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Robert de Courtenay (empereur latin de Constantinople)

mardi 18 janvier 2022, par ljallamion

Robert de Courtenay (empereur latin de Constantinople) (vers 1201-1228)

Empereur latin de Constantinople de 1219 à 1228

Fils de Pierre II de Courtenay, comte de Nevers [1], d’Auxerre [2] et de Tonnerre [3], marquis de Namur [4], empereur latin de Constantinople [5] et de Yolande de Flandre et de Hainaut.

Après la mort sans fils d’Henri de Hainaut, empereur latin de Constantinople, la couronne impériale avait été proposée au roi André II de Hongrie, qui l’avait refusée, puis à Pierre II de Courtenay, qui l’avait acceptée. Tandis que sa femme Yolande, sœur d’Henri de Hainaut, se rend à Constantinople par bateau, Pierre de Courtenay préfère la voie terrestre. Il est attaqué et fait prisonnier à Durazzo [6] par Théodore Comnène, despote d’Épire [7] en 1217. Il meurt peu après sans avoir vu Constantinople [8]. Yolande de Hainaut assure le gouvernement impérial, mais meurt le 24 ou le 26 août 1219.

Les barons proposèrent la couronne de Constantinople à Philippe , le fils aîné de Pierre II et de Yolande, qui préfère se contenter du marquisat de Namur et refuse la couronne impériale. Robert, le second fils, l’accepte et quitte Namur durant l’automne 1220. Il passe les fêtes de Noël et une partie de l’hiver à la cour d’André II de Hongrie, son beau-frère, puis reprend le chemin de Constantinople, où il est couronné le 25 mars 1221, dans l’église Sainte-Sophie [9].

Il ne cherchait que la paix, mais l’Empire est alors en proie aux ambitions de deux de ses voisins, le despotat d’Épire et l’empire de Nicée [10], tous deux issus du démembrement de l’empire byzantin [11] en 1204 et cherchant à reprendre Constantinople aux Latins.

Les premières hostilités viennent de Théodore Comnène, despote d’Épire, qui envahit la Thessalie [12] dès 1221 et s’empare du royaume de Thessalonique [13], en 1224 et s’y proclame Empereur.

Démétrios de Montferrat était bien parti en Occident pour demander de l’aide mais n’en avait pas obtenu. Robert, bien qu’il soit en lutte contre l’empire de Nicée, lui envoie une armée de secours, qui est battue devant Serrès [14] et bat en retraite en Thrace [15].

Face à Théodore 1er Lascaris, empereur de Nicée, Robert n’a pas plus de succès. Théodore est marié à Marie de Courtenay, sœur de Robert et, estimant que celle-ci a des droits sur une partie de l’Empire, lui enlève une partie de la rive asiatique de l’empire latin. Pour pouvoir faire face à Théodore Comnène, Robert négocie une trêve avec Théodore Lascaris.

Ce dernier, voyant le caractère indolent de Robert, décide de lui donner en mariage sa troisième fille pour mieux le contrôler. L’opposition du patriarche grec, qui s’appuie sur la parenté par alliance, fait échouer le mariage. Théodore Lascaris meurt peu après, et son gendre Jean III Doukas Vatatzès lui succède, au détriment des frères de Théodore, Alexis et Isaac Lascaris. Ces derniers se réfugient à Constantinople et persuadent Robert de faire la guerre à Jean Vatatzès, mais l’armée latine subit une sévère défaite à Poimanenon en 1224.

Robert perd la Bithynie [16], les frères Lascaris sont capturés et aveuglés. Profitant de ses succès, Jean Vatatzès débarque en Europe et prend la ville d’Andrinople [17]. Cette dernière est reprise en 1225 par Théodore Comnène. À partir de cette date, l’Empire Latin est condamné à disparaître, et la seule inconnue est de savoir qui en serait le conquérant, entre le basileus [18] d’Épire ou celui de Nicée.

Robert de Courtenay ne réagit que mollement à ces revers. Il sollicite en 1224 des renforts auprès du roi Louis VIII de France, qui, se préparant à partir en croisade des Albigeois [19], ne peut lui en envoyer. En 1225, Guillaume VI, marquis de Montferrat [20], tente de reconquérir le royaume de Thessalonique pour le compte de son frère Démétrios, mais sa mort le 17 septembre 1225 entraîne le retrait de son armée.

