Bienvenu sur mon site historique. Bon surf

L’histoire pour le plaisir

Tiridate 1er d’Arménie

mercredi 3 août 2011

Tiridate 1er

Roi d’Arménie ayant régné de manière discontinue entre 53 et 72

Fils du roi parthe Vononès II et d’une concubine grecque, il est le premier roi arménien de la dynastie arsacide. En 51, le procurateur romain de Cappadoce, Julius Paelignus, envahit l’Arménie et ravage le pays, alors gouverné par l’Ibère Rhadamiste. Ce dernier a assassiné son oncle le roi Mithridate après avoir attiré la garnison romaine qui le protégeait hors de la forteresse de Gorneae. Agissant sans instructions, Paelignus reconnaît toutefois Rhadamiste en tant que nouveau roi d’Arménie. Le gouverneur syrien Ummidius Quadratus envoie Helvidius Priscus à la tête d’une légion avec pour mission de réparer ces outrages, mais il est en fin de compte rappelé afin de ne pas provoquer une guerre avec les Parthes. Cependant, en 52, Vologèse 1er saisit l’opportunité et envahit à son tour l’Arménie, prenant Artaxata et proclamant roi son frère cadet Tiridate. Cette action viole le traité conclu entre l’empereur romain Auguste et le roi parthe Phraatès IV, qui attribuait aux Romains le droit de désigner et de couronner les rois d’Arménie. Vologèse considère pour sa part que le trône d’Arménie était jadis la propriété de ses ancêtres, et qu’il est maintenant occupé par un usurpateur à la suite d’un crime. Mais une épidémie hivernale et une insurrection menée par son fils Vardanès l’obligent à retirer ses troupes d’Arménie, permettant à Rhadamiste de revenir et de punir les locaux en tant que traîtres, ces derniers se révoltent et le remplacent par Tiridate au début de l’année 55.

Mécontent de l’influence croissante des Parthes aux portes de l’empire, Néron envoie le général Gnaeus Domitius Corbulo à la tête d’une grande armée avec pour mission de restaurer les rois clients romains. Un Hasmonéen nommé Aristobule se voit attribuer l’Arménie mineure (Nicopolis et Satala), tandis que Gaius Julius Sohaemus, de la maison royale d’Émèse, reçoit la Sophène. Au printemps 58, Corbulo pénètre en Arménie majeure à partir de la Cappadoce et avance en direction d’Artaxata, en même temps que Pharsman 1er attaque par le nord et qu’Antiochos IV de Commagène en fait de même par le sud-ouest. Avec l’aide de son frère, Tiridate envoie des colonnes rapides harceler les Romains. Corbulo réplique en usant de la même tactique et en envoyant des Moschoi piller les régions périphériques arméniennes. Tiridate s’enfuit de sa capitale, que Corbulo détruit par le feu. Pendant l’été, Corbulo commence à se rapprocher de Tigranocerte via le Taron, où plusieurs de ces commandants trouvent la mort dans une embuscade. La cité lui ouvre toutefois ses portes, à l’exception d’une des citadelles, détruite durant l’assaut qui s’ensuit. À ce moment, la majorité des Arméniens a cessé de résister et accepté le prince candidat de Rome. Néron offre la couronne au dernier descendant des rois de Cappadoce, le petit-fils de Glaphyra et d’Alexandre de Judée, qui adopte le nom arménien de Tigrane VI. Néron est publiquement acclamé pour cette première victoire et Corbulo est désigné gouverneur de Syrie en récompense. 1000 légionnaires, 3 cohortes auxiliaires et 2 ailes de cavalerie sont laissés à Tigrane afin de défendre le pays. Des territoires frontaliers sont confiés aux alliés de Rome qui ont assisté Corbulo, comme Polémon II du Pont, Pharsman, Aristobule et Antiochos.

Vologèse est furieux qu’un étranger occupe le trône arménien mais hésite à restaurer son frère alors qu’il est engagé dans un conflit avec des Hyrcaniens en révolte. En 61, Tigrane envahit le nord de l’Adiabène. Son roi Monobaze II, théoriquement vassal de l’Arménie, mais en fait indépendant, demande le concours des Parthes pour se venger. Vologèse considère cet acte comme une agression romaine et lance une campagne visant à restaurer Tiridate sur le trône arménien. Il place sous le commandement du spahbod Monesès une force bien disciplinée de cataphractaires ainsi que des auxiliaires adiabènes, avec pour mission de chasser Tigrane d’Arménie. Après avoir mâté la révolte hyrcanienne, il rassemble ses forces et marche sur l’Arménie.

