Bienvenue sur mon site historique. Bon surf

L’histoire pour le plaisir

Otton de Bourgogne

lundi 11 mars 2024, par lucien jallamion

Otton de Bourgogne (vers 945- 965)

Comte d’Auxerre-Duc de Bourgogne

Les pagi bourguignons au ixe siècleDeuxième fils d’Hugues le Grand, et d’Hedwige de Saxe, fille de Henri 1er empereur germanique et sœur de Otton 1er. Il avait pour frères et sœurs Béatrice, duchesse de Haute Lorraine [1], Hugues Capet, Emma, duchesse de Normandie [2] et Henri 1er de Bourgogne, qui lui succédera.

Son père lui transmit le comté d’Auxerre [3] et le maria à l’âge de 11 ans, le 8 avril 956, à Liégarde de Chalon, âgée de 10 à 15 ans de plus que lui et dont c’est déjà le second mariage, fille et héritière de Gilbert de Chalon, comte principal des Bourguignons, comte de Beaune [4], d’Autun [5], d’Avallon [6], de Troyes [7], de Dijon [8] et de Chalon [9], dont il reçut les droits au duché de Bourgogne [10]. Ce mariage avait pour but de mettre fin au conflit familial avec les Bivinides [11] pour la suprématie dans le duché de Bourgogne.

À la mort de son beau-père, l’année suivant le mariage, Otton obtint formellement la pleine autorité sur la Bourgogne. Cependant, son propre père étant mort la même année, laissant Otton mineur, le roi Lothaire de France, profitant de sa jeunesse, voulut briser sa puissance, occupa Dijon et rattacha au royaume une partie de la Bourgogne. Il en résulta un affaiblissement constant du pouvoir ducal, car cette situation fut mise à profit par les vassaux de Bourgogne pour lutter pour une plus grande liberté. Otton ne fut reconnu comme duc de Bourgogne par le roi Lothaire qu’en 960.

En 958, il dut lutter contre Rodolphe, comte de Dijon, qui s’empara du château de Beaune et de sa femme. Son frère Eudes lui succéda.

Son règne fut bref et faible, c’est pourquoi le chroniqueur Flodoard de Reims s’est abstenu de désigner Otton sous le titre de duc.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Christian Settipani, La préhistoire des Capétiens, 1993, (ISBN 2-9501509-3-4)

Notes

[1] Le duché de Haute-Lotharingie deviendra le duché de Lorraine, mentionné comme tel en 1047. Les ducs (pour les descendants de Gérard d’Alsace et ceux des Maisons de Vaudémont et d’Anjou jusqu’en 1737) se succédèrent jusqu’en 1766, date de l’annexion par la France où le trône ducal fut occupé par Stanislas Leszczynski, souverain polonais détrôné profitant de la vacance du trône lorrain suite au mariage du dernier duc de la maison de Lorraine, François III, avec la future impératrice d’Autriche Marie-Thérèse.

[2] Le duché de Normandie est un duché féodal du royaume de France qui a existé de 911 à 1469, d’abord comme principauté largement autonome, puis après sa conquête par le roi de France en 1204, comme partie du domaine royal ou comme apanage. Louis XI supprime le duché en 1469. Toutefois, il subsiste pour sa partie insulaire (les îles Anglo-Normandes) comme dépendance de la couronne britannique. Le duché de Normandie fait partie, comme l’Aquitaine, la Flandre ou la Catalogne, de ces principautés qui émergent au milieu du Moyen Âge avec l’affaiblissement du pouvoir royal carolingien.

[3] Le comté d’Auxerre est un fief médiéval situé en Bourgogne. Sa principale ville est Auxerre. Le premier comte connu est un compagnon de Charlemagne, Hermenold, qui reçoit Auxerre en 771. Plusieurs comtes lui succèderont et en 859, Charles le Chauve donne le comté d’Auxerre à son cousin germain Conrad II. S’étant révolté, il est destitué et le comté est confié à Robert le Fort. À la mort de ce dernier, tous ses honneurs passent à Hugues l’Abbé, qui se trouve être aussi le frère de Conrad II. Il confie Auxerre à un comte délégué, Girbold, puis en fait la dot de sa nièce Adélaïde qui épouse Richard le Justicier. Celui-ci et ses successeurs nomment des vicomtes à Auxerre, dont le premier est un certain Rainard. Durant la seconde moitié du 10ème siècle, aucun comte n’est connu. Par contre, deux évêques d’Auxerre assument de facto la fonction. Le premier est Héribert, le demi-frère du duc des Francs Hugues Capet, et le second Hugues de Chalon. Ils font le jeu des Robertiens. Le second aurait laissé se développer des lignages de Grands (Donzy, Toucy) qui régenteront la majorité du comté. Le comté finit par revenir aux Capétiens et Robert II le Pieux en fait la dot de sa fille Adélaïde qui épouse Renaud 1er de Nevers. Ce dernier est désormais comte d’Auxerre et de Nevers et entre en conflit avec l’évêque d’Auxerre. Jusqu’au 13ème siècle, soit pendant 2 siècles et demi, les destinées des comtés d’Auxerre et de Nevers resteront liées, et auxquelles s’ajoutera celle du comté de Tonnerre, jusqu’à la mort de Mathilde II, en 1262. Ses trois filles se partageront les comtés et Alix, mariée à Jean 1er de Châlon aura Auxerre. En 1370, Jean IV de Châlon, vend Auxerre au roi de France, qui en fait un bailliage royal. En 1435, un traité de paix entre Charles VII, roi de France, et Philippe III le bon, duc de Bourgogne donne la ville au duché de Bourgogne, qui sera définitivement annexé à la France en 1477. Jean Rapine est le premier gouverneur nommé par le roi de France.