Robert se désintéresse alors de son empire et ne parvient pas à tirer profit de la rivalité qui oppose le despotat d’Épire à l’empire de Nicée. Méprisé par ses barons et discrédité par les pertes d’Andrinople, de la Thrace et de la Bithynie, il se livre à la débauche et aux plaisirs. Il enlève une fille d’un chevalier de Neuville-en-Artois à son fiancé et l’épouse secrètement.

Le fiancé évincé réunit quelques barons qui font irruption dans le palais pour couper les lèvres et le nez de la jeune épouse, sans que Robert ne cherche à la protéger. Couvert de honte et craignant pour sa sécurité, il se réfugie à Rome auprès du pape Honorius III, qui lui reproche sa conduite et l’ordonne de retourner à Constantinople et de se racheter, mais Robert meurt de maladie au retour, lors d’une escale en Morée [21].

Il est fiancé en 1222 avec Eudoxie Laskarina , fille de Théodore 1er Lascaris, empereur grec de Nicée, et d’ Anne Ange . Mais le mariage est annulé en raison de la parenté par alliance entre les deux fiancés.

Eudoxie épouse vers 1230 Anseau de Cayeux , chevalier originaire de Picardie [22], l’un des principaux nobles de l’Empire, dont il sera régent en 1237-1238.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de René Grousset, L’Empire du Levant : Histoire de la Question d’Orient, Paris, Payot, coll. « Bibliothèque historique », 1949 (réimpr. 1979), 648 p. (ISBN 2-228-12530-X)

Notes

[1] Le Comté de Nevers est un comté historique au centre de la France. Sa principale ville était Nevers. Il correspond sensiblement à l’ancienne province du Nivernais et au département moderne de la Nièvre. Le comté lui-même date approximativement du début du 10ème siècle. Le comté a été fréquemment associé au Duché de Bourgogne voisin ; il faisait partie des terres et des titres détenus par Henri 1er de Bourgogne. En 1032, le Comté de Nevers est joint au Comté d’Auxerre, mais entre en conflit rapidement avec l’évêque d’Auxerre. Son premier titulaire a été Renaud 1er de Nevers. Nevers est passé sous la domination des comtes de Flandre au 14ème siècle, et à partir de là, est devenu possession de Philippe II le Hardi, Duc de Bourgogne, qui a brièvement réuni les deux terres. Philippe de Bourgogne, le plus jeune fils de Philippe le Hardi, a reçu le comté de Nevers qui est devenu plus tard possession d’une branche cadette des ducs de Clèves. À partir de 1521, les dirigeants de Nevers se sont appelés ducs de Nivernais.

[2] Le comté d’Auxerre est un fief médiéval situé en Bourgogne. Sa principale ville est Auxerre. Le premier comte connu est un compagnon de Charlemagne, Hermenold, qui reçoit Auxerre en 771. Plusieurs comtes lui succèderont et en 859, Charles le Chauve donne le comté d’Auxerre à son cousin germain Conrad II. S’étant révolté, il est destitué et le comté est confié à Robert le Fort. À la mort de ce dernier, tous ses honneurs passent à Hugues l’Abbé, qui se trouve être aussi le frère de Conrad II. Il confie Auxerre à un comte délégué, Girbold, puis en fait la dot de sa nièce Adélaïde qui épouse Richard le Justicier. Celui-ci et ses successeurs nomment des vicomtes à Auxerre, dont le premier est un certain Rainard. Durant la seconde moitié du 10ème siècle, aucun comte n’est connu. Par contre, deux évêques d’Auxerre assument de facto la fonction. Le premier est Héribert, le demi-frère du duc des Francs Hugues Capet, et le second Hugues de Chalon. Ils font le jeu des Robertiens. Le second aurait laissé se développer des lignages de Grands (Donzy, Toucy) qui régenteront la majorité du comté. Le comté finit par revenir aux Capétiens et Robert II le Pieux en fait la dot de sa fille Adélaïde qui épouse Renaud 1er de Nevers. Ce dernier est désormais comte d’Auxerre et de Nevers et entre en conflit avec l’évêque d’Auxerre. Jusqu’au 13ème siècle, soit pendant 2 siècles et demi, les destinées des comtés d’Auxerre et de Nevers resteront liées, et auxquelles s’ajoutera celle du comté de Tonnerre, jusqu’à la mort de Mathilde II, en 1262. Ses trois filles se partageront les comtés et Alix, mariée à Jean 1er de Châlon aura Auxerre. En 1370, Jean IV de Châlon, vend Auxerre au roi de France, qui en fait un bailliage royal. En 1435, un traité de paix entre Charles VII, roi de France, et Philippe III le bon, duc de Bourgogne donne la ville au duché de Bourgogne, qui sera définitivement annexé à la France en 1477. Jean Rapine est le premier gouverneur nommé par le roi de France.

