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L’histoire pour le plaisir

Louis Fuzelier

mardi 17 mars 2020, par ljallamion

Louis Fuzelier (vers 1672-1752)

Auteur dramatique-Librettiste-Poète-Chansonnier et goguettier français

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Le Poète en détresse (William Hogarth, 1736). (Musée et galerie d’art de Birmingham)

Il commence sa carrière d’auteur à la Foire en 1701, avec T“hésée ou la Défaite des Amazones”, et se retire des de la vie dramatique en 1749 après l’opéra-ballet “Le Carnaval du Parnasse”.

Parmi ses pièces, on compte un nombre important de parodies d’opéra, parodiant parfois même ses propres livrets. Ainsi, en 1723, après avoir donné à l’Opéra, sur une musique de Colin de Blamont , “Les Fêtes grecques et romaines”, il s’auto parodie dans “La Rencontre des Opéras”, pièce non représentée, puis dans “Les Saturnales”, pièce elle-même parodiée dSource : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de ans “Les Débris des Saturnales”. Il est, avec ses contemporains l’abbé Pellegrin et Delisle de La Drevetière, l’un des rares auteurs à avoir pratiqué l’auto parodie.

Son goût pour la parodie le conduit par ailleurs à intégrer des citations parodiques d’opéras et de tragédies dans ses autres pièces.

Fuzelier fut dès le début l’un des auteurs attitrés de l’Opéra-Comique [1], qui se tenait alors pendant les foires Saint-Germain [2] et Saint-Laurent [3]. Il dirigera des théâtres à plusieurs reprises. Il s’attribue aussi l’idée de faire jouer des pièces, pendant les périodes d’interdictions, comme quand la parole est interdite aux acteurs, par les marionnettes.

Il ne faut pas négliger sa contribution au répertoire de la nouvelle Comédie-Italienne [4] qui s’installe à l’Hôtel de Bourgogne [5] en 1716. Dans ce théâtre où Marivaux crée la majorité de ses pièces, il donne des parodies aussi bien que des comédies en prose mêlant jeu italien [6] et exploration des sentiments, par exemple “Mélusine” en 1719, dont les problématiques sur l’amour ne sont pas sans rappeler celles de Marivaux. Ainsi, il est en 1718 avec Autreau l’un des premiers à fournir une pièce en français, “L’Amour maître de langues” à la troupe de Luigi Riccoboni .

Fuzelier, de 1715 à 1750, collabora au régiment de la Calotte [7], au côté d’autres, au sein du groupe des poètes turlupins [8]. Ce groupe, en particulier, rédigeait les brevets comiques que le régiment de la Calotte décernait.

Dès sa création, en 1729, il fit partie de la célèbre goguette [9] de la Société du Caveau [10], première du nom.

Fuzelier fut également l’un des principaux rédacteurs du Mercure de France [11], dont il détint le privilège avec Charles Dufresny et Antoine de La Roque de 1721 à 1744, puis avec La Bruère de novembre 1744 à juin 1748.

Il est encore l’auteur d’environ 70 textes de cantates, mis en musique par Louis-Nicolas Clérambault, Nicolas Bernier, Jean-Baptiste Stuck , Jean-Baptiste Morin, Philippe Courbois, etc.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Louis Fuzelier/ Portail de la musique classique/ Portail du théâtre/ Portail de l’opéra/ Catégories : Dramaturge français du XVIIIe siècle/ Librettiste français d’opéra/ Librettiste de ballet/ Poète français du XVIIIe siècle/ Chansonnier français

