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La France au Canada au 18ème siècle

dimanche 14 juillet 2013, par ljallamion

La France au Canada au 18ème siècle

Nouvelle-France map-fr

Carte des territoires ayant constitué la Nouvelle-France (en bleu) avant 1763

En 1608, Samuel Champlain jeta les fondements de Québec. Une compagnie française se forma en 1617 pour exploiter la colonie. Les Anglais tentèrent plusieurs fois en1629 et 1711, mais inutilement, de s’en emparer, lorsque la guerre éclata avec la France en 1754. Après de nombreux combats, dans l’un desquels succomba Moncalm, les Anglais finirent par conquérir tout le Canada, en 1759 et 1760.

Pour faire face à tant de dangers, le roi se décida à renvoyer Frontenac à Québec en 1689. Celui-ci prit l’offensive et lança sur la Nouvelle-Angleterre des bandes de partisans composées par moitié de Français et d’Amérindiens. Les Anglais firent un grand effort pour se venger ; Winthrop envahit le Canada par la route du lac Champlain, et l’amiral Philipps, après avoir fait capituler Port-Royal, la capitale de l’Acadie française, se présenta devant Québec. Mais bientôt l’armée de Winthrop, décimée par la maladie, battait en retraite, et toutes les attaques de Philipps échouaient devant l’énergique résistance de Frontenac. Les Anglais durent se résigner à la défensive, et la Nouvelle-Angleterre fut ravagée par les fidèles de la France, les Acadiens Abénakis. Du reste, les Français triomphaient partout, à Terre-neuve, où ils emportaient Saint-Jean, et dans la baie d’Hudson, où d’Iberville détruisait les forts de la compagnie anglaise. La paix de Ryswick mit un terme à ces succès. Elle marque l’apogée de la domination française en Amérique. Les Français gardaient la baie d’Hudson, et la limite entre l’Acadie et le Massachusetts était fixée à la rivière Saint-Georges. On laissait les frontières indécises du côté des Iroquois, qui avaient su maintenir leur indépendance.

Frontenac mourut en 1698. Callières, qui avait été son meilleur lieutenant en qualité de gouverneur de Montréal, continua son oeuvre, et il eut l’honneur de réconcilier définitivement les Français et les Iroquois. Toutes les tribus de l’Amérique du Nord adhérèrent à cette pacification, et on enterra solennellement la hache de guerre à Montréal le 4 août 1701.

Tous ces résultats furent compromis par la reprise des hostilités. La guerre de la succession d’Espagne fut particulièrement funeste à la Nouvelle-France et devint l’occasion de son premier démembrement. Les Anglais, après deux échecs en 1704 et 1707, forcèrent Subercase à leur livrer, en 1710, Port-Royal qui prit le nom d’Annapolis mais la tempête les arrêta à l’embouchure du Saint-Laurent. Sur terre, Vaudreuil avait soutenu la lutte sans désavantage. Mais la France n’avait pas été aussi heureuse en Europe, et la nécessité où elle en était de conclure une prompte paix et surtout de faire les plus grandes concessions au cabinet de Londres, qui s’était offert comme médiateur à Utrecht, obligea Louis XIV à abandonner la baie d’Hudson, l’île de Terre-neuve et l’Acadie. Les plénipotentiaires français n’eurent même pas l’idée de faire déterminer les limites de ce dernier pays, ce qui fut par la suite l’occasion de perpétuels conflits. Les Anglais prétendaient que l’Acadie devait comprendre toute la région située entre l’Océan, la rivière Saint-Georges et le bassin du Saint-Laurent, et d’autre part les Français voulaient ne leur avoir cédé que l’étroite péninsule qui se développe entre la baie française, baie de Fundy, et l’Atlantique.

C’était livrer à leur ennemi le golfe du Saint-Laurent. Les Français essayèrent de pallier les effets désastreux du traité d’Utrecht en colonisant et en fortifiant l’île du Cap-Breton.