[4] Beaune est une commune française située dans le département de la Côte-d’Or. Située à 45 kilomètres au sud de Dijon et 150 km au nord de Lyon, elle est la sous-préfecture de l’arrondissement de Beaune.

[5] Autun est une commune française du département de Saône-et-Loire. Fondée par les Romains comme Augustodunum, sœur et émule de Rome au début du règne de l’empereur Auguste, capitale gallo-romaine des Éduens en remplacement de Bibracte, évêché dès l’Antiquité, Autun a été jusqu’à la fin du 15ème siècle une cité prospère et un centre culturel influent, en dépit des pillages et des invasions.

[6] Avallon est une commune française située dans le sud du département de l’Yonne. Le site est déjà occupé avant l’époque romaine. La présence d’un oppidum du peuple gaulois des Éduens en offre le témoignage. Il semble que la ville dépendait de la province d’Autun. Le Morvan avallonnais a dû jouer un rôle attractif pour les riches familles gallo-romaines venues d’Autun avec ses sources nombreuses et ses immenses forêts. La ville étant facilement accessible grâce à la via Agrippa construite pour relier Lyon à Boulogne-sur-Mer. À cette époque la ville comporte un temple, un tribunal et un théâtre.

[7] La vicomté de Troyes était le titre et le fief alors situé à Troyes dans la Champagne, où elle avait son siège. Au 13ème siècle le fief était partagé entre la famille comtale, Jeanne de Plancy, Jean II de Dampierre. Le siège de la vicomté était à Troyes entre la porte de Croncel et l’église Saint-Nicolas de Troyes. Les revenus provenaient des halles de Châlons, le minage des grains, le forage des vins, des droits de tonlieu sur la porte de Croncels et de Saint-Jacques à Troyes. La plupart des terres étaient à Villechétif

[8] Dijon est une commune française, préfecture du département de la Côte-d’Or. Elle se situe entre le bassin parisien et le sillon rhodanien, sur l’axe Paris-Lyon-Méditerranée, à 310 kilomètres au sud-est de Paris et 190 kilomètres au nord de Lyon. Capitale historique du duché de Bourgogne, ville aux cent clochers sous l’Ancien Régime, héritière d’un riche patrimoine historique et architectural, Dijon est une cité touristique dont l’attrait est renforcé par la réputation gastronomique de la région. Le parlement de Bourgogne, transféré de l’Hôtel des ducs de Bourgogne de Beaune à Dijon, fait de la cité une ville parlementaire, où la noblesse de robe édifie des hôtels particuliers. Dijon subit des troubles religieux, de 1530 à 1595. Après la Contre-réforme, de nouvelles églises et chapelles de monastères sont construites.

[9] Le comté de Chalon est un comté centré sur Chalon-sur-Saône, en Saône-et-Loire dépendant du duché de Bourgogne.

[10] Le duché de Bourgogne est fondé en 880 à partir du royaume de Bourgogne, par les rois carolingiens Louis III et Carloman II et les membres princiers de leur famille qui se partagent l’Empire carolingien de Charlemagne dont ils ont hérité. Ils féodalisent tous les royaumes carolingiens de France en duchés et comtés vassaux des rois de France. Richard II de Bourgogne (dit Richard le Justicier) est nommé marquis puis premier duc de Bourgogne et un des six pairs laïcs primitifs de France par son suzerain le roi Louis III.

[11] Les Bivinides sont une famille de la noblesse franque constituée des descendants de Bivin de Vienne. Le terme de bivinide a été introduit par les historiens allemands, il vise à distinguer les descendants agnatiques de Bivin de Vienne des Bosonides. En effet, on a longtemps cru que Bivin de Vienne était un fils de Boson l’Ancien mais la remise en cause de cette filiation rend impossible de qualifier de Bosonides les descendants de Bivin, la désignation des lignées franques correspondant à une ascendance agnatique. En revanche, il est possible que les Bivinides soient issus cognatiquement de Boson l’Ancien si l’on retient l’hypothèse que Bivin de Vienne était le gendre de ce dernier.