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Georges II de la Trémoille dit le sire de Craon

jeudi 7 mai 2020, par ljallamion

Georges II de la Trémoille dit le sire de Craon (vers 1437-1481)

Gentilhomme et homme de guerre français-Seigneur de Craon et de Jonvelle-Comte de Ligny

Blason de la Famille de La Trémoille. (source : Jimmy44)Il est fait chevalier de l’ordre de Saint-Michel [1] lors de la première promotion en 1469.

Nommé gouverneur de Touraine [2] en 1474 par Louis XI, puis lieutenant général [3] de Champagne [4] et de Brie [5] la même année. Il est nommé gouverneur de Bourgogne [6] en 1477.

Fils cadet de Georges 1er de La Trémoille, ancien grand chambellan [7] du roi Charles VII, et de Catherine de l’Isle-Bouchard, marraine du dauphin Louis, futur Louis XI. Georges de La Trémoille descend de la maison de La Trémoille [8].

Après la mort de son père, il entre en possession, en 1447, des terres de famille situées en Bourgogne, et se rend à la cour de Philippe le Bon, rentrant à son service.

En 1457, son frère aîné Louis 1er de La Trémoille , en présence de leur mère Catherine de l’Isle-Bouchard, lui cède les seigneuries de Châteauneuf-sur-Sarthe [9] et de Craon [10].

Il épouse le 8 novembre 1464 Marie de Montauban , fille de Jean de Montauban , amiral de France [11] et veuve de Louis 1er de Rohan-Guéméné qu’elle a empoisonné, réussissant toutefois à échapper à la justice. Mais son inconduite notoire fait que Louis XI lui-même intervient, autorisant le mari à tenir sa femme enclose et emmurée en quelque lieu sûr, après qu’elle a tenté d’empoisonner son second mari, avec l’aide de son amant Ambroise Rochelle, qui sera décapité en place publique à Tours. Elle meurt en prison en mai 1477.

En 1468 à la suite de sa conduite héroïque au siège de Liège [12], au service de Louis XI, il quitte la cour du duc de Bourgogne Charles le Téméraire, devenant le dévoué serviteur du roi de France. Il récupère les seigneuries de Castelnau, Montmirail et Villeneuve-en-Albigeois, confisquées à Jean d’Armagnac pour trahison.

Il est nommé en 1470 lieutenant général de l’armée du roi en Champagne, s’emparant de Verdun sur les Bourguignons en 1473. Il dirige les Français qui attaquent le comté de Bourgogne en 1475 ; le 3 mai, notamment, il s’empare de Jonvelle, Jussey, Champlitte… avant d’être refoulé. Il se comporte avec brutalité et cruauté auprès de villes et villages conquis.

Après la mort de Charles le Téméraire au siège de Nancy, le 5 janvier 1477, il est nommé gouverneur de la province de Bourgogne annexée par Louis XI. Mais la fille du défunt duc de Bourgogne, Marie, reprend le flambeau, et les Bourguignons se soulèvent et résistent fortement aux forces du roi de France. La Trémoille est battu devant Vesoul et Besançon, puis Gray.

Ce revers cause sa disgrâce, et Louis XI le destitue. Il se retire alors dans ses terres de l’ouest de la France.

Il meurt à Craon en janvier 1481, sans postérité légitime. Son neveu Louis II de La Trémoille, fils de Louis 1er, lui succède.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Gérard Galand, Les seigneurs de Châteauneuf-sur-Sarthe en Anjou de 852 à 1791, Cheminements, 2005, (ISBN 2-84478-402-X)

Notes

[1] L’ordre de Saint-Michel est un ordre de chevalerie, fondé à Amboise le 1er août 1469 par Louis XI, sous le nom d’« Ordre et aimable compagnie de monsieur saint Michel ». Les membres de l’ordre de Saint-Michel se disaient chevaliers de l’ordre du Roi, alors que les chevaliers de l’ordre du Saint-Esprit s’intitulaient « chevaliers des ordres du Roi ». Son siège était établi à l’abbaye du Mont-Saint-Michel.

