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L’histoire pour le plaisir

Hatchepsout

mardi 5 juillet 2022, par lucien jallamion

Hatchepsout (entre 1508 et 1495 av. jc)

Reine-pharaonne-Cinquième souveraine de la XVIIIème dynastie

Hatchepsout est probablement née à Thèbes [1]. Fille du pharaon Thoutmôsis 1er et de la Grande épouse royale Ahmès . Son époux est Thoutmôsis II, fils de Thoutmôsis 1er et d’une épouse secondaire, Moutnofret 1ère . Le couple a une fille, Néférourê .

Au moment de sa naissance, ses parents Thoutmôsis et Ahmès, appartenant probablement à une branche latérale de la royauté, ne font pas partie de la famille royale. Ainsi, Thoutmôsis n’est pas désigné officiellement comme héritier du pharaon Amenhotep 1er . Dès sa naissance, la petite Hatchepsout est confiée au soin d’une nourrice, Sat-Rê.

Alors qu’Hatchepsout a 8 ou 9 ans, le pharaon Amenhotep 1er disparaît sans descendance.

Son père Thoutmôsis devient roi, peut-être désigné héritier par Amenhotep 1er lui-même. À moins qu’il n’ait été choisi par la mère de celui-ci, la reine douairière Ahmès-Néfertary, représentée à côté du nouveau pharaon et de sa reine sur la stèle commémorant l’événement. Selon le décret officiel envoyé au vice-roi Touri, il monte sur le trône le 21ème jour du 3ème mois de Peret [2].

Hatchepsout, devenue princesse royale, suit les leçons données par des précepteurs. Son père choisit Ahmès Pen-Nekhbet , soldat valeureux ayant servi dans les campagnes militaires du pharaon Amenhotep 1er.

D’esprit vif, Hatchepsout acquiert une maturité qui incite son père à la préparer à jouer un rôle important dans la vie du royaume.

Lors de la seconde année du règne, Thoutmôsis 1er entreprend une expédition au royaume de Koush [3].

Après que Thoutmôsis a réprimé des troubles en Asie, le père et la fille entament un pèlerinage dans les sanctuaires autour de Memphis [4] et finissent à Héliopolis [5]. L’accueil de la princesse dans ces temples semble la désigner comme héritière, Thoutmôsis l’associant à certaines fonctions royales.

Vers l’an VII du roi Thoutmôsis 1er, Hatchepsout épouse son demi-frère Thoutmôsis. Consenti ou imposé à la demande de Moutnofret 1ère, la seconde épouse de Thoutmôsis 1er, ce mariage assure la légitimité de Thoutmôsis II à monter sur le trône après le décès de leur père et fait d’Hatchepsout la future Grande épouse royale.

Vers l’an X ou XI du règne de son père, Hatchepsout met au monde une petite fille, Néférourê. À la demande du roi Thoutmôsis 1er, l’enfant est confiée, comme sa mère, au soin de Ahmès Pen-Nekhbet . À la même époque, Iset, l’épouse secondaire de Thoutmôsis II, met au monde le futur Thoutmôsis III.

Après 12 ans et neuf mois de règne, Thoutmôsis 1er meurt sans que la date de sa mort soit connue.

Peu d’événements sont rapportés concernant l’action de Thoutmôsis II lors de son règne. Après la mort de leur père, il participe à une expédition contre les bédouins.

La présence d’Hatchepsout se retrouve sur les rares monuments réellement contemporains de Thoutmôsis II, elle y est nommée dame de la terre entière, maîtresse du double pays. Elle préside les cérémonies religieuses en tant qu’Épouse du dieu. Les documents de cette époque la montrent à l’égal du roi, imposant sa fille aînée Néférourê comme héritière.

Thoutmôsis II, sans doute d’une santé fragile, disparaît jeune, après un règne qui ne dépasse pas 3 ans

Après la mort de son royal époux, le fils de celui-ci, Thoutmôsis III, est intronisé puis couronné roi de Haute [6] et Basse Égypte [7]. Hatchepsout ne s’oppose pas au couronnement de ce jeune enfant de 5 ans. En tant que Grande épouse royale de l’ancien roi, elle devient régente du royaume.

