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Marie-Éléonore de Brandebourg ou Maria Eleonora von Brandenburg

mardi 28 décembre 2021, par lucien jallamion

Marie-Éléonore de Brandebourg ou Maria Eleonora von Brandenburg (1599-1655)

Reine consort de Suède et de Finlande de 1620 à 1632

Fille de l’Électeur de Brandebourg [1] Jean-Sigismond de Hohenzollern et d’ Anne de Prusse ,

Elle épouse à Stockholm le 25 novembre 1620 Gustave II Adolphe et donne naissance, le 8 décembre 1626, à celle qui deviendra, à peine 6 ans plus tard, Christine de Suède.

Ayant déjà lors des premières années de son mariage une certaine propension à l’étrangeté, Gustave-Adolphe précise à plusieurs reprises qu’au cas où il mourrait à la guerre Marie-Éléonore ne devait avoir aucun droit à la régence ou même à l’éducation de sa fille, il prévoit un Conseil de Régence formé de plusieurs hommes de confiance.

Gustave-Adolphe II mourut le 6 novembre 1632 sur le champ de bataille de Lützen [2]. La nouvelle prit plus de 1 mois avant de parvenir à la cour. Faisant valoir ses droits de veuve du roi, Marie-Éléonore parvient tout de même à garder une solide emprise sur sa fille pendant les premières années de la régence, jusqu’à ce qu’Axel Oxenstierna y mette un terme à son retour de la guerre.

Il avait déjà ordonné auparavant que la veuve royale cède le corps de son mari, qu’elle refuse de voir enterrer de son vivant. En effet, la dépouille de Gustave-Adolphe n’est enterrée qu’en juillet 1634 à Stockholm [3]. Elle conserva néanmoins son cœur au chevet de son lit.

Les péripéties concernant cette reine à demi-folle ne se terminèrent pas là ; elle fut assignée à résidence à Gripsholm [4], d’où elle écrivit de nombreuses lettres à sa fille, tour à tour plaintives, autoritaires ou enjôleuses. Elle fuit la surveillance dont elle est l’objet en se réfugiant auprès du roi Christian IV de Danemark, ennemi héréditaire de la Suède.

Elle ne reverra sa fille que 8 ans plus tard, alors qu’elle recevra son pardon et sera autorisée à rentrer en Suède.

Elle mourut le 28 mars 1655 à Stockholm.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Bernard Quilliet, Christine de Suède : un roi exceptionnel, Paris, Fayard, 2003 (ISBN 221361542X, OCLC 186442815)

Notes

[1] Les souverains de Brandebourg sont successivement margraves puis princes-électeurs et rois régnant dans la marche de Brandebourg. À partir de 1618, ils portent en union personnelle aussi le titre de ducs en Prusse créant ainsi l’État de Brandebourg-Prusse puis, après le couronnement de Frédéric 1er en 1701, le titre de roi en Prusse. L’existence de la marche de Brandebourg prend aussi fin avec la dissolution du Saint Empire romain en 1806.

[2] La bataille de Lützen (Saxe-Anhalt), le 16 novembre 1632 (le 6 novembre selon le calendrier julien alors en usage), est l’une des batailles les plus marquantes de la guerre de Trente Ans, pendant laquelle les armées suédoises du roi Gustave II Adolphe de Suède, mort au combat, s’imposent face à des forces de la Ligue catholique dirigées par Albrecht von Wallenstein. Elle s’avère être une victoire à la Pyrrhus pour les Suédois, perdant leur roi et près d’un tiers de leurs hommes. Cette victoire est mal exploitée par les Suédois, en grande partie à cause de la mort de Gustave Adolphe, génie stratégique de son époque : peu après, c’est la confusion dans les rangs de l’Union protestante.

[3] Stockholm est la capitale et la plus grande ville de Suède. Elle est le siège du gouvernement et du parlement suédois ainsi que le lieu de résidence officiel du roi. Située au bord de la mer Baltique, la ville est construite en partie sur plusieurs îles, à l’embouchure du lac Mälar, ce qui lui a valu, à l’instar d’autres cités européennes, son surnom de « Venise du Nord » Au 17ème siècle, Stockholm devient une ville européenne d’envergure. Entre 1610 et 1680, sa population est multipliée par six. Ladugårdslandet, maintenant appelé Östermalm ainsi que l’île de Kungsholmen sont alors rattachés à la ville. En 1628, le Vasa coule dans Stockholm. Peu après, sont instaurées des règles qui donnent à celle ci un monopole sur les échanges entre les négociants étrangers et les territoires scandinaves. À cette époque, sont bâtis nombre de châteaux et de palais, dont la maison de la noblesse (riddarhuset) et au 18ème siècle le palais royal.

[4] Le château de Gripsholm, à Mariefred au bord du lac Mälaren, est l’un des principaux monuments historiques de Suède. Le château de Gripsholm héberge la collection nationale de portraits de l’État suédois qui compte plus de 4 000 œuvres permettant au visiteur de suivre le développement de l’art du portrait depuis le 16ème siècle jusqu’aux années 1860. Les portraits plus récents de l’État sont au Nationalmuseum, le musée national des beaux-arts, à Stockholm.