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Winigise de Spolète ou Winichis

vendredi 11 décembre 2020, par ljallamion

Winigise de Spolète ou Winichis (mort en 822)

Duc de Spolète de 789 à sa mort

La Rocca Albornoz et le Pont des tours à SpolèteProbablement d’origine franque [1] et Lieutenant du roi, il appartient à l’entourage de Charlemagne lorsqu’il est envoyé en 788, avec des troupes franques appuyer Hildebrand de Spolète et Grimoald III de Bénévent pour repousser une invasion des troupes de l’empire byzantin [2].

En effet l’empereur Constantin VI irrité de ce que le roi ait refusé de lui donner sa fille en mariage ordonne au patrice [3] Théodore Préfet de Sicile de ravager les frontières des Bénéventins [4].

La campagne est un succès pour Winigise et ses alliés, ils défont les grecs mais Hildebrand, meurt pendant cette campagne et Charlemagne nomme Winigise comme son successeur dans le Duché de Spolète [5].

Winigise est également chargé par Charlemagne d’être son missus dominicus [6] dans le Ducatus Romæ [7].

le 25 avril 799 à Rome le Pape Léon III fait l’objet d’une tentative d’assassinat en se rendant de Saint-Jean de Latran [8] à Saint-Laurent. Grièvement blessé le pontife est relégué dans le monastère de Saint-Erasme d’où il s’échappe avec l’aide d’un chambrier. Winigise accouru à Rome le recueille à Spolète afin d’assurer sa protection et sa guérison avant qu’il ne puisse rejoindre l’empereur à Paderborn [9].

Winigise doit ensuite faire face à un conflit avec Grimoald de Bénévent qui le capture après l’avoir assiéger dans Lucera [10] en 802. Il est fait prisonnier avant d’être libéré l’année suivante.

En 815, peu de temps avant la mort du Pape Léon III, les habitants de Rome se révoltent de nouveau mais le roi Bernard d’Italie envoie Winigise rétablir l’ordre.

En 822, Winigise appesanti par la vieillesse renonce à ses fonctions et se retire dans un monastère où il meurt peu de temps après. Son successeur est Suppo 1er , Brixiæ civitatis comes [11]

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Georges Tessier Charlemagne VIIIe siècle dans « Le Mémorial des Siècles », Albin Michel, Paris 1967.

Notes

[1] Les Francs constituent un peuple germanique apparaissant sous la forme d’une confédération au moment des grandes invasions. Une partie d’entre eux joue un rôle central dans l’histoire de France, celle des Pays-Bas, celle de la Belgique, celle du Luxembourg et celle de l’Allemagne à compter de leur sédentarisation en Gaule romaine. Ils ont donné leur nom à la France

[2] L’Empire byzantin ou Empire romain d’Orient désigne l’État apparu vers le 4ème siècle dans la partie orientale de l’Empire romain, au moment où celui-ci se divise progressivement en deux. L’Empire byzantin se caractérise par sa longévité. Il puise ses origines dans la fondation même de Rome, et la datation de ses débuts change selon les critères choisis par chaque historien. La fondation de Constantinople, sa capitale, par Constantin 1er en 330, autant que la division d’un Empire romain de plus en plus difficile à gouverner et qui devient définitive en 395, sont parfois citées. Quoi qu’il en soit, plus dynamique qu’un monde romain occidental brisé par les invasions barbares, l’Empire d’Orient s’affirme progressivement comme une construction politique originale. Indubitablement romain, cet Empire est aussi chrétien et de langue principalement grecque. À la frontière entre l’Orient et l’Occident, mêlant des éléments provenant directement de l’Antiquité avec des aspects innovants dans un Moyen Âge parfois décrit comme grec, il devient le siège d’une culture originale qui déborde bien au-delà de ses frontières, lesquelles sont constamment assaillies par des peuples nouveaux. Tenant d’un universalisme romain, il parvient à s’étendre sous Justinien (empereur de 527 à 565), retrouvant une partie des antiques frontières impériales, avant de connaître une profonde rétractation. C’est à partir du 7ème siècle que de profonds bouleversements frappent l’Empire byzantin. Contraint de s’adapter à un monde nouveau dans lequel son autorité universelle est contestée, il rénove ses structures et parvient, au terme d’une crise iconoclaste, à connaître une nouvelle vague d’expansion qui atteint son apogée sous Basile II (qui règne de 976 à 1025). Les guerres civiles autant que l’apparition de nouvelles menaces forcent l’Empire à se transformer à nouveau sous l’impulsion des Comnènes avant d’être disloqué par la quatrième croisade lorsque les croisés s’emparent de Constantinople en 1204. S’il renaît en 1261, c’est sous une forme affaiblie qui ne peut résister aux envahisseurs ottomans et à la concurrence économique des républiques italiennes (Gênes et Venise). La chute de Constantinople en 1453 marque sa fin.

