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Asie du Sud-Est

dimanche 16 mai 2021, par ljallamion

Asie du Sud-Est

Les premières traces de peuplement humain en Asie du Sud-Est remonteraient à un peu plus d’1 million d’années. C’est alors qu’Homo erectus [1] apparaît dans la péninsule. Les routes qu’il emprunta lors de sa migration sont encore peu connues. La découverte de certains sites archéologiques semble indiquer une arrivée par le nord-ouest en provenance de la Chine actuelle.

Homo erectus aurait ensuite essaimé à travers l’Asie du Sud-Est actuelle en empruntant les cours d’eau et occupant progressivement les montagnes et les vallées de la région durant le paléolithique. Il sera plus tard rejoint dans la région par Homo sapiens [2] avec qui il cohabitera plusieurs milliers d’années avant de s’éteindre comme dans le reste du monde.

D’importantes traces de terrassement et des restes d’habitations et d’ossements ont été découverts sur les bords de l’Irrawaddy [3] et dans les hauteurs alentour dans l’actuelle Haute Birmanie [4]. Leurs datations s’échelonnant de l’arrivée des premiers hommes dans la région il y a près d’1 million d’années jusqu’à la fin des périodes glaciaires marquant le début du néolithique vers 12000 avant notre ère.

Vivant de la chasse et de la cueillette de fruits et légumes sauvages poussant dans leurs environs, ces premiers habitants de la Birmanie laissèrent des restes d’outils faits de pierre taillée et de bois fossilisé similaires à ceux découverts dans le reste de la péninsule indochinoise pour la période paléolithique. Ces premiers hommes furent qualifiés d’Anyathien [5].

Agriculture et sédentarisation

Les principaux vestiges néolithiques connus en Birmanie sont les fameuses grottes de Tin Ein, Maung Pa et Padhalin situées dans l’actuelle région shan [6] près de la ville de Taunggyi [7] à l’est du pays.

Occupées entre 10000 et 6000 av. jc, ces grottes abritent un des rares exemples de peintures murales préhistoriques en Asie du Sud-Est. En outre, près de 1 600 objets y furent découverts incluant notamment un large éventail d’outils fabriqués à base de différents types de pierres taillées et polies, témoignant du niveau technologique atteint par les habitants de la région à cette période.

Dans le cas de l’Asie du Sud-Est et de la péninsule indochinoise en particulier, les vestiges archéologiques laissent à penser que l’agriculture n’aurait pas été découverte et expérimentée dans la région, mais importée de l’extérieur par des populations qui la pratiquaient déjà. C’est dans les régions côtières du sud de la Chine, dans la basse vallée du Yangzi Jiang [8], que les plus anciennes traces d’une société agricole furent découvertes. Apparue progressivement dans la région près de 6 000 ans avant notre ère, l’agriculture aurait alors répondu à la quasi-disparition du riz sauvage, l’un des effets les plus significatifs des changements climatiques que connut la région à cette époque.

Les grandes migrations Nord Sud

L’agriculture sera introduite en Asie du Sud-Est à la faveur de ces premières migrations en direction du sud. Bien que des premiers groupes aient sans doute migré avant la fin du paléolithique, les afflux massifs n’eurent lieu qu’après le début du néolithique et le développement de l’agriculture conduisant à l’essor démographique nécessaire à de telles migrations. Les sites archéologiques de Saï Yok en Thaïlande [9], ainsi que ceux de Bac Son et de Hoa Binh [10] au nord du Vietnam [11], révèlent l’existence de groupes pratiquant la culture sur brûlis dès le début du 4ème millénaire av. jc. En Birmanie, des sites semblables furent découverts le long de la rivière Samon, au cœur de la Haute Birmanie.

La fin du néolithique sera également marquée par l’introduction des métaux dans la péninsule indochinoise, le bronze durant le 2ème millénaire, bientôt suivi du fer vers le 6ème siècle avant notre ère. Ils arriveront par le biais des populations originaires du sud de la Chine actuelle, dont descend l’immense majorité des habitants actuels de l’Asie du Sud-Est, Birmanie comprise.

