Deuxième des 6 filles du théologien Antoine Arnauld , elle est vouée, dès sa naissance, à la vie religieuse. En 1602 âgée de 11 ans, elle est la mère Angélique (Angélique d’Estrées), abbesse de Port-Royal. Elle vit comme cela paraît à tout un chacun normal, au milieu de religieuses qui s’habillent avec élégance, qui reçoivent, qui vont et viennent. Alors qu’elle est adolescente elle éprouve, lors d’une maladie, une crise mystique. Les sermons qu’elle entend pendant le carême de 1608 finissent de la convaincre du nécessaire rétablissement de l’observance la plus stricte de la règle de saint Benoît. Sa conviction est si forte qu’aucune religieuse ne s’oppose à elle et que ses 5 sœurs, ainsi que sa mère entrent à Port-Royal.
De 1618 à 1623, elle réforme l’abbaye de Maubuisson [1], malgré la résistance de l’abbesse Angélique d’Estrées, sœur de Gabrielle d’Estrées , la maîtresse d’Henri IV.
La vie cloîtrée est régie selon la règle, sans la moindre dérogation. Les religieuses sont habillées du même scapulaire blanc que marque une croix rouge. Port-Royal, fondé pour 12 religieuses, en réunit bientôt 80.
C’est dans le faubourg Saint-Jacques que la communauté prend place. Les solitaires de Port-Royal s’installent dans les bâtiments conventuels que les sœurs viennent d’abandonner. La communauté respecte scrupuleusement le guide qu’elles se sont données, l’abbé de Saint-Cyran et son enseignement profondément marqué par les certitudes de saint Augustin sur la grâce, la prédestination et les écrits du théologien Jansénius.
Lorsqu’elle meurt, en août 1661, les 5 propositions de l’œuvre de Jansénius ont été condamnées par la Sorbonne et par le pape. L’abbaye de Port-Royal, qui respecte la règle de Cîteaux, commence d’être aux yeux de Richelieu un danger politique.