[3] Le comté de Tonnerre est un ancien fief situé dans le nord de la Bourgogne, autour de la ville de Tonnerre. Les comtes de Tonnerre frappèrent monnaie du 11ème siècle jusqu’en 1315. Le comté avait la particularité de dépendre de trois suzerains : de l’évêque de Langres, pour les châtellenies de Tonnerre, d’Argenteuil, de Ligny le Châtel et les fiefs qui en dépendaient ; du duc de Bourgogne pour celles de Cruzy-le-Châtel, Griselles et Pothières et leurs fiefs, et de l’évêque de Châlon pour celle de Channes. Il fut érigé en duché en 1572, en faveur d’Henri Antoine de Clermont, mais cette érection n’eut pas d’effet faute de l’enregistrement du brevet. Jusqu’en 1789, le comté de Tonnerre était le plus ancien de France. Il n’a jamais été réuni à la couronne, ni érigé en marquisat ou duché

[4] Le comté de Namur est un ancien comté qui relevait du Saint Empire romain germanique, qui se trouvait entre l’évêché de Liège, le duché de Brabant et le comté de Hainaut. Il comprenait les villes de Namur, Charleroi, Givet, Bouvignes, Mariembourg et Fleurus.

[5] L’Empire latin de Constantinople est un État éphémère fondé en avril 1204 sur le territoire de l’Empire byzantin à la suite de la quatrième croisade et la chute de Constantinople aux mains des Latins. Il dure jusqu’en 1261, année de la reconquête de la ville par Michel Paléologue, qui restaure l’Empire byzantin.

[6] Durrës est la deuxième plus grande ville d’Albanie après Tirana. Elle est le principal port du pays. Dans l’Antiquité, elle fut la capitale de la province d’Épire, sous les noms d’Épidamne ou Dyrrhachium

[7] Le despotat d’Épire est un des États successeurs de l’empire byzantin né après la quatrième croisade en Épire, une région qui s’étend sur la côte adriatique entre le sud de l’Albanie actuelle et le golfe de Corinthe. Le terme de despotat est formé sur celui de despote, qui désigne alors à la cour de Constantinople un membre de la famille impériale. Son équivalent le plus proche est prince ; un despotat serait donc une principauté.

[8] Constantinople est l’appellation ancienne et historique de l’actuelle ville d’Istanbul en Turquie (du 11 mai 330 au 28 mars 1930). Son nom originel, Byzance, n’était plus en usage à l’époque de l’Empire, mais a été repris depuis le 16ème siècle par les historiens modernes.

[9] Ancienne église chrétienne de Constantinople du vie siècle, devenue une mosquée au 15ème siècle sous l’impulsion du sultan Mehmet II. Elle est édifiée sur la péninsule historique d’Istanbul. Depuis 1934, elle n’eétait plus un lieu de culte mais un musée. Le 10 juillet 2020, un décret du Conseil d’État turc décide de sa réouverture au culte musulman comme mosquée.

