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En octobre 1794 à la bataille d’Aldenhoven, Jourdan bat Clairfayt et conquit la Rhénanie !

samedi 22 février 2014

En octobre 1794 à la bataille d’Aldenhoven, Jourdan bat Clairfayt et conquit la Rhénanie !

Le général Clairfayt, après le combat d’Ayvaille, avait quitté, pendant la nuit, le camp de Chartreuse et toutes les autres positions sur la Meuse, pour se retirer en toute hâte, vers Rolduc et Aix-la-Chapelle. Les divisions Hatry et Championnet manœuvrèrent en vain pour se rapprocher de Sherer, dont tous les efforts tentaient à couper la ligne autrichienne, en séparant Claifayt de Latour et en rejetant ce dernier dans les montagnes de Verviers. Clairfayt, par la rapidité de la retraite, échappa au danger qui le menaçait, et la brigade Legrand, formant l’avant garde de la division Championnet, lancée à la poursuite du général autrichien, n’en atteignit l’arrière garde que le 29, sur les hauteurs de Clermont, où elle lui enleva 800 hommes. Jourdan, ralentit même sa marche dans le dessein d’engager l’ennemi à se poster autour d’Aix-la-Chapelle, ce qui eût permis à Scherer, dirigé en hâte sur Verviers ou Limbourg, de le prendre à revers en coupant ses communications avec Cologne. Mais Clairfayt informé de ce danger par ses éclaireurs, abandonna encore, le 22, Aix-la-Chapelle, et se retira en hâte derrière la Roër. Ce mouvement permit à la division Kléber d’investir Maëstricht. Depuis un mois Clairfyat, dans la prévision de ce qui arrivait alors, avait fait garnir la rive droite de la Roër de retranchements. Cette position dont le centre, à Aldenhoven, était protégé par la place de Juliers, offrait de grands moyens de défense. Le front en était couvert par la Roër, rivière encaissée comme l’Ourthe, peu large et guéable sur quelques points, mais rapide et alors gonflée par les pluies, ses rives escarpées, plus élevées à droite dominant presque partout la gauche de son lit, ce qui donnait aux batterie autrichiennes une supériorité décisive sur celles que les français auraient pu établir. Les ponts en étant rompus, les gués dégradés et hérissés de chevaux de frise ; enfin, une nombreuse artillerie en défendait le passage et les approches. La ligne des autrichiens était longue et morcelée. La droite, aux ordres de Werneck, s’étendait jusque vers Ruremonde, près du confluent de la Roër et de la Meuse. Le centre était à Aldenhoven, en avant de Juliers, et la gauche, aux ordres de Latour, tenait depuis Dureren jusqu’à Niedeggen, où se trouvait le général Haddick.

Jourdan, qui avait suivi l’ennemi, s’était ainsi établi, l’aile droite sous scherer, à Cornelis-Munster ; 2 divisions en avant d’Aix-la-Chapelle, Lefebvre à Rolduc, Morlot, en seconde ligne, à Damerscheit ; et la réserve de cavalerie à Cartiels. Kléber, avec la division de l’aile gauche, investissait Maëstricht, dont le siège ne pouvait commencer qu’après que les français seraient maître du cours de la Roër. Mais, dans la prévision de la bataille, il se contenta de laisser devant cette place un corps d’observation de quelques milliers d’hommes. L’armée de Jourdan était forte de 100 000 hommes. Il la divisa en 4 colonnes, pour attaquer, le 2 octobre au matin, et sur 8 lieues de développement, les 4 points principaux de la ligne autrichienne. L’aile droite était confié au général Scherer ; la gauche à Kléber ; Lefebvre conduisait l’avant garde. Jourdan s’était réservé la direction du centre, composé des divisions Hatry, Morlot, Championnet, et d’une partie de la cavalerie Dubois. Scherer devait forcer le passage vers Niedeggen, Biskerdorf et Dueren pour accabler l’aile gauche autrichienne. L’attaque à la gauche des français, à Heinsberg, était confiée à Kléber.