Notes

[1] L’Opéra-Comique a été fondé sous le règne de Louis XIV, le 26 décembre 1714 par Catherine Baron et Gautier de Saint-Edme à partir de troupes qualifiées de « foraines » qui se produisaient lors des spectacles donnés lors des foires annuelles de Paris. L’une des troupes de la foire Saint-Germain prit alors le nom d’Opéra-Comique. Son répertoire était surtout constitué de pantomimes et de parodies d’opéras afin de déjouer les interdictions dont ils étaient frappés à la suite de procès intentés par la Comédie-Française, inquiète face à la qualité montante des spectacles qui lui portait directement concurrence. En 1714, un décret autorise la troupe à avoir son propre théâtre avec une contrainte : intercaler des dialogues parlés dans les œuvres chantées. C’est la définition actuelle de l’opéra-comique. Les débuts de l’Opéra-Comique sont difficiles et connaissent plusieurs périodes de fermeture, de 1719 à 1720, puis de nouveau de 1722 à 1723. En 1743, Jean Monnet prend la direction de l’Opéra-Comique et invite l’auteur Charles-Simon Favart. Le succès est au rendez-vous, mais fait ombrage aux autres théâtres parisiens. Pour y remédier, les autorités provoquent une nouvelle fermeture de 1745 à 1751. Cette année-là, la ville de Paris obtient la réouverture de ce théâtre, toujours sous la direction de Jean Monnet. En janvier 1762, l’Opéra-Comique de la foire fusionne avec la Comédie-Italienne. Il déménage alors le 3 février 1762 à l’hôtel de Bourgogne.

[2] La première mention de cette foire date de 1176 ; elle aurait existé jusqu’au 13ème siècle. Elle se tenait dans les alentours de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés et, au moins dans les premiers temps, au carrefour des actuelles rues de Buci et de Seine. En 1482, le roi Louis XI accorda aux religieux de l’abbaye le droit de tenir une foire franche chaque année ; c’est ainsi que la deuxième foire fut créée. Une halle fut construite en 1511, pouvant accueillir plusieurs centaines de marchands, parmi lesquels se trouvaient notamment des orfèvres, des ébénistes et des marchands d’étoffes. L’apogée de la foire se situe au 17ème siècle. Elle durait en général 3 à 5 semaines, autour de Pâques, et au 18ème siècle elle s’ouvrait invariablement le 3 février pour se fermer le dimanche de la Passion. Elle eut cours jusqu’en 1789.

[3] Établie dès 1344 dans l’enceinte de l’abbaye des frères de Saint-Lazare (léproserie de Saint-Ladre), la foire Saint-Laurent fut fixée, au 18ème siècle, du 9 août (veille de la saint Laurent) au 29 septembre (jour de la saint Michel). La foire Saint-Laurent était le rendez-vous des artisans, des commerçants et des bourgeois, et se déroulait en plein air, tandis que la foire Saint-Germain, abritée des intempéries, servait plutôt de vitrine au commerce de luxe (bijoux, porcelaine, instruments de musique, estampes). De nombreux artistes et troupes de la foire Saint-Germain s’y produisent aussi, puisque l’une a lieu au printemps et l’autre en été. Cette alternance permet au public de suivre ses spectacles préférés et, peu à peu, s’installe une sorte de véritable « feuilleton » théâtral, une pièce étant commencée à Saint-Germain pour être continuée à Saint-Laurent. En 1716, c’est dans le théâtre de la foire Saint Laurent que Catherine Vanderberg, directrice du théâtre, obtient de l’Académie Royale de Musique la permission exclusive de donner, pendant la durée des foires, des pièces mêlées de chant, danses et symphonies, pendant un espace de quinze ans, moyennant 35,000 livres par an. En 1752, Jean Monnet fait édifier dans la foire Saint Laurent un théâtre dont il confie à Boucher la décoration. Quelques années auparavant, en 1744, les comédies françaises et italiennes avaient obtenu la suppression de son théâtre, et la dissolution des troupes alors incorporées à l’Académie Royale de Musique et à la Comédie Italienne.

