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Mihr-Mihroe ou Mermeroes

jeudi 11 août 2016

Mihr-Mihroe ou Mermeroes (mort en 555)

Général perse sassanide

Rien n’est connu sur sa jeunesse, mais les sources rapportent que Mihr-Mirhoe est un homme âgé en 555. Il apparaît la première fois lors de l’été 530, lors de la guerre d’Ibérie [1], alors qu’il commande une armée de 30 000 hommes dans une invasion des provinces de l’Arménie byzantine [2].

Cependant, battu à Satala par les généraux byzantins Sittas et Dorotheus, il est forcé de se retirer. A l’été 531, après la victoire de justesse des perses à Callinicum [3] et une série de revers mineurs en Arménie et en Mésopotamie du Nord [4], le roi perse, Kavadh 1er envoie Mihr-Mihroe et Chanaranges capturer la place forte byzantine Martyropolis [5]. Les deux commandants assiègent la ville, mais après avoir appris la mort de Kavadh, et compte tenu de l’hiver qui affecte leurs troupes, ils concluent une trêve et se retirent sur le territoire perse

En 542, après la reprise des hostilités en 540, Mihr-Mihroe est envoyé par Khosro 1er capturer la forteresse de Dara [6], mais, d’après Corippe, il est vaincu et capturé par le commandant du fort, Jean Troglita.

Mihr-Mihroe réapparaît en 548, lorsqu’il est envoyé à la tête d’une importante armée libérer la forteresse de Petra en Lazique [7], qui était assiégée par une force combinée byzanto-lazique.

Le général byzantin Dagisthaeus ou Dagisthée ayant négligé de protéger les cols avec un nombre suffisant d’hommes, Mihr-Mihroe arrive à rentrer en Lazique [8], tout en repoussant les détachements byzantins. Il brise le siège de Petra et renforce sa garnison, mais manquant de vivres pour son armée, il est forcé de se retirer à Dvin [9] en Persarménie [10], laissant derrière lui près de 3 000 hommes en garnison à Petra et quelques 5 000 hommes supplémentaires sous le commandement de Phabrizus pour maintenir la route d’approvisionnement.

Ces forces sont battues l’année suivante par les Laziques et les Byzantins, dont le nouveau commandant, Bessas, assiège Petra.

Au printemps 551, Mihr-Mihroe marche une nouvelle fois sur la ville afin de briser le siège mais la ville tombe aux mains des Byzantins avant qu’il ne l’atteigne. Il se tourne alors vers la capitale du Lazique, Archaeopolis, s’emparant au passage des forts de Sarapanis et Scanda, qu’il assiège, mais ses assauts sont repoussés. Son armée souffrant d’un manque de vivre, il est forcé d’abandonner le siège et se dirige vers l’ouest, dans la fertile province de Mocheresis, dont il fait sa base.

L’hiver suivant (551/552), il renforce son contrôle sur l’est du Lazique, dont la région de Suanie [11], alors que ses négociations de paix avec le roi Gubazes II de Lazique échouent. Renforcé par des mercenaires recrutés parmi les Sabires [12], il attaque en 552 les places fortes d’Archaeopolis, de Tzibile et d’un troisième fort non nommé, mais est à nouveau repoussé et il se retire à Mocheresis.

En 554, grâce à une ruse, il parvient à déloger les Byzantins de Telephis, leur position la plus avancée, entraînant une retraite générale le long du fleuve Phasis [13]. Il ne les poursuit cependant pas pour accentuer son avantage sa propre armée manquant de vivres. Après avoir renforcé ses propres forts, il retourne à Mocheresis. Il tombe malade et se retire en Ibérie [14].