S’installant d’abord dans la péninsule indochinoise, puis dans le reste de l’Asie du Sud-Est, ces nouveaux arrivants remplacèrent progressivement les populations préexistantes, assimilant une partie d’entre eux et repoussant l’autre vers le sud et les parties insulaires de la région. Ces autochtones se divisaient alors en trois grands groupes. Tout d’abord, le groupe australoïde, le plus ancien, d’où sont issus les aborigènes d’Australie [12]. Le groupe négritos [13] encore présent aux Philippines [14], ainsi que dans la péninsule malaise [15]. Enfin, le groupe dit mélanésien, dont les Mokens [16] de l’archipel des Mergui [17], communément désignés dans la littérature occidentale sous le nom de Sea Gypsies ou Nomades des mers, sont les lointains descendants en Birmanie.

Ce processus de migration nord-sud s’est poursuivi longtemps avec les arrivées successives des différents groupes linguistiques appartenant aux grandes familles de langues actuellement parlées dans la région, à savoir la famille sino-tibétaine regroupant entre autres les dialectes karens et les langues tibéto-birmanes telles que le birman actuel, le chin ou encore le kachin, la famille thaïe à laquelle appartiennent les langues parlées actuellement en Thaïlande, au Laos [18] et dans le pays shan [19] en Birmanie, et la famille des langues austro-asiatiques comprenant notamment le khmer, le vietnamien et surtout le môn.

S’étalant sur l’ensemble du 1er millénaire avant notre ère, ces vagues migratoires s’accompagneront d’évolutions significatives sur le plan agricole, avec l’introduction progressive de la culture rizicole inondée au côté de la culture sur brûlis pratiquée jusqu’alors dans la région

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de / Sfeir, Antoine Charif/Edition Tallandier. Paris

Notes

[1] Homo erectus est une espèce éteinte du genre Homo apparue il y a 2 millions d’années et dont les fossiles les plus récents ont été trouvés sur le site de Ngandong, à Java, en Indonésie, où ils sont datés d’environ 110 000 ans. Le périmètre morphologique, géographique, et temporel de cette espèce varie fortement selon les auteurs.

[2] Homo sapiens, plus communément appelé « Homme moderne », « Homme », « Humain », ou « Être humain », est une espèce de primates originaire d’Afrique qui s’est aujourd’hui répandue et naturalisée sur l’ensemble de la planète hormis l’Antarctique. Il appartient à la famille des hominidés et est le seul représentant actuel du genre Homo, les autres espèces étant éteintes. Les plus anciens fossiles connus de cette espèce sont datés d’environ 300 000 ans.

[3] L’Irrawaddy ou Ayeyarwady est un fleuve d’Asie du Sud-Est d’environ 2 170 km de longueur. C’est le principal cours d’eau de la Birmanie. Sa large vallée centrale constitue la Birmanie historique, d’abord habitée par les Pyus, puis par les Birmans. C’est aussi le principal axe de communication du pays.

[4] L’expression Haute-Birmanie désigne les parties centrale et septentrionale de l’actuelle Birmanie.

[5] du birman anyathya que l’on pourrait traduire par « issu de la région en amont », en référence au nord de la vallée de l’Irrawaddy

[6] L’État shan ou Union des États shan, est un État de Birmanie, frontalier de la Chine au nord, du Laos à l’est et de la Thaïlande au sud. Avec une superficie totale de 155 800 km², l’État shan est la plus vaste subdivision birmane, couvrant près d’un quart de la surface totale du pays. Il tire son nom du peuple Shan, ethnie majoritaire de la région. L’État Shan est essentiellement rural, et les principales villes sont Lashio, Kengtung et la capitale, Taunggyi.

