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Saint Grégoire le Grand ou Grégoire 1er

samedi 29 novembre 2025, par lucien jallamion (Date de rédaction antérieure : 4 septembre 2011).

Saint Grégoire le Grand ou Grégoire 1er (540-604)

64ème Pape de l’Église catholique de 590 à 604

Grégoire 1er 64ème Pape de l'Église catholique

Né à Rome vers 540, dans une riche famille, il fait de sérieuses études qui le conduisent à la magistrature. Il accéda très tôt à de hautes charges administratives comme préfet de Rome. A l’âge de 30 ans, il entra dans les ordres. Pendant 7 ans légat du pape [1] à Byzance [2], il étudia l’organisation de la liturgie orientale. Il rentra à Rome puis fut élu pape en 590 alors que la peste ravageait Rome.

Évêque de Rome, il prit de nombreuses fonctions civiles et lutta activement contre la famine et la peste. Il fait de l’évêque de Rome celui de toute la chrétienté. Obligé de faire face à l’expansion lombarde, il obtient en 594 une trêve contre la volonté de l’exarque de Ravenne [3]. La papauté secoua ainsi la tutelle de l’Empire. Il affirma fortement la primauté spirituelle et disciplinaire de Rome contre Constantinople [4].

Face à un monde nouveau, il entra en contact avec les Barbares, Francs et Lombards qu´il prépara patiemment à la conversion. Ses réformes religieuses pénétrèrent chez les Francs, favorisées par Brunehaut. Il envoya des moines romains menés par Augustin en Angleterre.

A partir de ce moment et jusqu’à sa mort en 604, il entreprend de diffuser les réformes qu’il médite depuis longtemps. Il fixe définitivement les textes de la Messe. Il propose une série de chants associés à chacune des fêtes de l’année ecclésiastique. Il accomplit une œuvre liturgique importante et favorisera le chant appelé depuis "grégorien".

Grégoire le Grand fonda aussi une école de musique, la Schola Cantorum où on formera des clercs qui propageront cette nouvelle liturgie à travers le monde chrétien.

Théologien, moraliste brillant, il a écrit des commentaires fameux sur le livre de Job [5], des Homélies et des Dialogues sur la vie des Pères d’Italie. Il s’est fait l’hagiographe [6] de Saint Benoît et a composé une “Regula pastoris” fixant aux clercs leurs devoirs. Il est l’un des écrivains les plus admirés de son temps.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Nominis/histoire des saints/ Saint Grégoire le Grand/ Le petit mourre dictionnaire d’histoire universelle édition Bordas 2004 p 585

Notes

[1] Le légat apostolique, ou plus communément légat du pape, ou légat pontifical, est un représentant extraordinaire du pape chargé d’une mission spécifique, généralement diplomatique. Il se distingue en cela du nonce apostolique qui est un ambassadeur permanent du Saint Siège auprès des gouvernements étrangers.

[2] Byzance est une ancienne cité grecque, capitale de la Thrace, située à l’entrée du Bosphore sous une partie de l’actuelle Istanbul. La cité a été reconstruite par Constantin 1er et, renommée Constantinople en 330, elle est devenue la capitale de l’Empire romain, puis de l’Empire romain d’Orient et enfin de l’Empire ottoman à partir de 1453 date de la prise de la ville par les Turcs. Elle fut rebaptisée Istanbul en 1930.

[3] L’exarchat peut prendre deux sens, le premier est politique et administratif qui est propre à l’empire romain d’Orient et l’autre est ecclésiastique propre à l’Église orthodoxe. L’exarchat est une organisation de certains territoires périphériques de l’empire byzantin, mise en place au 6ème siècle pour faire face à la menace d’envahisseurs. L’exarchat est dirigé par un exarque qui concentre les pouvoirs civils et militaires. Cette organisation visait à réagir de façon optimale aux dangers menaçant l’empire dans ses régions périphériques, sans avoir à attendre les ordres venus de Constantinople. Ils bénéficiaient d’un plus grand degré d’indépendance que les autres gouverneurs provinciaux. Seuls deux exarchats furent constitués, à Ravenne contre l’invasion des Lombards, et à Carthage. Les autres provinces de l’empire byzantin reçurent progressivement une organisation semblable, mais sous le nom de « thèmes ». Les exarques civils étaient de véritables vice-rois, à qui l’on confiait le gouvernement de plusieurs provinces tandis que les exarques ecclésiastiques étaient des délégués du patriarche de Constantinople ou du Saint-Synode, chargés de visiter les diocèses, et de surveiller la discipline et les mœurs du clergé. Dans les Églises d’Orient, un exarque est un évêque qui a reçu mission de représenter un patriarche auprès d’un autre patriarche ou dans un lieu qui n’est le territoire d’aucune Église orthodoxe autocéphale. L’exarchat est à la fois la dignité de l’exarque, l’ensemble des paroisses et des fidèles placés sous sa responsabilité ainsi que l’église et les bâtiments qui en constituent le siège. C’est en quelque sorte un évêché sans diocèse et sans structure prévue pour durer. C’est une façon de s’adapter à des circonstances particulières, absence d’une église locale organisée, nécessité d’assurer une vie liturgique à un personnel diplomatique. Un exarchat possède un statut dérogatoire par rapport au principe de la territorialité de l’organisation ecclésiastique. L’évêque mentionné dans les diptyques n’est pas l’évêque du lieu mais le primat représenté par l’exarque. On peut comparer l’exarchat ecclésiastique à extra-territorialité de bâtiments diplomatiques. Les métropolites des "Nouvelles Terres" du Nord et de l’Est de la Grèce ont reçu du patriarche œcuménique de Constantinople des titres d’exarque qui rappellent leur appartenance au Patriarcat œcuménique de Constantinople.

[4] Constantinople est l’appellation ancienne et historique de l’actuelle ville d’Istanbul en Turquie (du 11 mai 330 au 28 mars 1930). Son nom originel, Byzance, n’était plus en usage à l’époque de l’Empire, mais a été repris depuis le 16ème siècle par les historiens modernes.

[5] Le livre de Job est l’un des Livres du Tanakh et de l’Ancien Testament. Poème didactique écrit en prose, on considère généralement qu’il porte sur le problème du Mal.

[6] L’hagiographie est l’écriture de la vie et/ou de l’œuvre des saints. Pour un texte particulier, on ne parle que rarement d’« une hagiographie », mais plutôt d’un texte hagiographique ou tout simplement d’une vie de saint. Le texte hagiographique étant destiné à être lu, soit lors de l’office des moines soit en public dans le cadre de la prédication. Un texte hagiographique recouvre plusieurs genres littéraires ou artistiques parmi lesquels on compte en premier lieu la vita, c’est-à-dire le récit biographique de la vie du saint. Une fresque à épisode est également une hagiographie, de même qu’une simple notice résumant la vie du bienheureux. Par rapport à une biographie, l’hagiographie est un genre littéraire qui veut mettre en avant le caractère de sainteté du personnage dont on raconte la vie. L’écrivain, l’hagiographe n’a pas d’abord une démarche d’historien, surtout lorsque le genre hagiographique s’est déployé. Aussi les hagiographies anciennes sont parsemées de passages merveilleux à l’historicité douteuse. De plus, des typologies de saints existaient au Moyen Âge, ce qui a conduit les hagiographes à se conformer à ces modèles et à faire de nombreux emprunts à des récits antérieurs.