Hatchepsout monte sur le trône vers 1478 av. jc. Elle règne conjointement avec Thoutmôsis III, le fils de son époux et d’une épouse secondaire de celui-ci, Iset.

Elle s’installe dans un ancien palais de son père, sur la rive droite du Nil, à Thèbes. Situé à proximité du temple d’Amon.

Hatchepsout poursuit les projets initiés sous le règne de Thoutmôsis II. En particulier, elle fait ériger deux obélisques à la gloire d’Amon à Karnak [8] qui portent sur les côtés les deux noms de l’enfant-roi et de la régente. Le projet est supervisé par l’architecte Sénènmout . Un bloc de granit montre Sénènmout, trésorier du roi et Grand intendant, informant Hatchepsout du début des travaux. Celle-ci porte une robe longue et les hautes plumes marquant son statut de Grande épouse.

À l’an II, elle fait creuser une petite chapelle rupestre dans le roc de Qasr Ibrim [9]. Hatchepsout et Thoutmôsis III y sont représentés, accompagnés de Horus et de Satis , déesse d’Éléphantine [10].

Dans le même temps, Hatchepsout fait restaurer le temple dédié à Horus à Bouhen [11], qui avait souffert de l’occupation des Hyksôs [12]. Construit au nom du roi Thoutmôsis III, la reine régente y est représentée habillée d’une longue robe fourreau, mais aussi vêtue d’un pagne pour accomplir la course de couronnement du souverain.

Les temples de Semna [13] sont également partiellement restaurés au nom de Thoutmôsis III. Représenté en adulte, il y reçoit la confirmation de ses droits au trône de la part de Sésostris III divinisé.

Dans le Sinaï [14], une stèle, au nom des deux corégents et datant de l’an V, commémore la réouverture des mines de turquoise.

En Nubie [15], la reine régente réprime des troubles. Il semble que cette répression ait été dirigée par Hatchepsout en personne.

Ainsi, Hatchepsout assure fermement la régence mais dans le respect de la personne du jeune roi. Elle adopte le nom de Maâtkarê, roi de Haute et Basse Égypte, mais réserve au roi le nom protocolaire de Sa-Rê, fils du soleil. Elle exerce le pouvoir mais conjointement avec Thoutmôsis III.

Durant cette période de régence, la reine douairière Ahmès, mère d’Hatchepsout disparaît. Les murs de la Chapelle rouge rapportent le couronnement d’Hatchepsout. La date exacte de ce couronnement est inconnue.

Détenant déjà tous les pouvoirs en tant que régente, les raisons de son couronnement ne sont pas claires. La présence d’une faction d’opposants politiques ou des désordres dans le nord du pays ont peut-être justifiés la nécessité de cette confirmation de sa position.

Manéthon lui attribue un règne de 21 ans et neuf mois. Flavius Josèphe et Sextus Julius Africanus, reprenant les textes de Manéthon, lui donnent un règne de 21 ans pour le premier, et 22 ans pour le deuxième.

Les archives de la fin du règne d’Hatchepsout indiquent que la première campagne majeure de Thoutmôsis III est datée de sa 22ème année, qui correspondrait à la 22ème année du règne d’Hatchepsout comme pharaon.

Selon toute vraisemblance, le règne d’Hatchepsout est pacifique, bien qu’en l’an XII elle doit mater une rébellion nubienne au niveau de la deuxième cataracte. Même si la majorité de ses constructions en Nubie sont détruites sous ses successeurs, il subsiste quelques traces de son passage à Kasr Ibrîm et à Bouhen. La politique étrangère de la reine se caractérise surtout par des expéditions commerciales. Ainsi, dans le Château des Millions d’année, les bas-reliefs illustrent une expédition envoyée au Pays de Pount [16], en l’an VIII/IX du règne. Du Liban [17], ses caravanes rapportent le bois de cèdre nécessaire à la construction des bateaux ; une expédition vers le Sinaï permet d’exploiter les mines de cuivre et de turquoise.

Durant son règne, Hatchepsout rétablit les routes commerciales perturbées pendant l’occupation de l’Égypte par les Hyksôs durant la Deuxième Période intermédiaire égyptienne, accroissant ainsi la richesse de la XVIIIème dynastie.