[7] Taunggyi est la capitale de l’État Shan, dans l’Est de la Birmanie. Elle se trouve à 1 400 m d’altitude, dans la région de Myelat. Son nom signifie « grande montagne » en birman, en référence aux crêtes qui se trouvent à l’Est de la ville, et dont le point culminant est le Taung-chun (aiguille).

[8] Le Yangzi Jiang ou Chang Jiang, est le plus long fleuve d’Asie (6 380 km). En France, il est appelé fleuve Bleu, Yang-Tsé-Kiang ou simplement Yang-Tsé. D’un débit de 30 000 m3/s, le fleuve Bleu est le troisième plus long fleuve du monde après l’Amazone et le Nil. Il prend sa source au Qinghai, à 6 621 mètres, dans les monts Tanggula, dans un paysage extrême de glaciers et de terres enneigées, parsemé de moraines, balayé par des vents violents et dépourvu de toute végétation. Il est appelé en tibétain Dri chu. Il parcourt 6 380 km avant de rejoindre la mer de Chine orientale, au nord de Shanghai, la plus grande ville de Chine. Il serpente à travers les provinces du Qinghai, du Yunnan, du Sichuan, du Hubei, du Hunan, du Jiangxi, de l’Anhui et du Jiangsu et traverse les immenses agglomérations de Chongqing, Wuhan, Nankin et Shanghai. Lors de son parcours, il reçoit les eaux de plus de 700 affluents drainant un bassin hydrographique de 1,8 million de kilomètres carrés. Chaque année, il déverse près de mille milliards de mètres cubes d’eau dans la mer de Chine, charriant des milliers de tonnes de limon au large des côtes. Le Yangzi Jiang alimente en eau 40 % du territoire chinois et 70 % de la production rizicole.

[9] Avant 1939, il s’appelait le royaume de Siam. Il est bordé au sud-ouest et au nord-ouest par la Birmanie, au sud par la Malaisie, au sud-est par le Cambodge et au nord-est par le Laos. Sa capitale est Bangkok., Le premier royaume connu des historiens sur le territoire thaïlandais est le royaume de Funan. En effet, celui-ci remonte à peu près au premier siècle de notre ère. Ce dernier couvrait une grande partie de l’Asie du Sud-Est, il s’étendait ainsi sur le Cambodge, le sud du Vietnam, certaines parties du Laos, La Birmanie, des péninsules malaisienne et enfin la Thaïlande. Il était le plus puissant de la région à cette époque et dura presque 5 siècles

[10] Hòa Bình est une ville du nord du Viêt Nam, chef-lieu de la province de Hòa Bình. Elle est située à 76 km à l’est d’Hanoï sur les rives de la rivière Noire. La région est le site du hoabinhien, culture mésolithique qui marque une transition entre le paléolithique et le néolithique. La ville comporte une École ethnique secondaire de culture et d’art et un musée archéologique

[11] Le Viêt Nam, Viet Nam, Vietnam ou Viêtnam, est un pays d’Asie du Sud-Est situé à l’est de la péninsule indochinoise. Il a une superficie de 330 967 km². Il est bordé par la Chine au nord-nord-ouest, le Laos à l’ouest-nord-ouest, le Cambodge au sud-ouest, le golfe de Thaïlande à l’ouest et la mer de Chine méridionale à l’est-nord-est et au sud-est. Sa capitale est Hanoï. Pour les historiens vietnamiens, le Viêt Nam fut fondé en 2877 av. jc. La capitale de l’époque se situait à l’emplacement de l’actuelle Canton en Chine méridionale. L’histoire du pays, dont les origines sont semi-légendaires, se confond en grande partie avec celle du peuple Việt, aussi appelé Kinh, qui, de son berceau primitif du Van Lang, aurait ensuite essaimé vers le delta du fleuve Rouge (Đồng bằng sông Hồng). Les Viêt ne prennent que très progressivement possession de l’espace géographique qui est aujourd’hui celui du Viêt Nam.

