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L’histoire pour le plaisir

Antisthène

lundi 29 juin 2015

Antisthène (vers 444-365 av.jc)

Philosophe grec

Considéré comme le fondateur de l’école cynique [1] vers 390 av. jc.

Il naît à Athènes d’une mère d’origine thrace [2], ce qui ne lui permet pas d’avoir la pleine citoyenneté athénienne, et d’un père citoyen athénien du même nom que lui.

Il fut d’abord l’élève de Gorgias et enseigna comme sophiste [3] avant de suivre les leçons de Socrate dont il avait surtout retenu la leçon de frugalité. Sa famille habitant le Pirée, il parcourait 8 kilomètres pour suivre son enseignement. Après la mort de ce dernier, il s’installe dans un gymnase, le Cynosarge, où sont acceptés les demi citoyens. C’est l’une des raisons pour lesquelles ses élèves portent ensuite le nom de Cyniques.

Diogène de Sinope, grâce à sa persévérance fut le disciple d’Antisthène car ce dernier avait dit ne vouloir aucun disciple.

Antisthène est un philosophe socratique [4], il soutenait qu’il n’y a de bien qu’en rapport à l’âme. Il énonce précisément le fondement logico-moral du stoïcisme [5], à savoir que le bonheur se trouve dans le bon usage des représentations, autrement dit, dans ce qui dépend de nous.

Antisthène professait que seul le plaisir lié à l’effort et résultant d’une ascèse personnelle peut contribuer au bonheur.

Il imite l’endurance de Socrate, emprunte son mépris des hommes à Héraclite, ce qui se traduit par la reprise quasi à l’identique de formules héraclitéennes. Cicéron, dans “De la nature des dieux”, écrit qu’Antisthène fut l’un des premiers philosophes grecs à défendre le monothéisme.

Antisthène est le seul des philosophes socratiques qu’a loué Théophraste.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Léonce Paquet, Les Cyniques grecs : fragments et témoignages, Paris, Le Livre de poche, 1992.

Notes

[1] Le cynisme est une attitude face à la vie provenant d’une école philosophique de la Grèce antique, fondée par Antisthène, et connue principalement pour les propos et les actions spectaculaires de son disciple le plus célèbre, Diogène de Sinope. Cette école a tenté un renversement des valeurs dominantes du moment, enseignant la désinvolture et l’humilité aux grands et aux puissants de la Grèce antique. Radicalement antimatérialistes et anticonformistes, les cyniques, et à leur tête Diogène, proposaient une autre pratique de la philosophie et de la vie en général, subversive et jubilatoire. L’école cynique prône la vertu et la sagesse, qualités qu’on ne peut atteindre que par la liberté. Cette liberté, étape nécessaire à un état vertueux et non finalité en soi, se veut radicale face aux conventions communément admises, dans un souci constant de se rapprocher de la Nature.

[2] La Thrace est une région de la péninsule balkanique partagée entre : la Bulgarie (Thrace du nord), la Grèce (Thrace occidentale ou Thrace égéenne) et la Turquie

[3] Un sophiste désigne à l’origine un orateur et un professeur d’éloquence de la Grèce antique, dont la culture et la maîtrise du discours en font un personnage prestigieux dès le 5ème siècle av. jc, et contre lequel la philosophie va en partie se développer

[4] c’est-à-dire disciple de Socrate

[5] Le stoïcisme est un courant philosophique occidental issu de l’école du Portique fondée en 301 av.jc à Athènes, par Zénon de Cition. Le stoïcisme a par la suite traversé les siècles, subi des transformations notamment avec Chrysippe de Soles en Grèce et à Rome avec Cicéron, Sénèque, Épictète, Marc Aurèle, puis exercé diverses influences, allant de la période classique en Europe en particulier au 17ème siècle, chez René Descartes jusqu’à nos jours. Un des points qui distingue le stoïcisme des autres courants philosophiques issus de l’époque hellénistique est sa psychologie qui est à la base des thérapies cognitivo-comportementales modernes