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1806 du 15 février à la Bataille de Iéna

jeudi 28 mars 2024, par lucien jallamion (Date de rédaction antérieure : 27 juillet 2021).

1806 du 15 février à la Bataille de Iéna

Le 15 février 1806 Joseph Bonaparte est proclamé roi de Naples [1]. Il avait refusé la couronne d’Italie l’année précédente mais il accepte avec plaisir celle de Naples.

Mais il devra la quitter, l’année suivante, sur ordre de son frère Napoléon qui vient de faire de lui un roi d’Espagne [2]

Le 17 février 1806, le gouvernement par un décret décide la construction d’un arc de triomphe à Paris. Il est décidé que l’Arc de triomphe sera élevé sur la colline de Chaillot [3], tandis qu’un autre se dressera place du Carrousel [4] pour célébrer la gloire des armées de Napoléon Bonaparte .

Charles Percier et Pierre Fontaine sont chargés de celui du Carrousel et Jean-François Chalgrin construit celui de l’Etoile. 

Le 18 mars 1806, le premier conseil des prud’hommes est institué [5] par une loi promulguée par Napoléon 1er et complétée par un décret du 3 juillet.

Il s’agit d’implanter ces tribunaux, destinés à arbitrer les litiges entre maîtres et ouvriers, dans les villes de fabriques où le gouvernement le jugera convenable.

Lyon [6], qui dispose avant même la Révolution d’une institution chargée de régler les différends entre fabricants de soieries et ouvriers, sert d’exemple. En 1813, 26 conseils sont recensés à travers le pays, on en compte 75 au milieu du 19ème siècle.

Pour autant, l’origine des prud’hommes est bien antérieure à l’Empire. Déjà, sous Saint Louis, des probi-homines [7], règlent les problèmes entre gens de métiers. En 1296, Philippe le Bel crée à Paris un corps de prud’hommes placé hiérarchiquement entre les échevins [8] et le prévôt des marchands [9] pour régler les problèmes entre artisans ou commerçants. Sous l’Ancien Régime, le système se développe au sein des corporations, mais sans véritable unité d’une région à l’autre, des édiles municipaux, des juges issus de tribunaux ordinaires, des commissaires de police ou encore des experts peuvent être amenés à trancher.

Le 30 mars 1806 Joseph Bonaparte est proclamé roi de Naples et des Deux-Siciles. 

Le 10 mai 1806 sera créée l’Université impériale. Dès 1806 l’idée se fait jour de créer une sorte de congrégation d’enseignants, qui reprendrait le nom d’Université. Or, depuis un décret en date du 15 septembre 1793, les universités avaient disparues en France, la Convention leur préférant de grandes écoles spéciales comme le conservatoire des arts et métiers ou l’école des Beaux-Arts.

Un projet de loi est donc proposé le 6 mai 1806 : Art. 1er : Il sera formé, sous le nom d’Université impériale un corps chargé exclusivement de l’enseignement et de l’éducation publics dans tout l’Empire.

Art. 2. : Les membres du corps enseignant contracteront des obligations civiles, spéciales et temporaires.

Art. 3 : L’organisation du corps enseignant sera présentée en forme de loi du Corps législatif à sa session de 1810.. Bien que les termes de ce projet soient volontairement peu précis pour ne pas heurter les susceptibilités, il s’agit là de créer une université d’Etat qui pourra jouir du monopole de l’enseignement, intégrer en son sein tous les établissements et disposer d’un corps enseignant totalement dévoué.

Cette loi sera complétée le 17 mars 1808. Ainsi il est décidé que :

Art. 1er : L’enseignement public dans tout l’Empire est confié exclusivement à l’Université.

Art. 2 : Aucune école, aucun établissement quelconque d’instruction ne peut être formé hors de l’Université et sans l’autorisation de son chef.

Art. 3 : Nul ne peut ouvrir d’école, ni enseigner publiquement, sans être membre de l’Université, et gradué par l’une de ses facultés. Néanmoins, l’instruction dans les séminaires dépend des archevêques et évêques, chacun dans son diocèse ….

