Bienvenu sur mon site historique. Bon surf

L’histoire pour le plaisir

Accueil du site > Histoire du 17ème siècle > Marie-Anne d’Autriche ou Marianne d’Autriche

Marie-Anne d’Autriche ou Marianne d’Autriche

mercredi 18 mai 2016, par ljallamion

Marie-Anne d’Autriche ou Marianne d’Autriche (1634-1696)

Reine consort d’Espagne de Sicile et de Naples-Duchesse consort de Bourgogne, de Milan, de Brabant, de Luxembourg et de Limbourg-Comtesse consort de Flandre et comtesse palatine de Bourgogne

Portrait de la reine Marie-Anne, par Diego Vélasquez, vers 1655, huile sur toile (Vienne, Kunsthistorisches Museum.)Née à Wiener Neustadt [1], dans l’archiduché d’Autriche Marie-Anne d’Autriche est la fille aînée de l’empereur Ferdinand III et de Marie-Anne d’Autriche infante d’Espagne et la sœur puis la belle-mère de l’empereur Léopold 1er du Saint Empire .

Enfant, elle est promise à son cousin, l’infant héritier Baltasar Carlos d’Espagne, prince des Asturies, fils de Philippe IV et d’ Élisabeth de France . La mort de l’infant en 1646 et les intérêts de l’Empire et de sa Maison feront de Marie-Anne la promise de son oncle, devenu veuf.

Régente d’Espagne à la mort de son mari, confrontée à la faible constitution de son fils, dernier représentant de la branche des Habsbourg d’Espagne, et aux intrigues de la cour, elle sera la principale animatrice de la politique Espagnole de la fin du 17ème siècle.

En 1649, Marie-Anne, âgée de 14 ans, épouse son oncle de 30 ans son aîné.

Quand Philippe IV meurt en 1665, Charles II n’a que trois ans et Marie-Anne, âgée de 30 ans, devient régente jusqu’en 1675 et garde le contrôle de l’Espagne jusqu’à sa mort en 1696.

Peu préparée à jouer un rôle politique, la souveraine s’appuie sur le père Johann Eberhard Nithard son ancien précepteur qui l’a suivi en Espagne, devenu son aumônier et son confesseur et en qui le feu roi lui-même avait grande confiance. Pour le faire entrer au conseil de régence, la reine lui octroie la nationalité espagnole.

Cependant, le jésuite qui a déjà refusé la dignité cardinalice, est impopulaire du seul fait de ses origines étrangères. Il est aussi issu d’une famille protestante. Le clergé, la noblesse et le peuple ne veulent pas de cet Allemand pourtant très compétent. Un de ses serviteurs sera même assassiné. Il semble que Juan José d’Autriche comte d’Oñate, fils légitimé de Philippe IV, soit à l’origine de l’attentat.

Juan José d’Autriche, fils que le défunt Philippe IV a eu de la comédienne Maria Calderón , fort populaire auprès du peuple du fait de ses origines mais aussi de la noblesse pour ses actions militaires tant en Sicile qu’en Flandres, a été nommé gouverneur de l’Aragon. Rassemblant 600 cavaliers, il a pris la tête de l’insurrection aragonaise. Voulant éviter une guerre civile, la régente n’a d’autre choix que de se séparer de son principal conseiller, le père jésuite Johann Eberhard Nithard en 1669.

Pour ne pas perdre la face et ne pas humilier cet homme digne de sa confiance, elle le nommera ambassadeur près le Saint Siège et le fera nommer cardinal.

De même, s’appuyant sur la noblesse, Don Juan José obligera la reine mère à se séparer d’un autre premier ministre dont le principal handicap était d’être un roturier anobli, Fernando de Valenzuela. Juan José finit par se faire nommer premier ministre en 1677. Sa mort en 1679 permit à la reine mère de reprendre les rênes du pouvoir.

Marie-Anne, décrite comme ayant été une jeune fille gaie mais devenue froide et moins enjouée après son mariage qui l’assujettit à l’implacable et oppressante étiquette de la cour Espagnole et les intrigues auxquelles elle doit faire face.

En Europe, à peine le roi d’Espagne est-il mort que Louis XIV, prétextant le non-paiement de la dot de son épouse la reine Marie-Thérèse, déclenche la Guerre de dévolution [2] qui affaiblit un peu plus l’Espagne. Par le traité d’Aix-la-Chapelle [3], l’Espagne doit céder à la France quelques place fortes Belges mais récupère la Franche-Comté que la France lui prendra définitivement dix ans plus tard par le Traité de Nimègue [4] qui mit fin à la Guerre de Hollande [5].

Reculant aux Pays-Bas et Franche-Comté, l’Espagne recule aussi dans la péninsule Ibérique. Pour protéger sa frontière occidentale, la régente a du signer avec le souverain rebelle Portugais le traité de Lisbonne [6] qui reconnaît l’indépendance du Portugal qui était espagnol depuis 1580.

Favorable à l’alliance autrichienne, la reine Marie-Anne s’allie de nouveau aux puissances Européennes contre la France de Louis XIV en 1674 et s’engage dans la Guerre de Hollande. Elle y perd la Franche-Comté et d’autres places Belges.

De ce fait, la reine ne peut empêcher le mariage de son fils avec une nièce de Louis XIV, Marie-Louise d’Orléans en 1679.