L’avant garde devait être dirigée sur Linnich ; Jourdan se proposait, avec le corps de bataille, de marcher sur Juliers. Le 2 octobre, à 5 heures du matin, l’armée s’ébranla en colonnes serrées par brigades. Un épais brouillard en fit suspendre la marche jusqu’à 10 heures. Bernadotte, qui commandait l’avant garde de Kléber, reconnut les gués de la Roër à la gauche des français, et n’y trouva qu’un torrent impétueux. Néanmoins, la 71ème demi-brigade, encouragée par Ney, s’y élança, arriva à l’autre bord et emporta la position de Rathein ; mais les ponts se trouvant trop court pour que l’artillerie pût suivre l’infanterie, l’ennemi profita de cette circonstance et assaillit avec des forces supérieurs les troupes qui avaient forcé le passage.

Friant accourut à leurs secours avec sa division, et son mouvement, secondé par le feu des batteries que Kléber se hâta d’établir sur la rive gauche, maintint jusqu’à la nuit la 71ème demi-brigade dans les positions qu’elle avait prise à l’ennemi. Lefebvre, avec sa division, surprit Linnich, mais la violence de la rivière sur ce point rendit très longue la construction des ponts, qui durent être établi sous le feu des batteries des redoutes autrichiennes. Linnich, criblé de boulets et d’obus fut incendié. Le centre de Claifayt, que Jourdan devait attaquer, était couvert par une haute colline qui s’élève entre Aldenhoven et Juliers, et qu’on avait hérissée de redoutes. Tous ces retranchements furent enlevés au pas de charge, à la baïonnette par les divisions du centre. Clairfayt, réfugié dans Juliers, essaya de paralyser l’impétuosité française par des charges multipliées de cavalerie.

Sa cavalerie sabra même les artilleurs d’une batterie légère de la division Morlot, et le 14ème dragons, accouru pour délivrer cette batterie qui allait être écrasé si le 1er régiment de la même arme ne fût venu à son aide. Les divisions du centre ne purent donc tenter ce jour là aucun passage. Morlot eut ordre d’appuyer les divisions Lefebvre ; Hatry reçut l’ordre de se porter sur l’aile droite pour secourir Scherer s’il en était en besoin. Jourdan était d’autant plus inquiet du sort de sa droite, que, quoiqu’il fut déjà trop tard, rien n’avait annoncé qu’elle se trouvât en présence de l’ennemi. En effet, le mauvais état des routes avait retardé Scherer. Il ne put commencer que vers 3 heures les diverses attaques qu’il devait tenter. Le général Lorges avec sa brigade força les passages de Ducren, enfonça les portes de la ville, en chassa l’ennemi, et déboucha dans la plaine au delà. Il fut heureusement secouru par les escadrons de Marceau qui venait d’emporter le gué et le bourg de Merweiller, après un violent combat dans lequel l’adjudant général Klein avait entraîné les troupes en s’élançant dans la Roër à la nage. Lorges, à l’aide de ce renfort, se maintenait hors de Dueren, quand Mayer, avec sa division, déboucha en même temps de Biskendorf, où il avait passé la Roër, et vint se placer à sa gauche. Les plus grands efforts de Latour se dirigèrent sur cette dernière division, qui menaçait de couper ses communications avec Clairfayt et de Juliers ; elle eut à essuyer le feu de 60 pièces de canons, placées sur les hauteurs qui dominent Dueren, et privée d’artillerie, elle ne pouvait y répondre et éprouvait de grandes pertes. Elle se disposait à battre en retraite vers la rivière, quand la division Hacquin, longtemps arrêtée par des tirailleurs dans les bois entre Kreutzen et Binsfeldt, apparut enfin sur les hauteurs de Binsfeldt et prit à revers les batteries autrichiennes. La ligne de la rivière, ainsi franchies par les deux ailes françaises, était plus tenable pour Clairfayt ; les ponts furent terminés pendant la nuit, et le 3, toute l’armée républicaine passa la Roër ; mais quand les colonnes se portèrent devant Juliers, elles trouvèrent cette place évacuée, et les magistrats prêt à en présenter les clefs aux généraux français. Clairfyat décidé à repasser le Rhin, et comprenant qu’il ne pouvait plus rester sur la rive gauche sans la presque certitude d’une complète extermination, hâta sa retraite par les routes de Bonn, de Dusseldorff et de Cologne, et fut vigoureusement poursuivi par les divisions Lefebvre et Dubois. Ce fut le 5 octobre que l’armée impériale repassa le Rhin.

La victoire française d’Aldenhoven fut le complément de celle de Fleurus, et décida définitivement du sort de la Belgique par l’expulsion totale des autrichiens et par la fuite au-delà du Rhin.