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L’histoire pour le plaisir

Bataille de Etlingen

samedi 30 août 2014

Bataille de Etlingen 21 messidor [1]

Le général Moreau, le vainqueur de Tourcoing et de Trippstadt en 1794, fut mis à la tête de l’armée française du Rhin. Ce brillant stratège battit malgré des forces inférieures en nombre les autrichiens de l’Archiduc Charles aux batailles de Rastadt et de Nereishem. Mais celui-ci trouva son bonheur contre l’armée de Sambre-et-Meuse de Jourdan. En effet, Jourdan étant malade, celui-ci ne commandait plus son armée, celle-ci livra un combat indécis à Amberg, Jourdan ne contrôlant plus la situation à cause de sa maladie, fut acculé à la retraite.

Moreau, malgré ses victoires, fut obligé de reculer afin d’éviter d’être pris à revers. Mais sort invaincu de cette campagne. Ayant acquis un grand prestige en France pour ses succès sur l’Archiduc Charles, il pu garder son commandement, puis à la tête de l’armée du Rhin, il repassa en Allemagne en avril 1797 et battit les autrichiens à la bataille d’Altenkirchen.

Pendant ce temps, Hoche avait remplacé Jourdan à la tête de l’armée de Sambre-et-Meuse, il pénétra en Allemagne, il battit les autrichiens en 5 combats et 3 batailles dont celle de Neuwied.

Les autrichiens s’étaient retirés à Etlingen pour y rassembler leurs forces, et y recevoir tous les renforts que l’Archiduc avait pu tirer du Bas-Rhin et des environs de Mayence, et que lui annonçaient les généraux Hotze et Werneck.

Leurs forces, égales en infanterie, surpassaient en cavalerie les forces françaises de 10 000 chevaux. Ils devaient encore être renforcés d’un corps de saxons de 7 bataillons et 12 escadrons, qui marchait sur l’Enz à Wildbaden, et dont le prince Charles attendait l’arrivée pour attaquer. Son dessein était de faire filer ce corps par la vallée de l’Enz, en la remontant, et de lui faire gagner la Murg vers Forbach, pour déborder sur le derrière des forces française.

Un autre corps de 12 bataillons et 10 escadrons avait pris positions sur les hauteurs de Rotensolbe, près de l’abbaye de Frawenalb, et n’attendait que l’arrivée des saxons à Wilbaden, pour marcher sur Gersbach.

Le gros de l’armée ennemie marchait dans la vallée du Rhin. C’est ainsi que, comptant faire déboucher sur le derrière des forces considérables par les vallées de la Murg, de la Olbach et de Cappel, et pouvant opposer de front dans la plaine une cavalerie infiniment supérieure. Mais ses projets, furent entièrement déconcertés par la vigilance et l’activité du général Moreau, puissamment secondé par ses troupes.

Les 3 jours qui s’étaient écoulés depuis la bataille de Rastadt, avaient été employés au remplacement des chevaux et des munitions, aux réparations de l’artillerie et aux reconnaissances qui devaient précéder une attaque générale.

La droite de l’armée de l’Archiduc s’étendait vers le Rhin du coté de Durmersheim, et sa gauche, qui occupait la vallée de la rivière d’Alb et l’abbaye de Frawenalb, s’appuyait à Rotensolbe, dont il occupait les hauteurs. L’intention de Moreau était de faire l’effort principal sur son aile droite contre la gauche ennemie. Il chargea Delmas avec 2 demi-brigades de garder les passages de la Pfederbach, en arrière du village d’Etlingen, avec ordre de ne pas engager d’affaires sérieuses.

Saint-Cyr eut ordre de ne laisser à Freudenstadt et au Knubis que ce qui était strictement nécessaire à la garde de ces postes, et de marcher avec tout le reste de son armée par la vallée de la Murg, pour se joindre à la division de gauche, qui s’y était postée précédemment. Il devait, avec ces forces réunies, déborder la gauche de l’ennemi, et l’attaquer dans toutes ces positions sur les montagnes et aux sources de la rivière d’Alb. L’aile gauche commandé par Desaix dut marcher au pied des hauteurs, en se dirigeant sur le village de Malsh, afin de contenir tout ce qui se trouverait entre les montagnes et le Rhin, et la réserve de cavalerie fut placée entre les villages de Muckensturn et d’Etlingen, pour observer celle de l’ennemi et protéger l’attaque de Malsh. L’infanterie de la réserve fut jointe au corps de Saint-Cyr, chargé du principal effort dans les montagnes.

Celui-ci détacha Taponnier, à la tête de la 21ème demi-brigade d’infanterie légère et de la 31ème de ligne, avec 150 hussards et sans artillerie, pour gagner l’Enz, en franchissant les montagnes, passer cette rivière et marcher sur Wildbaden, afin de déborder sur la droite de l’ennemi . L’avant-garde de ce détachement rencontra en y arrivant celle du corps des saxons, qui s’avançait pour prendre position sur l’Enz ; elle attaqua l’ennemi avec vigueur et le renversa. L’issue de ce combat décida le corps entier à se retirer sur Pfortzheim.