[12] Les aborigènes d’Australie sont les premiers humains connus à avoir peuplé la partie continentale de l’Australie. Ils constituent, avec les indigènes du détroit de Torrès, la population autochtone de cet État d’Océanie.

[13] « Négritos » est une appellation désignant des populations humaines qui vivent dans 3 zones géographiques du sud-est asiatique : les îles Andaman, la péninsule Malaise (qui est partagée entre la Malaisie, la Thaïlande, et la Birmanie) et les Philippines. Ce terme est celui employé par les Espagnols du 17ème siècle, et signifie « petits noirs ». La désignation est reprise dans les récits de voyages, et par les officiers coloniaux de l’Asie du Sud-Est. Ces populations descendent des premiers humains modernes arrivés dans la région voilà plus de 50 000 à 70 000 ans. Vivant initialement de la chasse et de la cueillette, elles se sont mêlées à des populations bengalies

[14] Les Philippines, est un pays d’Asie du Sud-Est constitué d’un archipel de 7 641 îles dont 11 totalisent plus de 90 % des terres et dont un peu plus de 2 000 seulement sont habitées, alors qu’environ 2 400 îles n’ont même pas reçu de nom. On distingue 3 zones géographiques : Luçon, Visayas et Mindanao. Luçon est l’île la plus vaste et la plus septentrionale, et qui abrite sa capitale, Manille, et la plus grande ville du pays, Quezon City. Au centre, le groupe dense des Visayas comprend les îles de Negros, Cebu, Bohol, Panay, Masbate, Samar et Leyte. Au sud, Mindanao est la deuxième île par sa superficie ; ses principales villes sont Davao, Marawi, Zamboanga et Cagayán de Oro. Au sud-ouest de Mindanao se trouvent les îles de Sulu, telles que Basilan, Jolo et Tawi-Tawi, proches de Bornéo. Enfin, à l’ouest des Visayas, s’étend l’archipel de Palawan, qui compte à lui seul plus de 1 700 îles.

[15] Géographiquement, la péninsule malaisienne, parfois appelée péninsule de Malacca, est la bande de terre située en Asie du Sud-Est qui, partant de l’ouest de la péninsule indochinoise, s’amorce en suivant une direction nord-nord-ouest/sud-sud-est, partagée à ce niveau entre la Birmanie côté ouest et la Thaïlande côté est, se rétrécit au niveau de l’isthme de Kra (en Thaïlande) pour s’élargir de nouveau et se terminer au détroit de Johore. Elle sépare dans sa partie nord la mer d’Andaman du golfe de Thaïlande et dans sa partie sud le détroit de Malacca de la mer de Chine méridionale.

[16] Les Moken de Birmanie (îles Mergui) et de Thaïlande (îles Surin) sont un peuple nomade maritime d’Asie du Sud-Est. Il ne faut pas les confondre avec les Moklen du littoral et des îles voisines, dont le mode de vie est semi-sédentaire. les Moken font partie d’un ensemble plus vaste qu’on appelle "nomades de la mer" (Sea Gypsies dans la littérature de langue anglaise).

[17] Les îles Mergui, ou îles Myeik en birman, sont un archipel au large du littoral occidental de la péninsule Malaise, dans le sud de la Birmanie. Elles consistent en plus de 800 îles. La ville de Mergui se trouve sur le continent.

[18] Le Laos est un pays sans accès à la mer d’Asie du Sud-est, entouré par la Birmanie (ou Myanmar) et la Chine au nord-ouest, la Thaïlande à l’ouest, le Cambodge au sud et le Viêt Nam à l’est. La ville de Vientiane est sa capitale

[19] L’État shan ou Union des États shan, est un État de Birmanie, frontalier de la Chine au nord, du Laos à l’est et de la Thaïlande au sud. Avec une superficie totale de 155 800 km², l’État shan est la plus vaste subdivision birmane, couvrant près d’un quart de la surface totale du pays. Il tire son nom du peuple Shan, ethnie majoritaire de la région.