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Éphrem d’Antioche ou Éphrem d’Amid

mardi 11 août 2015

Éphrem d’Antioche ou Éphrem d’Amid (mort en 545)

Patriarche d’Antioche d’avril/mai 527 à 545

Originaire d’Amid [1], tenant de l’orthodoxie néo-chalcédonienne [2] ; il est l’un des meneurs de ce parti sous Justinien.

Il fut d’abord haut fonctionnaire sous les règnes des empereurs Anastase et Justin 1er : préfet de la ville de Constantinople, puis comte des largesses sacrées [3], enfin Comes Orientis [4].

C’est au titre de comte de l’Orient qu’il fut chargé des opérations de déblaiement et de reconstruction après le grand tremblement de terre qui détruisit complètement Antioche [5] le 25 mai 526, et au cours duquel le patriarche Euphrasius trouva la mort.

Il passa ensuite du statut de fonctionnaire civil à celui de prélat, ce qui n’était pas rare dans l’Empire d’Orient à l’époque. Un an environ après la catastrophe, il devint le nouveau patriarche. Éphrem conserva dans ses fonctions ecclésiastiques les méthodes brutales d’un administrateur romain, ne reculant pas devant la torture et les exécutions.

Ses relations avec les monophysites [6] prirent rapidement un tour violent. En 531, il fut attaqué dans son palais par une foule, et il y répondit par une répression sanglante. Il lança à partir de 536 une persécution massive contre eux dans toute la Syrie.

Dès 535, il avait cherché à s’allier sur ce terrain au pape Agapet 1er et lui avait envoyé Serge de Reshaina . En 538, il tint à Antioche un synode qui condamna solennellement Sévère d’Antioche . Selon Michel le Syrien , il aurait déposé trente-quatre évêques et déporté un millier de moines. Il fit montre de la même hostilité à l’égard de l’origénisme [7], contre lequel il réunit un synode en 542.

Il fut un écrivain abondant, auteur notamment d’un traité en trois livres contre Sévère d’Antioche, de commentaires de la Bible, de sermons et de lettres. De tout cela, il ne reste que des fragments, cités notamment par Anastase le Sinaïte et Photius.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Venance Grumel, Traité d’études byzantines, « La Chronologie I. », Presses universitaires de France, Paris, 1958,

Notes

[1] Diyarbakır est une ville du sud-est de la Turquie. Elle était également appelée Amida sous l’Empire romain. Les Kurdes constituant la majeure partie de la population de la ville la considèrent comme la capitale du Kurdistan turc, dans le sud-est anatolien.

[2] Mouvement théologique qui fait retour à la théologie chalcédonienne à partir d’un concile tenu à Alexandrie vers 515. Il se construit en réaction à l’orthodoxie anti-chalcédonienne qui s’était imposée dans l’empire byzantin sous le règne d’Anastase 1er. Il se caractérise par la promotion de la formule de Cyrille d’Alexandrie Unus ex trinitate passus est qu’on trouve chez des auteurs comme Jean de Césarée ou Jean de Scythopolis, et qui revient à insister sur l’unité de la personne du Christ au point de prêter le flanc à la critique de théopaschisme, que l’on a faite à Cyrille.

[3] ministre des Finances

[4] comte de l’Orient

[5] Antioche est une ville de Turquie proche de la frontière syrienne, chef-lieu de la province de Hatay. Elle est située au bord du fleuve Oronte. Antioche était la ville de départ de la route de la soie.

[6] Le monophysisme est une doctrine christologique apparue au 5ème siècle dans l’Empire byzantin en réaction au nestorianisme, et ardemment défendue par Eutychès et Dioscore d’Alexandrie. Elle affirme que le Fils n’a qu’une seule nature et qu’elle est divine, cette dernière ayant absorbé sa nature humaine.

[7] L’origénisme désigne un ensemble de prises de position théologiques chrétiennes attribuées à Origène dans le cadre de controverses qui ont laissé des traces dans l’histoire des conciles et de la théologie byzantine.