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Henri IV Empereur germanique

mercredi 3 juillet 2013 (Date de rédaction antérieure : 19 novembre 2011).

Henri IV (1050-1106)

Empereur germanique de 1056 à 1106

Elu roi de Germanie en 1054, du vivant de son père Henri III. Il n’avait que 6 ans à la mort de ce dernier sa mère, Agnès de Poitiers, puis les archevêques de Cologne et de Brême assurèrent la régence jusqu’en 1065.

Les princes allemands et certains prélats profitèrent de cette minorité pour secouer la tutelle monarchique et obtenir des privilèges.

Lorsque le pape Nicolas II mourut en 1061, les cardinaux désignèrent pour lui succéder l’évêque de Lucques, qui avait, pensaient-ils, la confiance de l’empereur et qui était très favorable à la réforme. Ils négligèrent de faire confirmer leur choix par l’empire, ce qui encouragea l’aristocratie romaine à contester l’élection, dont la régente Agnès refusa de reconnaître la validité. Elle fit élire pape l’évêque de Parme, Cadalous, par un synode qu’elle réunit à Bâle. Ce schisme ne dura que peu de temps ; Cadalous, qui s’appela Honorius II, fut désavoué par les impériaux dès 1064. Cependant, le faux pas commis par la régente avait porté préjudice à l’entente que son époux, naguère, avait su créer entre le pouvoir des papes et le sien. L’élu des cardinaux, Alexandre II, une fois confirmé dans ses fonctions, mit toute son énergie mais aussi tout son talent de juriste à faire connaître et respecter le plus largement possible le programme réformateur. Les légats resserrèrent les liens des Églises locales avec celle de Rome. Le pape prouva que sa primauté n’était pas seulement honorifique, mais qu’elle lui conférait le droit de juger et de punir. Il n’hésita pas à destituer ou à déposer des prélats d’aussi haut rang que l’archevêque de Milan. Concubinaires et simoniaques furent impitoyablement dénoncés et sanctionnés. Henri IV, devenu majeur, fit comprendre qu’il n’avait pas l’intention de renoncer au contrôle de l’élection pontificale tel que l’avait exercé son père et, plus encore, qu’il n’abandonnerait rien de ses prérogatives dans les nominations épiscopales.

Il dut aussi s’employer à restaurer le pouvoir royal, il rassembla un domaine important en Thuringe et imposa à la haute aristocratie de restituer terres et droits régaliens usurpés, ce qui provoqua le mécontentement des princes. Une révolte, partie de Saxe, éclata en 1073. Pour y faire face, il chercha des appuis du côté de la petite noblesse et des villes naissantes.

Par ailleurs, il lui fallait maintenir son autorité sur l’Église allemande, c’est-à-dire non seulement conserver le droit de nommer les évêques, mais surtout continuer de disposer des bénéfices ecclésiastiques, ce qui le conduisit à s’opposer fermement à la réforme ecclésiastique en cours.

En 1073, l’élection au trône pontifical du violent et passionné Grégoire VII précipita les événements. Le nouveau pontife voulait réformer l’Église et la libérer de la tutelle impériale. Cela impliquait l’idée de la supériorité du pouvoir spirituel sur le pouvoir temporel, ce que Henri IV ne pouvait admettre.

En 1075 le pape interdit l’investiture laïque, ce fut un coup sévère porté au pouvoir du souverain germanique. Le conflit, connu sous le nom de « querelle des Investitures », s’engagea alors. Après avoir maté un soulèvement des Saxons et réduit la révolte aristocratique en Allemagne, Henri IV, qui, en dépit de l’interdiction pontificale, continuait à nommer des titulaires aux sièges épiscopaux vacants, en Allemagne comme en Italie, fit déposer le pape au synode de Worms [1] en 1076. La réaction de Grégoire VII fut si vive que les évêques allemands, ébranlés, se soumirent. Comme les princes allemands, à la diète de Tibur, exigèrent qu’Henri IV se réconciliât avec le pape, l’empereur, par ailleurs aux prises avec une révolte des Saxons, dut céder lors de l’entrevue de Canossa.

Cependant, si l’excommunication avait été levée, le pape ne revint pas sur la déposition et refusa de condamner l’antiroi, Rodolphe de Souabe, que les princes allemands avaient élu à la diète de Forchheim, en mars 1077. Il dut donc lutter sur 2 fronts. Après avoir vaincu Rodolphe aux batailles de Mellrichstadt en 1078 et de Flarchheim en octobre 1080, il résolut de porter en Italie la lutte contre la papauté réformatrice. Une nouvelle fois excommunié, il convoqua les assemblées épiscopales de Bamberg, de Mayence et de Brixen de mars à mai 1080 qui déposèrent Grégoire VII et élirent un antipape, Clément III.

Après s’être fait couronner roi d’Italie à Pavie en 1081, il parvint à s’emparer de Rome en février 1084 où il fit consacrer Clément III, par qui il se fit sur-le-champ couronner empereur.

En Allemagne, cependant, les rébellions était à demi vaincues, l’empereur s’était peu à peu aliéné toute la noblesse allemande. Par ailleurs, la réforme grégorienne progressait et les évêques allemands se détachaient de l’empereur. Une nouvelle expédition en Italie eu lieu de 1090 à 1092 contre la comtesse Mathilde qui s’acheva par un échec. Henri avait définitivement perdu la partie et en 1093, le nouveau pape,Urbain II, appuyé par les Normands, regagna Rome et, sans plus s’occuper de Henri IV et de son antipape, prépara la croisade.

En 1104, son fils Henri V prit la tête de l’aristocratie allemande et, aidé du parti grégorien, écarta son père du pouvoir et après l’avoir fait prisonnier, il l’obligea à abdiquer. Déchu, Henri IV tenta une dernière fois de reprendre la lutte, mais, le 7 août 1106 la mort le surprit à Liège, où il s’était réfugié

P.-S.

Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de encyclopédie larousse/personnage/Henri_IV/ et petit mourre dictionnaire d’histoire universelle édition Bordas 2004 p 627

Notes

[1] Au cours de cette diète tenue sous la présidence d’Henri IV, et dirigée par Sigefroi Ier de Mayence, le pape Grégoire VII est déclaré déchu (24 janvier). En réponse, le pape destitue et excommunie l’empereur. Les conséquences sont telles que l’empereur viendra s’humilier à Canossa, de sorte que l’excommunication sera levée le 28 janvier 1077.