Il meurt de maladie à Mtskheta [15] en été 555.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Mihr-Mihroe »

Notes

[1] Le 21 mars 529, Mundhir, le prince arabe lakkmide de Hira, vassal des Sassanides envahit la Syrie. Il s’avance jusqu’à Antioche. En avril Bélisaire est nommé magister militum pour l’Orient par l’empereur Justinien, qui entend reprendre la main en réorganisant ses forces. Pendant ce temps Hermogène, envoyé par Justinien pour négocier la paix avec les Perses, arrive à Antioche le 12 mai. Le roi Kavadh 1er rejette ses propositions en juillet. En juin, la révolte samaritaine enflamme la Palestine (100 000 victimes, selon Procope). Elle est réprimée par le roi des Ghassanides Al-Harith, allié de Byzance. En juin ou juillet 530 les Byzantins conduit par Bélisaire défont les Perses à la bataille de Dara. Ce même été, une autre victoire byzantine à la bataille de Satala, en Arménie est suivie de la défection des persarméniens Narsès et son frère Aratius qui rejoignent le camp byzantin. En août Kavadh reçoit les envoyés de Justinien Rufin et Hermogène ; les négociations de paix commencent à l’automne. Le 19 avril 531, Bélisaire est battu par le général perse Azarethès à la bataille de Callinicum en Syrie ; Bélisaire se retire à Callinicum, mais Azarethès est relevé de son commandement pour avoir subi de trop lourdes pertes et négligé de prendre Antioche. L’offensive perse en Syrie est brisée. Pendant l’été de la même année, les Romains prennent quelques forts en Arménie. Immédiatement après l’échec de Callinicum, qui a entraîné le renvoi de Bélisaire, les négociations menées par Hermogène échouent. Le 8 septembre, Kavadh 1er, malade, désigne son fils Khosro 1er pour lui succéder. Khosro assure son pouvoir en faisant assassiner ses frères et neveux. Pour cela il signe une trêve de trois mois avec les Byzantins. Les pourparlers de paix reprennent au printemps 532.

[2] L’Arménie byzantine est la partie de l’Arménie historique qui a été incorporée à diverses époques à l’Empire byzantin. Les Byzantins et les Sassanides divisèrent l’Arménie en 387 et en 428, la partie orientale (Arménie perse) passant sous contrôle sassanide et la partie occidentale sous contrôle byzantin, jusqu’à ce que les Arabes reprennent la majeure partie du pays.

[3] La bataille de Callinicum opposa l’armée de l’empire byzantin sous le commandement du général Bélisaire à celle des Perses Sassanides dirigée par Sepahbod Azarethes le 19 avril 531 dans le cadre de la guerre d’Ibérie. Bélisaire avait été engagé dans des escarmouches avec les forces persanes à la suite de la bataille de Dara en vue d’une mise en déroute. Néanmoins, la victoire revint aux Perses à Callinicum ce qui conduit au retrait des deux armées.

[4] La Mésopotamie est une région historique du Moyen-Orient située dans le Croissant fertile, entre le Tigre et l’Euphrate. Elle correspond pour sa plus grande part à l’Irak actuel.

[5] Silvan appelée Np’rker est le chef-lieu de l’arrondissement de même nom dans la province de Diyarbakır en Turquie. À l’époque byzantine elle était connue sous le nom de Martyropolis. Silvan a été identifié par plusieurs spécialistes comme l’un des deux emplacements possibles (l’autre étant Arzan) de Tigranakert (Tigranocerta), l’ancienne capitale du royaume d’Arménie, qui a été construit par le roi Tigrane le Grand et nommé en son honneur. Les sources chrétiennes (syriaques, arméniennes et grecques) sur la fondation de Martyropolis sont nombreuses. Elle aurait été fondée sur l’emplacement d’un « grand village » appelé Maïferqat (en arménien Np’rkert) par l’évêque Marutha qui avait obtenu l’autorisation du roi de Perse Yazdgard 1er à la fin du 4ème siècle. L’évêque rapporte les dépouilles des chrétiens victimes des persécutions en Perse. C’est ce qui lui vaut son nom de Martyropolis. La ville prend de l’importance comme ville frontière sous Théodose II. Elle est prise par le Sassanide Kavadh Ier en 502. Les fortifications de la ville sont renforcées par l’empereur byzantin Justin 1er ce qui n’empêche pas que la ville retombe aux mains des Sassanides en 589. Les byzantins récupèrent la ville deux ans après et la gardent jusqu’en 639

[6] Oğuz est le nom actuel du village qui occupe le site de Dara ou Daras forteresse byzantine marquant la frontière avec l’empire sassanide. Le site a été le théâtre d’importantes batailles entre les deux empires en 530 et en 573. Le village d’Oğuz se trouve dans la province de Mardin en Turquie à 30 km au sud-est de la ville de Mardin sur la route de Nusaybin (Nisibe).

