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Flavius Theodosius dit Théodose 1er

jeudi 9 juillet 2015, par ljallamion (Date de rédaction antérieure : 16 août 2011).

Flavius Theodosius dit Théodose 1er (346-395)

Empereur romain de 379 à 395

Théodose 1er Empereur romain de 379 à 395

Fils de Théodose l’Ancien, né à Cauca, aujourd’hui Coca [1], une petite ville dans le nord-ouest de la province espagnole de Gallaecia [2]. Son père, qui s’appelait aussi Flavius Theodose et qui était un militaire victorieux de Valentinien 1er, avait de grandes propriétés.

Il passa son enfance dans son Espagne natale. En raison de sa haute naissance, il reçoit probablement une bonne éducation. À partir de 368, il fait partie de l’escorte de son père. Il entame une carrière militaire et il prend part avec lui aux campagnes en Bretagne en 368/369, à la campagne contre les Alamans [3] en 370 au niveau du Rhin. Il se distingua en grande Bretagne et en défendant la Mésie [4] contre les Sarmates [5] en 379.

La mort de l’empereur Valens à la bataille d’Andrinople [6], obligea Gratien à proclamer le 19 janvier 379 Théodose empereur.

Gratien lui confia l’empire d’Orient. Il réussit à soumettre de nombreuses bandes de Wisigoths [7] et convainquit leur roi Athanaric d’entrer à son service.

Entre 383 et 388, il dut faire face à l’usurpation de Magnus Clemens Maximus dit Maxime, qui après avoir défait Gratien s’était emparé de toute la préfecture des Gaules et occupait Rome toute l’Italie au détriment de Valentinien II. Le 28 juillet 388, il le battit près d’Aquilée [8] et le fit mettre à mort.

Il fut excommunié par Saint Ambroise évêque de Milan à la suite du massacre qu’il avait ordonné à Thessalonique [9] contre les habitants révoltés en 390, et finit par s’incliner devant l’autorité morale de l’Eglise. A la veille de disparaître, l’Etat romain reconnaissait ainsi, pour la 1ère fois, une autorité supérieure à la sienne.

A la mort de l’empereur Valentinien en 392 et après sa victoire sur l’usurpateur Eugène en septembre 394, Théodose se trouva le seul maître d’un Empire romain alors reconstitué. Mais, il mourut le 17 janvier 395, et l’Empire fut partagé entre ses 2 fils, Honorius reçut l’occident et Arcadius l’Orient et il chargea le Vandale [10] Stilicon de veiller sur eux deux.

Son règne fut marqué par l’avènement du christianisme comme religion d’Etat par l’Édit du 28 février 380, dit l’Édit de Thessalonique et par l’interdiction définitive du paganisme. Il fut l’auteur du décret interdisant les jeux Olympiques accusés de diffuser le paganisme. Les temples de l’empire de Théodose sont alors fermés et la statue de la déesse Victoire est retirée du Sénat romain, ce qui provoqua l’indignation chez les Romains fidèles à la tradition. Le patriarche d’Alexandrie Théophile fut chargé d’appliquer l’édit, qui interdisait aux païens l’accès à leurs temples et toutes les cérémonies du culte païen, dans le diocèse d’Orient. Les temples furent détruits ou transformés en églises. Les statues furent brisées ou transportées à Constantinople.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de histoire de Théodose 1er le Grand/ Encyclopædia Universalis / Le petit mourre dictionnaire d’histoire universelle édition Bordas 2004 p 1309

Notes

[1] Coca est, en Espagne, une localité de la province de Ségovie, elle-même part de la communauté autonome de Castille et León. Elle abrite en son sein un imposant château mudejar datant de la fin du 15ème siècle. Elle est le lieu probable de naissance de l’empereur romain Théodose.

[2] La Gallaecia ou Gallécie, était une province romaine du nord-ouest de la péninsule Ibérique qui comprenait le nord du Portugal et les actuelles communautés autonomes de Galice et des Asturies ainsi que les actuelles provinces de Leon et de Zamora en Espagne. Sa capitale était Bracara Augusta (Braga). Toutefois, on utilise le terme de Gallaecia pour désigner le nord ouest de la péninsule ibérique jusqu’à l’installation du royaume suève dans la région en 410 et même au de-là.

[3] Les Alamans ou Alémans étaient un ensemble de tribus germaniques établies d’abord sur le cours moyen et inférieur de l’Elbe puis le long du Main, où ils furent mentionnés pour la première fois par Dion Cassius en 213. Ces peuples avaient pour point commun de rivaliser avec les Francs, sans doute à l’origine un autre regroupement d’ethnies établies plus au nord sur la rive droite du Rhin. Le royaume alaman désigne le territoire des Alamans décrit à partir de 269.

