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Silvère

mardi 30 septembre 2014

Silvère (mort en 537)

58ème Pape de l’Église catholique de 536 à 537

Silvère 58ème Pape de l'Église catholiqueFils légitime du pape Hormisdas, né avant que son père ne fût entré dans les ordres. Il fut probablement ordonné le 1er ou le 8 juin 536.

Il s’opposa à la réhabilitation d’ Anthime , patriarche de Constantinople, convaincu d’hérésie monophysite [1] et qui fut déposé par Agapet, et s’attira ainsi la haine de l’impératrice Théodora. Théodora fit alors tout pour faire nommer Vigile pape. Pendant le règne de Silvère, il fut allégué qu’il devait son accession au trône de Saint Pierre à Théodat, roi des Ostrogoths [2].

Le 9 décembre 536, le général byzantin Bélisaire entra dans Rome avec l’approbation du pape Silvère. Le successeur de Théodat, Vitigès rassembla une armée et assiégea Rome pendant plusieurs mois, soumettant la ville aux privations et à la famine. On accusa le pape Silvère d’avoir écrit à Vitigès, offrant de trahir la ville.

Il fut déposé probablement par Bélisaire en mars 537, sur accusation de correspondance félonne avec les Goths [3], et fut dégradé au rang de simple moine. Il fut ainsi le premier pape contraint d’abdiquer. Il se rendit à Constantinople, et Justinien 1er, lui rendant raison, le renvoya à Rome, mais Vigile, apocrisiaire [4] à Constantinople, fut apparemment capable de bannir son rival dans l’île prison de Pandataria [5], où l’on n’entendit plus parler de lui. La date de sa mort est incertaine.

Cependant, d’après le “Liber Pontificalis”, le pape Silvère n’aurait pas été exilé à Ventotene, mais plutôt à Ponza, où il serait mort quelques mois plus tard, le 20 juin 537.

Le pape Silvère fut béatifié plus tard et ensuite canonisé. Il est à présent le saint patron de l’île de Ponza, en Italie.

La première mention de son nom dans la liste des saints remonte au 11ème siècle.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Silvère/ Portail du catholicisme/ Papes de l’Église catholique

Notes

[1] Le monophysisme est une doctrine christologique apparue au 5ème siècle dans les écoles théologiques de l’empire byzantin. Cette doctrine tente de résoudre les contradictions de la foi nicéenne concernant la nature du Christ. La doctrine chrétienne s’est construite à l’origine autour du symbole de Nicée, c’est-à-dire la reconnaissance de la consubstantialité du Père et du Fils, tout comme de la nature humaine du Christ. Les monophysites, en revanche, affirment que le Fils n’a qu une seule nature et qu’elle est divine, cette dernière ayant absorbé sa nature humaine. Ils rejettent la nature humaine du Christ. En cela le monophysisme s’oppose au nestorianisme. Cette doctrine a été condamnée comme hérétique lors du concile de Chalcédoine en 451, tout comme la doctrine opposée. Malgré cela, sous l impulsion de personnages tels que Sévère d’Antioche, le monophysisme continue de se développer dans les provinces byzantines de Syrie et d’Égypte auprès des populations coptes tout au long du 6ème siècle, jusqu aux invasions perses puis arabes au tout début du 7ème siècle. Il fut également responsable du premier schisme entre Rome et Constantinople en 484. Le monophysisme est encore professé aujourd’hui, dans sa variante miaphysite. Ce sont les Églises préchalcédoniennes, arménienne, syro jacobite, copte, etc.

[2] Les Ostrogoths étaient une des deux fractions des Goths, peuple germanique venu des confins de la Baltique et établi au 4ème siècle en Ukraine et en Russie méridionale, au nord de la mer Noire, l’autre fraction étant celle des Wisigoths. Ils jouèrent un rôle considérable dans les événements de la fin de l’Empire romain.

[3] Les Goths faisaient partie des peuples germaniques. Selon leurs propres traditions, ils seraient originaires de la Scandinavie. Ils provenaient peut-être de l’île de Gotland. Mais ils pourraient également être issus du Götaland en Suède méridionale ou bien du Nord de la Pologne actuelle. Au début de notre ère, ils s’installèrent dans la région de l’estuaire de la Vistule. Dans la seconde partie du 2ème siècle, une partie des Goths migrèrent vers le sud-est en direction de la mer Noire. Dès le 3ème siècle les Goths étaient fixés dans la région de l’Ukraine moderne et de la Biélorussie où ils furent probablement rejoints par d’autres groupes qui ont été plus ou moins intégrés dans la tribu. Les Goths formaient un seul peuple jusqu’à la fin du 3ème siècle. Après un premier affrontement avec l’Empire romain dans le sud-est de l’Europe au début du siècle, ils se séparèrent en deux groupes : les Greuthunges à l’Est et les Tervinges à l’Ouest qui deviendront par la suite les Ostrogoths ou « Goths brillants », à l’Est, et les Wisigoths ou « Goths sages » à l’Ouest.

[4] Un apocrisiaire est dans l’Empire byzantin soit un ambassadeur impérial , soit, de façon plus spécifique, un messager ou un représentant ecclésiastique. Dans cette seconde acception, l’apocrisiaire est le représentant d’une autorité ecclésiastique locale ou régionale, comme les évêques et les higoumènes, au siège du ressort supérieur dont elle dépend, métropole ou patriarcat. Cette institution apparaît dès le 5ème siècle avant d’être généralisée par Justinien. Les patriarcats, archevêchés et sièges métropolitains les plus importants envoient à leur tour des apocrisiaires à la cour impériale, à Constantinople.

[5] Ventotene