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La France du 17 juin au 1er décembre 1800

dimanche 22 août 2021, par lucien jallamion (Date de rédaction antérieure : 18 mars 2020).

La France du 17 juin au 1er décembre 1800

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La signature du traité de Mortefontaine, 30 septembre 1800, par Victor Adam

C’est le 17 juin 1800 qu’un traité entre Bonaparte et les derniers chefs vendéens, est conclu. Les Chouans [1] capitulent. Bonaparte leur offre solennellement son pardon, assorti de menaces en cas de refus. C’est davantage par épuisement que par adhésion au gouvernement que les Vendéens [2] acceptent la paix.

Le 15 juillet 1800 débute les signatures du Concordat avec le Saint-Siège [3]. En effet, depuis dix mois, les négociations sont ardues et le travail que demande chacun des articles est infini. Le secrétaire d’Etat du pape Pie VII , monseigneur Ercole Consalvi , par sa finesse et son habileté permet l’élaboration d’un document définitif que l’on commence de signer en ce jour. La religion catholique est considérée comme “celle de la majorité des Français”. Il revient au gouvernement de désigner les évêques que le pape institue. L’Etat garantit aux prêtres et aux évêques un traitement. L’Eglise, pour sa part, s’engage à ne pas inquiéter ceux qui ont fait l’acquisition de biens ecclésiastiques.

Le 30 septembre 1800 le traité franco-américain de Mortefontaine [4] est signé.

Les navires américains saisis par les corsaires du roi à l’occasion de la guerre contre le commerce maritime avec l’Angleterre enveniment les relations entre les deux républiques depuis des mois. Par ce traité, les deux gouvernements français et américain mettent fin au malentendu. Et c’est le 1er octobre 1800 qu’à lieu la restitution de la Louisiane à la France. Par le traité de San Ildefonso [5], la Louisiane revient à la France en échange de territoires nouveaux cédés au duché de Parme [6], possession d’un Bourbon d’Espagne [7].

Notes

[1] Les Chouans étaient des insurgés royalistes de Bretagne, du Maine, de basse Normandie et du nord de l’Anjou pendant les guerres de la chouannerie. Actifs au nord de la Loire, les chouans sont distincts des « Vendéens », actifs quant à eux au sud du fleuve, dans le Bas-Poitou, le sud de l’Anjou et le Pays de Retz breton.

[2] La guerre de Vendée est une guerre civile qui opposa pendant la Révolution française, dans l’Ouest de la France, les républicains (surnommés les « bleus ») aux royalistes (les « blancs ») entre 1793 et 1796, avec d’ultimes sursauts en 1799, 1815 et 1832. Elle fut étroitement liée à la Chouannerie, l’ensemble de ces deux conflits étant parfois désigné sous le nom de « guerres de l’Ouest ». La Chouannerie se déroula sur la rive droite de la Loire, au nord, tandis que le soulèvement vendéen eut lieu au sud, sur la rive gauche. Comme partout en France, la Vendée connaît des manifestations paysannes au début de la Révolution française, qui est initialement bien accueillie. Si en 1791 la Constitution civile du clergé provoque de forts mécontentements, c’est au moment de la levée en masse, en mars 1793, que la rébellion vendéenne se déclenche, dans un premier temps comme une jacquerie paysanne classique, avant de prendre la forme d’un mouvement contre-révolutionnaire.

[3] Le traité de concordat sera signé le 26 messidor an IX (15 juillet 1801) à minuit par Joseph Bonaparte, frère du Premier consul, l’abbé Bernier (négociateur de la France auprès du pape), l’administrateur Emmanuel Crétet et le représentant du pape Pie VII, le cardinal Consalvi, secrétaire d’État. Le document est alors envoyé au pape, qui le ratifie un mois plus tard, par la bulle Ecclesia Christi (15 août 1801).

[4] Le traité de Mortefontaine est une convention signée en 1800 entre la France (sous le Consulat) et les États-Unis terminant la quasi-guerre. Il fut signé au château de Mortefontaine, dans l’Oise. Entre 1798 et 1800, la quasi-guerre (Quasi-War en anglais) est une période de conflit larvé entre la République française et les États-Unis, véritable guerre maritime. Au début de la Révolution française, les relations sont excellentes entre les républicains américains et les révolutionnaires français, mais elles se détériorent après l’exécution de Louis XVI en 1793 et surtout l’abolition de l’esclavage décrétée par le gouvernement français, à laquelle s’opposent les lobbies américains soucieux de ne pas donner des idées de liberté à leurs propres esclaves.

[5] Le traité de San Ildefonso de 1800 est un traité d’alliance (secret) signé le 1er octobre 1800 par la France et l’Espagne, dont les principales clauses sont la rétrocession de la Louisiane à la France et la création en Italie d’un royaume d’Étrurie dépendant de l’Espagne.

[6] Le duché de Parme et de Plaisance était un petit État de la péninsule italienne qui exista entre 1545 et 1802 puis de 1814 à 1859. Les ducs de Parme et de Plaisance furent également ducs de Plaisance excepté dans les premières années du règne d’Octave Farnèse (1549 -1556) et sous le règne des deux ducs choisis par Napoléon Bonaparte en 1808.

[7] En Espagne, la maison de Bourbon (Casa de Borbón en castillan) est la dénomination officielle de la dynastie régnant sur le royaume depuis l’accession au trône de Philippe V, petit-fils agnatique de Louis XIV. Outre-Pyrénées, traité en qualité de fils de France, le roi Philippe V avait été créé à sa naissance duc d’Anjou, d’où l’appellation fréquente de maison de Bourbon-Anjou, également utilisée s’agissant de sa descendance à la nationalité espagnole issue des mâles. Issue de la maison de France, ou plus précisément du rameau des Bourbons, la branche succède en Espagne aux Habsbourg à la suite des victoires des partisans bourboniens durant la guerre de la Succession d’Espagne, en 1700. Deux fois rétablie au 19ème siècle (en 1813 et en 1874), la famille règne de nouveau sur le royaume espagnol depuis 1975, dans le cadre de la Troisième Restauration.