[4] La Mésie est une contrée balkanique de l’Europe ancienne, entre le Danube et la Macédoine. Elle recouvre un territoire inclus dans le nord de l’actuelle Bulgarie, l’actuelle Serbie et une petite partie de la Roumanie. Initialement peuplée par les Thraces, la région accueille à partir du 8ème siècle av. jc des colons grecs qui s’installent sur le littoral. Au 1er siècle av. jc, les Romains, maîtres de la zone, y fondent la province de Mésie, qui fera partiellement partie de l’empire d’Orient par la suite.

[5] Les Sarmates sont un ancien peuple scythique de nomades des steppes, appartenant sur le plan ethno-linguistique au rameau iranien septentrional du grand ensemble indo-européen. Ils étaient établis à l’origine entre le Don et l’Oural. C’est aux 3ème et 2ème siècles av. jc que les Sarmates supplantent ces derniers en Ukraine. Leur poussée vers l’ouest se poursuit jusqu’au 1er siècle. À partir du 1er siècle av. jc, alors qu’ils dominent la steppe européenne, les Iazyges, les Urges, les Roxolans et les Scythes royaux, qui reconnaissaient l’autorité d’un roi, vont former une coalition. Des lanciers sarmates sont recrutés par Rome au cours du 2èmesiècle. L’intégration de ces unités auxiliaires se traduit par l’adoption de l’armement et des techniques militaires steppiques ainsi que par la création d’unités spécialisés. À partir du 3ème siècle une partie des Sarmates fut soumise aux Goths. Dès lors, ils font partie d’une coalition de peuples germaniques et non-germaniques, connue sous le nom de culture de Tcherniakov. À la fin du 4ème siècle, sous la pression des Huns certains groupes de Sarmates prirent part aux migrations et s’installèrent sur le territoire romain.

[6] La bataille d’Andrinople ou d’Adrianople (aujourd’hui Edirne en Turquie européenne) a eu lieu le 9 août 378. Elle désigne l’affrontement entre l’armée romaine, commandée par l’empereur romain Valens et certaines tribus germaniques, principalement des Wisigoths (Goths Thervingues), et des Ostrogoths (Goths Greuthungues), commandées par Fritigern. Il s’agit d’un des plus grands désastres militaires romains du 4ème siècle, comparable à la défaite de Cannes. Cette bataille ne résulte pas d’une invasion, mais d’une mutinerie des fédérés Goths établis dans l’Empire romain.

[7] Les Wisigoths entrent en Gaule, ruinée par les invasions des années 407/409. En 416 les Wisigoths et leur roi Wallia continuent leur invasion en Espagne, où ils sont envoyés à la solde de Rome pour combattre d’autres Barbares. Lorsque la paix avec les Romains fut conclue par le fœdus de 418, Honorius accorda aux Wisigoths des terres dans la province Aquitaine seconde. La sédentarisation en Aquitaine a lieu après la mort de Wallia. Les Wisigoths pénétrèrent en Espagne dès 414, comme fédérés de l’Empire romain. Le royaume des Wisigoths eut d’abord Toulouse comme capitale. Lorsque Clovis battit les Wisigoths à la bataille de Vouillé en 507, ces derniers ne conservent que la Septimanie, correspondant au Languedoc et une partie de la Provence avec l’aide des Ostrogoths. Les Wisigoths installèrent alors leur capitale à Tolède pour toute la suite. En 575 ils conquièrent le royaume des Suèves situé dans le nord du Portugal et la Galice. En 711 le royaume est conquis par les musulmans.

[8] Aquilée est une commune de la province d’Udine dans la région du Frioul-Vénétie julienne en Italie. Historiquement, la ville, fondée en 181 av.jc fut, à son apogée, une des villes les plus importantes de l’Empire romain. Aquilée a également été un centre religieux chrétien de premier plan, entre le 4ème siècle et le 15ème siècle, siège du patriarcat d’Aquilée.

[9] Thessalonique ou Salonique est une ville de Grèce, chef-lieu du district régional du même nom, située au fond du golfe Thermaïque. Aujourd’hui, elle est la capitale de la périphérie (région) de Macédoine centrale en Macédoine grecque mais aussi celle du diocèse décentralisé de Macédoine-Thrace.

[10] Les Vandales sont un peuple germanique oriental. Lors des Grandes invasions du 5ème siècle, leur migration les conduisit successivement en Gaule, Galice et Bétique en Espagne, Afrique du Nord puis dans les îles de Méditerranée occidentale Ils fondèrent également le « royaume vandale d’Afrique », ou « royaume de Carthage ». L’origine des Vandales est scandinave. Les Sillings seraient originaires du Nord du Jutland, les Hasdings du golfe d’Oslo qu’ils quittent pour le Jutland également : ils sont mentionnés pour la première fois par Tacite. Entre le 1er et le 3ème siècle, ils sont établis en Germanie orientale, dans une région située entre la Vistule et l’Oder, au bord de la mer Baltique.