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Les gendarmes d’élite et d’ordonnance

vendredi 31 mars 2023, par lucien jallamion (Date de rédaction antérieure : 8 février 2021).

Les gendarmes d’élite et d’ordonnance

Les gendarmes d’élite

 Conçue pour la garde des palais et des quartier généraux, la légion de gendarmerie d’élite avait été formée le 29 juillet 1804. Elle possédait un état-major, 2 escadrons à 2 compagnies chacun et un demi-bataillon de 2 compagnies à pied, qui fournissaient un effectif total de 632 gendarmes. A partir de 1806, il n’y eut plus que 2 escadrons alignant 456 cavaliers.   Le service ordinaire comprenait : 2 piquets à cheval aux Tuileries [1] et à la Malmaison [2], qui devait servir d’estafettes ou de patrouilles précédant la voiture de l’Empereur.   Un poste à pied sur la terrasse des Tuileries du côté des jardins ouverts au public et 2 postes à la prison d’Etat de la tour du Temple [3].

En service extraordinaire, la gendarmerie d’élite assurait des missions de sécurité telles que l’escorte du pape et le cortège du sacre. La sûreté de l’Empereur et de sa suite, sur les routes, lui incombait également.   Arrivés sur le champ de bataille, les gendarmes d’élite combattaient avec la cavalerie de la Garde. Ils avaient ensuite la garde des prisonniers et des trophées lors de leur présentation à l’Empereur.


Les gendarmes d’ordonnance

C’est en septembre 1806 que Napoléon accorda aux jeunes gens rentrés d’émigration l’honneur fort recherché d’entrer dans sa Garde. Encore fallait-il qu’ils eussent assez de fortune pour s’équiper, s’acheter un cheval et faire la route à leurs frais jusqu’à Mayence [4].   L’arrivée de cette cohorte d’aristocrates élégants fut fort mal acceptée par l’armée tout entière. Les 3 premières compagnies combattirent avec honneur, mais sans beaucoup de brio semble-t-il.   La 4ème compagnie arriva en Allemagne juste à temps pour apprendre la dissolution du Corps le 12 juillet 1807.   Une première compagnie à pied exista nominalement mais fut dissoute en avril 1807, faute d’éléments, les riches volontaires préférant tous la caracolante cavalerie.

Notes

[1] Le palais des Tuileries est un ancien palais parisien, aujourd’hui détruit, dont la construction commença en 1564 sous l’impulsion de Catherine de Médicis, à l’emplacement occupé auparavant par l’une des trois fabriques de tuiles établies en 1372 à côté de l’hôpital des Quinze-Vingts, non loin du vieux Louvre. Agrandi au fil du temps et unifié avec le palais du Louvre en 1860, il disposait d’une immense façade (266 mètres de long pour le palais disparu, et environ 328 mètres si on compte les pavillons de Flore et de Marsan qui subsistent) et il était le point focal du grand axe historique de Paris conçu à partir de ce palais. Il a été la résidence royale à Paris de nombreux souverains (Henri IV, Louis XIV, Louis XV, Louis XVI mais aussi Louis XVIII, Charles X puis Louis Philippe), et impériale (Napoléon 1er puis Napoléon III). Entretemps il a aussi été le siège de la Première République et du Consulat. Son rôle de siège officiel du pouvoir français fut interrompu par sa destruction par un incendie volontaire le 23 mai 1871, allumé par les communards Jules-Henri-Marius Bergeret, Victor Bénot et Étienne Boudin. Les ruines du palais des Tuileries furent abattues en 1883, les présidents de la Troisième République étant alors installés dans le palais de l’Élysée.

[2] Le château de Malmaison est situé dans la commune de Rueil-Malmaison dans le département des Hauts-de-Seine. Le château entre dans l’histoire de France pendant le Directoire, lorsque Joséphine de Beauharnais, épouse de Napoléon Bonaparte, l’achète le 21 avril 1799 pour la somme de 325 000 francs de l’époque, à Le Couteulx du Molay, sur les conseils de Jean Chanorier. C’est Ouvrard qui consent à Joséphine des prêts pour cet achat. Bonaparte le reprend à son compte après le coup d’État du 18 Brumaire, probablement avec des fonds provenant de la première campagne d’Italie.L’acquisition porte sur le château, ses dépendances et le domaine attenant, qui s’étend sur quelque 260 hectares. Napoléon 1er demande aux architectes Charles Percier et Pierre Fontaine de rénover et redécorer la bâtisse au goût du jour. Fontaine conçoit un grand projet de reconstruction du château ; ambition qui sera freinée par l’Empereur, préférant une simple rénovation. Le château est même le cœur du gouvernement français (avec les Tuileries) pendant le Consulat et Napoléon y séjourne régulièrement jusqu’en 1804 avant de choisir le château de Saint-Cloud, plus digne de son nouveau rang. Il y vient encore jusqu’à son divorce d’avec Joséphine en 1809. Joséphine reçoit alors une pension de 2 millions de livres par an et La Malmaison en toute propriété. Dès lors, le château devient la demeure principale de Joséphine. Après son divorce, elle y mène une vie désœuvrée sans Bonaparte, qui lui rend visite régulièrement. Elle y reçoit le tsar Alexandre 1er de Russie, le 28 mai 1814, la veille de sa mort. Elle est inhumée dans l’église Saint Pierre Saint Paul de Rueil-Malmaison.

[3] La tour du Temple et son enclos constituaient la maison du Temple, ancienne forteresse parisienne située dans le nord du Marais, au sein du 3ème arrondissement de Paris. Construite par les Templiers à partir de 1240, pendant le règne de saint Louis, elle devint par la suite une prison. Elle doit sa célébrité au fait qu’elle servit de geôle à Louis XVI et à la famille royale de 1792 à 1795 et que le dauphin Louis-Charles de France âgé de 10 ans (Louis XVII pour ses partisans) y est mort. Devenue lieu de pèlerinage royaliste dès le début du 19ème siècle, la tour du Temple fut pour cette raison détruite sur ordre de Napoléon Ier en 1808.

[4] Mayence fut, de 1619 à 1918, une forteresse et une ville de garnison. La présence des militaires et les fortifications étendues ont fortement marqué la vie des citoyens mayençais. En raison de sa position stratégiquement favorable, Mayence a joué un grand rôle dans le passé : d’un côté à l’autre de la frontière, on l’appelait le boulevard de la France ou das Bollwerk Deutschlands. La citadelle, une place forte érigée vers l’an 1619, fut transformée au cours des siècles en une véritable forteresse par les archevêques de Mayence. En particulier, Mayence fut successivement forteresse fédérale puis forteresse impériale. Plusieurs casernes et ouvrages de fortification subsistent encore aujourd’hui en ville. De nombreux noms de rue renvoient au passé de ville-forteresse. La citadelle de Mayence, principal vestige de la forteresse, est considérée comme un des édifices historiques importants de la métropole rhénane.