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Robert 1er de Normandie dit Robert le Libéral ou Robert le Magnifique

vendredi 2 décembre 2011

Robert 1er de Normandie dit Robert le Libéral ou Robert le Magnifique (vers 1010-1035)

Duc de Normandie de 1027 à 1035

Second fils du duc Richard II de Normandie. À la mort de ce dernier en 1026, ce fut son fils aîné Richard III qui naturellement lui succéda tandis que Robert se voyait confier le comté d’Hiémois. Dans la même année ou la suivante, le cadet se révolta contre le duc. L’armée ducale se présenta alors devant Falaise où s’était retranché le rebelle. Il capitula et se soumit à son frère. Mais en 1027 Richard III mourut empoisonné. Aussitôt, Robert écarta de la succession le fils bâtard du défunt, Nicolas, et monta lui-même sur le trône.

Il montra rapidement qu’il entendait tenir la Normandie d’une main de fer. Vers 1027/1028, Guillaume 1er de Bellême, un seigneur des confins méridionaux de la Normandie, se révolta. Le duc vint l’assiéger dans Alençon. Le rebelle fut contraint à la reddition mais Robert le Magnifique lui imposa une pesante humiliation, il l’obligea à se présenter devant lui avec une selle de cheval sur les épaules.

Dans les débuts de son principat, il apprit que l’évêque Hugues de Bayeux recrutait des soldats en France pour renforcer la défense de son château d’Ivry. Furieux d’être tenu à l’écart du conseil ducal, il comptait faire de la forteresse normande un pôle de résistance au duc. Robert réagit rapidement, il se présenta devant Ivry avant même que Hugues ne soit revenu de France. L’évêque dut négocier son exil contre un sauf-conduit pour ses fidèles déjà réfugiés dans le château. Il ne fut autorisé à revenir en Normandie qu’en 1032, au plus tard, mais il resta plutôt à l’écart de la cour. Il signe des chartes à plusieurs abbayes pour confirmer leurs biens ou pour les restituer. Les abbayes de Fécamp et de Saint-Wandrille et la cathédrale Notre-Dame de Rouen figurent parmi les bénéficiaires de ces actes. Le duc poussa même quelques-uns de ses vassaux à le suivre dans ce mouvement.

Renouant avec les actions de son père Richard II, Robert fonda deux monastères. En premier lieu, l’abbaye de Cerisy. Cette fondation est pionnière puisqu’elle intervint dans l’ouest de la Normandie, une région dépourvue de monastères en dehors du Mont-Saint-Michel. Ensuite, en 1035, il refonda l’abbaye de Montivilliers en remplaçant les moines par des moniales. Dans ce domaine, il fut une nouvelle fois accompagné par des seigneurs du duché. Guillaume d’Arques et sa femme créèrent une abbaye d’hommes, la Trinité du Mont, et une abbaye de femmes, Saint Amand à Rouen. Onfroy de Vieilles installa des moines à Préaux alors qu’un simple chevalier Herluin pose les bases près de la Risle d’un monastère appelé à un grand avenir, Le Bec.

Enfin, peu après, le duc s’apprêtait à partir en pèlerinage à Jérusalem. Avant de partir, il rassembla les grands du duché à Fécamp. Il leur demanda de reconnaître comme hériter son jeune fils Guillaume âgé d’environ 7 ans. Les barons semblent avoir accepté la décision ducale sur le moment mais sûrement avec réticence. Ils reprochaient à Guillaume de ne pas être issu d’une union légitime. Mais Robert n’avait pas le choix, c’était son seul enfant masculin.

Il partit au début de l’année 1035 avec quelques barons comme le sénéchal Turstin, Odon Stigand et Drogon de Vexin, et prit la route terrestre pour rejoindre Rome. L’empereur byzantin Michel IV l’accueillit ensuite à Byzance. Le duc de Normandie parvint jusqu’à Jérusalem mais mourut l’été 1035 sur le chemin du retour, à Nicée. Il n’avait que 25 ans.

À l’image de ses prédécesseurs, il se montra un allié précieux et ennemi redoutable pour les princes voisins.

En 1031, le roi de France Robert le Pieux décéda. Son fils aîné Henri 1er lui succéda mais il se heurta à une révolte de son frère cadet Robert, appuyé par sa mère Constance d’Arles. Le comte de Blois Eudes II se mêla à l’opposition contre le nouveau roi. Face à une telle coalition, Henri 1er dut quitter le domaine royal et trouver refuge à Fécamp auprès du duc de Normandie. Ce dernier l’aida dans son entreprise de reconquête. Il demanda notamment à son oncle Mauger de Corbeil d’intervenir militairement au côté du roi. Le frère rebelle fut vaincu et demanda la paix tandis que Constance mourut en 1034. Pour prix de son appui, il aurait reçu la suzeraineté sur la partie du Vexin entre l’Epte et l’Oise.