[3] Patrice est un titre de l’empire romain, créé par Constantin 1er. Dans les années 310-320, Constantin abolit le patriciat romain, vieille distinction sociale qui avait ses racines au début de la république romaine. Le titre de patrice est désormais accordé par l’empereur à des personnes de son choix, et non plus à des familles entières. Dès son apparition, le titre de patrice permet à son titulaire d’intégrer la nobilitas, comme le faisait déjà le patriciat républicain. Le titre était décerné à des personnages puissants mais non membres de la famille impériale ; il vient dans la hiérarchie immédiatement après les titres d’Auguste et de César. Ce titre fut ensuite conféré à des généraux barbares au service de l’empire. Le titre fut encore porté par des notables gallo-romains au 6ème siècle. Sous les Mérovingiens, le titre de patrice était donné au commandant des armées burgondes. Les papes l’ont notamment décerné à plusieurs reprises pour honorer des personnages qui les avait bien servis. Le titre fut également conservé dans l’Empire byzantin, et son importance fut même accrue au 6ème siècle par Justinien 1er, qui en fit la dignité la plus haute de la hiérarchie aulique. C’était une dignité accordée par brevet. Dans les siècles suivants, elle fut progressivement dévaluée par la création de nouveaux titres. La dignité de patrice disparut à Byzance au 12ème siècle.

[4] La province de Bénévent est une province italienne, dans la région de Campanie. La capitale provinciale est Bénévent.

[5] Le Duché de Spolète avait pour siège Spolète, une ville d’Ombrie en Italie centrale. Ayant conquis la Toscane et l’Ombrie, Alboin érigea ce pays en duché, dont la capitale fut Spolète, qui lui donna son nom. Faroald 1er, capitaine lombard, en reçut l’investiture des mains d’Alboin, en l’an 570, devenant un « dux » (duc). Spolète devint alors le siège d’un assez vaste duché, plus ou moins autonome par rapport aux rois lombards Authari et Agilulf. Siège d’un duché lombard, puis franc et d’une principauté assez importante, Spolète fut finalement incorporée aux États de l’Église en 1213.

[6] Les missi dominici, sont un organe et une charge institués en 789 et renouvelés en 802 par le pouvoir carolingien. Les missi sont des envoyés spéciaux des souverains carolingiens qui contrôlent les représentants du pouvoir royal au niveau local. Ils permettent au souverain de hiérarchiser son administration, de centraliser le pouvoir et sont l’expression d’une idéologie proprement impériale. Envoyés en collège de deux ou trois - et souvent plus -, comptant en général au moins un comte et un évêque, ils sont dans un premier temps étrangers au district - missatica - qu’ils administrent. Des missi extraordinaires représentent l’empereur dans des circonstances spéciales et, éventuellement, en dehors de leur région d’exercice habituel.

[7] Les États pontificaux ou États de l’Église, ou États du Pape sont les États qui furent entre 754 et 1870 sous l’autorité temporelle du pape. Le premier noyau de ces États était baptisé patrimoine de saint Pierre.

[8] L’archibasilique Saint-Jean-de-Latran est l’une des quatre basiliques majeures de Rome, édifiée sur le mont Latran. Son titre exact est basilique du Très-Saint-Sauveur et des saints Jean Baptiste et Jean l’Évangéliste. Premier édifice monumental chrétien construit en Occident, à partir de 320, elle est l’église cathédrale de l’évêque de Rome, le pape. Tout comme le palais du Latran qui lui est contigu, elle est la propriété du Saint-siège et bénéficie à ce titre du privilège d’extraterritorialité. Elle est considérée comme la « mère » en ancienneté et dignité de toutes les églises de Rome et du monde.

[9] Paderborn, le chef lieu de l’arrondissement de Paderborn, est une ville d’Allemagne, située à l’est du land de Rhénanie du Nord Westphalie, dans la région Westphalie de l’Est Lippe, à la source même de la rivière Pader.

[10] Luceria (aujourd’hui Lucera) est une colonie romaine fondée dans les Pouilles en 314 av. jc, au moment où les Romains tentent de prendre les Samnites à revers.

[11] c’est-à-dire : Comte de la cité de Brescia