Bienvenu sur mon site historique. Bon surf

L’histoire pour le plaisir

Accueil du site > Histoire du 12ème siècle > Raymond IV de Toulouse dit Raymond de Saint-Gilles

Raymond IV de Toulouse dit Raymond de Saint-Gilles

jeudi 8 mars 2012

Raymond IV de Toulouse dit Raymond de Saint-Gilles

Comte de Saint-Gilles de 1060 à 1105-Duc de Narbonne et marquis de Gothie-Comte de Rouergue de 1065 à 1105-Marquis de Provence de 1085 à 1105-Comte de Toulouse de 1094 à 1105-Comte de Tripoli de 1102 à 1105

Raymond IV de Toulouse dit Raymond de Saint-Gilles Comte de Saint-Gilles de 1060 à 1105-Duc de Narbonne et marquis de Gothie-Comte de Rouergue de 1065 à 1105-Marquis de Provence de 1085 à 1105-Comte de Toulouse de 1094 à 1105-Comte de Tripoli de 1102 à 1105

Fils de Pons, comte de Toulouse, et d’Almodis de la Marche. À la mort de son père, son frère aîné Guillaume IV hérite de l’ensemble des biens paternels, Raymond devant se contenter du comté de Saint-Gilles, qui se résume à une moitié de l’évêché de Nîmes, du château de Tarascon, de la terre d’Argence et de la moitié de l’abbaye de Saint-Gilles.

Implanté à proximité de la Provence, il épouse vers 1060 une princesse provençale. À cette époque, le comté de Provence est tenu en indivision par les descendants du marquis Guillaume 1er de Provence et de son frère.

En 1065 sa cousine Berthe, duchesse de Narbonne, marquise de Gothie et comtesse de Rouergue décède, et Raymond s’empare de ses biens et titres aux dépens du veuf, Robert II d’Auvergne. Seul le comté de Rouergue lui apporte une puissance territoriale, les autres titres de Narbonne et de Gothie sont uniquement des titres théoriques apportant une suzeraineté plutôt théorique sur la Languedoc. Son frère étant particulièrement peu ambitieux, il use des titres de duc de Narbonne, marquis de Gothie et comte de Toulouse.

À la fin des années 1070, il prend le parti de l’archevêque d’Arles Aicard contre le comte de Provence et le pape. Il devient comte indivis de Provence vers 1085, à la mort de son oncle Bertrand, et prend le titre de marquis de Provence en 1093, à la mort de son cousin le marquis Bertrand II de Provence. En 1074, il refuse de répondre à l’appel du pape Grégoire VII pour lutter contre les Normands, et le pape, se souvenant du mariage consanguin de Raymond, l’excommunie à deux reprises, en 1076 et en 1078. Ces excommunications sont levées en 1080, à la mort de sa première épouse.

En 1087 il se rend en Espagne et participe à la Reconquista contre les Musulmans. Son frère Guillaume meurt en 1094 au cours d’un pèlerinage à Jérusalem, et, conformément au testament de son père, il hérite de ses biens, comtés de Toulouse, d’Albi, de l’Agenais et du Quercy. Il épouse peu après Elvire de Castille, qui lui apporte en dot une fortune importante.

En novembre 1095, le pape Urbain II profite du concile de Clermont pour lancer un appel à toute la noblesse d’Occident, afin de combattre les Musulmans, qui menacent Byzance, et de reconquérir les Lieux Saints. Il est l’un des premiers princes à y répondre. Sage administrateur, il se prépare à la croisade en réunissant une importante fortune, sans aliéner ses possessions. Une bonne partie de cette fortune vient de la dot d’Elvire de Castille, qui l’accompagne en Terre Sainte. Pour l’augmenter, il ordonne la dévaluation du denier de Toulouse, et met en gage quelques terres annexes. Ainsi, une partie du Rouergue est donnée aux vicomtes de Rodez. Cette fortune, qu’il reconstitue au fur et à mesure des pillages, lui permet de payer son armée, et même de financer les autres chefs, quand ceux-ci se retrouvent à court d’argent.

Il commande l’une des 4 armées de la première Croisade, celle des Provençaux, qui gagne Constantinople par voie terrestre. Arrivé à Constantinople, il est le seul à refuser le serment d’allégeance qu’exige l’empereur Alexis Comnène, se contentant de promettre de protéger l’empereur et de ne pas lutter contre ses intérêts. Après la prise d’Antioche, il s’oppose à ce que Bohémond de Tarente en devienne le prince, puis voyant que les autres chefs de la croisade s’attardent dans la ville, organise une mise en scène pour relancer l’armée croisée vers Jérusalem. Il se joint aux pèlerins non combattants, pieds nus et portant une robe de pèlerins, et part avec eux devant les soldats croisés. Ceux-ci se décident alors à marcher vers Jérusalem, entraînant derrière eux les chefs croisés. Prudent, il longe la côte, tout en organisant des expéditions de razzias pour ravitailler les troupes.

Jérusalem est prise en juillet 1099, et les barons se réunissent pour choisir le seigneur qui en aura la garde et élisent Godefroy de Bouillon au détriment de Raymond IV. Il participe à la bataille d’Ascalon, puis aide les byzantins à défendre Lattakié contre Bohémond de Tarente. Il se rend à Constantinople en mai 1100. En mars 1101, il prend la tête d’une croisade de secours composée de Lombards, mais ne réussit pas à les convaincre de suivre la côte. Les Lombards prennent Ankara, mais se font massacrer le 5 août 1101 par les Turcs. Avec quelques chevaliers, il parvient à s’échapper vers la mer Noire et à rejoindre Constantinople.

Il se consacre ensuite à se tailler un fief en Orient, et décide de conquérir l’émirat de Tripoli. Il commence par deux points forts, Tortose, qu’il prend le 21 avril 1102 et Giblet qu’il prend le 28 avril 1104. En 1103, il fait construire une forteresse au Mont Pèlerin. Tout en maintenant le siège sur Tripoli, il aide le roi Baudouin 1er de Jérusalem à prendre Saint-Jean-d’Acre. Il reprend ensuite le siège de Tripoli, mais est gravement blessé d’un flèche au début du mois de janvier 1105. Retiré à Château-Pèlerin, il fait rédiger son testament, que signe Bertrand des Porcellets, gentilhomme provençal. Il meurt au bout de deux mois, le 28 février 1105.

Il épousa en premières noces vers 1066 la fille d’un comte de Provence. Probablement veuf, il se remarie avec Mathilde de Hauteville, veuve de Robert, comte d’Eu et fille de Roger 1er, comte de Sicile, et de Judith d’Évreux.

Il se marie ensuite pour la troisième fois en 1094 avec Elvire de Castille, fille d’Alphonse VI, roi de Castille et de Léon et de sa maîtresse Jimena Munoz.