[4] Comédie-Italienne ou Théâtre-Italien sont des noms qui ont été utilisés pour les pièces de théâtre de langue italienne lorsqu’ils ont été joués par nombreuses troupes en France, notamment à Paris. Les premières visites enregistrées par des acteurs italiens étaient des troupes de commedia dell’arte employées par la cour des reines Catherine de Médicis et Marie de Médicis. Ces troupes ont également donné des présentations publiques à Paris à l’Hôtel de Bourgogne, probablement le premier théâtre public construit en France. La première utilisation officielle du nom de Comédie-Italienne remonte à 1680, année où il fut attribué à la troupe pour la distinguer de la troupe de la Comédie-Française, fondée cette année-là, et de la même manière que le nom de "Théâtre-Français" était couramment appliqué à ce dernier, le Théâtre-Italien était utilisé pour les Italiens. Au fil du temps, des phrases, des chansons, des scènes entières et éventuellement des pièces de théâtre françaises ont été incorporées dans les présentations de la Comédie-Italienne. En 1762, la troupe fusionnera avec l’Opéra-Comique, mais les noms continuèrent d’être utilisés, même si le répertoire devint bientôt presque exclusivement opéras-comiques.

[5] L’hôtel de Bourgogne a été jusqu’au 16ème siècle la résidence des ducs de la seconde maison capétienne de Bourgogne à Paris. Il a abrité ensuite l’un des principaux théâtres parisiens du 17ème au 18ème siècle.La tour Jean-sans-Peur, rue Étienne-Marcel, dans le 2e arrondissement de Paris, en est le seul vestige aujourd’hui.

[6] lazzi

[7] Le régiment de la Calotte est une très active société festive et carnavalesque d’origine militaire fondée en 1702 par Philippe Emmanuel de La Place de Torsac et Étienne Isidore Théophile Aymon. Jusqu’en 1752 elle produit une quantité de documents manuscrits ou imprimés. Très structurée, n’existant peut-être déjà plus dans la société civile, la Calotte est interdite dans l’armée en 1779. Résistant à son interdiction elle continue à exister dans le milieu militaire au moins jusqu’au début des années 1820.

[8] Le régiment de la Calotte compte durant 35 ans, de 1715 à 1750, sur une collaboration d’élite : celle d’un groupe d’une dizaine d’écrivains comiques. Ils se baptisent eux-mêmes les poètes turlupins. On les appelle également les divins abbés. Ils se réunissent régulièrement dans des cafés voisins de l’Opéra comique pour rédiger les brevets de la Calotte. Les noms de ces poètes calottins sont aisément identifiables, bien que les brevets calottins qu’ils rédigent soient par principe anonymes.

[9] Une goguette est à l’origine une pratique festive en France et en Belgique consistant à se réunir en petit groupe de moins de 20 personnes pour passer un bon moment et chanter. Puis cette pratique devient la base de sociétés festives et carnavalesques constituées. Des milliers de goguettes ont existé et disparu. Aujourd’hui, il en reste très peu. Cette pratique festive est généralement oubliée. Le plus souvent, le grand public ignore jusqu’à l’emploi du mot « goguette » utilisé dans le sens de « société chantante ». Et s’il entend parler de la goguette, il lui arrive de la confondre avec la guinguette, qui est une tout autre chose.

[10] La société du Caveau, appelée en abrégé le Caveau, est une célèbre goguette parisienne créée en 1729 par Pierre Gallet. Elle disparaît en 1739. Ensuite, durant deux siècles, jusqu’en 1939, ce nom est repris, avec des intervalles plus ou moins longs, par une succession d’autres prestigieuses goguettes parisiennes qui se situent dans sa continuité. Dernière trace visible de la popularité de ce nom, existe toujours aujourd’hui à Paris le Caveau de la République, fondé en 1901, qui n’est pas une goguette, mais un célèbre cabaret.

[11] Le Mercure de France est une revue française, fondée en 1672 et disparue en 1965 d’abord publiée sous le nom de Mercure galant, qui a évolué en plusieurs étapes avant de devenir une maison d’édition à la fin du 19ème siècle, grâce à Alfred Vallette. Dans l’esprit, le Mercure galant faisait suite au Mercure françois fondé par Jean et Estienne Richer au début du 17ème siècle, qui, publié de 1611 à 1648, fut la première revue française à voir le jour.