[7] (aujourd’hui Tsikhisdziri, au nord de Batoumi en Géorgie

[8] Le royaume de Lazique, souvent simplifié en Lazique, ou encore Egrisi, est un ancien royaume situé dans l’ouest de la Géorgie entre le 1er siècle av. jc et le 7ème siècle. Il est situé sur une large partie de l’ancien royaume de Colchide, dont il est souvent désigné comme successeur après son intégration dans l’Empire romain. Durant une large partie de son existence, la Lazique était un protectorat de l’Empire byzantin.

[9] Dvin ou Dwin est une ancienne capitale de l’Arménie. Elle est située sur le territoire de l’actuelle communauté rurale de Dvin, dans le marz d’Ararat. La ville de Dvin est fondée au 4ème siècle par le roi d’Arménie Khosrov III Kotayk. La ville est située dans la région d’« Aïrarat », et plus précisément dans la province de Vastan Hayots. Khosrov III fait construire la citadelle et le palais royal sur une colline. Par la suite, la ville attire de nombreux habitants de la ville voisine d’Artachat qui vont donc habiter à Dvin. En 470, le Catholicossat est déplacé de Vagharchapat à Dvin. Elle devient officiellement capitale du pays, ou plutôt « centre administratif » sous les dominations perse et arabe. Elle est détruite en 893 à cause d’un tremblement de terre, mais elle est reconstruite au Moyen Âge et devient un lieu de commerce florissant.

[10] La Persarménie, est la septième province de l’Arménie historique selon le géographe arménien du 7ème siècle Anania de Shirak. Elle est située sur la rive occidentale du lac d’Ourmia, au nord-ouest de l’actuel Iran.

[11] La Svanétie, Svaneti ou Suanie est une province historique de la Géorgie, dans le nord-ouest du pays. Elle est habitée par les Svanes, un sous-groupe ethnique des Géorgiens.

[12] Les Sabires sont un ancien peuple ayant habité au nord de la mer Caspienne, avant l’arrivée des Avars. Il semble qu’ils fassent partie des peuples turcs, avec éventuellement une origine hunnique. Ils occupaient principalement la steppe pontique. Vers 515, ils lancèrent un vaste raid au sud du Caucase au cours duquel ils attaquèrent indifféremment les Byzantins et les Perses. Après s’être alliés aux Sassanides, il retournèrent leur alliance en 552 en faveur de Byzance et envahirent le Caucase. Peu après, ils furent défaits par les Avars, puis par les Köktürks. Ils disparaissent des sources historiques au 8ème siècle, probablement assimilés par les Khazars et les Bulgares.

[13] Le Rioni, parfois nommé Rion, est le fleuve principal de l’ouest de la Géorgie. Il prend sa source dans le Caucase, dans la région de Ratcha et coule vers l’ouest pour se jeter dans la mer Noire au nord de la ville de Poti. La ville de Koutaïssi, l’ancienne capitale de la Colchide, se situe sur ses rives.

[14] La principauté d’Ibérie est un État géorgien du Caucase du Haut Moyen Âge. Elle fut établie, d’après les sources, entre 588 et 600 par le prince Gouaram, qui est considéré par l’ancienne historiographie géorgienne comme l’ancêtre des Bagratides géorgiens ou bien comme un descendant des anciens rois d’Ibérie. Son histoire de deux siècles est illustrée par les différentes invasions des Sassanides, des Byzantins, des Khazars et des Arabes, mais sa disparition en 891 ouvre le chemin à la lente unification de la Géorgie qui mène à la fondation du royaume de Géorgie en 1010.

[15] Mtskheta est l’une des plus vieilles villes de Géorgie. Situé dans la province de Karthlie, dans l’est du pays, près de Tbilissi, Mtskheta fut la capitale du royaume d’Ibérie du 3ème siècle av. jc au 5ème siècle. C’est à Mtskheta que les Géorgiens commencèrent à se convertir au christianisme ; le Catholicossat-Patriarcat de toute la Géorgie y est encore basé.