Art. 38. Toutes les écoles de l’Université prendront pour base de leur enseignement : 1) les préceptes de la religion catholique ; 2) la fidélité à l’Empereur, à la monarchie impériale dépositaire du bonheur des peuples, et à la dynastie napoléonienne conservatrice de l’unité de la France et de toutes les idées libérales proclamées par les Constitutions…

Elle est chargée exclusivement de l’éducation des garçons et c’est le poète et critique louis de Fontanes dirigeant du Mercure [10] , qui en devient le grand maître [11]

14 octobre 1806, Napoléon bat les Prussiens à Iéna et les Saxons à Auerstadt.

Notes

[1] Le Royaume de Naples (1806-1815) fut le premier État européen à avoir connu comme souverain un membre de la famille de Napoléon 1er. Les troupes napoléoniennes, sous le commandement en chef du frère de Napoléon Joseph Bonaparte, chassèrent les Bourbons en 1806. Devenu roi de Naples par décret impérial le 30 mars 1806 sous le nom de Joseph Napoléon, celui-ci tenta de se faire aimer de son peuple, réforma l’administration et les finances, abolit la féodalité, mais se heurta à une partie de la noblesse. Sur ordre de Napoléon, il remit son royaume à son beau-frère Joachim Murat le 5 juillet 1808. Sous le nom de Joachim Napoléon ou Joachim 1er, ce dernier régna jusqu’en 1815. Il s’avéra être un roi consciencieux qui introduisit des réformes économiques, réorganisa une armée, mais dont les relations difficiles avec Napoléon l’amenèrent à jouer un double jeu avec l’Autriche. Cette combinaison se solda par la perte de son royaume et son exécution le 13 octobre 1815. Le royaume napoléonien de Naples disparut et l’ex-roi Ferdinand IV, restauré, régna à nouveau sous le nom de Ferdinand 1er des Deux-Siciles.

[2] Le royaume d’Espagne est un État satellite du Premier Empire français établi entre 1808 et 1813 sous le règne de Joseph Bonaparte, frère de Napoléon 1er. Il remplace le royaume d’Espagne des Bourbons, duquel il conserve le territoire à l’exception de la Catalogne annexée à la France. Tout au long de son règne, José Primer affronte la guérilla des Espagnols et provoque même l’intervention de la France pour lutter contre les mouvements insurrectionnels. La victoire décisive des forces britanniques, à Vitoria, le 21 juin 1813, sur la Grande Armée provoque la chute du régime et la fuite du roi. La Maison de Bourbon est alors rétablie ainsi que le Royaume d’Espagne précédent.

[3] La colline de Chaillot est située à Paris, pour sa plus grande partie dans le 16e arrondissement. Sa partie centrale de la place du Trocadéro dominant les jardins du Trocadéro est occupée successivement par le château de Chaillot, le couvent des Visitandines de Chaillot détruit en 1794, le palais du Trocadéro (1878-1935) puis par le palais de Chaillot (depuis 1935).

[4] La place du Carrousel est une place de Paris située entre les ailes Denon et Richelieu du palais du Louvre, à l’ouest de la pyramide. Avant le 17ème, le lieu était constitué d’un terrain vague pris entre le palais des Tuileries et l’enceinte de Charles V, rendue inutile au 16ème par la construction de l’enceinte des Fossés Jaunes plus à l’ouest. En 1600, un jardin, dit « de Mademoiselle » en référence à Marie de Bourbon-Montpensier, y est aménagé. Il est détruit en 1655. La place est créée en 1662 pour permettre la tenue du carrousel qui lui donne son nom. D’une taille plus modeste qu’aujourd’hui, la place du Carrousel se trouvait entre l’hôtel de Longueville et la cour du palais des Tuileries, qui était fermée par une grille. Edmond et Jules de Goncourt y situent l’hôtel particulier où Louise-Julie-Constance de Brionne tint salon au 18ème siècle. Pendant la Révolution, la place est renommée « place de la Fraternité ». L’arc de triomphe du Carrousel est édifié entre 1806 et 1808 pour servir d’entrée d’honneur au palais des Tuileries