[2] La Touraine est une des anciennes provinces de France héritière de la civitas turonensis ou cité des Turones, dont elle tire son nom. Les comtes d’Anjou et de Blois, maîtres politiques de la Touraine, sont longtemps plus puissants que les rois capétiens, mais la généralisation de la seigneurie franco-flamande et son besoin de garantie de paix réhabilitent le pouvoir central longtemps oublié. Au terme d’une reprise capétienne séculaire, Philippe Auguste s’impose face à la prestigieuse dynastie Plantagenêt après 1216. Toute la Touraine (et pas seulement la portion de la ville de Saint Martin de Tours) et quelques places fortes est sous l’égide de la maison royale de France.

[3] Le lieutenant général de province était un personnage, issu souvent de la haute aristocratie, qui représentait le roi dans les provinces du royaume. Son rôle était théoriquement d’assurer la suppléance du gouverneur. En fait, les rois espéraient ainsi que leurs influences se neutraliseraient mutuellement, empêchant ainsi toute tentative de révolte. La charge de lieutenant général devint au 17ème siècle et surtout au 18ème siècle purement honorifique : le titulaire résidait à la Cour et se contentait de toucher les revenus sans effectuer de réel travail. De plus, les rois avaient tendance à nommer les fils successeurs de leur père, ce qui fit que les offices de lieutenant général firent quasiment partie du patrimoine de ces familles aristocratiques. Il ne faut pas confondre l’office de lieutenant général avec celui de « lieutenant de roi ». Le lieutenant de roi était subordonné au lieutenant général et son rôle (par essence le même : représenter le roi dans les provinces) n’était tenu que dans des ressorts beaucoup plus réduits.

[4] Le comté de Champagne et de Brie est issu de la réunion des terres de la dynastie des Thibaldiens, c’est-à-dire la branche issue de Thibaut « le Tricheur » (Thibaud 1er de Blois) : comté de Meaux, comté de Troyes. Le comté de Champagne est rattaché au domaine royal par le mariage de Jeanne de Navarre, comtesse de Champagne, et du dauphin Philippe le Bel en 1284. Le rattachement est rendu définitif par leur fils Louis X le Hutin.

[5] La Brie est une région naturelle française située dans la partie orientale du bassin parisien, entre les vallées de la Marne, de l’Orge, de la Seine et la côte d’Île-de-France. Elle couvre une superficie d’environ 5 000 km². En 968, Herbert de Vermandois, comte de Meaux, devint comte de Troyes, et depuis ce moment-là Brie suivit les destinées de la Champagne. Certains comtes de Champagne prirent de ce fait le titre de Comtes palatins de Champagne et de Brie. Jusqu’à la réorganisation territoriale de 1790 et la création des départements, la Brie fut écartelée entre deux gouvernements généraux (Île-de-France et Champagne-et-Brie), trois généralités (Paris, Soissons et Châlons) et quatre diocèses (Meaux, Sens, Troyes et Soissons).

[6] Dans les semaines qui suivent la mort du Téméraire, l’armée royale conduite par Jean IV de Chalon, Georges de la Trémoille et Charles d’Amboise occupe les deux Bourgognes. Malgré les protestations de Marie, les États de Bourgogne reconnaissent Louis XI comme souverain le 29 janvier 1477. L’armée royale fait son entrée dans Dijon le 1er février 1477 et Louis XI promet solennellement de respecter « à toujours » franchises, privilèges et institutions. La Comté, pourtant terre d’Empire, se soumet le 18 février 1477. Mais bientôt les Comtois se soulèvent et le duché, où la foy de Bourgogne couve sous l’apparente soumission, est rapidement gagné par la révolte. À Dijon la Mutemaque éclate le 17 juin 1477. En terre belge, Marie de Bourgogne rejette l’union que Louis XI lui propose avec le dauphin Charles et épouse le 18 août 1477 Maximilien d’Autriche, le futur empereur Maximilien 1er de Habsbourg, grand-père du futur Charles Quint, qui ne cesse de revendiquer la Bourgogne sans pouvoir concrétiser la reconstitution du rêve de son ancêtre Charles le Téméraire. Pourtant dans le duché, l’ordre royal est rapidement rétabli et en 1478, les rébellions des villes de Beaune, Semur-en-Auxois et Châtillon-sur-Seine sont étouffées. Après ces heures critiques, les armées royales reprennent l’offensive. Dole tombe le 25 avril 1479 après un terrible sac et la place forte d’Auxonne rentre dans l’obéissance au roi. Cependant, aussitôt arrivé le 31 juillet 1479, Louis XI confirme les privilèges de la ville de Dijon, par ses lettres patentes, dans la cathédrale Saint-Bénigne de Dijon. Par le traité d’Arras en 1482 qui consacre la victoire du roi de France, Maximilien de Habsbourg consent à l’annexion royale et engage la main de sa fille Marguerite avec le dauphin Charles, le futur Charles VIII.

