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L’histoire pour le plaisir

Marie de Courtenay

mardi 18 janvier 2022, par lucien jallamion

Marie de Courtenay (1204-1228)

Impératrice byzantine de Nicée

Blason famille CourtenayElle appartient à la maison capétienne de Courtenay [1]. Le père de Marie, Pierre II, seigneur de Courtenay, est par son père le petit-fils du roi de France Louis VI. En 1185, par son premier mariage avec Agnès 1ère de Nevers , il devient comte de Nevers [2], d’Auxerre [3] et de Tonnerre [4]. Leur fille unique Mathilde de Courtenay hérite des 3 comtés.

Veuf, Pierre de Courtenay se remarie en 1193 avec Yolande de Hainaut. Elle est la sœur de la reine de France Isabelle de Hainaut épouse du roi Philippe II, et des empereurs latins de Constantinople [5] Baudouin 1er de Flandre et Henri de Hainaut. Le couple a 12 enfants, dont Marie de Courtenay.

Lorsque Henri de Hainaut meurt sans héritier en 1216, les barons de Constantinople [6] choisissent son beau-frère Pierre de Courtenay pour lui succéder. Mais il est fait prisonnier par le despote d’Épire [7] Théodore Ange Comnène Doukas, et meurt en captivité en 1219.

Pendant ce temps, l’impératrice Yolande assure la régence à Constantinople et, pour se ménager un puissant allié, elle négocie le mariage de sa fille Marie avec l’empereur byzantin de Nicée [8] Théodore 1er Lascaris. Théodore répudie sa seconde épouse Philippa d’Arménie et l’union avec Marie de Courtenay a lieu en 1219.

À la mort de Yolande de Hainaut en 1219, son fils Robert de Courtenay lui succède. Théodore Lascaris estime que son mariage lui donne des droits sur Constantinople. Il essaie de s’emparer de la ville et attaque Constantinople, avant de conclure un accord avec Robert. Lorsque Théodore 1er meurt en 1222, il n’a pas d’enfant de Marie mais il a eu 3 filles d’un premier mariage. Pendant une courte période, Marie de Courtenay est nommée régente de l’empire byzantin, jusqu’à ce que le trône soit attribué à Jean III Doukas Vatatzes, l’époux d’Irène Lascarine, l’une des filles de Théodore.

L’empereur latin de Constantinople Robert de Courtenay, frère de Marie, meurt en 1228. Baudouin II de Courtenay leur plus jeune frère hérite alors de l’empire latin ; il n’est âgé que de 11 ans et Marie assure la régence en son nom. Elle meurt vraisemblablement quelques mois après en 1228

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Alice Saunier-Seité, Les Courtenay : Destin d’une illustre famille bourguignonne, Paris, Éditions France-Empire, 1998, (ISBN 2-7048-0845-7)

Notes

[1] La maison capétienne de Courtenay est une branche de la maison capétienne, issue de Pierre de France (v. 1126-1180/83), sixième fils du roi de France Louis VI le Gros (1081-1137), devenu seigneur de Courtenay par son mariage avec l’héritière de la maison de Courtenay.

[2] Le Comté de Nevers est un comté historique au centre de la France. Sa principale ville était Nevers. Il correspond sensiblement à l’ancienne province du Nivernais et au département moderne de la Nièvre. Le comté lui-même date approximativement du début du 10ème siècle. Le comté a été fréquemment associé au Duché de Bourgogne voisin ; il faisait partie des terres et des titres détenus par Henri 1er de Bourgogne. En 1032, le Comté de Nevers est joint au Comté d’Auxerre, mais entre en conflit rapidement avec l’évêque d’Auxerre. Son premier titulaire a été Renaud 1er de Nevers. Nevers est passé sous la domination des comtes de Flandre au 14ème siècle, et à partir de là, est devenu possession de Philippe II le Hardi, Duc de Bourgogne, qui a brièvement réuni les deux terres. Philippe de Bourgogne, le plus jeune fils de Philippe le Hardi, a reçu le comté de Nevers qui est devenu plus tard possession d’une branche cadette des ducs de Clèves. À partir de 1521, les dirigeants de Nevers se sont appelés ducs de Nivernais.

