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Bonaparte devient le général “Vendémiaire”

lundi 26 mai 2014

Bonaparte devient le général “Vendémiaire”

Le 5 octobre 1795 [1], Napoléon Bonaparte fait une entrée remarquée dans les affaires politiques de la France.

Les députés modérés de la Convention ont éliminé un an plus tôt, le 9 thermidor, Robespierre et l’opposition jacobine de gauche.

Cette Convention « thermidorienne » se prépare à instaurer le Directoire pour préserver les acquis de la Révolution, y compris les fortunes mal acquises.

La future Constitution prévoit 2 assemblées, les Cinq Cents et les Anciens, qui comprendront au minimum deux tiers d’anciens députés de la Convention.

Cette disposition arbitraire n’a pas d’autre but que d’empêcher une restauration de la monarchie en garantissant une majorité républicaine dans les deux assemblées.

Ce « décret des deux tiers » est approuvé par référendum en septembre 1795 de même que la Constitution de l’An III.

Les royalistes, qui ont la majorité de l’opinion avec eux, s’insurgent avec violence contre ce décret. 2 sections parisiennes de sans-culottes et une partie de la garde nationale prennent les armes.

Le 4 octobre 1795, les insurgés projettent d’encercler le palais des Tuileries où siègent l’assemblée de la Convention et le Comité de salut public [2] avec 2 colonnes, l’une partie de l’église Saint-Roch, sur la rue Saint-Honoré, l’autre partie du Pont-Neuf.

Paul Barras âgé de 40 ans, vicomte de son état, est chargé de la répression en qualité de commandant en chef de l’armée de l’intérieur. Ce conventionnel débauché et richissime, qui a voté la mort du roi Louis XVI, a déjà à son actif l’arrestation de Robespierre à l’Hôtel de Ville où il s’était réfugié sous la protection de la garde nationale. Il tient une véritable cour dans sa luxueuse résidence de Suresnes, avec les plus belles femmes de Paris, Mme de Staël, Mme de Récamier et sa maîtresse, la belle Joséphine de Beauharnais âgé de 32 ans.

Barras fait appel aux généraux disponibles, Brune, Carteaux, Dupont et Bonaparte, quoique ce dernier ait été rayé des cadres, pour écraser l’émeute qui vient d’éclater dans les quartiers riches de la capitale. Les royalistes déguisés qui se mêlent à l’émeute des muscadins n’admettent pas la décision de la Convention, qui va se séparer et veut imposer que deux tiers des anciens conventionnels puissent être réélus.

Le 5 octobre, à 5 heures du matin, Barras convoque Napoléon Bonaparte alors âgé de 26 ans, qu’il a remarqué au siège de Toulon, 2 ans plus tôt, et élevé du grade de capitaine à celui de général. 3 semaines plus tôt, le 15 septembre, Bonaparte avait été rayé de la liste des généraux en activité par Cambacérès en raison de ses compromissions avec le camp de Robespierre.

Barras ne l’en nomme pas moins commandant en second de l’armée de l’intérieur avec mission de rétablir l’ordre. Le jeune général ne se fait pas prier. Bonaparte a reçu le commandement de l’artillerie, que Murat ramène des Sablons, et se met en place rue Saint-Honoré. C’est devant l’église Saint-Roch que Bonaparte fait ouvrir le feu sur les sectionnaires de Le Peletier. Au soir de la fusillade, en dépit des 200 à 300 morts que l’on compte du côté des troupes comme du côté des insurgés, l’émeute est matée. La détermination du général Bonaparte, qui a 26 ans, ne passe pas inaperçue.

Cela lui vaut d’être surnommé par ses pairs, en signe de mépris, “général Vendémiaire”.

Qu’à cela ne tienne, Bonaparte est élevé par Barras, le 16 octobre, au grade de général de division et le 26 octobre, il remplace son mentor comme commandant en chef de l’armée de l’intérieur.

Il commence aussi à fréquenter l’hôtel particulier du n°62 de la rue de la Chaussée-d’Antin, où vit la maîtresse de Barras, Joséphine de Beauharnais.

Le 7 mars 1796, le jeune général ambitieux reçoit de Barras le commandement en chef de l’armée d’Italie, sur une habile suggestion de Joséphine.

2 jours plus tard, il épouse cette dernière à la hâte, avec Barras et Tallien pour témoins, avant de rejoindre son armée à Nice.

Notes

[1] 13 Vendémiaire An IV selon le calendrier républicain

[2] le gouvernement