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L’histoire pour le plaisir

Henri III dit le Noir

jeudi 31 août 2017 (Date de rédaction antérieure : 17 novembre 2011).

Henri III dit le Noir (1017-1056)

Empereur germanique de 1039 à 1056

Comme presque tous ses prédécesseurs, il était très jeune quand il accéda au trône. Il n’avait que 22 ans à la mort de son père.

Il fut le premier roi allemand qui n’eut pas à contraindre par les armes une partie de ses vassaux à le reconnaître. Il ne trouva partout que des sujets obéissants.

Les princes d’Italie et de Bourgogne vinrent spontanément lui rendre hommage. Seuls, les peuples de l’Est l’obligèrent à tirer l’épée dans les premières années de son règne.

En effet, l’État polonais était en décomposition. Tandis que Casimir, fils de Mieszko II, fuyait hors du pays et se réfugiait en Allemagne, une réaction éclatait surtout hostile à tout ce qui était allemand.

Le duc de Bohême Bretislav crut pouvoir tirer parti de ce désordre et fonder, à son profit, un grand royaume des Slaves de l’Ouest qui aurait englobé la Pologne.

Il négocia, en grand secret, avec le pape, dans le but d’obtenir que Prague fût élevée au rang d’un archevêché et qu’une couronne royale lui fût offerte, comme naguère au Hongrois Etienne. Ces démarches eurent pour seul résultat de le brouiller avec Henri III qui s’empara de Prague et contraignit la Bohême à reconnaître à nouveau la suzeraineté de l’Allemagne. Henri rétablit sur son trône le roi Pierre qui fit rentrer la Hongrie dans la voie qu’Etienne avait ouverte.

Dans les dernières années de sa vie, l’administration de l’empire lui valut beaucoup de fatigues et de soucis et les déceptions ne lui furent pas épargnées. En Hongrie, l’influence allemande sombrait de nouveau.

Andréas s’empara de la Marche d’Autriche et de la Carinthie [1]. Dans les années 1050-1052, il entreprit des campagnes qui n’eurent pas de résultat et le lien de vassalité de la Hongrie à l’égard de l’Allemagne se relâcha complètement.

La position de l’empereur en fut ébranlée, même en Allemagne. A l’ouest aussi, une menace se dessina. Le duc de Haute Lorraine, Godefroy le Barbu, était depuis des années en rébellion ouverte contre Henri et avait rassemblé autour de lui tous les ennemis occidentaux de l’empire, les comtes de Flandre, de Hollande. La haine de Godefroy venait de ce que, à la mort de son père, Henri ne lui avait pas permis de mettre la main sur tout l’héritage paternel. Lui abandonnant en fief la Haute Lorraine, il avait donné le reste du patrimoine, soit la Basse Lorraine, à son frère. Des querelles sauvages furent la conséquence de ce partage.

Puis vint le danger normand. Trop longtemps, objet de l’indulgence des papes et des empereurs, les Normands s’étaient fortifiés dans le sud de l’Italie, par des combats contre les Grecs, puis ils en étaient venus à opprimer les pays conquis. Robert Guiscard avait pris et dévasté le sud des Pouilles ; le pape Léon IX se vit ainsi contraint à prendre les armes contre lui, mais il fut fait prisonnier.

Le chancelier de l’empereur, Gebhard von Eichstätt, lui succéda sous le nom de Victor II. Il était, lui aussi, un prêtre distingué, bien résolu à affermir la réforme ecclésiastique, selon l’esprit de son prédécesseur. Avec sa collaboration, Henri, qui vint dans le Sud en 1055, établit en Italie un ordre nouveau. Il envoya la marquise Béatrice de Toscane captive en Allemagne, mais lui rendit bientôt la liberté parce qu’elle promit d’être une vassale loyale. Les biens pris à l’Église, en particulier ceux qui se trouvaient dans les terres de Béatrice, furent restitués et d’autres, comme les marquisats de Ferino et de Spolète y furent ajoutés. Les dangers de l’alliance entre la Toscane et la Lorraine avaient été évités. En revanche, l’empereur ne put résoudre la question normande. Le pire fut que, pendant qu’il était en Italie, de nouveaux troubles éclatèrent en Allemagne. Plusieurs de ses vassaux, soutenus par le roi de France, s’étaient soulevés contre le pouvoir impérial, puis, la situation s’était rétablie grâce à un enchaînement de circonstances heureuses et à l’attitude conciliante d’Henri. Mais, durant son séjour en Italie, toutes les questions litigieuses furent remises sur le tapis, si bien qu’à son retour, il dut se contenter d’apaiser ses adversaires.

Sa position en resta ébranlée, d’autant plus qu’en 1056, une grande armée saxonne fut battue par les Lusaciens [2]. Il n’en fallait pas davantage pour que les Slaves des bords de l’Elbe perdent beaucoup du respect qu’ils avaient, jusque-là, porté à la puissance allemande. C’est sur ces entrefaites qu’il mourut.

P.-S.

Source : Le petit mourre dictionnaire d’histoire universelle édition Bordas 2004 p627- wikipedia.org Portail Chronologie du duché de Souabe

Notes

[1] Le duché de Carinthie était un duché situé aux actuels sud de l’Autriche et nord de la Slovénie. Il fait partie du Saint-Empire romain germanique de 976 à sa dissolution en 1806. Au 7ème siècle, il appartient à la principauté de Carantanie (Karantania), de 788 à 843 à l’empire de Charlemagne puis au royaume franc de Louis II de Germanie. De 889 à 927, il est fief du duché de Bavière.

[2] La Lusace est une région du nord-est de l’Allemagne, aux confins de la Pologne (Silésie) et de la République tchèque (Bohême), à l’est de la Saxe et au sud du Brandebourg. On distingue deux parties : Haute Lusace et Basse Lusace. La Lusace est toujours habitée par la minorité slave des Sorabes dont les ancêtres, le peuple des Milceni s’installèrent sur ce territoire au 9ème siècle. La Lusace fut province hongroise de 1469 à 1490.