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Dynamius ou Dinamius

jeudi 14 juin 2018, par ljallamion (Date de rédaction antérieure : 4 septembre 2011).

Dynamius ou Dinamius (545-595)

Recteur de Provence

Le "couloir austrasien" en Provence, instauré au plus tard en 567 (en bas, à droite, en bleu, de Carpentras à Nice).Il appartenait à une famille de lettrés de l’aristocratie provençale, probablement arlésienne. Il épousa Eucheria, elle aussi de très haute origine.

Lorsqu’en 575, il est nommé recteur de Provence [1] comme représentant du pouvoir austrasien [2], il mène un jeu personnel le faisant pencher vers le parti du roi de Bourgogne [3]. Il s’allie avec Gontran afin de limiter les prérogatives de Childebert II et de ses alliés Austrasiens soutenus par l’évêque de Marseille Théodore.

Il intervient en 581 dans l’élection épiscopale d’Uzès [4] en faisant élire initialement Albinus, contre l’ancien recteur de Provence Jovinus le candidat de Childebert qui lui est finalement préféré.

Il suscite alors un 3ème homme, le diacre Marcellus, fils de l’un de ses amis marseillais, le sénateur Félix, qui obtient finalement le siège.

En 582, à sa majorité, Childebert réclame la totalité de la ville de Marseille.

Il s’ensuit un conflit qui va durer jusqu’en 587. Dans la cité phocéenne, il s’opposa alors violemment à l’évêque Théodore, fidèle au parti austrasien de Childebert. Ces désordres donnent l’occasion au roi de Bourgogne Gontran de faire pression sur Childebert en fermant le corridor austrasien pour interrompre l’accès à la ville. Dynamius doit faire face de son côté à Gondulfus, personnage de famille sénatoriale, envoyé par Childebert pour rouvrir la route vers Marseille, avec le titre de duc correspondant à son commandement militaire. Il doit s’incliner en 585 lorsque Gontran, s’engage dans une expédition en Septimanie [5] contre les Wisigoths [6]. Nicet lui succède en 587. Le 28 novembre 587 il se réconcilie avec Childebert

Il vit une retraite pieuse et studieuse. C’est ainsi qu’il reçoit en 591 de Grégoire le Grand à l’occasion de sa conversion et de celle de sa femme, des reliques de Saint Pierre et de Saint Laurent. Il continua à s’occuper du patrimoine de saint Pierre en Provence jusqu’en 595, date à laquelle il fut remplacé par le prêtre Candidus envoyé par le pape. Il effectua également des donations au monastère de Saint-Cassien [7]. Comme poète et auteur, il s’illustra dans le genre caractéristique de l’époque, la littérature hagiographique [8] régionale avec la rédaction de la Vie de Maxime de Riez.

P.-S.

Source : wikipedia.org Portail du Haut Moyen Âge

Notes

[1] c’est-à-dire gouverneur

[2] L’Austrasie désignait durant la période mérovingienne un royaume franc couvrant le nord-est de la France actuelle, les bassins de la Meuse et de la Moselle, jusqu’aux bassins moyen et inférieur du Rhin. La capitale en fut d’abord Reims, puis Metz. Les habitants de l’Austrasie étaient les Austrasiens. Ce royaume est apparu à la mort de Clovis en 511, lorsque le territoire de celui-ci est partagé entre ses fils. Berceau de la dynastie carolingienne, l’Austrasie disparaît en 751 avec le dernier roi mérovingien pour être intégrée dans le grand royaume franc que réunirent Pépin le Bref et Charlemagne.

[3] Royaume qui, à son apogée, touche au nord la ligne des Vosges et la Durance au midi. D’orient en occident, le royaume burgonde s’étend de l’Aar à la Saône et de la Vallée d’Aoste à la Haute-Loire. Sur le territoire des futurs duché et comté de Bourgogne, les cités d’Auxerre, Langres, Besançon, Chalon-sur-Saône et Autun figurent dans ses possessions. Les souverains burgondes se succèdent, élargissant à chaque règne les limites du royaume. Après Gondicaire, Gondioc et Chilpéric 1er, les deux frères Godégisile et Gondebaud règnent d’abord ensemble, de 476 à 500. Langres, Besançon, Chalon-sur-Saône et Autun échoient à Godégisile avec le Valais et Genève, où il installe sa capitale, avant de s’allier aux Francs de Clovis 1er pour s’approprier la totalité du royaume. Gondebaud, surmontant une première défaite subie non loin du castrum de Dijon, contre-attaque, assiège Vienne où s’est retranché Godégisile et le tue. Après avoir cédé au roi franc, par un accord signé en 502 sur la Cure, la Champagne ainsi que l’Auxerrois amputé de la ville nouvelle de Nevers, il reste seul maître de l’ensemble du royaume burgonde. Gondebaud se fait même l’allié de Clovis, auquel il a donné en mariage sa nièce Clotilde, et c’est avec l’aide franque qu’il tente, mais en vain, d’annexer la Provence wisigothique lors du siège d’Arles, en 507 et 508. C’est à lui qu’on doit la promulgation de la législation qui porte son nom, la loi gombette, qui organise la coexistence des éléments burgondes et gallo-romains au sein de son royaume. Après la mort de Gondebaud en 516, ses successeurs se heurtent aux visées des rois francs. Son fils Sigismond, qui lui succède, est tué en 523 par le roi d’Orléans, Clodomir. Le royaume échoit alors à son frère Godomar. Malgré une victoire sur les Francs de Clodomir à Vézeronce en 524, Godomar est vaincu en 534 par la coalition de Childebert 1er, Clotaire 1er et Thibert 1er (ou Théodebert), qui se partagent son royaume. C’est Thibert qui reçoit les cités comprises dans la Bourgogne et la Franche-Comté d’aujourd’hui : Nevers, Autun, Chalon-sur-Saône, Dijon et Besançon.Malgré moins d’un siècle d’existence, le royaume burgonde a laissé à la postérité le nom de Burgundia, « Bourgogne ».