[10] Vestige de l’Empire byzantin ayant résisté à la prise de Constantinople par les croisés en 1204, l’Empire de Nicée était le plus étendu des États impériaux successeurs : l’Empire de Nicée, le despotat d’Épire et l’Empire de Trébizonde. Il occupait, en Asie Mineure occidentale, une large bande de terre s’étendant de la mer Égée à la mer Noire. Si Nicée demeura sa capitale et le siège du patriarcat pendant toute sa brève histoire (1204-1261), les empereurs établirent leur résidence et le siège du gouvernement à Nymphaion (aujourd’hui Kemalpaşa), ville de Lydie, moins exposée aux armées ennemies. Se défendant à la fois contre les États successeurs et le sultanat seldjoukide, Théodore 1er Laskaris réussit à édifier un État politiquement stable et économiquement viable en Asie Mineure. Ses successeurs, Jean III Doukas Vatatzès et Théodore II Laskaris, étendirent le territoire de l’empire en Europe, encerclant progressivement Constantinople. Après avoir écarté Jean IV Lascaris, le successeur légitime de Théodore II, Michel VIII Paléologue n’eut plus qu’à reprendre la ville en 1261 grâce à un concours de circonstances. L’Empire de Nicée redevint ainsi une partie constituante de l’Empire byzantin rénové.

[11] L’Empire byzantin ou Empire romain d’Orient désigne l’État apparu vers le 4ème siècle dans la partie orientale de l’Empire romain, au moment où celui-ci se divise progressivement en deux. L’Empire byzantin se caractérise par sa longévité. Il puise ses origines dans la fondation même de Rome, et la datation de ses débuts change selon les critères choisis par chaque historien. La fondation de Constantinople, sa capitale, par Constantin 1er en 330, autant que la division d’un Empire romain de plus en plus difficile à gouverner et qui devient définitive en 395, sont parfois citées. Quoi qu’il en soit, plus dynamique qu’un monde romain occidental brisé par les invasions barbares, l’Empire d’Orient s’affirme progressivement comme une construction politique originale. Indubitablement romain, cet Empire est aussi chrétien et de langue principalement grecque. À la frontière entre l’Orient et l’Occident, mêlant des éléments provenant directement de l’Antiquité avec des aspects innovants dans un Moyen Âge parfois décrit comme grec, il devient le siège d’une culture originale qui déborde bien au-delà de ses frontières, lesquelles sont constamment assaillies par des peuples nouveaux. Tenant d’un universalisme romain, il parvient à s’étendre sous Justinien (empereur de 527 à 565), retrouvant une partie des antiques frontières impériales, avant de connaître une profonde rétractation. C’est à partir du 7ème siècle que de profonds bouleversements frappent l’Empire byzantin. Contraint de s’adapter à un monde nouveau dans lequel son autorité universelle est contestée, il rénove ses structures et parvient, au terme d’une crise iconoclaste, à connaître une nouvelle vague d’expansion qui atteint son apogée sous Basile II (qui règne de 976 à 1025). Les guerres civiles autant que l’apparition de nouvelles menaces forcent l’Empire à se transformer à nouveau sous l’impulsion des Comnènes avant d’être disloqué par la quatrième croisade lorsque les croisés s’emparent de Constantinople en 1204. S’il renaît en 1261, c’est sous une forme affaiblie qui ne peut résister aux envahisseurs ottomans et à la concurrence économique des républiques italiennes (Gênes et Venise). La chute de Constantinople en 1453 marque sa fin.

[12] La Thessalie est une région historique et une périphérie du nord-est de la Grèce, au sud de la Macédoine. Durant l’antiquité cette région a, pour beaucoup de peuples, une importance stratégique, car elle est située sur la route de la Macédoine et de l’Hellespont. Elle possédait un important port à Pagases. Le blé et le bétail sont les principales richesses de la région et une ressource commerciale vitale. La Thessalie est aussi l’une des rares régions de Grèce où l’on peut pratiquer l’élevage des chevaux, d’où l’importante cavalerie dont disposaient les Thessaliens.

[13] Le royaume de Thessalonique est l’un des États latins qui apparurent après la conquête de Constantinople par les Croisés en 1204. Érigé autour de Thessalonique, qui avait été la deuxième ville en importance de l’empire byzantin, vassal de l’empire latin de Constantinople, son existence fut éphémère, se terminant vingt ans après sa création par la prise de la ville par le despote d’Épire, Théodore 1er l’Ange, et la création d’un « empire de Thessalonique » encore plus éphémère.

[14] Serrès, est une ville grecque de Macédoine Centrale dans la région antique de l’Odomantice, qui a la rare particularité en Macédoine d’avoir eu une existence continue en conservant son nom d’origine. C’est aujourd’hui un chef-lieu du district régional homonyme.

