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Mattathias

lundi 27 mars 2017, par ljallamion

Mattathias

Dirigeant politico-religieux juif du 2ème siècle av. jc-Fondateur de la dynastie des Hasmonéens

Mattathias dans l'œuvre de Guillaume Rouillé Promptuarii Iconum InsigniorumLa plupart des informations que l’on possède sur Mattathias sont tirées du premier livre des Maccabées [1], ainsi que des Antiquités juives [2] de Flavius Josèphe.

Mattathias est le fils de Yohanan ben Shimon, prêtre de la lignée de Yehoyariv, fondateur de la première des 24 divisions sacerdotales qui officient dans le Temple de Jérusalem, descendant lui-même de Phinées , troisième grand prêtre d’Israël [3].

Josèphe ajoute à cette généalogie que Shimon serait le fils de Hasmonaï. Des traditions rabbiniques font de Mattathias le fils de Hasmonaï ; selon d’autres encore, ils seraient deux personnages apparentés et contemporains mais indépendants, et les Maccabées seraient les fils de Hasmonaï et non de Mattathias.

Il semble plus vraisemblable de considérer Hasmonaï comme un ascendant lointain de Mattathias, ce qui expliquerait pourquoi tant les chroniqueurs grecs que les sources rabbiniques font référence à cette famille sous le nom de Hasmonéens ; de plus, les noms de Yohanan et Shimon apparaissent dans la descendance directe de Mattathias, alors que ce n’est pas le cas de Hasmonaï.

Une conception erronée, consignée dans la Meguilat Antiochos et le traité Soferim, et reprise dans la liturgie de Hanoucca, fait du père de Mattathias, un Grand-Prêtre. Cependant, et bien qu’il ait pu officier à Jérusalem, Mattathias est avant tout un prêtre local, responsable du culte dans un petit village de Judée, appelée Modiin [4].

Mattathias est déjà vieux lorsque les premières mesures anti-juives de Antiochos IV sont mises en application. En 167, un émissaire du roi séleucide, appelé Apelles selon Flavius Josèphe, construit un autel à Modiin pour un dieu et ordonnent à Mattathias, citoyen le plus important et spirituellement influent du village, de sacrifier à leur idole, selon les directives du roi. Il refuse de plier face aux pressions du régent, et exhorte au contraire les Juifs à ne pas abandonner leurs croyances et pratiques ancestrales.

Lorsqu’un Judéen hellénisé se déclare prêt à collaborer, Mattathias le tue et détruit l’estrade, tandis que ses fils mettent l’émissaire séleucide à mort. Il harangue alors la foule, enjoignant les Juifs à demeurés fidèles à la Loi et de la rejoindre dans son insurrection.

À l’annonce du décret de son arrestation, il se réfugie dans les montagnes de Judée. Nombreux sont, selon le Livre des Maccabées, ceux de ses concitoyens qui abandonnent leurs avoirs pour le rejoindre, ainsi que d’autres rebelles, parmi lesquels les Hassidéens [5].

Mattathias mène depuis sa retraite des opérations de guérilla, défait les troupes séleucides lorsqu’elles sont en faible effectif, punit les Juifs considérés comme renégats, détruit les temples païens, et fait circoncire les enfants qui ne l’avaient pas été par crainte des décrets royaux. Il mène aussi une campagne pour le maintien des autres rites prohibés par Antiochos.

Selon Josèphe, qui s’accorde sinon en tous points avec le récit du premier livre des Maccabées, Mattathias tombe malade un an plus tard. Il meurt en 146 de l’ère séleucide, et est inhumé à Modiin. Son caveau se trouverait non loin de ceux de ses fils.

Mattathias n’a laissé aucune œuvre écrite. Il serait cependant, ainsi que le souligne Flavius Josèphe, à l’origine de la mesure permettant d’enfreindre le chabbat pour se défendre, en cas de menace vitale.

Après avoir enjoint à ses fils de respecter scrupuleusement les prescriptions de la Bible, il désigne son aîné, Juda dit le Marteau comme son successeur dans la lutte, et le frère de celui-ci, Simon, comme conseiller. Ils tombent au combat, ainsi qu’Yohanan, Eléazar, et Jonathan.

Cependant, Simon et ses fils forment une dynastie qui règne sur la terre d’Israël jusqu’à l’avènement de Hérode.

Malgré les dérives de la dynastie hasmonéenne et ses persécutions envers les Pharisiens [6], Mattathias demeure une figure héroïque dans la tradition rabbinique, et le seul Hasmonéen nommément mentionné dans la liturgie de Hanoucca [7].

P.-S.

Source : Cet article comprend du texte provenant de la Jewish Encyclopedia de 1901–1906, article « MATTATHIAS MACCABEUS » par Richard Gottheil & Samuel Krauss, une publication entrée dans le domaine public.

Notes

[1] Le premier livre des Maccabées relate la révolte des Maccabées depuis le déclenchement de la révolte en Judée contre les souverains séleucides et jusqu’au règne de Jean Hyrcan. Il couvre une période d’environ 40 ans entre 175 et 135 av. jc.

[2] Les Antiquités judaïques, ou Antiquités juives, sont une œuvre de la fin du 1er siècle de l’historien juif Flavius Josèphe. Elle comprend vingt livres écrits en grec. Elle était destinée à un lectorat gréco-romain afin de lui faire connaître l’histoire du peuple juif.

[3] Le grand prêtre est le titre que portait le premier des prêtres dans la religion israélite ancienne et dans le judaïsme classique, depuis l’émergence de la nation israélite jusqu’à la destruction du Second Temple de Jérusalem. Les grands prêtres, comme d’ailleurs tous les prêtres, appartenaient à la lignée d’Aaron. Pendant la période du Second Temple, le grand prêtre exerça souvent la charge de président du Sanhédrin. Son rôle déclina avec l’occupation romaine (à partir de 63 av. jc) puis la fonction de grand Prêtre disparut avec la destruction du Second Temple.

[4] Modiin est une ville israélienne du district Centre d’Israël. Modiin est célèbre pour avoir été la ville d’origine de la famille des Hasmonéens qui donnèrent l’indépendance puis dirigèrent la Judée aux premier et deuxième siècles avant l’ère chrétienne.

[5] Les Hassidéens ou Assidéens étaient un groupe de Juifs pieux qui commença à jouer un rôle important dans la vie politique au cours de la révolte des Maccabées, bien qu’il ait existé avant. Les livres des Maccabées les mentionnent trois fois.

[6] Les pharisiens sont l’un des partis juifs en activité en Judée pendant la période du Second Temple (2ème siècle av.jc/1er siècle). Leur courant de pensée est appelé « pharisaïsme » ou « pharisianisme ». De nombreux enseignements des pharisiens sont incorporés à la tradition rabbinique. Ils se distinguent notamment par le recours à la Torah orale pour fixer la loi juive.

[7] Hanoucca est une fête juive d’institution rabbinique, commémorant la réinauguration de l’autel des offrandes dans le second Temple de Jérusalem, lors de son retour au culte judaïque, trois ans après son interdiction par Antiochus IV des Séleucides. Elle marque une importante victoire militaire des Maccabées et symbolise la résistance spirituelle du judaïsme à l’assimilation grecque.