[4] Le diocèse d’Uzès est un ancien diocèse de l’Église catholique en France. Il est un des diocèses historiques de l’ancienne province du Languedoc. Le diocèse d’Uzès est érigé au 5ème siècle sur une partie du territoire de celui de Nîmes. Il est suffragant de l’archidiocèse métropolitain de Narbonne et relève de la province ecclésiastique de Narbonne. L’évêque Jean II de Saint-Gelais se convertit au protestantisme en 1566 et Uzès n’est reprise par les catholiques qu’en 1629. La cathédrale Saint-Théodorit est détruite de 1560 à 1645. Le diocèse d’Uzès est supprimé par la Constitution civile du clergé, adoptée par l’Assemblée nationale constituante le 12 juillet 1790 et sanctionnée par Louis XVI le 24 août suivant. Sa suppression n’est pas reconnue par le pape Pie VI. Mais, à la suite du Concordat de 1801, il n’est pas rétabli.

[5] Le mot Septimanie apparaît au 5ème siècle dans une lettre de Sidoine Apollinaire pour désigner une partie du sud de la Gaule, correspondant peut-être plus ou moins aux sept provinces du diocèse de Vienne : Aquitaine première, Aquitaine seconde, Novempopulanie, Narbonnaise, Viennoise, Alpes-Maritimes, par opposition aux dix provinces (Décémanie) constituant le diocèse des Gaules. Par la suite, après la conquête de l’Aquitaine par Clovis, le mot est utilisé, en particulier à l’époque carolingienne, pour désigner la partie de la Gaule restée jusqu’au début du 8ème siècle aux mains des Wisigoths, occupée par les Musulmans Omeyyades d’Al-Andalus avant d’être reconquise par les Francs en 759. Elle correspond approximativement à la partie occidentale de l’ancienne province romaine de Gaule narbonnaise. Elle est alors aussi appelée "Gothie".

[6] Les Wisigoths entrent en Gaule, ruinée par les invasions des années 407/409. En 416 les Wisigoths et leur roi Wallia continuent leur invasion en Espagne, où ils sont envoyés à la solde de Rome pour combattre d’autres Barbares. Lorsque la paix avec les Romains fut conclue par le fœdus de 418, Honorius accorda aux Wisigoths des terres dans la province Aquitaine seconde. La sédentarisation en Aquitaine a lieu après la mort de Wallia. Les Wisigoths pénétrèrent en Espagne dès 414, comme fédérés de l’Empire romain. Le royaume des Wisigoths eut d’abord Toulouse comme capitale. Lorsque Clovis battit les Wisigoths à la bataille de Vouillé en 507, ces derniers ne conservent que la Septimanie, correspondant au Languedoc et une partie de la Provence avec l’aide des Ostrogoths. Les Wisigoths installèrent alors leur capitale à Tolède pour toute la suite. En 575 ils conquièrent le royaume des Suèves situé dans le nord du Portugal et la Galice. En 711 le royaume est conquis par les musulmans.

[7] L’abbaye Saint-Victor de Marseille a été fondée au ve siècle par Jean Cassien, à proximité des tombes de martyrs de Marseille, parmi lesquels saint Victor de Marseille, qui lui donna son nom. L’abbaye prit une importance considérable au tournant du premier millénaire par son rayonnement dans toute la Provence. L’un de ses abbés, Guillaume de Grimoard, fut élu pape en 1362 sous le nom d’Urbain V. À partir du 15èmesiècle, l’abbaye entama un déclin irrémédiable.

[8] L’hagiographie est l’écriture de la vie et/ou de l’œuvre des saints. Pour un texte particulier, on ne parle que rarement d’« une hagiographie », mais plutôt d’un texte hagiographique ou tout simplement d’une vie de saint. Le texte hagiographique étant destiné à être lu, soit lors de l’office des moines soit en public dans le cadre de la prédication. Un texte hagiographique recouvre plusieurs genres littéraires ou artistiques parmi lesquels on compte en premier lieu la vita, c’est-à-dire le récit biographique de la vie du saint. Une fresque à épisode est également une hagiographie, de même qu’une simple notice résumant la vie du bienheureux. Par rapport à une biographie, l’hagiographie est un genre littéraire qui veut mettre en avant le caractère de sainteté du personnage dont on raconte la vie. L’écrivain, l’hagiographe n’a pas d’abord une démarche d’historien, surtout lorsque le genre hagiographique s’est déployé. Aussi les hagiographies anciennes sont parsemées de passages merveilleux à l’historicité douteuse. De plus, des typologies de saints existaient au Moyen Âge, ce qui a conduit les hagiographes à se conformer à ces modèles et à faire de nombreux emprunts à des récits antérieurs.