Hatchepsout est l’une des plus prolifiques bâtisseuses de l’ancienne Égypte, initiant plusieurs centaines de projets en Haute et Basse Égypte. Ses réalisations sont probablement plus grandioses et plus nombreuses que celles de ses prédécesseurs du Moyen Empire égyptien.

Aucune indication contemporaine n’indique la cause de sa mort.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Hatshepsut »

Notes

[1] Thèbes (aujourd’hui Louxor) est le nom grec de la ville d’Égypte antique Ouaset (« Le sceptre » ou « La Puissante »), appartenant au quatrième nome de Haute Égypte. D’abord obscure capitale de province, elle prend une importance nationale à partir de la XIème dynastie. Elle est en effet la ville d’origine des dynastes de la famille des Antef, qui fondent la XIème dynastie avec Montouhotep 1er et Montouhotep II, liquidateurs de la Première Période Intermédiaire et rassembleurs des Deux Terres, c’est-à-dire de la Haute Égypte et de la Basse Égypte.

[2] Peret (ou Perit) désignait, dans l’Égypte antique, la deuxième saison du calendrier nilotique (basé sur la crue du Nil). Saison fraiche correspondant à la décrue du fleuve, elle est la saison de la levée des cultures.

[3] Le royaume de Koush est l’appellation que les Égyptiens antiques donnèrent au royaume qui s’établit au sud de leur pays dès l’Ancien Empire. Ce royaume eut une longévité peu commune et trouve ses origines dans les cultures néolithiques qui se développèrent dans le couloir nilotique du Soudan actuel et de la Nubie égyptienne. On a longtemps considéré cette culture à l’aune de la civilisation égyptienne et de ce fait peu d’études eurent lieu à son sujet, la reléguant alors soit au stade d’une principauté dépendante du royaume des pharaons ou encore à celui d’un avatar de cette civilisation, ne lui reconnaissant donc aucune spécificité voire une valeur relative.

[4] Memphis est à l’origine le nom de Memphis, princesse de la mythologie grecque, qui aurait fondé une ville en Égypte à laquelle elle aurait donné son nom. Memphis était la capitale du premier nome de Basse Égypte, le nome de la Muraille blanche. Ses vestiges se situent près des villes de Mit-Rahineh et d’Helwan, au sud du Caire.

[5] Héliopolis (la « ville du Soleil », aujourd’hui arabe Aîn-ech-Chams) est le nom donné par les Grecs à la ville antique de Onou (ou Iounou) dans le delta du Nil. Elle était la capitale du treizième nome de Basse Égypte. Les premières constructions datent du 27ème siècle avant notre ère.

[6] La Haute-Égypte est la partie sud de l’actuelle Égypte. De tout temps, le Nil ayant été l’axe de préoccupation principal des Égyptiens, c’est donc à lui que fait référence le qualificatif haut. Le Nil prenant sa source en Afrique centrale (dans la région des Grands Lacs) et se jetant dans la mer Méditerranée dans le delta au nord, il est logique (selon la loi de l’écoulement des fleuves) que le sud du pays soit plus élevé que le nord. C’est pourquoi la Haute Égypte correspond à la partie méridionale du pays, de la région d’Aphroditopolis (au sud de Memphis) jusqu’au haut barrage d’Assouan, près de la première cataracte, c’est-à-dire à la frontière nord de la Basse Nubie.

[7] L’Égypte se définit essentiellement par rapport au Nil. La Basse Égypte est donc « basse » par référence au sens de l’écoulement du fleuve (du sud, plus haut, vers le nord, en aval) et donc à son altitude. Son relief est également peu accusé. C’est la partie la plus au nord de l’Égypte, depuis la Méditerranée, avec le delta du Nil, jusqu’à la région du Fayoum avec Le Caire.

[8] Le complexe religieux de Karnak abusivement appelé temple de Karnak ou tout simplement Karnak comprend un vaste ensemble de ruines de temples, chapelles, pylônes, et d’autres bâtiments situés au nord de Thèbes, aujourd’hui la ville de Louxor, en Égypte, sur la rive droite du Nil. Le complexe de Karnak, reconstruit et développé pendant plus de 2 000 ans par les pharaons successifs, de Sésostris 1er au Moyen Empire à l’époque ptolémaïque, s’étend sur plus de deux km², et est composé de trois enceintes. Il est le plus grand complexe religieux de toute l’Antiquité. Temple le plus important de la XVIIIème dynastie, il était consacré à la triade thébaine avec à sa tête le dieu Amon-Rê. Le complexe était relié au temple de Louxor par une allée de sphinx de près de trois kilomètres de long.

