Bienvenu sur mon site historique. Bon surf

L’histoire pour le plaisir

Accueil du site > Histoire du 6ème siècle > Serge ou Sergius de Reshaina

Serge ou Sergius de Reshaina

dimanche 20 septembre 2015

Serge ou Sergius de Reshaina (mort en 536)

Prêtre chrétien-Médecin-Savant et traducteur syrien

Issu d’une famille aisée, il fit des études de théologie, de philosophie et de médecine à Alexandrie, puis devint prêtre et médecin-chef à Théodosiopolis de Syrie. Il y fonda peut-être une école. La ville se trouvait au cœur de la Syrie monophysite, et Serge adhéra naturellement à cette tendance du christianisme, mais sans aucune exclusive, car il fut en relation avec des savants nestoriens [1], par exemple l’évêque Théodore de Merv.

Il finit par entrer en conflit avec l’évêque monophysite [2] de Théodosiopolis, un certain Ascolios, et en appela contre lui, sans doute en 535, au patriarche d’Antioche [3] Éphrem, qui était un adversaire fanatique des monophysites. Passé dans le camp de l’Église orthodoxe officielle, il fut chargé par le patriarche Éphrem d’une mission auprès du pape Agapet 1er.

En Italie commençait la guerre entre les Ostrogoths [4] et les armées de l’empereur Justinien ; pendant l’hiver 535-536, le pape partit pour Constantinople pour s’entremettre, et il emmena Serge avec lui.

L’arrivée dans la capitale impériale se fit le 20 février 536. Serge mourut brutalement avant le pape Agapet, lequel rendit l’âme le 22 avril de la même année.

Serge de Reshaina a eu une importante activité de traducteur de textes grecs en syriaque, et il est l’auteur d’œuvres originales en syriaque dans les domaines de la théologie, de la philosophie, de la médecine et de l’astronomie-astrologie.

Serge fut d’abord le traducteur en syriaque des traités du pseudo-Denys l’Aréopagite.

Dans le domaine de la philosophie profane, Serge s’est intéressé surtout à la logique aristotélicienne. Son œuvre principale en ce domaine est un commentaire des Catégories en sept livres. Il a également laissé des traités intitulés Les causes de l’univers selon les principes d’Aristote et Sur le genre, l’espèce et l’individu.

Il est l’un des rares Syriens de cette époque à s’intéresser à Aristote pour lui-même, et non comme un simple instrument pour la théologie et l’exégèse. En médecine, on lui attribuait la traduction en syriaque de trente-sept ouvrages de Galien et douze d’Hippocrate. Il reste venant directement de lui trois livres du Traité des simples de Galien.

Enfin on garde aussi de lui deux traités d’astronomie astrologie : Sur l’influence de la lune selon les astrologues et Sur le mouvement du soleil.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Serge de Reshaina/ Portail des chrétiens d’Orient/ Écrivain syriaque

Notes

[1] Le nestorianisme est une doctrine christologique affirmant que deux personnes, l’une divine, l’autre humaine, coexistent en Jésus-Christ. Cette thèse a été à l’origine défendue par Nestorius (né vers 381 - mort en 451), patriarche de Constantinople. Après la condamnation de Nestorius et de son enseignement, le nestorianisme devient une hérésie. Les Nestoriens rejettent les formulations dogmatiques issues du concile d’Éphèse et des conciles suivants. Le nestorianisme est une des formes historiquement les plus influentes du christianisme dans le monde durant toute la fin de l’Antiquité et du Moyen Âge à partir de l’Église d’Orient. Des Églises liées à ce courant du christianisme oriental perdurent à l’Est de l’Anatolie et au Nord de la Mésopotamie (Turquie et Irak). Il y va de l’Église assyrienne et de son homologue unie à l’Église catholique : l’Église chaldéenne.

[2] Le monophysisme est une doctrine christologique apparue au 5ème siècle dans l’Empire byzantin en réaction au nestorianisme, et ardemment défendue par Eutychès et Dioscore d’Alexandrie. Elle affirme que le Fils n’a qu’une seule nature et qu’elle est divine, cette dernière ayant absorbé sa nature humaine.

[3] Le titre de « patriarche d’Antioche » est traditionnellement porté par l’évêque d’Antioche (dans l’actuelle Turquie). L’Église d’Antioche est l’une des plus anciennes de la chrétienté, son institution remontant à l’apôtre Pierre.

[4] Les Ostrogoths étaient une des deux fractions des Goths, peuple germanique venu des confins de la Baltique et établi au 4ème siècle en Ukraine et en Russie méridionale, au nord de la mer Noire, l’autre fraction étant celle des Wisigoths. Ils jouèrent un rôle considérable dans les événements de la fin de l’Empire romain.