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L’histoire pour le plaisir

Charles VII

dimanche 9 septembre 2012, par ljallamion

Charles VII (1403-1461)

Roi de France (1422-1461)

Né à Paris le 22 février 1403 à l’hôtel Saint-Pol à Paris. Il est le fils cadet de Charles VI et d’Isabeau de Bavière. En décembre 1413 Charles se fiance avec Marie d’Anjou, fille de Yolande d’Aragon et de Louis II d’Anjou, roi de Naples. Le 15 juin 1416 Louis II, président du Conseil Royal, fait venir sa fille et son futur gendre à Paris. A la mort de son frère Louis, Charles devient duc de Touraine et à la mort de son frère Jean le 5 avril 1417 il devient dauphin du Viennois. La situation familiale de Charles n’arrange rien. Cinquième fils du couple royal, il devient l’héritier de la couronne à 14 ans seulement, après la mort de tous ses frères aînés. Il a 16 ans quand il assiste au meurtre de son rival, le duc de Bourgogne Jean sans Peur sur le pont de Montereau.

Le 29 mai 1417, en pleine guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons, l’héritier de la couronne doit quitter Paris, aux mains des Bourguignons, et se réfugie à Bourges où il prend le titre de régent, suite à la démence de son père Charles VI. Il sera déshérité par son père et déclaré bâtard par sa mère par le traité de Troyes en 1420, il prit cependant le titre de roi à la mort de Charles VI le 21 octobre 1422, mais il ne fut vraiment reconnu comme tel qu’après le sacre. Jusque-là, l’usage courant de la Cour ne lui accordait que le titre de dauphin. La même année il épouse en avril 1422 Marie d’Anjou âgée de 22 ans. C’est au Château de Mehun-sur-Yèvre que le dauphin Charles apprendra en Octobre avec soulagement la mort de son père inguérissable. Il a besoin de courage pour reprendre son royaume aux anglais, mais ne pouvant compter sur sa mère, c’est sa belle mère Yolande d’Aragon, fille du roi d’Aragon qui le motivera à se défendre contre l’envahisseur.

Établi en Berry et en Touraine (notamment à Loches et à Chinon), Charles VII était fort de la fidélité des provinces du Centre et du Languedoc, d’où il tira l’essentiel de ses ressources. Pour gouverner, au contraire, il dut improviser avec un personnel généralement nouveau et peu au fait des affaires. Le Parlement qu’il organisa à Poitiers et la Chambre des comptes qui fut établie à Bourges furent, pour l’essentiel, peuplés d’officiers naguère éliminés à Paris par les Bourguignons, de telle sorte que l’administration fut plus facilement efficace que le gouvernement. La défection d’officiers demeurés à Paris et tardivement ralliés à Charles VII renforça, surtout à partir de 1430, les structures administratives de la monarchie. L’intervention de Jeanne d’Arc et l’énergie de quelques capitaines, parmi lesquels le bâtard de Louis d’Orléans, Dunois, sauva Charles VII de la catastrophe qu’eût été la prise d’Orléans par les Anglais, symbole de la résistance à l’étranger. Le sacre de Reims le 17 juillet 1429, terme d’une randonnée où purent se manifester la fidélité des populations et parfois leur enthousiasme, apparut surtout comme le jugement de Dieu, reconnaissant la légitimité de l’héritier, auquel l’opinion publique fut d’autant plus sensible que le prétendant anglais Henri VI dut se contenter, deux ans plus tard, d’un sacre parisien, faute de pouvoir gagner Reims en toute sécurité. La reconquête des régions au nord de la Loire fut entreprise dès 1429, année de l’arrivé de Jeanne d’Arc. Malgré l’arrestation de Jeanne d’Arc en 1430, Charles VII continue sa lutte contre les anglais aidé dans cette entreprise par son connétable Arthur de Richemont.

D’indolent et indécis, Charles VII devient à l’âge mûr presque énergique et audacieux. En 1432, le duc de Bretagne se rallie à Charles VII. En 1434, le roi contracte une alliance avec l’empereur d’Allemagne, Sigismond.

Le 21 septembre 1435 en signant le traité d’Arras, il se réconcilie avec le Bourguignon Philippe le Bon qu’il éloigne ainsi des Anglais. Paris fut livré par les Parisiens aux troupes de Richemont en 1436 et le 12 novembre 1437, Charles VII peut faire une entrée triomphale à Paris, sa capitale, d’où les Anglais ont été chassés quelques mois plus tôt. La chute de Pontoise, en 1441, permet le rétablissement des relations avec le nord du royaume. Le pays de Caux et la région de Vire se soulevèrent. Acculés, les Anglais sont obligés de négocier une trêve à Tours le 28 mai 1444.

