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Un roi passionné par les grandes découvertes

mardi 23 juillet 2013

Un roi passionné par les grandes découvertes

Féru de géographie, le roi prend directement en main les préparatifs du voyage de La Pérouse dans le Pacifique.

A la différence de son grand-père Louis XV, le jeune Louis XVI s’intéresse passionnément aux découvertes géographiques et aux questions maritimes. De tous les rois de France, il est sans doute celui qui se soucie le plus de sa marine, qu’il entreprend de développer. Les trois voyages autour du monde effectués sous la direction de James Cook entre 1768 et 1779 ont été suivis avec la plus grande attention par le roi, qui souhaite voir un marin français suivre l’exemple des Anglais et apporter une nouvelle contribution à la reconnaissance du Grand Océan. Encore une fois, la conjoncture internationale retarde l’accomplissement des désirs royaux. De 1778 à 1783, la guerre d’Indépendance américaine absorbe toutes les forces vives de la marine royale, laquelle apporte une contribution décisive à la victoire de la jeune République.

Dès le retour de la paix, Louis XVI décide donc la préparation d’un voyage scientifique destiné à explorer les régions encore mal connues du Pacifique.

A l’inverse du voyage de Bougainville, en 1766, qui a souffert de l’inexpérience des bureaux de la marine, celui de La Pérouse ou Lapérouse, près de 20 ans plus tard, sera très minutieusement préparé sous la direction personnelle du roi, qui en fixe l’itinéraire et annote de sa main les instructions remises au marin. On y reconnaît, en particulier, les soucis humanitaires du souverain dans les recommandations insistantes sur les soins à prendre quant à la santé des équipages et aussi sur la délicate question des relations avec les populations des pays visités.

Cette expédition représente un progrès considérable par rapport à celle de Bougainville. D’abord par le choix des officiers. Jean-François de Galaup de La Pérouse, capitaine de vaisseau de 44 ans, qui vient de se distinguer en Amérique, est un des meilleurs officiers de sa génération. Très ouvert aux techniques nouvelles, il incarne le type accompli du navigateur de l’époque des Lumières. Le commandant du second navire, Paul Fleuriot de Langle, mathématicien et astronome, lui aussi capitaine de vaisseau et membre de l’Académie de marine, est le modèle même de l’officier savant. Le choix des navires est également judicieux. La Boussole et l’Astrolabe sont de robustes vaisseaux aux vastes cales capables d’affronter une longue campagne. Alors que Bougainville n’avait emmené avec lui que trois spécialistes un astronome, un médecin botaniste et un ingénieur géographe, La Pérouse est accompagné de 14 savants, comprenant, selon le désir du roi, astronomes, naturalistes, jardiniers, dessinateurs.

Pour mener à bien ses travaux, l’expédition se voit dotée des instruments les plus modernes, en particulier des chronomètres permettant de calculer avec précision la longitude. Certains sont prêtés par la Royal Society de Londres, ce qui prouve la naissance d’un premier essai de coopération scientifique.

Disposant de tous les atouts, La Pérouse quitte Brest le 1er août 1785 pour gagner le Pacifique par le cap Horn. Après une escale au Chili, il passe par l’île de Pâques et les îles Sandwich* (Hawaii) avant d’arriver en Alaska où un premier drame survient. Deux chaloupes de reconnaissance chavirent, entraînant la mort d’une vingtaine d’hommes.

Descendant ensuite le long de la côte américaine, La Pérouse fait escale à San Francisco, alors petit village de 800 habitants, et traverse le Pacifique pour arriver à Canton. Après un passage à Manille, il remonte vers le nord pour explorer les eaux japonaises et coréennes, alors inconnues des Européens. Du Kamtchatka, il redescend vers le sud pour atteindre les îles Samoa, où l’attend une nouvelle tragédie. A l’occasion d’une corvée d’eau douce, Fleuriot de Langle et 11 hommes sont massacrés par les habitants.

Le navigateur poursuit néanmoins sa route jusqu’en Australie, où une expédition anglaise vient de s’établir à Botany Bay, sur le site de l’actuelle ville de Sydney. Il en repart en février 1788 pour rentrer en Europe en passant par la Nouvelle-Calédonie. Il cesse alors de donner de ses nouvelles et sa disparition restera mystérieuse pendant 40 ans : il faut attendre 1826 et 1828 pour que Peter Dillon, puis Dumont d’Urville reconnaissent le site du naufrage sur l’île de Vanikoro dans l’archipel de Santa Cruz, retrouvant des vestiges qui ne laissent aucun doute.

Louis XVI, qui a suivi les étapes du voyage avec la plus grande attention, se montre très affecté par cette fin dramatique.

Malgré les pertes subies et la catastrophe finale, le bilan du voyage est loin d’être négatif. La contribution du marin français à l’exploration des régions nord du Pacifique, en Alaska et au Kamtchatka, les observations recueillies par les savants, celles de La Pérouse lui-même, pleines de sagacité, sur les habitants des régions visitées, font de lui un des principaux découvreurs de cet océan Pacifique si longtemps mystérieux.