[7] Un chambellan ou chambrier est un gentilhomme chargé du service de la chambre d’un monarque ou d’un prince, à la cour duquel il vit.

[8] La maison de La Trémoille est une famille noble française d’extraction féodale, originaire du Poitou. Elle connut ses plus illustres heures à la fin du Moyen Âge et sous la Renaissance. L’aîné de cette famille était prince de Tarente et de Talmont, duc de Thouars, comte de Taillebourg, et posséda la baronnie de Craon du 14ème siècle au 17ème siècle, le comté de Laval pendant tout le 17ème et le 18ème siècle, et la baronnie de Vitré, ce qui en faisait la seconde famille noble possessionnée en Bretagne après la maison de Rohan.

[9] Châteauneuf-sur-Sarthe est une ancienne commune française située dans le département de Maine-et-Loire.

[10] Craon est une commune française située dans le département de la Mayenne. Craon est située au sud-ouest de la Mayenne, à 30 km au sud-ouest de Laval, 20 km à l’ouest de Château-Gontier, 20 km au nord de Segré et 23 km au nord-est de Pouancé. Ce fut une redoutable forteresse médiévale composée de 27 tours et de 1 600 mètres de murailles, servant à garder la frontière angevine face à la Bretagne. Ce fut une ville marchande très importante (connue pour son fil de lin blanchi) dotée de halles fondées au 12ème siècle et réputées parmi les plus grandes de France. Craon qui fut le siège de la première baronnie d’Anjou était une force politique, judiciaire et religieuse importante, gérant une quarantaine de paroisses. Au Moyen Âge puis sous l’Ancien Régime, le fief de la baronnie angevine de Craon dépendait de la sénéchaussée principale d’Angers et du pays d’élection de Château-Gontier.

[11] La dignité d’amiral de France a été créée en 1270 par Louis IX, au cours de la 8ème croisade. Sous l’Ancien Régime, l’amiral de France est titulaire d’un grand office de la couronne de France équivalent à celui du connétable de France. Chef en titre de la flotte royale, il n’a en réalité qu’un pouvoir limité. L’amiral de France a la charge des côtes de Picardie, de Normandie, d’Aunis et de Saintonge. Sa charge va s’étendre au début du 17ème siècle, à la Guyenne puis à la Provence. En temps de guerre, il est chargé de rassembler les navires marchands français pour constituer la flotte. Il doit armer, équiper et ravitailler les navires pour la course, donner les lettres de marque aux corsaires (la course est alors la forme principale de guerre maritime). En temps de paix, il s’occupe de l’entretien de la flotte royale, quand elle existe, mais surtout du commerce maritime et de la flotte marchande.

[12] La principauté épiscopale de Liège était un État du Saint Empire romain, compris dans le Cercle de Westphalie, ayant pour capitale la ville de Liège. C’est en l’an 985 que naît la principauté épiscopale. C’est à cette date que Notger, déjà évêque de Liège depuis 972, devient prince-évêque en recevant le comté de Huy. Cet État a existé pendant plus de 800 ans, jusqu’à la révolution liégeoise en 1789.