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Lucius Aemilius Lepidus Paullus

samedi 5 mars 2022, par ljallamion

Lucius Aemilius Lepidus Paullus (mort en 13 av. jc)

Sénateur romain de la fin de la République romaine et du règne d’Auguste-Consul suffect en 34 av. jc-Censeur en 22 av. jc

Emblème de la République romaine.Paullus est un membre de la gens Aemilia [1]. Il est le petit-fils de Marcus Aemilius Lepidus, consul en 78 av. jc et d’Appuleia, fille de Lucius Appuleius Saturninus, de par leur fils Lucius Aemilius Paullus, consul en 50 av. jc. Son oncle paternel Marcus Aemilius Lepidus, dit Lépide, est membre du second triumvirat de 43 à 36 av. JC.

Il épouse Cornelia Scipio , la demi-sœur maternelle de Julia Caesaris filia ou Julia Augusti filia dite Julia l’Aînée, la fille d’Auguste. Cornelia est la fille de Scribonia et de Publius Cornelius Scipio Salvito .

Properce consacre une de ses Élégies [2] à Cornelia Scipio, à la suite de son décès.

Après la mort de Cornelia Scipio, il épouse Claudia Marcella la Jeune, la fille de Gaius Claudius Marcellus et d’Octavie la Jeune, sœur d’Auguste. Elle lui donne peut-être un fils : Paullus Aemilius Regillus qui est questeur [3] sous Tibère.

Sa veuve se remarie à Marcus Valerius Messalla Messallinus, fils de Marcus Valerius Messalla Corvinus. Ils sont parents avec Marcus Valerius Messalla Barbatus. Sa fille est la seconde femme de Publius Quinctilius Varus.

Il fuit Rome avec son père qui est proscrit en 43 av. jc par son propre frère Lépide. Il est vraisemblablement proscrit lui-même et rejoint Marcus Junius Brutus. Il se voit peut-être confier la Crète [4], c’est en tout cas là qu’il se trouve après la bataille de Philippes [5] et la mort des chefs républicains.

Il fait voile avec une partie des troupes républicaines qui a trouvé refuge sur l’île vers la mer Ionienne [6]. Il se rallie ensuite à Octavien dans la guerre sicilienne contre Sextus Pompée en 36 av. jc.

En 34 av. jc, il obtient le consulat suffect [7] et entame son mandat le 1er juillet. Il dédicace la basilique Aemilia [8] sur le Forum Romanum [9], initialement reconstituée par son père, mais la reconstruction est terminée lors de son consulat avec ses propres fonds. Il succède à Lucius Sempronius Atratinus et Lucius Scribonius Libo et partage le consulat avec Caius Memmius puis Marcus Herennius .

Il intègre le collège des augures [10] en 31 av. jc.

En 22 av. jc, il devient censeur [11] aux côtés de Lucius Munatius Plancus. Ce sont les derniers censeurs désignés, car leur exercice est très contesté par toute la communauté politique de l’époque, principalement pour illégitimité et incompétence.

Le premier jour de leur prise de fonction, la tribune sur laquelle ils devaient monter s’effondra. Les deux censeurs durent renoncer à leur fonction à la suite de ce mauvais présage.

Il décède en l’an 13 av. jc.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Pierre Cosme, Auguste, Paris, Perrin, coll. « Tempus » (no 271), 2009, 345 p. (ISBN 978-2-262-03020-9)

Notes

[1] Les Æmilii sont les membres de la gens Æmilia, l’une des familles patriciennes les plus importantes et les plus influentes de l’histoire romaine. La gens Æmilia laisse son nom à la via Æmilia Scaura (construite par le censeur Marcus Æmilius Scaurus), à la via Æmilia (construite par le consul Marcus Æmilius Lepidus), ainsi qu’à la Basilique Æmilia, située sur le Forum Romain, dont la construction a été ordonnée par les censeurs Marcus Æmilius Lepidus et Marcus Fulvius Nobilior. Cette famille survit au début de l’Empire, mais est l’une des premières à s’éteindre.

[2] L’élégie fut une forme de poème dans l’Antiquité, avant de devenir un genre poétique à partir de la Renaissance. Dans l’Antiquité, était appelé « élégie » tout poème alternant hexamètres et pentamètres en distiques : ce sont les vers élégiaques. De nos jours, l’élégie est considérée comme un genre au sein de la poésie lyrique, en tant que poème de longueur et de forme variables caractérisé par un ton plaintif particulièrement adapté à l’évocation d’un mort ou à l’expression d’une souffrance amoureuse due à un abandon ou à une absence.