L’adjudant général Houël fut chargé d’attaquer que les positions de Hernalb et Frawenalb avec la 84ème demi-brigade et 100 chasseurs du 2ème régiment, et il dut en même temps menacer la gauche de la position de Hotensolbe, que le général Saint-Cyr s’était réservé d’attaquer de front avec la 106ème demi-brigade, ayant sous ses ordres les généraux Lecourbe et Lambert. Il forma un corps de réserve de la 93ème et de la 109ème demi-brigades.

Ces positions étaient défendues par une artillerie nombreuse, 3 bataillons de grenadiers, un de croates, un d’infanterie légère, 4 régiments d’infanterie et 4 escadrons de cavalerie, et qui avaient ordre d’y tenir jusqu’à la dernière extrémité.

L’avant-garde rencontrée à Hernalb fut facilement repoussée malgré la plus vive résistance, mais le plateau de Rotensolbe, l’une des plus hautes et des plus rapides des montagnes Noires, était d’un abord si difficile, qu’il ne pouvait être emporté qu’avec une peine infinie.

Au lieu de l’attaquer avec toutes les troupes, fatiguées par une marche difficile, Saint-Cyr prit le sage parti de fatiguer l’ennemi par des attaques successives sur divers points, et de laisser repousser une partie de sa colonne, afin de l’avoir toute fraîche lors de l’instant favorable pour en emporter la position, et lorsque l’ennemi serait devenu moins défiant par le manque de succès de nos premiers efforts.

Après avoir été repoussés vigoureusement à 4 reprises, et à chaque fois ramenés jusqu’au pied de la montagne, une 5ème charge fut décidée. Cette dernière tentative réussit complètement, et l’ennemi fut enfoncé et mis en déroute.

A l’aile gauche, Desaix engagea le combat par l’attaque du village de Malsch, au moment même où l’action commençait aussi dans les montagnes. Les troupes qui occupaient ce village en furent d’abord chassées, mais l’ennemi ayant ensuite envoyé pour le reprendre un corps considérable, composé de 4 régiments d’infanterie et de 2 corps francs, le village dû être évacué, et l’armée se retira sur une hauteur boisée.

Une nouvelle tentative eu lieu et malgré l’opiniâtreté des troupes qui s’y défendaient, elles parvinrent à y pénétrer ; mais elles furent encore forcées de l’abandonner. Ce village fut successivement pris et repris 3 fois, chaque armée y ayant employé toute son infanterie disponible. Le combat dura sur ce point jusqu’à 10 heures du soir, et le village resta à l’ennemi.

Devant la grande supériorité de l’armée ennemie, Desaix ayant eu besoin de faire avancer l’armée de réserve avec l’artillerie légère, pour soutenir la gauche de l’attaque de Malsch, l’avait placé à l’abri d’un rideau, et lui avait fait prendre une position très resserrée, pour qu’à tout événement, elle pût peut-être efficacement ordonné à notre cavalerie légère de ne pas trop s’avancer, et d’éviter de s’engager trop sérieusement avec la cavalerie ennemie.

Malgré ces ordres, quelques escadrons de hussards et de chasseurs firent un faux mouvement près de Muckensturn, et prêtèrent le flanc à l’ennemi. Aussitôt le prince Charles et tous ses généraux firent avancer toute leur cavalerie pour en profiter. L’archiduc se mit en personne à la tête de cette charge ; mais la réserve de cavalerie se déploya dans une position où l’ennemi ne l’attendait pas, il n’osât rien.

L’archiduc Charles apprenant le succès de Saint-Cyr à Rotensolbe, et se voyant entièrement découvert sur son flanc gauche, se retira dans la nuit sur Durlach et Carlsruhe, et laissa une arrière-garde à Etlingen. Cette journée décisive, contribua infiniment à décourager l’ennemi.

A cette époque, l’armée de Sambre et Meuse, après les plus brillants succès, s’était portée rapidement en avant, et elle était parvenue jusqu’au bords du Mein. L’ennemi vit bien qu’il ne lui était plus possible de tenir sur le Rhin pressé entre nos 2 armées. Il prit la résolution de se retirer vers le Danube, pour s’y rallier et y concentrer ses forces.

Le 22, le général Saint-Cyr, descendit le long de la Linz jusqu’à Newenbrug ; ce qui fit craindre à l’ennemi qu’il ne lui coupât la retraite sur le Necker.” Malgré une bataille des plus indécise Moreau, l’avait une nouvelle fois emporté sur un des meilleurs généraux allemands, l’archiduc Charles.

Notes

[1] 9 juillet 1796