La jeune reine se fait la championne de la politique impérialiste de la France, inclinant le roi à demeurer neutre alors que la guerre de la Ligue d’Augsbourg [7] se profile. Elle meurt à 27 ans en 1689 et les français font courir le bruit quelle a été empoisonnée sur les ordres de la reine mère. D’ailleurs, le roi épousera en secondes noces Marie-Anne de Neubourg , sœur de l’impératrice en 1691.

Le petit roi Charles II d’Espagne étant considéré comme viable, en 1666 Marie-Anne a marié sa fille l’infante Marguerite Thérèse , tant de fois peinte par Diego Velasquez, à Léopold 1er du Saint Empire . La politique étant le premier devoir des princes et les méfaits de la consanguinité étant ignorés, il ne semble pas scandaleux qu’une princesse soit mariée à son oncle. Il en a été de même pour Marie-Anne. La jeune impératrice est morte prématurément en 1673 en laissant à son mari une fille unique Marie-Antoinette d’Autriche , héritière potentielle de l’empire espagnol, laquelle a été mariée en 1685 à l’électeur Maximilien II de Bavière.

Charles II n’ayant pas de descendance de ses deux mariages, la reine mère lui fit désigner comme successeur peu avant de mourir son arrière-petit-fils, le prince Joseph Ferdinand de Bavière né en 1692.

La reine mourut en 1696 et fut inhumée avec les autres membres de sa dynastie à l’Escurial [8].

Le petit prince bavarois ne lui survécut pas longtemps. Il mourut subitement en 1699 et l’on parla encore de poison, la France et l’Autriche lorgnant sur le fabuleux héritage Espagnol.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Marie-Anne d’Autriche/ Portail de l’Espagne/ Roi et reine consort d’Espagne

Notes

[1] Wiener Neustadt est une commune autrichienne de Basse-Autriche. Elle se situe à environ 50 km au sud de Vienne. La ville a été fondée en 1194 par le duc Léopold V de Babenberg comme forteresse frontalière pour la protection contre la Hongrie.

[2] La guerre de Dévolution s’est déroulée en 1667 et 1668. Il s’agit de la première guerre du jeune Louis XIV. Elle prend fin le 2 mai 1668 par la signature du traité d’Aix-la-Chapelle par les différents belligérants.

[3] Le traité d’Aix-la-Chapelle de 1668 est un traité de paix signé à Aix-la-Chapelle, le 2 mai 1668, entre le marquis de Croissy, Charles Colbert, représentant le roi de France et de Navarre, Louis XIV, et le baron de Bergheik, délégué du marquis de Castel Rodrigo, Francisco de Moura Cortereal, représentant le roi des Espagnes, Charles II. Il met fin à la guerre de Dévolution entre la France et l’Espagne.

[4] Le traité de Nimègue fut signé le 10 août 1678 à Nimègue (actuels Pays-Bas) entre les Provinces-Unies et la France. Il mit fin à la guerre de Hollande.

[5] La guerre de Hollande se déroule de 1672 à 1678. Elle oppose la France et ses alliés (Angleterre, Münster, Liège, Bavière, Suède) à la Quadruple Alliance comprenant les Provinces-Unies, le Saint Empire, le Brandebourg et l’Espagne. Elle modifie l’équilibre européen au détriment du royaume de France, qui triomphe néanmoins de ses adversaires sur le plan militaire. Les effectifs de l’armée française atteignaient 280 000 hommes. Par le traité de Nimègue, qui met fin à la guerre, la France restitue la plupart de ses conquêtes, mais acquiert la Franche-Comté et plusieurs villes de Flandre.

[6] Après soixante ans de tutelle espagnole de 1580-1640, suivies de plusieurs années de bataille militaires et diplomatiques, le traité de Lisbonne, signé le 12 février 1668 par l’Espagne et le Portugal, reconnaît l’indépendance du Portugal. Par la signature du traité de Lisbonne, l’Espagne met fin à la guerre qui l’oppose au Portugal et reconnaît son indépendance. Le roi Philippe II d’Espagne avait annexé le Portugal en 1580. Près d’un siècle plus tard, le pays recouvre définitivement son autonomie. Ce traité fut signé grâce à la médiation du roi Charles II d’Angleterre.

[7] La guerre de la Ligue d’Augsbourg, également appelée guerre de Neuf Ans, guerre de la Succession Palatine ou guerre de la Grande Alliance, eut lieu de 1688 à 1697. Elle opposa le roi de France Louis XIV, allié à l’Empire ottoman et aux jacobites irlandais et écossais, à une large coalition européenne, la Ligue d’Augsbourg menée par l’Anglo-néerlandais Guillaume III, l’empereur du Saint Empire romain germanique Léopold 1er, le roi d’Espagne Charles II, Victor Amédée II de Savoie et de nombreux princes du Saint Empire romain germanique. Ce conflit se déroula principalement en Europe continentale et dans les mers voisines, mais on y rattache le théâtre irlandais, où Guillaume III et Jacques II se disputèrent le contrôle des îles britanniques, et une campagne limitée entre les colonies anglaises et françaises et leurs alliés amérindiens en Amérique du Nord. Cette guerre fut la deuxième des trois grandes guerres de Louis XIV.

[8] Le Site royal de Saint Laurent de l’Escurial est un grand complexe (monastère, musée, collège bibliothèque, et palais) qui se trouve sur le territoire de la commune de San Lorenzo de El Escorial, située à 45 kilomètres au nord-ouest de Madrid, dans la Communauté autonome de Madrid (Espagne). C’est une ancienne résidence du roi d’Espagne.