[3] Dans la Rome antique, les questeurs sont des magistrats romains annuels comptables des finances, responsables du règlement des dépenses et de l’encaissement des recettes publiques. Ils sont les gardiens du Trésor public, chargés des finances de l’armée et des provinces, en relation avec les consuls, les promagistrats et les publicains. Maintenue sous le Haut Empire avec son rôle comptable, cette fonction se réduit sous le Bas-Empire à une magistrature honorifique et coûteuse exercée uniquement à Rome.

[4] La Crète, est une île grecque, autrefois appelée « île de Candie ». Cinquième île de la mer Méditerranée en superficie, elle est rattachée en 1913 à la Grèce

[5] La bataille de Philippes (septembre-octobre 42 av. jc) voit, au cours de deux affrontements successifs, les triumvirs Octave et Antoine vaincre les Républicains Brutus et Cassius dans la plaine à l’ouest de Philippes, en Macédoine orientale. Cette défaite sonne le glas des espoirs du Sénat de préserver le régime républicain.

[6] La mer Ionienne est une partie de la mer Méditerranée située au sud de la mer Adriatique. La mer Ionienne sépare la péninsule du Salento, la Calabre et la Sicile en Italie à l’ouest, du sud de l’Albanie et de la côte nord-ouest de la Grèce à l’est. Elle est reliée par le détroit de Messine, qu’elle inclut, à la mer Tyrrhénienne, et par le canal d’Otrante à la mer Adriatique. Elle donne son nom aux îles Ioniennes, archipel au large de l’Albanie méridionale et de la Grèce.

[7] Parfois, un consul décède ou démissionne avant la fin de son mandat de douze mois. Le consul restant rétablit la collégialité par l’élection intermédiaire si le délai restant le permet ou par la désignation directe d’un consul suffectus (du participe passé du verbe sufficere, « remplacer »). Ce consul entre en fonction immédiatement, il a les mêmes privilèges et les mêmes pouvoirs que le consul remplacé mais il n’est en charge que pour la durée du mandat qui reste à couvrir. Enfin, le consul suffect ne donne pas son nom à l’année, à l’inverse du consul dit ordinaire.

[8] La basilique Æmilia ou basilique émilienne, nommée aussi basilique Paulli ou basilique Fulvia, est une basilique romaine, située du côté du nord du Forum Romain. Sa construction date de 179 av. jc mais elle a été plusieurs fois modifiée depuis. Ses ruines sont encore visibles aujourd’hui.

[9] Le Forum Romain ou Forum de Rome est situé dans le site archéologique le plus important de Rome, entre les collines du Capitole et du Mont Palatin. Le forum est la place principale de la Rome antique. Son importance historique, religieuse et politique en fait l’endroit autour duquel toute la vie de la ville s’articule : célébration de mariages, organisation de jeux, de combats de gladiateurs, de cérémonies et de fêtes religieuses, de défilés militaires (sur la Via Sacra), de proclamations politiques (par exemple lors de la crémation de Jules César, en ce même lieu)… Il est le centre vivant de la ville, à l’image de l’agora, lieu de rassemblement politique et mercantile des cités grecques.

[10] L‘augure est, dans la religion romaine, un prêtre chargé d’interpréter les phénomènes naturels considérés comme des présages. Les augures étaient les interprètes des volontés de Jupiter, maître des signes ; il était hors de question de partir à la guerre, de choisir l’emplacement d’un temple, de désigner un homme pour une fonction politique, sans consulter les augures.

[11] Le censeur est un magistrat romain. Deux censeurs sont élus tous les cinq ans parmi les anciens consuls par les comices centuriates. Le pouvoir des censeurs est absolu : aucun magistrat ne peut s’opposer à leurs décisions, seul un autre censeur qui leur succède peut les annuler. Après 18 mois de mandat, ils président une grande cérémonie de purification, le lustrum, à la suite de laquelle ils abdiquent. La censure est la seule magistrature romaine qui n’autorise pas la réélection. Les censeurs ne sont plus élus à partir de la dictature de Sylla, et leurs pouvoirs sont repris par les empereurs romains.