[3] Le comté d’Auxerre est un fief médiéval situé en Bourgogne. Sa principale ville est Auxerre. Le premier comte connu est un compagnon de Charlemagne, Hermenold, qui reçoit Auxerre en 771. Plusieurs comtes lui succèderont et en 859, Charles le Chauve donne le comté d’Auxerre à son cousin germain Conrad II. S’étant révolté, il est destitué et le comté est confié à Robert le Fort. À la mort de ce dernier, tous ses honneurs passent à Hugues l’Abbé, qui se trouve être aussi le frère de Conrad II. Il confie Auxerre à un comte délégué, Girbold, puis en fait la dot de sa nièce Adélaïde qui épouse Richard le Justicier. Celui-ci et ses successeurs nomment des vicomtes à Auxerre, dont le premier est un certain Rainard. Durant la seconde moitié du 10ème siècle, aucun comte n’est connu. Par contre, deux évêques d’Auxerre assument de facto la fonction. Le premier est Héribert, le demi-frère du duc des Francs Hugues Capet, et le second Hugues de Chalon. Ils font le jeu des Robertiens. Le second aurait laissé se développer des lignages de Grands (Donzy, Toucy) qui régenteront la majorité du comté. Le comté finit par revenir aux Capétiens et Robert II le Pieux en fait la dot de sa fille Adélaïde qui épouse Renaud 1er de Nevers. Ce dernier est désormais comte d’Auxerre et de Nevers et entre en conflit avec l’évêque d’Auxerre. Jusqu’au 13ème siècle, soit pendant 2 siècles et demi, les destinées des comtés d’Auxerre et de Nevers resteront liées, et auxquelles s’ajoutera celle du comté de Tonnerre, jusqu’à la mort de Mathilde II, en 1262. Ses trois filles se partageront les comtés et Alix, mariée à Jean 1er de Châlon aura Auxerre. En 1370, Jean IV de Châlon, vend Auxerre au roi de France, qui en fait un bailliage royal. En 1435, un traité de paix entre Charles VII, roi de France, et Philippe III le bon, duc de Bourgogne donne la ville au duché de Bourgogne, qui sera définitivement annexé à la France en 1477. Jean Rapine est le premier gouverneur nommé par le roi de France.

[4] Le comté de Tonnerre est un ancien fief situé dans le nord de la Bourgogne, autour de la ville de Tonnerre. Les comtes de Tonnerre frappèrent monnaie du 11ème siècle jusqu’en 1315. Le comté avait la particularité de dépendre de trois suzerains : de l’évêque de Langres, pour les châtellenies de Tonnerre, d’Argenteuil, de Ligny le Châtel et les fiefs qui en dépendaient ; du duc de Bourgogne pour celles de Cruzy-le-Châtel, Griselles et Pothières et leurs fiefs, et de l’évêque de Châlon pour celle de Channes. Il fut érigé en duché en 1572, en faveur d’Henri Antoine de Clermont, mais cette érection n’eut pas d’effet faute de l’enregistrement du brevet. Jusqu’en 1789, le comté de Tonnerre était le plus ancien de France. Il n’a jamais été réuni à la couronne, ni érigé en marquisat ou duché

[5] L’Empire latin de Constantinople est un État éphémère fondé en avril 1204 sur le territoire de l’Empire byzantin à la suite de la quatrième croisade et la chute de Constantinople aux mains des Latins. Il dure jusqu’en 1261, année de la reconquête de la ville par Michel Paléologue, qui restaure l’Empire byzantin.

[6] Constantinople est l’appellation ancienne et historique de l’actuelle ville d’Istanbul en Turquie (du 11 mai 330 au 28 mars 1930). Son nom originel, Byzance, n’était plus en usage à l’époque de l’Empire, mais a été repris depuis le 16ème siècle par les historiens modernes.

[7] Le despotat d’Épire est un des États successeurs de l’empire byzantin né après la quatrième croisade en Épire, une région qui s’étend sur la côte adriatique entre le sud de l’Albanie actuelle et le golfe de Corinthe. Le terme de despotat est formé sur celui de despote, qui désigne alors à la cour de Constantinople un membre de la famille impériale. Son équivalent le plus proche est prince ; un despotat serait donc une principauté.

[8] Vestige de l’Empire byzantin ayant résisté à la prise de Constantinople par les croisés en 1204, l’Empire de Nicée était le plus étendu des États impériaux successeurs : l’Empire de Nicée, le despotat d’Épire et l’Empire de Trébizonde. Il occupait, en Asie Mineure occidentale, une large bande de terre s’étendant de la mer Égée à la mer Noire. Si Nicée demeura sa capitale et le siège du patriarcat pendant toute sa brève histoire (1204-1261), les empereurs établirent leur résidence et le siège du gouvernement à Nymphaion (aujourd’hui Kemalpaşa), ville de Lydie, moins exposée aux armées ennemies. Se défendant à la fois contre les États successeurs et le sultanat seldjoukide, Théodore 1er Laskaris réussit à édifier un État politiquement stable et économiquement viable en Asie Mineure. Ses successeurs, Jean III Doukas Vatatzès et Théodore II Laskaris, étendirent le territoire de l’empire en Europe, encerclant progressivement Constantinople. Après avoir écarté Jean IV Lascaris, le successeur légitime de Théodore II, Michel VIII Paléologue n’eut plus qu’à reprendre la ville en 1261 grâce à un concours de circonstances. L’Empire de Nicée redevint ainsi une partie constituante de l’Empire byzantin rénové.