[9] Qasr Ibrim est un site archéologique de Basse Nubie situé à 240 km d’Assouan et à 50 km de la frontière soudano égyptienne sur la rive droite du Nil. La ville fortifiée occupait une falaise surplombant le fleuve de 60 m, elle dominait le site d’Aniba, situé sur la rive opposée, siège du gouverneur de la province de Wava à l’époque pharaonique.

[10] L’île Éléphantine est une île d’Égypte située sur le Nil, en face du centre-ville d’Assouan dont elle fait partie. Elle constitue une des nombreuses îles et rochers qui forment la première cataracte du Nil. Dans l’Égypte antique, l’île était une ville, capitale du premier nome de Haute Égypte, celui « du Pays de l’arc » ou « du Pays de Nubie » (tA-sty).

[11] Bouhen est le site d’une des forteresses établies en Nubie par les pharaons pour défendre leur frontière méridionale et contrôler les routes commerciales qui passaient par le Nil depuis le Soudan.

[12] Les Hyksôs formaient autrefois un groupe pluriethnique vivant dans l’Asie de l’ouest. Selon l’historiographie officielle du Nouvel Empire, relayée ensuite par Manéthon, ces étrangers comme semble l’indiquer leur nom égyptien arrivèrent à l’est du delta du Nil au cours de la Deuxième Période intermédiaire. Toujours selon cette version officielle, ils chassèrent les dirigeants de la XIVème dynastie, qui siégeaient à Avaris, et fondèrent les XVème et XVIème dynasties d’Égypte entre le 18ème siècle av. jc et le 16ème siècle av. jc selon les chronologies envisagées, régnant sur la Basse et la Moyenne Égypte durant plus d’un siècle.

[13] À près de 500 kilomètres au sud d’Assouan, en territoire nubien, les forteresses de Semna forment un des bastions les plus méridionaux de la colonisation égyptienne. Cette citadelle formait une barrière permettant de contrôler le trafic maritime entre la 2ème et la 3ème cataracte et était composée de plusieurs forteresses

[14] Le Sinaï est une péninsule égyptienne d’environ 60 000 km², à la forme triangulaire et située entre la mer Méditerranée (au nord) et la mer Rouge (au sud). Elle est géographiquement située en Asie du Sud-Ouest. Sa frontière terrestre longe le canal de Suez à l’ouest et la frontière entre l’Égypte et Israël et la bande de Gaza au nord-est.

[15] La Nubie est aujourd’hui une région du nord du Soudan et du sud de l’Égypte, longeant le Nil. Dans l’Antiquité, la Nubie était un royaume indépendant dont les habitants parlaient des dialectes apparentés aux langues couchitiques. Le birgid, un dialecte particulier, était parlé jusqu’au début des années 1970 au nord du Nyala au Soudan, dans le Darfour. L’ancien nubien était utilisé dans la plupart des textes religieux entre les 8ème et 9ème siècles.

[16] Le Pays de Pount, également appelé Ta Nétjer qui signifie « Pays du dieu », est un site commercial qui apparaît dans les récits de l’Égypte antique, dont la localisation est encore incertaine. La majorité des auteurs situent aujourd’hui le site sur la côte africaine de la mer Rouge, allant des confins érythréo-soudanais au nord de l’actuelle Somalie. D’autres plus rares ont proposé une localisation de part et d’autre de la mer Rouge incluant le sud de la péninsule arabique, ou encore le Levant.

[17] Le Liban est un État du Proche-Orient. En grande partie montagneux, il partage ses frontières avec la Syrie au nord et à l’est sur 376 km, Israël au sud sur 79 km et Chypre à l’ouest, au large de ses 220 km de côtes dans le bassin Levantin (partie orientale de la mer Méditerranée). Beyrouth en est la capitale et la plus grande ville.