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Louis-Nicolas Clérambault dit Nicolas Clérambault

dimanche 20 mai 2018 (Date de rédaction antérieure : 21 juillet 2013).

Louis-Nicolas Clérambault dit Nicolas Clérambault (1676-1749)

Organiste et compositeur

Né à Paris, Clérambault est un contemporain de Vivaldi et de Rameau . Son père Dominique appartenait aux 24 violons du Roi [1] et lui a appris l’art du violon très jeune. Parallèlement, il a étudié le clavecin, l’orgue auprès d’ André Raison , et le chant et la composition avec Jean-Baptiste Moreau . Il compose son premier grand motet [2] à l’âge de 13 ans.

En 1697, il publie son premier “air à boire” dans un recueil de Christophe Ballard . En 1702, le Mercure de France [3] annonce son livre de clavecin qui est publié 2 ans plus tard, en 1704.

Sa carrière fut principalement consacrée à la musique religieuse. Il devint en 1704 l’adjoint de Guillaume-Gabriel Nivers aux orgues de Saint-Sulpice [4] à Paris, et de la Maison royale de Saint-Cyr [5]. Il se marie avec Marie Marguerite Grulé.

On connaît peu de choses de la vie de Clérambault, il habitait rue du Four à Saint Germain des Près [6], ses voisins proches sont Campra et Marc-Antoine Charpentier.

Après la mort de Louis XIV et de Nivers, il succède à ce dernier à l’église Saint-Sulpice et du collège de la Maison Royale de Saint-Cyr, à la demande de sa fondatrice, Madame de Maintenon, dont il était devenu le "Surintendant des Concerts particuliers". Pour les demoiselles de Saint-Cyr, il composa des chants et des motets, dont un magnifique Miserere, édité en 1733.

Après la mort d’André Raison en 1719, Clérambault lui succède aux orgues de l’église des Grands-Jacobins [7]. C’est également en 1719 que Madame de Maintenon décède. La nouvelle directrice de Saint-Cyr, Marie-Madeleine de Glapion renouvelle son contrat par lequel Clérambault s’engage à renouveler le répertoire des offices, à accorder et entretenir l’orgue, à prendre un souffleur à sa propre charge.

C’est à ce poste qu’il développe le genre de la « cantate [8] française » dont il est le maître incontesté.

Il s’est également fait connaître et apprécier de son temps par ses cantates données à la Cour, ainsi qu’au Concert Spirituel [9]. Il a laissé notamment 5 livres de cantates françaises à une ou deux voix et des pièces pour orgue et pour clavecin.

Il fut régulièrement joué depuis le 18ème siècle, mais on ne connaissait de lui que ses pièces d’orgue, et quelques cantates. C’est le Centre de Musique Baroque de Versailles qui a largement contribué, à la connaissance de ses autres œuvres très abondantes, pièces de clavecin, sonates, airs sérieux et à boire, nombreuses cantates, grands motets, petits motets pour Saint-Cyr et pour Saint-Sulpice, oratorios, enfin son unique ouvrage lyrique, la pastorale “Le Triomphe d’Iris”.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de musicologie /Biographies/Louis Nicolas Clérambault

Notes

[1] Les Vingt-quatre Violons du Roi, appelés aussi La Grande Bande ou encore Les Violons ordinaires de la Chambre du Roi, est une formation musicale qui de 1577 jusqu’à sa suppression par un édit de 1761 fut destinée aux divertissements et cérémonies officielles de la Cour de France. Renforcée à de maintes reprises par les 12 Grands Hautbois de la Grande Écurie, elle est le premier exemple d’orchestre formel, constitué sur la base d’un groupe d’instruments à cordes. La formation est passée à 24 violons en 1614. C’est également le premier orchestre permanent d’Europe

