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L’histoire pour le plaisir

Jean-Baptiste Stuck dit Batistin

lundi 26 juillet 2021, par ljallamion

Jean-Baptiste Stuck dit Batistin (1680-1755)

Compositeur baroque-Violoncelliste

Né à Livourne [1] en Italie, tirant toutefois ses origines d’Allemagne, il est l’un des premiers à faire connaître son instrument en France.

Il est fils du négociant Giovanni-Giacomo Stuck et de Barbera Hellerbech. Le début de sa vie reste mal connu mais on sait qu’il est au service de la comtesse de Lemos à Naples [2] en 1702. Il participe également à la refonte de “L’inganno innocente”, opéra de Tomaso Albinoni composé en 1701, représenté au théâtre San Bartolimeo de Naples [3] sous le nouveau titre de “Rodrigo in Algieri” le 10 décembre 1702.

Stuck semble être arrivé à Paris peu de temps après car l’un de ses airs est présent dans l’un des recueils de Ballard pour l’année 1701 mais seulement publié en 1705. S’exerçant dans l’entourage du prince de Carignan Emmanuel-Philibert de Savoie-Carignan , il intègre le cercle du futur Régent Philippe d’Orléans, en devenant officiellement ordinaire de la musique du duc d’Orléans en 1707.

Il y développe la musique italienne que ce prince affectionne et publie son premier livre de cantates [4] françaises en septembre 1706, quelques mois après Jean-Baptiste Morin. Comme lui, Stuck dédie le recueil à son protecteur, Philippe d’Orléans. Deux ans plus tard, son second livre verra le jour, puis deux opéras, “Méléagre” en 1709 et “Manto la fée”, donnés tous deux en 1711, sans grand succès. C’est son “Polidore” en 1720 qui lui offrira une certaine reconnaissance grâce à sa reprise en 1739.

Stuck édite entre-temps son troisième puis son quatrième livre de cantates et semble avoir toujours été en contact avec sa ville natale car, en 1715, son opéra “seria Il Gran Cid” est joué à Livourne. On lui prête même un séjour chez l’électeur de Bavière en 1714 avant de revenir en France et d’épouser, le 17 novembre 1727, l’une des filles de Jean Bérain, dessinateur du Cabinet et de la Chambre du Roy, Bonne-Françoise Bérain. Il devient ainsi l’ami et le beau-frère de Pascal Collasse , également uni à l’une des filles Bérain... Son amitié avec André Campra est aussi attestée.

Une précision, sous le titre de “L’Amour vengé”, révèle qu’elle avait été écrite sur un texte de Monsieur de Seré Jean de Serré de Rieux. Stuck était également proche du compositeur Jean-Baptiste Morin, très lié avec le poète. Le texte de la cantate suivante, “Diane”, de Louis Fuzelier, a été mis en musique par les deux musiciens et “Philomèle” publiée par Stuck dans son premier livre en 1706 l’avait été par les deux hommes, vers 1704.

Naturalisé français en 1733, il est ordinaire de la musique du roi dès 1715.

Il se consacre dès lors à sa carrière de concertiste et est présent au Concert Spirituel où sont jouées quatre de ses cantates ainsi que son divertissement “L’Union de la musique italienne et française”, reprenant à son compte le vœu de Couperin. Les 24 et 25 décembre 1728, il s’illustre dans un trio aux côtés du violoniste Jean-Pierre Guignon et du flûtiste Michel Blavet .

À la mort de sa femme, sans enfants, il connaît quelques déboires financiers mais son inventaire après décès témoigne de sa culture et de ses goûts : aux côtés de 178 tableaux et de 320 livres on note des partitions italiennes notamment, des cantates et opéras manuscrits, un violoncelle avec son archet dans un étui de bois peint, un autre violoncelle également avec son archet ainsi qu’une basse de violon et quatre violons.

Jean-Baptiste Stuck - Les Festes Bolonnoises

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Isabelle Verdier, Les Cantates françaises de Jean-Baptiste Stuck, mémoire de maîtrise de musicologie inédit, Université de Toulouse-Le Mirail, 1995

Notes

[1] Livourne est une ville d’Italie, située en Toscane. Livourne était à son origine un petit village de pêcheurs, sur la côte Tyrrhénienne, dans une petite baie naturelle, à quelques kilomètres au sud de l’embouchure de l’Arno et de la ville de Pise. Il faudra attendre 1500 et l’arrivée des Médicis, Grand-duc de Toscane, pour assister à l’explosion démographique et commerciale de Livourne. En 1587, Ferdinand 1er, frère de François 1er de Médicis et fils de Cosme 1er, prend la charge de grand-duc. C’est à lui que la ville doit son statut de port franc, et dès lors, les échanges commerciaux connurent une augmentation vertigineuse.

[2] Naples est une ville d’Italie, chef-lieu de la région de Campanie. L’histoire de Naples s’étend sur plus de 28 siècles. Sous le nom de Parthénope, elle fut fondée durant l’Antiquité par la cité voisine de Cumes. Elle s’étend ensuite rapidement jusqu’à devenir un des principaux centres commerciaux, culturels, philosophiques et politiques de la Grande-Grèce puis de l’Empire romain. Après avoir été brièvement dépendante de l’Empire byzantin, elle devient autonome au sein du duché de Naples. Dès le 13ème siècle et pour ensuite plus de 600 ans, elle devient successivement la capitale du royaume de Naples puis du royaume des Deux-Siciles. Elle reste alors un des principaux centres de développement économiques et technologiques d’Europe jusqu’à son annexion au royaume d’Italie en 1860, date à laquelle elle entame un relatif déclin socio-économique.

[3] Le San Bartolomeo était un théâtre d’opéra napolitain, en activité principalement au 17ème siècle et au 18ème siècle ; avant la construction du San Carlo, en 1737, il était le principal théâtre de la ville. Il a été édifié vers 1620 près de l’église de San Bartolomeo. Après l’arrêt de son activité, il a été reconverti en église.

[4] Une cantate est une composition vocale et instrumentale qui comporte plusieurs morceaux. Elle porte généralement sur un thème qui peut être profane (cantata da camera) ou sacré (cantata da chiesa), mais à la différence de l’opéra, elle ne comporte aucun aspect théâtral ni dramatique.