[15] La Thrace désigne une région de la péninsule balkanique partagée entre la Grèce, la Bulgarie et la Turquie ; elle doit son nom aux Thraces, la peuplade qui occupait la région dans l’Antiquité. Au 21ème siècle, la Thrace fait partie, à l’ouest, de la Grèce, Thrace occidentale, au nord, de la Bulgarie et, à l’est, de la Turquie, Thrace orientale.

[16] La Bithynie est un ancien royaume au nord-ouest de l’Asie Mineure, actuellement situé en Turquie. Située au bord du Pont-Euxin, elle était limitée par la Paphlagonie à l’est, la Galatie et la Phrygie au sud, la Propontide et la Mysie à l’ouest. Les Bithyniens sont, selon Hérodote et Xénophon, d’origine thrace. Ils forment d’abord un État indépendant avant d’être annexés par Crésus, qui ajoute leur territoire à la Lydie. Ils passent ensuite sous domination perse, où la Bithynie est incluse dans la satrapie de Phrygie. Mais dès avant Alexandre le Grand, la Bithynie retrouve son indépendance. Nicomède 1er est le premier à se proclamer roi. Durant son long règne de 278 à 243av jc, le royaume connaît la prospérité et jouit d’une position respectée parmi les petits royaumes d’Asie Mineure. Cependant, le dernier roi, Nicomède IV, échoue à contenir le roi Mithridate VI du Pont. Restauré sur le trône par l’Empire romain, il lègue par testament son royaume à Rome en 74 av jc. La Bithynie devient alors province romaine. Sous Auguste elle devient province sénatoriale en 27av jc puis province impériale en 135.

[17] Edirne (autrefois Andrinople ou Adrianople) est la préfecture de la province turque du même nom, limitrophe de la Bulgarie et de la Grèce. Elle est traversée par la Maritsa (Meriç en turc).

[18] Basileus signifie « roi » en grec ancien. L’étymologie du mot reste peu claire. Si le mot est originellement grec mais la plupart des linguistes supposent que c’est un mot adopté par les Grecs à l’âge du bronze à partir d’un autre substrat linguistique de Méditerranée orientale, peut-être thrace ou anatolien.

[19] La croisade des albigeois (1209-1229) (ou croisade contre les albigeois) est une croisade proclamée par l’Église catholique contre l’hérésie, principalement le catharisme et dans une faible mesure le valdéisme. Dès le 12ème siècle et le Concile de Lombers, les textes de l’époque parlent d’« hérésie albigeoise » sans que cette région soit plus cathare que ses voisines.

[20] Le Montferrat est une région historique du Piémont, dans le nord-ouest de l’Italie. Il s’étend essentiellement sur les actuelles provinces d’Asti et d’Alexandrie. Comté à l’origine, puis marquisat en 967 et enfin duché en 1574, le Montferrat a connu, au cours des siècles plusieurs phases : le règne des Alérame, descendants d’Alérame, le premier marquis ; le règne des Paléologue à partir de 1305 par carence de descendant mâle de la famille précédente ; l’occupation impériale de 1533 à 1536 en raison de la même carence ; le règne des Gonzague, déjà ducs de Mantoue, à compter de 1536 ; la guerre de Succession de Montferrat de 1613 à 1617 en raison d’un problème de descendance

[21] La principauté d’Achaïe également écrit Achaye ou de Morée est une seigneurie fondée par Guillaume de Champlitte pendant la quatrième croisade (1202/1204). La principauté, s’étendant au départ sur tout le Péloponnèse, est vassale du royaume de Thessalonique jusqu’à la disparition de celui-ci, date à laquelle elle devient la principale puissance franque de la région. La bataille des îles Échinades en 1427 ouvre la voie à sa reconquête par les troupes byzantines. La Chronique de Morée relate la conquête franque et une partie de l’histoire de la principauté.

[22] La Picardie fut entre 1477 et 1790, une province du royaume de France, en même temps qu’un territoire géographique et culturel, situé au nord-ouest de la France et bordé par la Manche. La province de Picardie n’émergea réellement qu’à la fin du Moyen Âge (fin du 15ème iècle), lorsqu’elle devint la marche frontière entre les Pays-Bas bourguignons et le royaume de France. Un gouvernement de Picardie fut alors créé, qui disparut à la Révolution française.