[5] Source : Historia mensuel - 01/06/2006 - N° 714 - Rubrique Retour sur l’Histoire

[6] Lyon est une commune française située dans le quart sud-est de la France, au confluent du Rhône et de la Saône. À partir des années 1630, la tolérance règne et est même soutenue par l’archevêque Camille de Neufville de Villeroy sous son épiscopat de 1653 à 1693. Vers 1630, sous l’impulsion du collège des jésuites (actuel lycée Ampère), Lyon devient un centre intellectuel de la République des Lettres. La richesse des notables lyonnais en fait des amateurs éclairés de tableaux, médailles, et livres. La ville s’embellit avec la construction de l’hôtel de ville ; et Lyon bénéficie des largesses royales grâce à sa fidélité à la couronne lors de la Fronde. Dans le dernier quart de ce siècle, la fabrique de soie accapare l’essentiel des forces économiques de la ville au détriment du négoce et de la banque, laissés aux étrangers Genevois, Lombards, Toscans et Suisses. Au 18ème siècle, la ville de Lyon est à l’étroit dans ses frontières historiques. En effet, la ville se limite à l’actuelle presqu’île et au Vieux Lyon. Les pentes de Fourvière et de La Croix-Rousse sont inconstructibles car il s’agit de terrains appartenant à l’Église, et la rive gauche l’est également dans sa grande majorité (à l’exception du faubourg de La Guillotière) car elle est située en zone inondable (Brotteaux). C’est ce qui explique la propension des immeubles lyonnais de l’époque à gagner en hauteur. Dans la seconde moitié du 18ème siècle, un architecte puis un ingénieur vont mettre en place des plans pharaoniques pour agrandir la ville de Lyon. Morand, tout d’abord, prévoit d’assécher une partie des marais de la rive gauche et de lotir ces terrains suivant un plan en damier. Il relie ce nouveau quartier à la Presqu’île par un pont, le pont Morand. Le deuxième projet est celui de Perrache, ambitionnant de doubler la surface de la presqu’île en l’étendant au sud. Il met ce projet à exécution, mais n’a pas le temps de le lotir et le quartier projeté n’est pas construit.

[7] des hommes probes

[8] Les échevins de Paris sont les assesseurs du prévôt des marchands et siègent avec lui à l’hôtel de ville. La Révolution française de 1789 abolit les échevins et transporte leurs attributions aux maires et aux conseils municipaux.

[9] Sous l’Ancien Régime, le prévôt des marchands de Paris, assisté de quatre échevins, s’occupait de l’approvisionnement de la ville, des travaux publics, de l’assiette des impôts et avait la juridiction sur le commerce fluvial. Il était élu tous les deux ans et son rôle se rapprochait de celui d’un maire de Paris. Cette institution succède sous Saint Louis à une corporation, la Hanse parisienne des marchands de l’eau. La prévôté des marchands de Paris a été instituée sous Philippe Auguste, mais le premier prévôt dont le nom nous soit connu est Evrard (ou Evrouin) de Valenciennes, mentionné sous Saint Louis, dans un texte d’avril 1263. Le poste a été supprimé après la prévôté d’Étienne Marcel et la révolte des Maillotins, en 1383. Rétabli en 1412, il n’a plus joué de rôle politique jusqu’à sa disparition en 1789.

[10] Le Mercure de France est une revue française, fondée en 1672 et disparue en 1965 d’abord publiée sous le nom de Mercure galant, qui a évolué en plusieurs étapes avant de devenir une maison d’édition à la fin du 19ème siècle, grâce à Alfred Vallette. Dans l’esprit, le Mercure galant faisait suite au Mercure françois fondé par Jean et Estienne Richer au début du 17ème siècle, qui, publié de 1611 à 1648, fut la première revue française à voir le jour.

[11] En France, durant la première moitié du 19ème siècle, grand-maître de l’Université est une fonction et un titre associé au chef de l’Université de France.