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Jean Philopon ou Jean le Grammairien

mercredi 22 février 2017

Jean Philopon ou Jean le Grammairien (vers 490/495-après 568)

Grammairien-Philosophe et théologien chrétien de langue grecque

Né sans doute à Alexandrie [1]. Plusieurs de ses ouvrages sont conservés, soit en grec, soit dans des traductions syriaques ou arabes.

Il a suivi les cours du philosophe Ammonios, fils d’Hermias, et a publié huit cours de philosophie dont certains au moins sont des notes prises par lui ou d’autres étudiants en écoutant le maître.

En 529, Philopon publie un traité “Contre Proclus”, Sur l’éternité du monde, réfutation du petit livre de Proclus “Contre les chrétiens”. La même année, l’empereur Justinien promulguait son édit ordonnant la fermeture des écoles philosophiques d’Athènes.

À partir des années 540 environ, Philopon se consacra à la rédaction de traités de théologie chrétienne de parti-pris monophysite, formulée dans les termes de la philosophie d’Aristote.

Au début des années 560, Philopon adhéra au trithéisme [2] fondé par Jean Asqunagès et rédigea un traité qui devint le principal texte de référence du groupe. Un peu plus tard, il publia un autre traité, Sur la résurrection, qui divisa les trithéites en deux groupes opposés.

Jean Philopon a écrit le plus ancien texte conservé sur l’astrolabe [3], Le “traité de l’astrolabe”, qui décrit l’astrolabe planisphérique et ses usages. Il y fait référence aux travaux de son maître Ammonios.

Dans “les Tmimata et dans L’Arbitre”, se faisant le porte-parole des monophysites [4], il combat à l’aide de catégories aristotéliciennes la théologie du nestorianisme [5], et celle du concile de Chalcédoine [6] qu’il assimile au nestorianisme.

Dans “De la création du monde”, Jean Philopon a montré que saint Basile, saint Grégoire de Nysse, saint Grégoire de Nazianze, saint Athanase, et la plupart des Pères de l’Église ont admis que la Terre était ronde.

Il est durement critiqué par les philosophes païens contemporains pour ces publications. Simplicius lui dénie la qualité de philosophe et le compare à une corneille qui se pare des plumes d’autrui ; il doute qu’il ait été l’élève d’Ammonios et que ce qu’il écrit vienne vraiment de lui.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Jean Philopon/ Portail de la philosophie/ Philosophe du VIe siècle

Notes

[1] Alexandrie est une ville en Égypte. Elle fut fondée par Alexandre le Grand en -331 av. jc. Dans l’Antiquité, elle a été la capitale du pays, un grand centre de commerce (port d’Égypte) et un des plus grands foyers culturels hellénistiques de la mer Méditerranée centré sur la fameuse bibliothèque, qui fonda sa notoriété. La ville d’Alexandrie est située à l’ouest du delta du Nil, entre le lac Maréotis et l’île de Pharos. Cette dernière était rattachée à la création de la ville par l’Heptastade, sorte de digue servant aussi d’aqueduc, qui a permis non seulement l’extension de la ville mais aussi la création de deux ports maritimes.

[2] Le trithéisme est la croyance qu’il y a trois principes divins qui forment une triade. Il s’agit souvent de trois dieux ayant des pouvoirs et des sphères d’influence distincts mais complémentaires. De cette manière, le trithéisme diffère du dualisme qui envisage deux principes divins antagonistes.

[3] L’astrolabe est une double projection plane qui permet de représenter le mouvement des astres sur la voûte céleste. Le principe de sa construction est connu depuis l’époque grecque : son invention est attribuée classiquement à Hipparque. Une forme très perfectionnée, datant de 87 av.jc, la machine d’Anticythère, a été découverte au large de l’île du même nom. Mais son utilisation courante n’a été répandue que par les astronomes arabes, à partir du 8ème siècle. D’usage limité pour les observations astronomiques, il sert surtout pour l’astrologie, l’enseignement de l’astronomie, et le calcul de l’heure le jour par l’observation du soleil ou pendant la nuit par l’observation des étoiles. Dans sa forme simplifiée, l’« astrolabe nautique », ce fut le principal instrument de navigation depuis le 16ème jusqu’au 18ème siècle, au moment où fut inventé le sextant.

[4] Le monophysisme est une doctrine christologique apparue au 5ème siècle dans l’Empire byzantin en réaction au nestorianisme, et ardemment défendue par Eutychès et Dioscore d’Alexandrie.

[5] Le nestorianisme est une doctrine christologique affirmant que deux personnes, l’une divine, l’autre humaine, coexistent en Jésus-Christ. Cette thèse a été à l’origine défendue par Nestorius, patriarche de Constantinople de 428 à 431. Après la condamnation de Nestorius et de son enseignement, le nestorianisme devient une hérésie. Les Nestoriens rejettent les formulations dogmatiques issues du concile d’Éphèse et des conciles suivants. Le nestorianisme est une des formes historiquement les plus influentes du christianisme dans le monde durant toute la fin de l’Antiquité et du Moyen Âge à partir de l’Église d’Orient.

[6] Le concile de Chalcédoine est le quatrième concile œcuménique et a eu lieu du 8 octobre au 1er novembre 451 dans l’église Sainte-Euphémie de la ville éponyme, aujourd’hui Kadıköy, un quartier chic de la rive asiatique d’Istanbul. Convoqué par l’empereur byzantin Marcien et son épouse l’impératrice Pulchérie, à partir du 8 octobre 451, le concile réunit 343 évêques dont quatre seulement viennent d’Occident. Dans la continuité des conciles précédents, il s’intéresse à divers problèmes christologiques et condamne en particulier le monophysisme d’Eutychès sur la base de la lettre du pape Léon 1er intitulée Tome à Flavien (nom du patriarche de Constantinople, destinataire de la lettre du pape).