Charles VII va en profiter pour renforcer sa puissance. Il réorganise son armée et resserre l’alliance bretonne, pour la reconquête de la Normandie. De 1449 à 1453 il reprend successivement aux anglais la Normandie en 1450 et la Guyenne en 1453 où le roi eut l’habileté de confirmer les privilèges et d’empêcher toute réaction contre les anciens fidèles de Lancastre. Rares furent ceux qui jugèrent opportun de fuir en Angleterre.

Pendant tout ce temps Charles VII va aussi jeter les bases des institutions essentielles au gouvernement monarchique. Ayant obtenu des assemblées locales et des états généraux ou provinciaux les impôts nécessaires au financement de la guerre, Charles VII su, avec l’aide de Jacques Cœur, son grand argentier, habituer ses sujets à la permanence de l’impôt et pu, dès le milieu du siècle, éviter de convoquer les états généraux et se passer du consentement qui semblait indispensable pour la levée de toute ressource extraordinaire. C’est en 1439 que Charles VII institue le premier impôt permanent, ce fut la reconnaissance du droit monarchique étranger au droit coutumier selon lequel le roi devait vivre de son revenu domanial, comme une personne privée. C’était aussi le moyen d’une puissance assurée par une force militaire permanente. Dès 1445, Charles VII dotait son armée de structures adaptées au maintien d’une force armée en tout temps. Les compagnies de l’ordonnance étaient soldées régulièrement, cependant que les autres compagnies étaient dissoutes, la guerre finie, ainsi les unes assuraient la soumission des autres. C’est aussi de 1435 à 1444, que des bandes de mercenaires et de pillards ravagent les campagnes françaises plus connues sous le nom de bandes ’’d’écorcheurs’’.

L’efficacité des grandes institutions judiciaires et financières fut accrue, de même que satisfaction fut donnée au particularisme des provinces, par une multiplication des ressorts qui décentralisa partiellement la fonction administrative. La crise du Grand Schisme d’Occident avait été favorable au renforcement de l’autorité royale sur le clergé français. La publication en France des canons du Concile de Bâle fournit l’occasion d’assurer cette autorité. Le roi fit examiner ces canons par l’assemblée réunie à Bourges et le 7 juillet 1438, les publia amendés, en une pragmatique sanction qui fonda en droit la position du roi comme « première personne ecclésiastique du royaume » et par laquelle le roi se permet d’intervenir par recommandations dans l’élection des Abbés (supérieurs de couvents) et des évêques. Ce fut surtout, pour 3/4 de siècle, la base de négociations avec la papauté. Sur le plan administratif, un corps de fonctionnaires fut créé et on opéra une décentralisation. Charles VII créa des parlements de province.

Charles VII se méfiait de Paris, où il avait vécu des jours difficiles dans son enfance. Il fit passer la prévôté des marchands aux mains d’officiers de justice ou de finance qui assurèrent la tutelle de la capitale. Pour sa résidence, le roi continua de préférer les petites villes du Val de Loire et ses châteaux de Touraine et de Berry. Capitale administrative, Paris cessa d’être la résidence principale du roi, de la cour et de l’aristocratie. La personnalité de Charles a sensiblement évolué en 40 ans de règne.

Médiocrement énergique, très affecté par la maladie de son père et par le reniement de sa mère, le roi de Bourges apparaît parfois comme un velléitaire qui laisse condamner Jeanne d’Arc, peut-être afin de ménager ses adversaires avec lesquels il espère traiter. Plus puissant que ses ancêtres et maître d’un royaume où, passée la tentative féodale dite de la *Praguerie en 1440, la monarchie l’emporte sur tout système de partage de la puissance publique, il apparaît encore comme très influençable, souvent dominé par des favoris (Richemont, La Trémoille, Brézé) et même par sa maîtresse Agnès Sorel, du moins de 1444 à 1450. Le 21 février 1452 Charles VII s’allie à François Sforza. Mais la seule faiblesse sérieuse de la fin du règne est l’insoumission du dauphin Louis, flagrante dès 1447 et sans cesse aggravée. Le 27 mai 1456 Jean II d’Alençon est arrêté, suspecté de complot contre Charles VII. A la mort de Charles VII, le dauphin, futur Louis XI, était en révolte ouverte et réfugié à la cour de Bourgogne. Charles VII, qui a exempté de taille ceux qui défrichent les terres abandonnées, meurt à Mehun-sur-Yèvre à 58 ans le 22 juillet 1461. C’est en exil chez le duc de Bourgogne que le Dauphin apprend la mort de son père