Le Canada fit de grands progrès pendant les trente années de paix qui marquèrent la première partie du règne de Louis XV. Vaudreuil et Beauharnais laissèrent la réputation de gouverneurs habiles et bien intentionnés. Ils achevèrent le réseau de postes fortifiés qui devaient mettre en communication les diverses parties de l’immense empire colonial français et qui servaient à la fois de places de sûreté et de magasins dans la région des grands Lacs, fort Cataroconi ou Frontenac, à la sortie du Saint-Laurent de l’Ontario ; fort Niagara, entre l’Ontario et l’Érié ; fort Détroit ou Pontchartrain, près du lac Saint-Clair, entre le lac Érié et le lac Huron, fort Michillimakinac, au confluent du lac Huron et du lac Michigan ; fort Beauséjour, dans l’isthme de Shédiac, aux portes de l’Acadie ; fort Frédéric, sur le lac Champlain. Beauharnais favorisa de tout son pouvoir les explorations de Varenne de la Vérendrye, qui reconnut le pays entre le Missouri, le lac Supérieur et les montagnes Rocheuses.

Pendant la guerre de la succession d’Autriche, les Anglais s’emparèrent de Louisbourg ; mais le futur vainqueur de Minorque, La Galissionnière, sauva la colonie, et, à la paix d’Aix-la-Chapelle, Louisbourg fut rendue à la France en échange de Madras. A la question des frontières de l’Acadie s’ajoutait maintenant la question de la vallée de l’Ohio qu’on réclamait des deux côtés. Pour assurer les communications entre le Canada et la Louisiane, qui commençait à se coloniser, les Français avaient pris les devants et construit sur cette rivière le fort Duquesne* (actuellement Pittsburgh). Les Anglo-américains l’attaquent sans déclaration de guerre. L’assassinat d’un parlementaire, Jumonville, par les miliciens de la Virginie que commandait Georges Washington, et le traitement odieux infligé aux Acadiens demeurés Français de coeur, préludèrent à la guerre qui devait mettre fin à la domination française en Amérique. Cependant, la marine française avait été complètement détruite pendant la dernière guerre, et il devenait presque impossible de ravitailler le Canada ; de plus, la disproportion des forces s’était encore accentuée entre la colonie française et les colonies anglaises. Tandis que 70 000 Français à peine étaient éparpillés depuis le confluent du Mississippi et du Missouri jusqu’au golfe du Saint-Laurent, plus de1 million de sujets anglais étaient concentrés entre les Alleghanys et l’Atlantique. Enfin le Canada était aux mains du gouverneur Vaudreuil successeur de La Jonquière et Duquesne, et d’un intendant prévaricateur, Bigot ; mais le marquis de Montcalm fut envoyé pour commander les troupes.

Grâce à son génie militaire et à la valeur personnelle de ses lieutenants Lévis, Bourlamaque, Bougainville, grâce surtout à l’héroïque dévouement de la population qui se leva tout entière pour défendre son indépendance, Montcalm pu résister pendant 3 années aux efforts désespérés des ennemis, 4 ou 5 fois supérieurs en nombre. Toutes les tentatives qu’ils firent pour envahir le Canada par la voie la plus courte, route de l’Hudson et du lac Champlain, aboutirent à de véritables désastres, prise du fort William Henry en 1757, bataille de Carillon en 1758. Cependant les Anglo-américains occupèrent la ligne de l’Ohio et s’emparèrent de Niagara, la clef de la région des grands lacs, en faisant tomber Louisbourg, ils conquéraient l’entrée du Saint-Laurent. Il aurait suffi pour sauver la colonie de quelques secours envoyés à propos de la métropole ; mais le gouvernement de Louis XV s’était maladroitement engagé en Allemagne contre Frédéric Il. En 1759, le général Wolfe remonta le Saint-Laurent et parut devant Québec. Il tournait ainsi les positions défensives de Montcalm sur le lac Champlain. Les Français furent écrasés à la journée d’Abraham, où tombèrent à la fois les généraux en chef des 2 armées en septembre 1759.

L’année suivante, une poignée de braves, commandée par le chevalier de Lévis, faillit reprendre Québec ; mais les derniers défenseurs du Canada durent bientôt capituler à Montréal. Le 10 février 1763, le traité de Paris abandonnait définitivement le Canada et toutes ses dépendances à la Grande-Bretagne. Cependant les Canadiens ne pouvaient se résigner à la domination étrangère et surtout ne pouvaient pas croire à l’abandon de la métropole. Les Indiens, eux-mêmes, attachés à la France par 2 siècles d’une administration bienveillante, attendaient avec impatience le moment de chasser leurs nouveaux maîtres.