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L’histoire pour le plaisir

Authari

dimanche 20 septembre 2015

Authari (mort en 590)

Roi des Lombards d’Italie de 584 à 590

Appartenant au clan Beleos, fils du roi Cleph , Authari ne peut lui succéder à sa mort en 574 et accède au pouvoir que dix années plus tard, rétablissant la royauté lombarde après une période d’anarchie alors que les Lombards doivent faire face aux attaques franques dirigées par le roi Childebert II d’Austrasie répondant aux appels des byzantins.

Le jeune roi lombard prend le nom typiquement Romain de Flavius, non pas tant en souvenir des empereurs romains qu’en honneur de Théodoric le Grand, le célèbre roi des Ostrogoths [1], personnage héroïque célébré dans les sagas germaniques. Il combat Francs et Byzantins, envoie son armée ravager l’Istrie [2], soumet les duchés lombards semi indépendants de Spolète [3] et de Bénévent [4], et épouse en 589 une princesse bavaroise, Théodelinde, catholique mais adhérente du schisme des Trois Chapitres [5] dont la sœur avait épousé Évin ou Ewin, duc lombard de Trente [6].

Après six ans de règne, Authari meurt le 5 septembre 590, probablement empoisonné alors qu’il cherche à négocier la paix avec les Francs du roi Childebert II.

Peu de temps après sa mort, sa jeune veuve épousera le duc Agilulf, qui sera élu roi des Lombards.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Gianluigi Barni, La conquête de l’Italie par les Lombards — vie siècle — Les Événements. Le Mémorial des Siècles, Éditions Albin Michel, Paris (1975)

Notes

[1] Les Ostrogoths étaient une des deux fractions des Goths, peuple germanique venu des confins de la Baltique et établi au 4ème siècle en Ukraine et en Russie méridionale, au nord de la mer Noire, l’autre fraction étant celle des Wisigoths. Ils jouèrent un rôle considérable dans les événements de la fin de l’Empire romain.

[2] L’Istrie est une péninsule de l’Adriatique de forme triangulaire pointée vers le sud, attachée au continent par le nord-est. Sa superficie est de 2 820 km². Son littoral commence au nord-ouest avec le golfe de Trieste, suit une ligne rectiligne nord-ouest/sud-est longue de 242,5 km jusqu’au cap Kamenjak où il s’infléchit et suit une ligne sud-ouest/nord-est longue de 212,4 km jusqu’à la baie de Kvarner. Son territoire est principalement compris en Croatie.

[3] Spolète est une ville située dans la province de Pérouse en Ombrie, dans le centre de l’Italie. Ayant envahi l’Italie du Nord en 568, certaines bandes lombardes dirigées par Faroald décident d’aller plus au sud et choisissent Spolète comme capitale vers 570 d’un des plus grands duchés, l’influence politique de la cité s’étendant sur un vaste territoire de l’Italie du centre et du sud, jusqu’au duché de Bénévent. Comme ce dernier, le duché de Spolète est semi indépendant par rapport aux rois lombards qui siègent principalement à Pavie.

[4] Bénévent est une ville chef-lieu de la province du même nom en Campanie (Italie). Pendant l’époque impériale on la disait fondée par Diomède à la suite de la guerre de Troie. Bénévent était la capitale des Samnites, et ceux-ci y trouvèrent refuge après leur défaite contre Rome en 314 av. jc. Après leur victoire sur Pyrrhus d’Épire, les Romains s’y installèrent en 268 av. jc et la renommèrent bientôt Beneventum pour le présage. Grâce à son emplacement stratégique, ils firent de cette ville une forteresse naturelle quasi-imprenable. Au Moyen Âge, la place forte est cependant prise par les Ostrogoths du roi Totila qui la rasent en 542 et, vers 571, elle est prise par un détachement de Lombards venus du Nord de l’Italie et dirigés par le duc Zotton, premier duc lombard de Bénévent. Ce puissant duché se rend très vite autonome par rapport au roi des Lombards, siégeant à Milan puis à Pavie et ne fut qu’épisodiquement soumis au pouvoir royal.

[5] L’affaire dite des Trois Chapitres s’inscrit dans les efforts de Justinien 1er pour réconcilier sur le plan religieux les parties orientale et occidentale de son empire en les persuadant que les décisions du concile de Chalcédoine de 451 étaient conformes à la christologie de l’école d’Alexandrie. En 544, il publia un édit en trois chapitres, le premier condamnant Théodore de Mopsueste, les deux autres condamnant les écrits jugés pro nestoriens de Théodoret de Cirrhe et la lettre adressée par l’évêque d’Édesse, Ibas, à Mari.

[6] Trente est une ville italienne, chef-lieu de la province autonome de Trente et de la région du Trentin-Haut-Adige, dans les Alpes, au nord-est de l’Italie. Trente est située à 55 km de Bolzano et à 100 km au nord de Vérone. Elle est entourée de montagnes. La ville, dont le nom latinisé est Tridentum, fut développée par les Romains. De 1027 à 1803, la ville est la capitale de la principauté épiscopale de Trente. Mais la ville tire sa célébrité du concile qui s’y tint de 1545 à 1563 dans le presbytère de la cathédrale Saint Vigile. Celui-ci fut convoqué pour répondre aux menaces du protestantisme sur l’Église catholique. Il en découla le mouvement de la Contre-Réforme.