[2] Un motet est une composition musicale apparue au 13ème siècle, à une ou plusieurs voix, avec ou sans accompagnement musical, courte et écrite à partir d’un texte religieux ou profane. Ce genre musical à deux voix atteignit son apogée à la fin du 12ème siècle, avec l’école de Notre Dame de Paris et ses maîtres, Léonin et Pérotin. Le motet a remplacé le conduit. Au début du 16ème siècle, le motet s’enrichit grâce à Josquin Desprez et atteint son apogée avec Palestrina. Le nombre des voix était le plus souvent de quatre, mais pouvait atteindre six, huit, et même douze. À l’extrême, le motet Spem in alium de Thomas Tallis ne compte pas moins de 40 voix indépendantes. En France, le motet fut illustré, notamment, par Henry Du Mont et Pierre Robert, sous-maîtres de la Chapelle de Louis XIV ; sous l’égide de Louis XIV, Lully, puis Delalande, inaugurèrent le « grand motet » ou « motet à grand chœur », équivalent de l’antienne (anthem) des Anglais et de la cantate des Allemands.

[3] Le Mercure de France est une revue française, fondée en 1672 et disparue en 1965 d’abord publiée sous le nom de Mercure galant, qui a évolué en plusieurs étapes avant de devenir une maison d’édition à la fin du 19ème siècle, grâce à Alfred Vallette. Dans l’esprit, le Mercure galant faisait suite au Mercure françois fondé par Jean et Estienne Richer au début du 17ème siècle, qui, publié de 1611 à 1648, fut la première revue française à voir le jour.

[4] L’église Saint-Sulpice est une grande église du quartier de l’Odéon dans le 6ème arrondissement de Paris. Elle est située place Saint-Sulpice. Elle est dédiée à Sulpice le Pieux, archevêque de Bourges au 7ème siècle.

[5] institution recevant les jeunes filles de la noblesse pauvre

[6] Cette rue est un tronçon du vieux chemin de Paris à Issy et Sèvres, située dans le prolongement des rues Saint-André-des-Arts et de Buci. Son nom provient du four banal, situé à l’actuel emplacement du croisement des rues du Four et de Rennes et propriété de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, où les habitants devaient obligatoirement aller faire cuire leur pain sous peine d’amende.

[7] le grand couvent des Jacobins ou couvent des Jacobins de la rue Saint-Jacques était un couvent dominicain fondé au début du 13ème siècle, situé rue Saint-Jacques à Paris, au niveau de l’actuel no 158. L’emplacement du couvent des Jacobins de la rue Saint-Jacques s’étendait entre les tracés actuels des rues Soufflot et Cujas. Il s’adossait initialement en grande partie sur l’enceinte de Philippe Auguste, côté ville, entre les portes Saint Michel et Saint-Jacques. Son activité d’enseignement formait le collège des Jacobins, un collège de l’ancienne université de Paris. Supprimé en 1790, ses bâtiments ont été démolis entre 1800 et 1849.

[8] Une cantate est une composition vocale et instrumentale qui comporte plusieurs morceaux. Elle porte généralement sur un thème qui peut être profane (cantata da camera) ou sacré (cantata da chiesa), mais à la différence de l’opéra, elle ne comporte aucun aspect théâtral ni dramatique.

[9] Le Concert Spirituel est le nom d’une organisation de concerts inaugurée à Paris le 17 mars 1725. L’institution perdurera 66 ans, jusqu’en 1791, au début de la Révolution française et marquera le monde musical par ses innovations et la qualité de ses productions. En vertu de l’accord passé avec l’Académie royale de musique, le Concert Spirituel ne pouvait donner ni œuvres vocales en français, ni surtout des opéras du répertoire. Le Concert Spirituel faisait donc entendre d’une part de la musique sacrée en latin, justifiée en outre par les périodes où il se déroulait, d’autre part de la musique italienne. Toutefois, à la suite d’un nouvel accord avec l’Académie royale de musique, Philidor a obtenu dès 1727, d’organiser des concerts comprenant aussi des pièces en français, notamment des Divertissements