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Bruno d’Eguisheim-Dagsburg dit Léon IX

samedi 5 novembre 2016 (Date de rédaction antérieure : 16 novembre 2011).

Bruno d’Eguisheim-Dagsburg dit Léon IX (1002 - 1054)

Pape (1049-1054)

Né le 21 juin 1002, son père, le comte Hugues IV de Nordgau y possède un château familial remontant au 8ème siècle. Il y habite avec son épouse Hedwige de Dabo. C’est une dynastie qui peut se targuer d’être en parenté étroite avec les germaniques.

A l’âge de 5 ans, conformément à la tradition, l’enfant qui se révèle rapidement comme intelligent, travailleur, pieux et respectueux de son prochain est confié à la célèbre école cathédrale de Toul [1] en Lorraine où l’évêque Berthold se charge de son éducation. Ville dont il devint évêque le 9 septembre 1026 à l’âge de 24 ans.

Il se fait vite remarquer par son dynamisme et son souci de restaurer la discipline de son clergé ainsi que le niveau spirituel et intellectuel de son diocèse.

C’est lui que l’empereur d’Allemagne, Henri III, choisit comme pape à la diète de Worms [2] en décembre 1048, à la mort de Damase II.

Mais voulant obtenir le consentement du clergé et du peuple de Rome, il se rendit en pèlerin dans la ville sainte, où il fut intronisé le 12 février 1049 et prit le nom de Léon IX.

Pendant les 5 ans de son pontificat, il jettera les bases d’une Église retrouvant sa forme et son dynamisme apostolique et se libérant de la tutelle impériale. Il sera influencé et soutenu par l’abbaye de Cluny.

Il combattit énergiquement la simonie [3] et le nicolaïsme [4], il excommunia et déposa les évêques reconnus coupables et imposa aux prêtres infidèles à leur vocation de sévères pénitences et convoqua de nombreux synodes.

La fin de sa vie fut assombrie par la malheureuse expédition au sud de l’Italie contre les Normands [5] qui le retinrent prisonnier durant 9 mois à Bénévent [6], et par le schisme orthodoxe [7] qui se préparait.

Le grand mérite de Léon IX est d’avoir engagé l’Église dans la voie de la réforme. Il meurt le 19 avril 1054 à Rome et il sera canonisé par le pape Victor III en 1087.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte présenté et édité sous la direction de Michel Parisse, La vie du pape Léon IX : Brunon, évêque de Toul (trad. de Monique Goullet), Les Belles Lettres, 2009 (2e édition), (ISBN 978-2-251-34057-9)

Notes

[1] La cathédrale Saint-Étienne de Toul est un édifice de style gothique remarquable par sa façade occidentale, chef-d’œuvre du gothique flamboyant, et par son cloître gothique, le deuxième plus grand de ce style en France, et deux chapelles Renaissance. C’est, avec Notre-Dame-de-l’Annonciation de Nancy, l’une des deux cathédrales du diocèse de Nancy-Toul.

[2] La diète est une assemblée générale (une diète) des États du Saint Empire romain germanique. Elle s’est tenue à plusieurs reprises à Worms, petite ville bordée par le Rhin et située en Allemagne.

[3] Commerce de biens religieux ou de choses spirituelles, qui fut courant jusqu’à sa condamnation formelle par le concile de Trente.

[4] Le nicolaïsme désigne, dans le christianisme, et particulièrement dans l’Église latine du Moyen Âge, l’incontinence (mariage, concubinage, etc.) des clercs astreints au célibat

[5] La bataille de Civitate est une bataille du Moyen Âge. Elle a eu lieu le 18 juin 1053. Les Normands des comtes Onfroi d’Apulie et Richard 1er d’Aversa y ont défait les forces anti-normandes à Civitate, près de Foggia, dirigées notamment par le pape Léon IX et l’empereur germanique Henri III le Noir. Léon IX fut capturé et emprisonné.

[6] Ce puissant duché se rend très vite autonome par rapport au roi des Lombards, siégeant à Milan puis à Pavie et ne fut qu’épisodiquement soumis au pouvoir royal. En 662, le duc Grimoald devient roi des Lombards et rattache Bénévent au royaume lombard. La principauté de Bénévent tombe plus tard aux mains des Normands dirigés par le comte Drogon d’Apulie en 1047, avant d’être donnée à la Papauté en 1053. Elle devient dès lors possession papale jusqu’en 1806, quand Napoléon l’accorde à Talleyrand avec le titre de prince de Bénévent. Rendue au pape en 1814, elle est réunie au royaume d’Italie en 1860.

[7] La séparation des églises d’Orient et d’Occident est l’éloignement progressif puis la rupture entre les Églises qui était constitués de l’Empire romain et de ses États successeurs. Les grandes querelles christologiques avaient déjà commencé à éloigner Église d’Occident et Églises d’Orient bien avant la rupture. Des facteurs politiques, comme l’invasion normande des possessions byzantines d’Italie, ou socioculturels, comme l’aspiration de la papauté à dominer la scène politique, jouèrent au cours des siècles suivants un rôle au moins aussi important que les querelles théologiques, comme celle du Filioque. Une première rupture survient le 16 juillet 1054 entre l’Église de Rome et l’Église de Constantinople, lorsque le cardinal Humbert de Moyenmoutiers déposa sur le maître-autel de Sainte-Sophie une bulle excommuniant le patriarche Michel Cérulaire et ses proches collaborateurs, excommunication qui fut suivie de celle du cardinal et de ses assistants par le patriarche.