

Il pratiqua la monogamie sérielle [5]. Il épousa Ingeberge dont il eut 4 enfants. Un d’eux mourut en bas âge, les 3 autres furent des filles devenues religieuses. Excédée par la débauche de son mari qui possédait plusieurs maîtresses, et peut-être pour l’assagir, Ingeberge fit introduire à la cour un artisan de lainerie pour l’atelier royal, père de 2 de ses maîtresses.

Il la délaissa pour épouser les 2 filles de l’artisan, Méroflède et Marcovèfe. Il épousa d’abord Méroflède. Avant sa mort, Clotaire 1er avait désigné un clerc courtisan nommé Emery ou Emeritus à l’évêché de Saintes. Cette nomination étant contraire au droit canon, il craignit que l’archevêque de Bordeaux ne donna pas son approbation.

Aussi, il autorisa Emery à se faire ordonner par l’évêque de son choix, ce qu’il fit. Après la mort de Clotaire 1er, il dut faire accepter à l’évêque de Bordeaux le principe des nominations royales sur les sièges épiscopaux.

Mais Léonce, l’archevêque de Bordeaux, convoqua un synode à Saintes pour traiter l’affaire. Un vote des prélats déclara illicite la nomination et le sacre et un prêtre bordelais nommé Héraclius fut élu à la place d’Emery.

Léonce envoya un prêtre nommé Noncupat informer Caribert des résultats du synode. La nouvelle déplu au roi et le prêtre fut jeté sur un fagot d’épines avant d’être expulser.

Méroflède mourut, il épousa alors Marcovèfe. En choisissant Marcovèfe comme femme, il choisi d’épouser une proche parente d’une précédente épouse, ce qui était considéré comme un inceste par le droit canon. Une épidémie se mit à ravager les Gaules, dont le royaume de Paris, ce qui fut perçu comme une punition d’une faute en matière matrimoniale. Les évêques demandèrent aux fidèles de reporter les mariages pour obtenir la fin de l’épidémie.

Depuis de nombreuses années, les évêques réclamaient la tenu d’un concile, Caribert en donna l’autorisation. Sa tenu se fit à Tours, le 18 novembre 567. Venus de tout le royaume, les prélats émirent 2 canons. Le premier rappelait que les lois romaines et le droit ecclésiastique interdisaient à une moniale de se marier, les évêques ajoutèrent que Caribert avait récemment émis une loi renforçant cette disposition. Le second évoquait la question de l’inceste, résumé par les textes des conciles gaulois qui interdisaient à un homme d’épouser sa belle-soeur. Dans les 2 dispositions du concile, la peine prescrite pour le contrevenant était l’excommunication.

Dans l’assemblée se trouvait Prétextat de Rouen qui condamna le roi de Paris pour les faits qui lui furent reprochés. Caribert fut excommunié par l’évêque Germain de Paris pour inceste et sacrilège. Caribert abandonna ses épouses face à l’hostilité du clergé. Il épousa lors d’un 4ème mariage une religieuse nommée Théodechilde.

En 566, il nomma son neveu par alliance Bertrand évêque de Bordeaux et maria sa fille Berthe au roi Aethelberth de Kent, le plus méridionale des état anglo-saxons.

Il mourut le 5 mars 567 près de Bordeaux, alors qu’il visitait ses possessions méridionales. À sa mort, malgré 4 épouses, il ne laissa que des filles.

Ses 3 frères se disputèrent âprement son héritage. Un partage de son royaume se fit en 568 où Paris fut maintenu dans l’indivision. Les revenus fiscaux de la ville furent partagés en 3 et chaque roi jura de ne pas entrer dans la ville sans le consentement des 2 autres.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de la France pittoresque/Roi Caribert 1er ou Chérebert (Paris), mérovingien. Naissance, mort, couronnement, règne/Mérovingiens/Histoire de France et Patrimoine

Notes

[1] La montagne Noire, qui abrite à ses pieds la ville de Mazamet dans le Tarn, est un massif montagneux situé à l’extrémité sud-ouest du Massif central, en France. Il sépare les départements du Tarn, de l’Hérault, de l’Aude et de la Haute-Garonne.

[2] D’abord cantonnés en Sapaudia les Burgondes commencèrent par grignoter le territoire gaulois vers l’ouest. En 457, Gondioc et Chilpéric Ier saisirent une première occasion de pousser leurs frontières. A l’été 457 le Valais, la Tarentaise, les villes de Besançon, Chalon sur Saône, Langres, Autun, Grenoble ainsi que Lugdunum, la vieille capitale des Gaules, se livrèrent pacifiquement aux Burgondes. Egidius, le généralissime de Majorien en Gaule reprit aussitôt la capitale des Gaules mais il abandonna aux rois Burgondes leurs nouvelles terres. Lugdunum reviendra aux Burgondes vers 467 lorsque Chilpéric 1er s’en empara, comme il s’empara également à la même époque de la ville de Vienne. Il profita probablement des troubles qui secouèrent entre 469 et 475 un Empire d’Occident, alors à l’agonie, pour porter jusqu’à la Durance les limites de son royaume. Les villes de Viviers, Gap, Embrun, Die, Sisteron, Orange, Apt, Cavaillon, Avignon devinrent villes burgondes. L’empereur Népos reconnut leurs conquêtes. Dès ce moment le royaume burgonde eut, ou peu s’en faut, les limites qu’il conserva dès lors. Ce territoire ne comprenait pas moins de 25 diocèses ou anciennes cités romaines : Auxerre, Langres, Besançon, Chalon sur Saône, Autun, Lugdunum, Genève, Windisch, Octodurum actuellement Martigny, en Suisse, Vienne, Valence, Carpentras, Orange, Avignon, Cavaillon, Vaison, Gap, Embrun, Sisteron, Grenoble, Aoste, Die, Viviers, Saint-Paul-Trois-Châteaux, Apt. Mais les Burgondes gagnent ou perdent incessamment du terrain. Marseille et son port, Arles et la Provence gagnés vers 484, et perdus après la guerre contre les Francs, conquêtes éphémères, auront un moment fait partie de leur territoire. À son apogée, les contours du royaume burgonde touchaient, au nord, la ligne des Vosges et la Durance au midi ; d’orient en occident, ils s’étendaient de l’Aar à la Saône et la Haute-Loire. Ce fut le territoire soumis à cette royauté qui prit, une première fois, le nom de Burgondia dans une correspondance de Cassiodore et rédigée en 507 au nom de Théodoric le Grand.

[3] nom celtique désignant la succession par le cadet et non par le fils

[4] terre, forêt ou mine appartenant à la couronne

[5] mélange de mariage et de concubinage