En ayant été informé, Corbulo envoie 2 légions sous le commandement de Verulanus Severus et de Vettius Bolanus prêter main forte à Tigrane. Il envoie également un message à Néron, l’enjoignant d’envoyer un second commandant pour défendre l’Arménie, considérant que la Syrie est à présent tout autant en danger. Corbulo dispose le reste des légions sur les rives de l’Euphrate et arme des troupes irrégulières dans les provinces adjacentes. La région étant peu alimentée en eau, il érige des forts sur les sources et comble les ruisselets avec du sable. Monesès marche sur Tigranocerte mais ne parvient pas à briser les défenses de la cité, ses troupes n’étant pas équipées pour un long siège. Corbulo pense alors tenter sa chance, il envoie un centurion du nom de Casperius au camp de Vologèse à Nisibe, à 60 km de Tigranocerte, avec pour mission de demander la levée du siège. En raison d’une récente tempête de sauterelles et du manque de fourrage de ses chevaux, Vologèse accepte mais exige l’Arménie afin qu’une paix durable soit instaurée. Plus précisément, il demande que les troupes romaines et parthes soient retirées, que Tigrane soit détrôné et que Tiridate soit reconnu roi. Rome décline l’offre et envoie Lucius Caesennius Paetus, gouverneur de Cappadoce, placer l’Arménie sous administration romaine directe22. Paetus se révèle toutefois piètre commandant et essuie une défaite humiliante lors de la bataille de Rhandéia en 623, avec la perte des légions XII Fulminata commandée par Calvisius Sabinus et IIII Scythica commandée par Funisulanus Vettonianus.

La direction des troupes revient alors à Corbulo, qui fait entrer l’année suivante une forte armée en Mélitène et par-delà en Arménie, éliminant tous les gouverneurs régionaux soupçonnés d’être pro-parthes. Corbulo et Tiridate se rencontrent enfin à Rhandéia et commencent des pourparlers de paix. À son arrivée au camp romain, Tiridate retire son diadème royal et le dépose sur le sol, à proximité d’une statue de Néron, acceptant de ne le reprendre que de la main de l’empereur à Rome, à la demande même des Romains. Tiridate est reconnu roi vassal d’Arménie, une garnison romaine s’installe de manière permanente dans le pays, en Sophène, et Artaxata doit être reconstruite. Corbulo charge son beau-fils Annius Vinicianus d’accompagner Tiridate à Rome et de témoigner de sa propre fidélité envers Néron.

Néron accueille Tiridate à Neapolis [1] en octobre, lui envoyant un char officiel pour les derniers kilomètres.

En 66, en vertu d’un accord entre Romains et Parthes au sujet de l’Arménie, Tiridate, frère du roi parthe Vologèse 1er, est couronné roi d’Arménie à Rome par Néron. Ses successeurs seront des princes parthes, mais leur accession au trône devra recevoir l’assentiment de Rome, faisant d’eux des vassaux à la fois des Romains et des Parthes. Lorsqu’il repart pour l’Arménie, Tiridate emmène avec lui un grand nombre d’architectes et d’artisans pour la reconstruction d’Artaxata, qu’il renomme Neronia en l’honneur de l’empereur, il embellit également la résidence royale de Garni de colonnades et de riches monuments ainsi que d’un nouveau temple. Le commerce croît, permettant à l’Arménie de sécuriser son indépendance par rapport à Rome. Celle-ci considère l’Arménie comme un allié fidèle, même après la mort de Néron et durant le règne de Vespasien en Orient.

Cette période de paix s’achèvera cependant cinquante ans plus tard, lorsque l’empereur Trajan envahit l’Arménie, en 114.

À la fin de son règne, Tiridate doit néanmoins faire face à une nouvelle menace. En 72, les Alains, des cavaliers nomades d’origine scythe, font une incursion en Médie Atropatène et dans divers districts de l’Arménie septentrionale. Tiridate et son frère Pacorus, roi de Médie Atropatène, leur font face au cours de plusieurs batailles. Durant l’une d’elles, Tiridate est presque capturé, échappant de peu au lasso qui l’encercle. Les Alains se retirent avec un butin conséquent.

La date exacte de la fin du règne de Tiridate n’est pas connue. Sa succession est incertaine, mais quelques sources de l’Antiquité tardive lui donnent pour successeur un certain Sanatrocès. Il est par contre établi qu’un parent de Tiridate, Axidarès, règne sur l’Arménie en 110

Notes

[1] Naples